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| 2012 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
L'art exige-t-il une maîtrise technique ?
notions : ART TECHNIQUE
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| 2012 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
L'expérience suffit-elle pour établir une vérité ?
notions : EXPÉRIENCE VÉRITÉ
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| 2012 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Si tous les hommes agissaient avec un égoïsme éclairé, le monde serait un paradis en comparaison de ce qu'il est actuellement. Je ne prétends pas qu'il n'y a rien de meilleur que l'égoïsme personnel comme motif d'agir ; mais je prétends que l'égoïsme, tout comme l'altruisme, est meilleur quand il est éclairé que lorsq…
lire la suiteSi tous les hommes agissaient avec un égoïsme éclairé, le monde serait un paradis en comparaison de ce qu'il est actuellement. Je ne prétends pas qu'il n'y a rien de meilleur que l'égoïsme personnel comme motif d'agir ; mais je prétends que l'égoïsme, tout comme l'altruisme, est meilleur quand il est éclairé que lorsqu'il ne l'est pas. Dans une communauté bien ordonnée, il est bien rare qu'une chose nuisible aux autres soit utile à un intérêt individuel. Moins un homme est raisonnable, et plus souvent il manquera de comprendre que ce qui fait du mal aux autres fait aussi du mal à lui-même, car la haine et l'envie l'aveugleront. C'est pourquoi, bien que je ne prétende pas que l'égoïsme éclairé soit la morale la plus haute, j'affirme que, s'il devenait commun, il rendrait le monde mille fois meilleur qu'il n'est.RUSSELL QUESTIONS : 1° Dégagez l'idée principale du texte et les étapes de l'argumentation. 2° Expliquez : a) "l'égoïsme, tout comme l'altruisme, est meilleur quand il est éclairé que lorsqu'il ne l'est pas" ; b) "il est bien rare qu'une chose nuisible aux autres soit utile à un intérêt individuel". 3° L'égoïsme peut-il rendre le monde meilleur qu'il n'est ? notions : AUTRUI MORALE RAISON SOCIÉTÉ
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RUSSELL |
| 2012 | ES | INDE | NORMALE |
Peut-on dire que les hommes font l'histoire ?
notions : HISTOIRE
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| 2012 | ES | INDE | NORMALE |
Le commerce favorise-t-il la paix ?
notions : ÉCHANGES
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| 2012 | ES | INDE | NORMALE |
Si l'homme était forcé de se prouver à lui-même toutes les vérités dont il se sert chaque jour, il n'en finirait point ; il s'épuiserait en démonstrations préliminaires sans avancer ; comme il n'a pas le temps, à cause du court espace de la vie, ni la faculté, à cause des bornes de son esprit, d'en agir ainsi, il en e…
lire la suiteSi l'homme était forcé de se prouver à lui-même toutes les vérités dont il se sert chaque jour, il n'en finirait point ; il s'épuiserait en démonstrations préliminaires sans avancer ; comme il n'a pas le temps, à cause du court espace de la vie, ni la faculté, à cause des bornes de son esprit, d'en agir ainsi, il en est réduit à tenir pour assurés une foule de faits et d'opinions qu'il n'a eu ni le loisir ni le pouvoir d'examiner et de vérifier par lui-même, mais que de plus habiles ont trouvés ou que la foule adopte. C'est sur ce premier fondement qu'il élève lui-même l'édifice de ses propres pensées. Ce n'est pas sa volonté qui l'amène à procéder de cette manière ; la loi inflexible de sa condition l'y contraint.Il n'y a pas de si grand philosophe dans le monde qui ne croie un million de choses sur la foi d'autrui, et qui ne suppose beaucoup plus de vérités qu'il n'en établit. Ceci est non seulement nécessaire, mais désirable. Un homme qui entreprendrait d'examiner tout par lui-même ne pourrait accorder que peu de temps et d'attention à chaque chose ; ce travail tiendrait son esprit dans une agitation perpétuelle qui l'empêcherait de pénétrer profondément dans aucune vérité et de se fixer avec solidité dans aucune certitude. Son intelligence serait tout à la fois indépendante et débile (1). Il faut donc que, parmi les divers objets des opinions humaines, Il fasse un choix et qu'il adopte beaucoup de croyances sans les discuter, afin d'en mieux approfondir un petit nombre dont il s'est réservé l'examen. Il est vrai que tout homme qui reçoit une opinion sur la parole d'autrui met son esprit en esclavage ; mais c'est une servitude salutaire qui permet de faire un bon usage de la liberté. TOCQUEVILLE, De la Démocratie en Amérique (1) Affaiblie. notions : AUTRUI CROYANCE LIBERTÉ VÉRITÉ
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TOCQUEVILLE |
| 2012 | S | INDE | NORMALE |
Est-ce le cerveau qui pense ?
