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| 2007 | S | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Le progrès technique transforme-t-il les hommes ?
notions : HISTOIRE TECHNIQUE
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| 2007 | S | MÉTROPOLE | NORMALE |
Que vaut l'opposition du travail manuel et du travail intellectuel ?
notions : ESPRIT MATIÈRE TRAVAIL
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| 2007 | S | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
II est douteux que l'intérêt particulier s'accorde invariablement avec l'intérêt général : on sait à quelles difficultés insolubles s'est toujours heurtée la morale utilitaire quand elle a posé en principe que l'individu ne pouvait rechercher que son bien propre, quand elle a prétendu qu'il serait conduit par là à vou…
lire la suiteII est douteux que l'intérêt particulier s'accorde invariablement avec l'intérêt général : on sait à quelles difficultés insolubles s'est toujours heurtée la morale utilitaire quand elle a posé en principe que l'individu ne pouvait rechercher que son bien propre, quand elle a prétendu qu'il serait conduit par là à vouloir le bien d'autrui. Un être intelligent, à la poursuite de ce qui est de son intérêt personnel, fera souvent tout autre chose que ce que réclamerait l'intérêt général. Si pourtant la morale utilitaire s'obstine à reparaître sous une forme ou sous une autre, c'est qu'elle n'est pas insoutenable ; et si elle peut se soutenir, c'est justement parce qu'au-dessous de l'activité intelligente, qui aurait en effet à opter entre l'intérêt personnel et l'intérêt d'autrui, il y a un substratum (1) d'activité instinctive primitivement établi par la nature, où l'individuel et le social sont tout près de se confondre. La cellule vit pour elle et aussi pour l'organisme, lui apportant et lui empruntant de la vitalité ; elle se sacrifiera au tout s'il en est besoin ; et elle se dirait sans doute alors, si elle était consciente, que c'est pour elle-même qu'elle le fait. Tel serait probablement aussi l'état d'âme d'une fourmi réfléchissant sur sa conduite. Elle sentirait que son activité est suspendue à quelque chose d'intermédiaire entre le bien de la fourmi et celui de la fourmilière. Or, c'est à cet instinct fondamental que nous avons rattaché l'obligation proprement dite : elle implique, à l'origine, un état de chose où l'individuel et le social ne se distinguent pas l'un de l'autre.BERGSON, Les deux Sources de la morale et de la religion (1) noyau, fond permanent notions : MORALE SOCIÉTÉ
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BERGSON |
| 2007 | S | MÉTROPOLE | NORMALE |
La validité des règles de justice, telles qu'elles prévalent entre les individus, n'est pas entièrement suspendue entre les sociétés politiques. Tous les princes se targuent de prendre en considération les droits des autres princes, et certains, cela ne fait pas de doute, sans hypocrisie. Des alliances et des traités …
lire la suiteLa validité des règles de justice, telles qu'elles prévalent entre les individus, n'est pas entièrement suspendue entre les sociétés politiques. Tous les princes se targuent de prendre en considération les droits des autres princes, et certains, cela ne fait pas de doute, sans hypocrisie. Des alliances et des traités sont conclus tous les jours entre États indépendants, et ils ne seraient qu'autant de parchemin gaspillé, si l'on ne constatait, à l'expérience, qu'ils ont quelque influence et autorité. Mais ici réside la différence entre les royaumes et les individus. La nature humaine ne peut en aucune façon subsister sans l'association des individus, et cette association ne pourrait exister si l'on ne respectait pas les lois d'équité et de justice. Désordre, confusion, la guerre de tous contre tous, sont les nécessaires conséquences d'une telle conduite licencieuse. Mais les nations peuvent subsister sans relations. Elles peuvent même subsister, dans une certaine mesure, dans une guerre générale. L'observance de la justice, bien qu'utile entre elles, n'est pas garantie par une nécessité si forte qu'entre les individus, et l'obligation morale est en proportion de l'utilité. Tous les politiques admettent, ainsi que la plupart des philosophes, que des raisons d'État peuvent, en cas d'urgences particulières, dispenser de suivre les règles de justice, et invalider tout traité ou alliance, si les respecter strictement était considérablement préjudiciable à l'une ou l'autre des parties contractantes. Mais rien de moins que la plus extrême nécessité, reconnaît-on, ne peut justifier que les individus violent une promesse, ou envahissent les propriétés des autres.HUME, Enquête sur les principes de la morale notions : ÉTAT JUSTICE SOCIÉTÉ
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HUME |
| 2007 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
Les échanges favorisent-ils la paix ?