notions : ESPRIT MATIÈRE
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| 2012 | S | INDE | NORMALE |
La religion est-elle contraire à la raison ?
notions : RAISON RELIGION
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| 2012 | S | INDE | NORMALE |
Quand des personnes se soumettent à l\'autorité d\'autres personnes, c\'est pour se procurer une certaine garantie contre la malfaisance et l\'injustice des hommes, qui sont perpétuellement poussés à violer toutes les lois de la société par leurs passions indisciplinées et leur intérêt immédiat et présent. Mais comme c…
lire la suiteQuand des personnes se soumettent à l\'autorité d\'autres personnes, c\'est pour se procurer une certaine garantie contre la malfaisance et l\'injustice des hommes, qui sont perpétuellement poussés à violer toutes les lois de la société par leurs passions indisciplinées et leur intérêt immédiat et présent. Mais comme cette imperfection est inhérente à la nature humaine, nous savons qu\'elle doit suivre les hommes dans tous leurs états (1) et toutes leurs conditions, et que ceux que nous choisissons comme dirigeants ne deviennent pas aussitôt d\'une nature supérieure à celle du reste de l\'humanité, sous prétexte que leur pouvoir et leur autorité le sont. Ce que nous attendons d\'eux ne dépend pas d\'un changement de leur nature, mais d\'un changement de leur situation, lorsqu\'ils acquièrent un intérêt plus immédiat au maintien de l\'ordre et à l\'exécution de la justice. Mais, outre que cet intérêt est plus immédiat seulement pour l\'exécution de la justice par leurs sujets, et non dans les différends entre eux-mêmes et leurs sujets, outre cela, dis-je, nous pouvons souvent attendre, à cause des irrégularités de la nature humaine, qu\'ils négligent même cet intérêt immédiat et que leurs passions les mènent dans tous les excès de la cruauté et de l\'ambition. Notre connaissance générale de la nature humaine, notre observation du passé de l\'humanité, notre expérience des temps présents, tout cela doit nous conduire à accueillir les exceptions et nous faire conclure qu\'il nous est permis de résister aux effets plus violents du pouvoir suprême sans qu\'il y ait là un crime ou une injustice.HUME, Traité de la nature humaine (1) états : fonctions sociales ou métiers. notions : ÉTAT JUSTICE POLITIQUE
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HUME |
| 2012 | TECHN. | INDE | NORMALE |
L'expérience nous instruit-elle ?
notions : EXPÉRIENCE
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| 2012 | TECHN. | INDE | NORMALE |
L'art répond-il à un besoin ?