notions : ÉCHANGES
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| 2007 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
La raison est-elle plus fiable que l'expérience ?
notions : EXPÉRIENCE RAISON
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| 2007 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
Les lois sont-elles l'oeuvre de la raison ?
notions : LOI RAISON
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| 2007 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Changer d'avis, est-ce faire acte de liberté ?
notions : ESPRIT LIBERTÉ
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| 2007 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion ; de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal ; elle ne pense pas…
lire la suiteLa science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion ; de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit.BACHELARD 1° Dégagez la thèse du texte et les étapes de son argumentation. 2° Expliquez : a) "l'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances " ; b) "ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique" ; c) "rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit". 3° L'opinion fait-elle obstacle à la science ? notions : CROYANCE ESPRIT THÉORIE
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BACHELARD |
| 2007 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
L'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une a intérêt d'acheter, l'autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.
Mais si l'esprit de commerce unit les nations, il n'unit pas de même …
lire la suiteL'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une a intérêt d'acheter, l'autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.Mais si l'esprit de commerce unit les nations, il n'unit pas de même tes particuliers. Nous voyons que, dans les pays où l'on n'est affecté que de l'esprit de commerce, on trafique de toutes les actions humaines, et de toutes les vertus morales : les plus petites choses, celles que l'humanité demande, s'y font ou s'y donnent pour de l'argent. L'esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte, opposé d'un côté au brigandage, et de l'autre à ces vertus morales qui font qu'on ne discute pas toujours ses intérêts avec rigidité et qu'on peut les négliger pour ceux des autres. La privation totale du commerce produit au contraire le brigandage, qu'Aristote met au nombre des manières d'acquérir. L'esprit n'en est point opposé à de certaines vertus morales : par exemple, l'hospitalité, très rare dans les pays de commerce, se trouve admirablement parmi les peuples brigands. MONTESQUIEU QUESTIONS : 1° Dégagez la thèse du texte et les étapes de son argumentation. 2° Expliquez : a) "toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels" ; b) "si l'esprit de commerce unit les nations, il n'unit pas de même les particuliers" ; c) "l'esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte". 3° Les échanges commerciaux rendent-ils les hommes meilleurs ? notions : ÉCHANGES JUSTICE MORALE
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MONTESQUIEU |
| 2007 | TMD | MÉTROPOLE | NORMALE |
L'art nous éloigne-t-il de la réalité ?
notions : ART RÉEL
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| 2007 | TMD | MÉTROPOLE | SECOURS |
Ce qui est évident est-il toujours vrai ?
notions : VÉRITÉ
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| 2007 | TMD | MÉTROPOLE | NORMALE |
Peut-on se passer de l'État ?
notions : ÉTAT
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| 2007 | TMD | MÉTROPOLE | SECOURS |
L'art n'est-il qu'une affaire de goût ?
notions : ART
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| 2007 | TMD | MÉTROPOLE | NORMALE |
L'homme qui n'est soumis à aucune entrave est libre, lui qui a toutes choses sous la main, à son gré. Mais celui que l'on peut entraver ou contraindre, à qui l'on peut faire obstacle, celui que l'on peut, malgré lui, jeter dans quelque difficulté, celui-là est esclave. Et quel est l'homme qui est affranchi de toute en…
lire la suiteL'homme qui n'est soumis à aucune entrave est libre, lui qui a toutes choses sous la main, à son gré. Mais celui que l'on peut entraver ou contraindre, à qui l'on peut faire obstacle, celui que l'on peut, malgré lui, jeter dans quelque difficulté, celui-là est esclave. Et quel est l'homme qui est affranchi de toute entrave ? Celui qui ne désire rien de ce qui lui est étranger. Et quelles choses nous sont étrangères ? Celles qu'il ne dépend de nous ni d'avoir, ni de n'avoir pas, ni d'avoir avec telles ou telles qualités, ou en telles conditions. Donc le corps nous est étranger, ses membres nous sont étrangers, la fortune nous est étrangère. Si, par conséquent, tu t'attaches à quelqu'une de ces choses comme à un objet personnel, tu recevras le châtiment que mérite celui qui désire ce qui lui est étranger. Telle est la route qui conduit à la liberté ; la seule qui délivre de l'esclavage.ÉPICTÈTE QUESTIONS : 1° Dégager la thèse du texte et les étapes de son argumentation. 2° Expliquez : a) "lui qui a toutes choses sous la main" ; b) "Celui qui ne désire rien de ce qui lui est étranger" ; c) "Donc le corps nous est étranger, ses membres nous sont étrangers, la fortune nous est étrangère." 3° Être libre, est-ce ne désirer que ce qui dépend de nous ? notions : DÉSIR LIBERTÉ
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ÉPICTÈTE |
| 2007 | TMD | MÉTROPOLE | SECOURS |
Il est étrange que l'on ait pu raisonner à perte de vue sur le déterminisme et le libre arbitre, citer des exemples en faveur de l'une ou l'autre thèse, sans tenter, au préalable, d'expliciter les structures contenues dans l'idée même d'action. Le concept d'acte contient en effet de nombreuses notions subordonnées que…
lire la suiteIl est étrange que l'on ait pu raisonner à perte de vue sur le déterminisme et le libre arbitre, citer des exemples en faveur de l'une ou l'autre thèse, sans tenter, au préalable, d'expliciter les structures contenues dans l'idée même d'action. Le concept d'acte contient en effet de nombreuses notions subordonnées que nous aurons à organiser et à hiérarchiser : agir, c'est modifier la figure du monde, c'est disposer des moyens en vue d'une fin, c'est produire un complexe instrumental et organisé tel que, par une série d'enchaînements et de liaisons, la modification apportée à l'un des chaînons amène des modifications dans toute la série et, pour finir, produise un résultat prévu. Mais ce n'est pas encore là ce qui nous importe. Il convient, en effet, de remarquer d'abord qu'une action est par principe intentionnelle. Le fumeur maladroit qui a fait, par mégarde, exploser une poudrière n'a pas agi. Par contre, l'ouvrier chargé de dynamiter une carrière et qui a obéi aux ordres donnés a agi lorsqu'il a provoqué l'explosion prévue : il savait, en effet, ce qu'il faisait ou, si l'on préfère, il réalisait intentionnellement un projet conscient.SARTRE QUESTIONS : 1° Dégagez la thèse du texte, et exposez le raisonnement. 2° Expliquez : a) "agir, c'est modifier la figure du monde" ; b) "Le fumeur maladroit qui a fait, par mégarde, exploser une poudrière n'a pas agi. Par contre, l'ouvrier chargé de dynamiter une carrière et qui a obéi aux ordres donnés a agi" ; c) "il réalisait intentionnellement un projet conscient". 3° Suffit-il d'agir consciemment pour agir librement ? notions : LIBERTÉ
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SARTRE |
| 2007 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | REMPLACEMENT |
Peut-on protéger la nature sans faire appel à la technique ?
notions : TECHNIQUE
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| 2007 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
La recherche scientifique est-elle une recherche de la vérité ?
notions : VÉRITÉ
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| 2007 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | REMPLACEMENT |
La loi est-elle une garantie contre l'injustice ?
notions : JUSTICE LOI
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| 2007 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Sommes-nous prisonniers de notre histoire ?