notions : ART
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| 2012 | TECHN. | INDE | NORMALE |
Il est certain que la fin d'une loi n'est pas d'abolir ou de restreindre la liberté mais de la préserver et de l'augmenter. Ainsi, partout où vivent des êtres créés capables de lois, là où il n'y a pas de lois il n'y a pas non plus de liberté. Car la liberté consiste à n'être pas exposé à la contrainte et à la violenc…
lire la suiteIl est certain que la fin d'une loi n'est pas d'abolir ou de restreindre la liberté mais de la préserver et de l'augmenter. Ainsi, partout où vivent des êtres créés capables de lois, là où il n'y a pas de lois il n'y a pas non plus de liberté. Car la liberté consiste à n'être pas exposé à la contrainte et à la violence des autres ; ce qui ne peut se trouver là où il n'y a pas de loi. La liberté n'est toutefois pas, comme on le prétend, le loisir pour tout homme de faire ce qui lui plaît - qui, en effet, serait libre là où n'importe quel autre, d'humeur méchante (1), pourrait le soumettre ? - mais le loisir de conduire et de disposer comme il l'entend de sa personne, de ses biens, et de tout ce qui lui appartient, suivant les lois sous lesquelles il vit ; et par là, de n'être pas sujet à la volonté arbitraire d'un autre mais de suivre librement la sienne propre.LOCKE (1) d'humeur méchante : se dit d'un homme de tempérament violent. QUESTIONS : 1° Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2° a) Expliquez : "la liberté consiste à n'être pas exposé à la contrainte et à la violence des autres" ; b) pourquoi la liberté ne consiste-t-elle pas pour chacun à "faire ce qui lui plaît" ? c) expliquez : la liberté est "le loisir de conduire et de disposer comme il l'entend de sa personne, de ses biens, et de tout ce qui lui appartient" ; 3° Les lois ont-elles pour but de préserver et d'augmenter la liberté ? notions : LIBERTÉ LOI
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LOCKE |
| 2012 | ES | JAPON | NORMALE |
Notre intérêt pour l'art s'explique-t-il par un simple besoin d'évasion ?
notions : ART
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| 2012 | ES | JAPON | NORMALE |
Appartient-il au droit de définir ce qui est bien ou mal ?
notions : DROIT MORALE
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| 2012 | ES | JAPON | NORMALE |
Si nous croyons que la discipline est utile, nécessaire à l'individu, c'est qu'elle nous parait réclamée par la nature elle-même. Elle est le moyen par lequel la nature se réalise normalement, et non le moyen de la réduire ou de la détruire. Comme tout ce qui existe, l'homme est un être limité ; il est la partie d'un …
lire la suiteSi nous croyons que la discipline est utile, nécessaire à l'individu, c'est qu'elle nous parait réclamée par la nature elle-même. Elle est le moyen par lequel la nature se réalise normalement, et non le moyen de la réduire ou de la détruire. Comme tout ce qui existe, l'homme est un être limité ; il est la partie d'un tout : physiquement, il est partie de l'univers ; moralement, il est partie de la société. Il ne peut donc, sans contredire sa nature, chercher à s'affranchir des limites qui s'imposent à toute partie. Et, en fait, tout ce qu'il y a de plus fondamental en lui, tient précisément à sa qualité de partie. Car, dire qu'il est une personne, c'est dire qu'il est distinct de tout ce qui n'est pas lui ; or, la distinction implique la limitation. Si, donc, de notre point de vue, la discipline est bonne, ce n'est pas que nous regardions d'un oeil défiant l'oeuvre de la nature, ce n'est pas que nous y voyions une machination diabolique qu'il faut déjouer, mais c'est que la nature de l'homme ne peut être elle-même à moins d'être disciplinée. Si nous jugeons indispensable que les inclinations naturelles soient contenues dans de certaines bornes, ce n'est pas qu'elles nous paraissent mauvaises, ce n'est pas que nous leur déniions le droit d'être satisfaites ; au contraire, c'est qu'autrement elles ne pourraient pas recevoir leur juste satisfaction.DURKHEIM, L'Éducation morale notions : CULTURE SOCIÉTÉ SUJET
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DURKHEIM |
| 2012 | L | JAPON | NORMALE |
Y a-t-il une pensée sans langage ?
notions : ESPRIT LANGAGE
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| 2012 | L | JAPON | NORMALE |
Qu'est-ce qui fait la force de la loi ?
notions : LOI
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| 2012 | L | JAPON | NORMALE |
Les gens qui croient au libre arbitre croient toujours en même temps, dans un autre compartiment de leur esprit, que les actes de volonté ont des causes. Ils pensent par exemple que la vertu peut être inculquée par une bonne éducation, et que l'instruction religieuse est très utile à la morale. Ils pensent que les ser…
lire la suiteLes gens qui croient au libre arbitre croient toujours en même temps, dans un autre compartiment de leur esprit, que les actes de volonté ont des causes. Ils pensent par exemple que la vertu peut être inculquée par une bonne éducation, et que l'instruction religieuse est très utile à la morale. Ils pensent que les sermons font du bien, et que les exhortations morales peuvent être salutaires. Or il est évident que, si les actes de volonté vertueux n'ont pas de causes, nous ne pouvons absolument rien faire pour les encourager. Dans la mesure où un homme croit qu'il est en son pouvoir, ou au pouvoir de quiconque, d'encourager un comportement souhaitable chez les autres, il croit à la motivation psychologique et non au libre arbitre. En pratique, tous nos rapports mutuels reposent sur l'hypothèse que les actions humaines résultent de circonstances antérieures. La propagande politique, le code pénal, la publication de livres préconisant telle ou telle ligne d'action, perdraient leur raison d'être s'ils n'avaient aucun effet sur ce que les gens font. Les partisans de la doctrine du libre arbitre ne se rendent pas compte de ses conséquences. Nous disons : "Pourquoi l'avez-vous fait ?" et nous nous attendons à voir mentionner en réponse des croyances et des désirs qui ont causé l'action. Si un homme ne sait pas lui-même pourquoi il a agi comme il l'a fait, nous chercherons peut-être une cause dans son inconscient, mais il ne nous viendra jamais à l'idée qu'il puisse n'y avoir aucune cause.RUSSELL, Science et religion " notions : CROYANCE LIBERTÉ
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RUSSELL |
| 2012 | S | JAPON | NORMALE |
Pour être libre, faut-il ne rien posséder ?
notions : LIBERTÉ
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| 2012 | S | JAPON | NORMALE |
Faut-il toujours refuser ce qu'on ne sait pas démontrer ?
notions : DÉMONSTRATION
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| 2012 | S | JAPON | NORMALE |
Si l'homme s'abandonnait au mouvement de sa nature sensible, s'il n'y avait ni loi sociale ni loi morale, ces explosions de sentiments violents seraient l'ordinaire de la vie. Mais il est utile que ces explosions soient conjurées. Il est nécessaire que l'homme vive en société, et s'astreigne par conséquent à une règle…
lire la suiteSi l'homme s'abandonnait au mouvement de sa nature sensible, s'il n'y avait ni loi sociale ni loi morale, ces explosions de sentiments violents seraient l'ordinaire de la vie. Mais il est utile que ces explosions soient conjurées. Il est nécessaire que l'homme vive en société, et s'astreigne par conséquent à une règle. Et ce que l'intérêt conseille, la raison l'ordonne : il y a un devoir, et notre destination est d'y obéir. Sous cette double influence a dû se former pour le genre humain une couche superficielle de sentiments et d'idées qui tendent à l'immutabilité (1), qui voudraient du moins être communs à tous les hommes, et qui recouvrent, quand ils n'ont pas la force de l'étouffer, le feu intérieur des passions individuelles. Le lent progrès de l'humanité vers une vie sociale de plus en plus pacifiée a consolidé cette couche peu à peu, comme la vie de notre planète elle-même a été un long effort pour recouvrir d'une pellicule solide et froide la masse ignée (2) des métaux en ébullition. Mais il y a des éruptions volcaniques. Et si la terre était un être vivant, comme le voulait la mythologie, elle aimerait peut-être, tout en se reposant, rêver à ces explosions brusques où tout à coup elle se ressaisit dans ce qu'elle a de plus profond.BERGSON, Le Rire (1) immutabilité : caractère de ce qui ne peut subir de changement (2) ignée : qui est en feu notions : DEVOIR SOCIÉTÉ
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BERGSON |
| 2012 | ES | LA RÉUNION | NORMALE |
Peut-on se voir tel que l'on est ?