notions : ART HISTOIRE LIBERTÉ
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| 2007 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | REMPLACEMENT |
La communication des idées qui sont désignées par des mots n'est pas, comme on le suppose couramment, le seul et principal but du langage. Il y en a bien d'autres, tels qu'éveiller une certaine passion, provoquer ou empêcher une action et mettre l'esprit dans une disposition particulière. La première fin est, dans bea…
lire la suiteLa communication des idées qui sont désignées par des mots n'est pas, comme on le suppose couramment, le seul et principal but du langage. Il y en a bien d'autres, tels qu'éveiller une certaine passion, provoquer ou empêcher une action et mettre l'esprit dans une disposition particulière. La première fin est, dans beaucoup de cas, pour le moins auxiliaire et parfois même entièrement absente lorsque de tels effets peuvent se produire sans son aide, ainsi que je pense qu'il arrive assez fréquemment dans l'usage ordinaire du langage. Je prie le lecteur de réfléchir et se consulter lui-même : ne lui arrive-t-il pas souvent, en écoutant ou en lisant un discours, que la peur, l'amour, la haine, l'admiration, le mépris et des passions semblables surgissent immédiatement dans son esprit lors de la perception de certains mots, sans qu'intervienne aucune idée ? Au début, il est vrai, les mots ont pu être l'occasion d'idées conformes à produire de telles émotions ; mais, si je ne me trompe, il se trouvera que, une fois que la langue nous est devenue familière, l'audition des sons ou la vue des caractères est souvent accompagnée immédiatement de ces passions qui étaient d'abord produites par l'intervention des idées qui sont maintenant tout à fait absentes. Ne pouvons-nous, par exemple, être sensibles à la promesse d'une bonne chose, tout en n'ayant pas d'idée de ce qu'elle est ? Ou bien, le fait d'être menacés d'un danger ne suffit-il pas à exciter la peur ? Cela, même si nous ne pensons en particulier à aucun mal qui risquerait de nous advenir, et que nous ne nous forgeons pas non plus une idée du danger dans l'abstrait.BERKELEY, Principes de la connaissance humaine. notions : ESPRIT LANGAGE
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BERKELEY |
| 2007 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Auxiliaire de l'action, elle [la perception] isole, dans l'ensemble de la réalité, ce qui nous intéresse ; elle nous montre moins les choses mêmes que le parti que nous en pouvons tirer. Par avance elle les classe, par avance elle les étiquette ; nous regardons à peine l'objet, il nous suffit de savoir à quelle catégo…
lire la suiteAuxiliaire de l'action, elle [la perception] isole, dans l'ensemble de la réalité, ce qui nous intéresse ; elle nous montre moins les choses mêmes que le parti que nous en pouvons tirer. Par avance elle les classe, par avance elle les étiquette ; nous regardons à peine l'objet, il nous suffit de savoir à quelle catégorie il appartient. Mais, de loin en loin, par un accident heureux, des hommes surgissent dont les sens ou la conscience sont moins adhérents à la vie. La nature a oublié d'attacher leur faculté de percevoir à leur faculté d'agir. Quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle, et non plus pour eux. Ils ne perçoivent plus simplement en vue d'agir ; ils perçoivent pour percevoir, - pour rien, pour le plaisir. Par un certain côté d'eux-mêmes, soit par leur conscience soit par un de leurs sens, ils naissent détachés ; et, selon que ce détachement est celui de tel ou tel sens, ou de la conscience, ils sont peintres ou sculpteurs, musiciens ou poètes. C'est donc bien une vision plus directe de la réalité que nous trouvons dans les différents arts ; et c'est parce que l'artiste songe moins à utiliser sa perception qu'il perçoit un plus grand nombre de choses.BERGSON, La Pensée et le mouvant notions : PERCEPTION RÉEL
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BERGSON |
| 2007 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | REMPLACEMENT |
Puis-je savoir ce que je suis ?
notions : SUJET
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| 2007 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | REMPLACEMENT |
La justice et l'inégalité sont-elles compatibles ?
notions : JUSTICE
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| 2007 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | REMPLACEMENT |
On dit volontiers : mon vouloir a été déterminé par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emblée que je me sois ici comporté de façon passive. Mais, en vérité, mon comportement n'a pas été seulement passif ; il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est mon vouloir qui…
lire la suiteOn dit volontiers : mon vouloir a été déterminé par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emblée que je me sois ici comporté de façon passive. Mais, en vérité, mon comportement n'a pas été seulement passif ; il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est mon vouloir qui a assumé telles circonstances à titre de mobiles, qui les fait valoir comme mobiles. Il n'est ici aucune place pour la relation de causalité. Les circonstances ne jouent point le rôle de causes et mon vouloir n'est pas l'effet de ces circonstances. La relation causale implique que ce qui est contenu dans la cause s'ensuive nécessairement. Mais, en tant que réflexion, je puis dépasser toute détermination posée par les circonstances. Dans la mesure où l'homme allègue qu'il a été entraîné par des circonstances, des excitations, etc., il entend par là rejeter, pour ainsi dire, hors de lui-même sa propre conduite, mais ainsi il se réduit tout simplement à l'état d'essence non libre ou naturelle, alors que sa conduite, en vérité, est toujours sienne, non celle d'un autre ni l'effet de quelque chose qui existe hors de lui. Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur les hommes que le pouvoir qu'ils leur accordent eux-mêmes.HEGEL, Propédeutique philosophique. notions : LIBERTÉ
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HEGEL |
| 2007 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
La raison peut-elle être mise au service du mal ?
notions : MORALE RAISON
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| 2007 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Peut-on être heureux en toute circonstance ?
notions : BONHEUR
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| 2007 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
J'apprends (...) à rendre un service à autrui, sans lui porter de tendresse réelle, parce que je prévois qu'il me le rendra dans l'espérance d'un autre service et afin de maintenir la même réciprocité de bons offices avec les autres ou avec moi. Et par suite, une fois que je lui ai rendu service et qu'il profite de l'…
lire la suiteJ'apprends (...) à rendre un service à autrui, sans lui porter de tendresse réelle, parce que je prévois qu'il me le rendra dans l'espérance d'un autre service et afin de maintenir la même réciprocité de bons offices avec les autres ou avec moi. Et par suite, une fois que je lui ai rendu service et qu'il profite de l'effet bénéfique de mon action, il est conduit à accomplir sa part, prévoyant les conséquences qu'engendrerait son refus.Mais bien que cet échange intéressé entre les hommes commence à s'établir et à prévaloir dans la société, il n'abolit pas entièrement les relations d'amitié et les bons offices, qui sont plus généreux et plus nobles. Je peux encore rendre des services à des personnes que j'aime et que je connais plus particulièrement, sans avoir de profit en vue, et elles peuvent me le retourner de la même manière ; sans autre intention que de récompenser mes services passés. Par conséquent, afin de distinguer ces deux sortes différentes d'échange, l'intéressé et celui qui ne l'est pas, il y a une certaine formule verbale inventée pour le premier, par laquelle nous nous engageons à l'accomplissement d'une action. Cette formule verbale constitue ce que nous appelons une promesse, qui est la sanction de l'échange intéressé entre les hommes. Quand quelqu'un dit qu'il promet quelque chose, il exprime en réalité une résolution d'accomplir cette chose et, en même temps, puisqu'il fait usage de cette formule verbale, il se soumet lui-même, en cas de dédit, à la punition qu'on ne se fie plus jamais à lui. HUME QUESTIONS : 1° Dégagez l'idée principale du texte. Dégagez les étapes de son argumentation. 2° Expliquez : a) la distinction entre ( "échange intéressé" et "relations d'amitié" ; b) l'expression : "sans autre intention que de récompenser mes services passés." 3° Peut-il y avoir des échanges désintéressés ? notions : AUTRUI ÉCHANGES
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HUME |
| 2007 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Toute oeuvre d'art veut-elle dire quelque chose ?
notions : ART INTERPRÉTATION LANGAGE
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| 2007 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Faut-il aimer autrui pour le respecter ?
notions : AUTRUI
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| 2007 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
De même que les autres tyrannies, la tyrannie de la majorité inspirait - et inspire encore généralement - de la crainte d'abord parce qu'elle transparaissait dans les actes des autorités publiques. Mais les gens réfléchis s'aperçurent que, lorsque la société devient le tyran - lorsque la masse en vient à opprimer l'in…
lire la suiteDe même que les autres tyrannies, la tyrannie de la majorité inspirait - et inspire encore généralement - de la crainte d'abord parce qu'elle transparaissait dans les actes des autorités publiques. Mais les gens réfléchis s'aperçurent que, lorsque la société devient le tyran - lorsque la masse en vient à opprimer l'individu - ses moyens de tyranniser ne se limitent pas aux actes qu'elle impose à ses fonctionnaires politiques. La société applique les décisions qu'elle prend. Si elle en prend de mauvaises, si elle veut ce faisant s'ingérer dans des affaires qui ne sont pas de son ressort, elle pratique une tyrannie sociale d'une ampleur nouvelle - différente des formes d'oppression politique qui s'imposent à coups de sanctions pénales - tyrannie qui laisse d'autant moins d'échappatoire qu'elle va jusqu'à se glisser dans les plus petits détails de la vie, asservissant ainsi l'âme elle-même. Se protéger contre la tyrannie du magistrat ne suffit donc pas. Il faut aussi se protéger contre la tyrannie de l'opinion et du sentiment dominants, contre la tendance de la société à imposer, par d'autres moyens que les sanctions pénales, ses propres idées et ses propres pratiques comme règles de conduite à ceux qui ne seraient pas de son avis. Il faut encore se protéger contre sa tendance à entraver le développement - sinon à empêcher la formation - de toute individualité qui ne serait pas en harmonie avec ses moeurs et à façonner tous les caractères sur un modèle préétabli.MILL, De la Liberté notions : LIBERTÉ POLITIQUE SOCIÉTÉ
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MILL |
| 2007 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
La conscience de soi rend-elle libre ?