notions : CONSCIENCE SUJET
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| 2012 | ES | LA RÉUNION | NORMALE |
La technique résout-elle tous les problèmes qui se posent au travail ?
notions : TECHNIQUE TRAVAIL
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| 2012 | ES | LA RÉUNION | NORMALE |
Le discours qui suscite la bienveillance chez les juges, c'est celui-là qui est à même de persuader. Or, ce n'est pas le discours rhétorique qui suscite la bienveillance, mais le discours sans apprêt (1), qui laisse apparaître la marque de l'homme ordinaire. De fait, tous sont opposés au discours de l'orateur parce qu…
lire la suiteLe discours qui suscite la bienveillance chez les juges, c'est celui-là qui est à même de persuader. Or, ce n'est pas le discours rhétorique qui suscite la bienveillance, mais le discours sans apprêt (1), qui laisse apparaître la marque de l'homme ordinaire. De fait, tous sont opposés au discours de l'orateur parce qu'ils détestent sa surabondance : car, même si ce sont des choses justes que l'orateur établit, ils ont l'impression que ce n'est pas la nature des faits, mais l'artifice de l'orateur qui les leur fait apparaître justes. Au contraire, tout un chacun est favorable au discours de l'homme ordinaire, qu'il tient pour faible, et attribue plus de justice à ce qui est moins juste, parce que celui qui l'établit est un homme ordinaire qui s'exprime sans apprêt. C'est pour cette raison qu'il n'était pas permis autrefois aux Athéniens de procurer un défenseur à ceux qui étaient jugés devant le conseil de l'Aréopage (2) : mais c'est sans subtilité et sans ruse que chacun, dans la mesure de ses moyens, parlait pour se défendre. En outre, si vraiment les orateurs avaient foi en leur propre capacité de persuasion, ils n'auraient pas besoin de provoquer ni pitié ni lamentations ni indignation ni tout autre sentiment de ce genre - toutes choses qui, en vérité, ne persuadent nullement, mais faussent l'opinion des juges et obscurcissent la justice.SEXTUS EMPIRICUS, Contre les Rhéteurs (1) sans apprêt : sans artifice. (2) Aréopage : tribunal d'Athènes. notions : JUSTICE LANGAGE
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SEXTUS EMPIRICUS |
| 2012 | L | LA RÉUNION | NORMALE |
Peut-on s'engager sans renoncer à sa liberté ?
notions : LIBERTÉ
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| 2012 | L | LA RÉUNION | NORMALE |
Sait-on ce qu'on désire ?
notions : DÉSIR
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| 2012 | L | LA RÉUNION | NORMALE |
Chacun de nous a sa manière d'aimer et de haïr, et cet amour, cette haine, reflètent sa personnalité tout entière. Cependant le langage désigne ces états par les mêmes mots chez tous les hommes ; aussi n'a-t-il pu fixer que l'aspect objectif et impersonnel de l'amour, de la haine, et des mille sentiments qui agitent l…
lire la suiteChacun de nous a sa manière d'aimer et de haïr, et cet amour, cette haine, reflètent sa personnalité tout entière. Cependant le langage désigne ces états par les mêmes mots chez tous les hommes ; aussi n'a-t-il pu fixer que l'aspect objectif et impersonnel de l'amour, de la haine, et des mille sentiments qui agitent l'âme. Nous jugeons du talent d'un romancier à la puissance avec laquelle il tire du domaine public, où le langage les avait ainsi fait descendre, des sentiments et des idées auxquels il essaie de rendre, par une multiplicité de détails qui se juxtaposent, leur primitive et vivante individualité. Mais de même qu'on pourra intercaler indéfiniment des points entre deux positions d'un mobile sans jamais combler l'espace parcouru, ainsi, par cela seul que nous parlons, par cela seul que nous associons des idées les unes aux autres et que ces idées se juxtaposent au lieu de se pénétrer, nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage.BERGSON, Essai sur les données immédiates de la conscience notions : ESPRIT LANGAGE
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BERGSON |
| 2012 | S | LA RÉUNION | NORMALE |
Puis-je ne pas être moi-même?
notions : SUJET
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| 2012 | S | LA RÉUNION | NORMALE |
Le travail peut-il être autre chose qu'un moyen de satisfaire des besoins?
notions : TRAVAIL
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| 2012 | S | LA RÉUNION | NORMALE |
Quant à l'efficacité de la force et de la rigueur pour modifier les opinions des hommes, l'histoire est remplie d'exemples de leur essai ; mais à peine trouvera-t-on un cas où une opinion ait été éradiquée par les persécutions, sauf là où la violence qui s'est exercée à son encontre s'est employée en même temps à exte…
lire la suiteQuant à l'efficacité de la force et de la rigueur pour modifier les opinions des hommes, l'histoire est remplie d'exemples de leur essai ; mais à peine trouvera-t-on un cas où une opinion ait été éradiquée par les persécutions, sauf là où la violence qui s'est exercée à son encontre s'est employée en même temps à exterminer tous ceux qui la professaient. Je désire seulement que chacun consulte son propre coeur et qu'il en fasse l'expérience : la violence peut-elle contraindre les opinions ? Les arguments eux-mêmes, lorsqu'ils sont poussés avec trop de chaleur, ne nous rendent-ils pas encore plus obstinés dans nos opinions ? Les hommes sont en effet fort soucieux de préserver la liberté de cette partie d'eux-mêmes en quoi réside leur dignité d'hommes et qui, si on pouvait la contraindre, ferait d'eux des créatures très peu différentes des bêtes brutes. Je pose la question à ceux qui, récemment, ont eux-mêmes résisté avec constance à l'emploi d'une force qui s'est révélée sans efficacité, et qui ont montré à quel point elle était incapable de l'emporter sur leurs opinions, alors qu'ils s'empressent aujourd'hui de l'exercer sur les autres : toute la rigueur du monde pouvait-elle les rapprocher d'un seul pas d'une adhésion intime et sincère aux opinions qui prédominaient alors ? Et qu'ils ne viennent pas me dire que c'est parce qu'ils étaient assurés d'être dans le vrai car, dans ce qu'il croit, tout homme est persuadé qu'il a raison.LOCKE, Lettre sur la tolérance notions : CROYANCE LIBERTÉ
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LOCKE |
| 2012 | TECHN. | LA RÉUNION | NORMALE |
Faire des expériences, est-ce le seul moyen de connaître ?
notions : EXPÉRIENCE THÉORIE
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| 2012 | TECHN. | LA RÉUNION | NORMALE |
La violence peut-elle être juste ?