notions : CONSCIENCE LIBERTÉ
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| 2007 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
La recherche de la vérité nous aide-t-elle à vivre ?
notions : EXISTENCE SUJET VÉRITÉ
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| 2007 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
L'homme juste peut-il aller contre la loi ?
notions : JUSTICE LOI
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| 2007 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
L'État est-il au-dessus des lois ?
notions : ÉTAT LOI
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| 2007 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
En règle générale, ce n'est pas l'artiste exécutant qui peut donner une juste information sur les principes de son art. Il ne crée pas d'après des principes et n'évalue pas d'après des principes. En créant, il obéit à l'impulsion spontanée de ses facultés harmonieusement cultivées et, en jugeant, à la finesse de son i…
lire la suiteEn règle générale, ce n'est pas l'artiste exécutant qui peut donner une juste information sur les principes de son art. Il ne crée pas d'après des principes et n'évalue pas d'après des principes. En créant, il obéit à l'impulsion spontanée de ses facultés harmonieusement cultivées et, en jugeant, à la finesse de son intuition et de son sens artistiques. Or, il n'en est pas seulement ainsi dans le cas des beaux-arts, auxquels on a pu penser tout d'abord, mais pour tous les arts en général, en prenant ce mot dans son sens le plus large. Il en est, par conséquent, aussi de même pour les activités de la création scientifique et l'évaluation théorique de ses résultats, des fondations scientifiques de faits, de lois, de théories. Le mathématicien, le physicien, l'astronome eux-mêmes n'ont pas besoin, pour mener à bien leurs travaux scientifiques les plus importants, d'accéder à l'évidence intellectuelle des ultimes fondements de leur activité et, bien que les résultats obtenus possèdent, pour eux et pour d'autres, la force d'une conviction rationnelle, ils ne peuvent cependant pas élever la prétention d'avoir prouvé, pour tous les cas, les ultimes prémisses (1) de leurs conclusions, ni recherché les principes sur lesquels repose la validité de leurs méthodes. Or, c'est à cela que tient l'état d'imperfection de toutes les sciences.HUSSERL, Recherches logiques. (1) Premières propositions d'un raisonnement dont on tire une conclusion notions : ART RAISON
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HUSSERL |
| 2007 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
L'injustice enlève toujours quelque chose à ceux qu'elle vise ; ils ne peuvent subir une injustice sans quelque dommage pour leur dignité, leur corps ou leurs biens extérieurs ; or le sage ne peut rien perdre ; il a tout en lui-même ; il ne se confie pas à la fortune (1) ; les biens qu'il possède sont solides ; il se …
lire la suiteL'injustice enlève toujours quelque chose à ceux qu'elle vise ; ils ne peuvent subir une injustice sans quelque dommage pour leur dignité, leur corps ou leurs biens extérieurs ; or le sage ne peut rien perdre ; il a tout en lui-même ; il ne se confie pas à la fortune (1) ; les biens qu'il possède sont solides ; il se contente de la vertu qui ne dépend pas des événements fortuits ; aussi ne peut-elle ni augmenter, ni diminuer (car arrivée à son terme, elle n'a pas de place pour croître, et la fortune n'enlève rien que ce qu'elle a donné ; or elle ne donne pas la vertu et par conséquent ne la retire pas). La vertu est libre, inviolable, immobile, inébranlable ; elle est tellement endurcie contre les hasards qu'ils ne peuvent même la faire plier, bien loin de pouvoir la vaincre. En face d'un appareil de terreur le sage ne baisse pas les yeux, et il ne change pas de visage, que les événements se montrent pénibles ou favorables. Aussi ne perdra-t-il rien dont la perte lui serait sensible ; il ne possède qu'une seule chose, la vertu, dont jamais il ne peut être dépouillé ; les autres choses, il en use à titre précaire ; or pourquoi s'émouvoir de la perte de ce qui n'est pas à soi ? Si l'injustice ne peut porter nul dommage à ce qui est la propriété du sage, puisque, grâce à la venu, cette propriété reste sauve, on ne peut commettre d'injustice contre le sage.SÉNÈQUE, De la Constance du sage (1) "fortune" : le cours des événements notions : JUSTICE MORALE
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SÉNÈQUE |
| 2007 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Faut-il faire l'expérience de quelque chose pour le connaître ?
notions : EXPÉRIENCE
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| 2007 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Une technique se juge-t-elle seulement à son efficacité ?
notions : TECHNIQUE
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| 2007 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Supposons que le destin d'un homme vertueux le place dans la compagnie de coupe-jarrets (1), hors de la protection des lois et du gouvernement. Quelle conduite devrait-il adopter dans cette triste situation ? Il voit partout régner une rapacité si acharnée, un tel mépris de l'équité, un tel dédain de l'ordre, un aveug…
lire la suiteSupposons que le destin d'un homme vertueux le place dans la compagnie de coupe-jarrets (1), hors de la protection des lois et du gouvernement. Quelle conduite devrait-il adopter dans cette triste situation ? Il voit partout régner une rapacité si acharnée, un tel mépris de l'équité, un tel dédain de l'ordre, un aveuglement si stupide quant aux conséquences futures, qu'il doit s'ensuivre immédiatement la plus tragique conclusion, la destruction finale du plus grand nombre et la totale dissolution des liens sociaux entre les survivants. Lui, cependant, ne peut avoir d'autre expédient (2) que de s'armer, quel que soit le propriétaire de l'épée ou du bouclier dont il s'empare, et ce, afin de se munir de tous les moyens de défense et de sécurité. Son respect personnel de la justice n'étant plus d'aucune utilité pour sa propre sûreté ou pour celle des autres, il doit suivre les prescriptions du seul instinct de conservation, sans s'inquiéter de ceux qui ne méritent plus ses égards et son attention.HUME (1) coupe-jarrets : bandits, assassins. (2) expédient : moyen de se tirer d'embarras. QUESTIONS : 1° Le texte présente une supposition. Quelle thèse permet-elle d'établir ? 2° Expliquez : a) " hors de la protection des lois et du gouvernement " ; b) " la totale dissolution des liens sociaux " ; c) " aucune utilité pour sa propre sûreté ou pour celle des autres ". 3° Peut-on être juste quand les autres ne le sont pas ? notions : MORALE SOCIÉTÉ
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HUME |
| 2006 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Ce qui est vrai est-il toujours vérifiable ?
notions : DÉMONSTRATION RAISON VÉRITÉ
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Est-il vrai que l'ignorant n'est pas libre ?
notions : LIBERTÉ
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Une oeuvre d'art nous fait-elle rencontrer le réel ?
notions : ART RÉEL
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En transformant la matière, l'homme forme-t-il son esprit ?
notions : ESPRIT MATIÈRE
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J'existe, et j'ai des sens par lesquels je suis affecté. Voilà la première vérité qui me frappe et à laquelle je suis forcé d'acquiescer. Ai-je un sentiment propre de mon existence, ou ne la sens-je que par mes sensations ? Voilà mon premier doute, qu'il m'est, quant à présent, impossible de résoudre. Car, étant conti…
lire la suiteJ'existe, et j'ai des sens par lesquels je suis affecté. Voilà la première vérité qui me frappe et à laquelle je suis forcé d'acquiescer. Ai-je un sentiment propre de mon existence, ou ne la sens-je que par mes sensations ? Voilà mon premier doute, qu'il m'est, quant à présent, impossible de résoudre. Car, étant continuellement affecté de sensations, ou immédiatement, ou par la mémoire, comment puis-je savoir si le sentiment du moi est quelque chose hors de ces mêmes sensations, et s'il peut être indépendant d'elles ?Mes sensations se passent en moi, puisqu'elles me font sentir mon existence ; mais leur cause m'est étrangère, puisqu'elles m'affectent malgré que j'en aie, et qu'il ne dépend de moi ni de les produire ni de les anéantir. Je conçois donc clairement que ma sensation qui est en moi, et sa cause ou son objet qui est hors de moi, ne sont pas la même chose. Ainsi, non seulement j'existe, mais il existe d'autres êtres, savoir, les objets de mes sensations ; et quand ces objets ne seraient que des idées, toujours est-il vrai que ces idées ne sont pas moi. Or, tout ce que je sens hors de moi et qui agit sur mes sens, je l'appelle matière (...). ROUSSEAU, Émile ou de l'Éducation. notions : EXISTENCE MATIÈRE PERCEPTION SUJET
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ROUSSEAU |
| 2006 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Les hommes prétendent que, par nature, Il est bon de commettre l'injustice et mauvais de la souffrir, mais qu'il y a plus de mal à la souffrir que de bien à la commettre. Aussi, lorsque mutuellement ils la commettent et la subissent, et qu'ils goûtent des deux états, ceux qui ne peuvent point éviter l'un ni choisir l'…
lire la suiteLes hommes prétendent que, par nature, Il est bon de commettre l'injustice et mauvais de la souffrir, mais qu'il y a plus de mal à la souffrir que de bien à la commettre. Aussi, lorsque mutuellement ils la commettent et la subissent, et qu'ils goûtent des deux états, ceux qui ne peuvent point éviter l'un ni choisir l'autre estiment utile de s'entendre pour ne plus commettre ni subir l'injustice. De là prirent naissance les lois et les conventions, et l'on appela ce que prescrivait la loi légitime et juste. Voilà l'origine et l'essence de la justice : elle tient le milieu entre le plus grand bien - commettre impunément l'injustice - et le plus grand mal - la subir quand on est incapable de se venger. Entre ces deux extrêmes, la justice est aimée non comme un bien en soi, mais parce que l'impuissance de commettre l'injustice lui donne du prix. En effet, celui qui peut pratiquer cette dernière ne s'entendra jamais avec personne pour s'abstenir de la commettre ou de la subir, car il serait fou. Telle est donc, Socrate, la nature de la justice et telle est son origine, selon l'opinion commune.PLATON, La République notions : JUSTICE LOI
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PLATON |
| 2006 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
La raison entre-t-elle nécessairement en conflit avec la religion ?
notions : CROYANCE RAISON RELIGION
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| 2006 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Peut-on démontrer qu'une oeuvre d'art est belle ?
notions : ART DÉMONSTRATION
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Ce qui fait la difficulté, c'est que l'équitable tout en étant juste, n'est pas le juste légal, le juste suivant la loi ; mais il est une heureuse rectification de la justice rigoureusement légale, La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu'il y a des cas d'espèce pour lesquels il n'est p…
lire la suiteCe qui fait la difficulté, c'est que l'équitable tout en étant juste, n'est pas le juste légal, le juste suivant la loi ; mais il est une heureuse rectification de la justice rigoureusement légale, La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu'il y a des cas d'espèce pour lesquels il n'est pas possible de poser un énoncé général qui s'y applique avec rectitude. Dans les matières donc où on doit nécessairement se borner à des généralités et où il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considération que les cas les plus fréquents, sans ignorer d'ailleurs les erreurs que cela peut entraîner. La loi n'en est pas moins bonne pour cela ; car la faute ici n'est pas à la loi, ni au législateur, mais tient à la nature des choses, puisque c'est la matière même de l'action qui revêt essentiellement ce caractère d'irrégularité. Quand, par suite, la loi pose une règle générale, et que là-dessus survient un cas en dehors de la règle générale, on est alors en droit, là où le législateur a omis de prévoir le cas et s'est trompé par excès de simplification, de corriger l'omission et de se faire l'interprète de ce qu'eût dit le législateur lui-même s'il avait été présent à ce moment, et de ce qu'il aurait porté dans sa loi s'il avait pu connaître le cas en question.ARISTOTE, Éthique à Nicomaque notions : JUSTICE LOI
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ARISTOTE |
| 2006 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Peut-il y avoir des lois de l'histoire ?
notions : EXPÉRIENCE HISTOIRE RAISON THÉORIE
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