notions : JUSTICE
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| 2012 | TECHN. | LA RÉUNION | NORMALE |
Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu'ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres …
lire la suiteTant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu'ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique ; en un mot tant qu'ils ne s'appliquèrent qu'à des ouvrages qu'un seul pouvait faire et qu'à des arts qui n'avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons, heureux autant qu'ils pouvaient l'être par leur nature, et continuèrent à jouir entre eux des douceurs d'un commerce indépendant : mais dès l'instant qu'un homme eut besoin du secours d'un autre ; dès qu'on s'aperçut qu'il était utile à un seul d'avoir des provisions pour deux, l'égalité disparut, la propriété s'introduisit, le travail devint nécessaire et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu'il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l'esclavage et la misère germer et croître avec les moissons.ROUSSEAU QUESTIONS : 1° Dégagez l'idée centrale du texte, puis ses différents moments. 2° Expliquez : a) "tant qu'ils ne s'appliquèrent qu'à des ouvrages qu'un seul pouvait faire et qu'à des arts qui n'avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons, heureux autant qu'ils pouvaient l'être par leur nature" ; b) "dès l'instant qu'un homme eut besoin du secours d'un autre (...), l'égalité disparut, la propriété s'introduisit, le travail devint nécessaire. 3° Demeure-t-on libre quand on a besoin de l'aide d'autrui ? notions : ART BONHEUR ÉCHANGES LIBERTÉ TECHNIQUE TRAVAIL
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ROUSSEAU |
| 2012 | ES | LIBAN | NORMALE |
La morale peut-elle se réduire à un ensemble d'interdictions ?
notions : MORALE
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| 2012 | ES | LIBAN | NORMALE |
La laideur peut-elle intéresser l'artiste ?
notions : ART
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| 2012 | ES | LIBAN | NORMALE |
La tradition rationaliste occidentale, qui nous vient des Grecs, est celle de la discussion critique : elle consiste à examiner et à tester les propositions ou les théories en essayant d\'en produire la réfutation. Il ne faut pas voir dans ce processus une méthode de démonstration qui permettrait, en dernière analyse, …
lire la suiteLa tradition rationaliste occidentale, qui nous vient des Grecs, est celle de la discussion critique : elle consiste à examiner et à tester les propositions ou les théories en essayant d\'en produire la réfutation. Il ne faut pas voir dans ce processus une méthode de démonstration qui permettrait, en dernière analyse, d\'établir la vérité ; et il ne s\'agit pas non plus d\'une démarche aboutissant nécessairement à la formation d\'un consensus. Son intérêt vient plutôt de ce que la discussion permet aux divers interlocuteurs de modifier, peu ou prou, leur sentiment et, au terme de cet échange, d\'être devenus plus avisés.On prétend souvent que la discussion n\'est possible qu\'avec des partenaires qui tiennent un même langage et souscrivent aux mêmes hypothèses fondamentales. Or ce n\'est pas vrai. Il suffit seulement d\'être disposé à apprendre auprès de l\'interlocuteur avec lequel on discute, ce qui implique le désir réel de comprendre le message que celui-ci veut faire passer. Et lorsque cette disponibilité existe, la fécondité du débat est d\'autant plus grande que les participants viennent d\'horizons différents. L\'intérêt d\'une discussion est donc fonction, dans une large mesure, de la diversité des conceptions qui s\'y affrontent. POPPER, Conjectures et réfutations notions : DÉMONSTRATION ÉCHANGES LANGAGE RAISON THÉORIE VÉRITÉ
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POPPER |
| 2012 | L | LIBAN | NORMALE |
Le langage détermine-t-il notre rapport au réel ?
notions : LANGAGE RÉEL
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| 2012 | L | LIBAN | NORMALE |
L'art est-il un divertissement ?
notions : ART
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| 2012 | L | LIBAN | NORMALE |
Si les châtiments seuls, et non la nature, détournaient les hommes de l'injustice, une fois la crainte des châtiments ôtée, de quoi les méchants pourraient-ils s'inquiéter ? Cependant il ne s'est jamais rencontré criminel assez effronté, ou pour ne pas nier qu'il eût commis le crime, ou pour ne pas alléguer sa propre …
lire la suiteSi les châtiments seuls, et non la nature, détournaient les hommes de l'injustice, une fois la crainte des châtiments ôtée, de quoi les méchants pourraient-ils s'inquiéter ? Cependant il ne s'est jamais rencontré criminel assez effronté, ou pour ne pas nier qu'il eût commis le crime, ou pour ne pas alléguer sa propre souffrance comme un motif légitime, ou pour ne pas chercher dans le droit naturel quelque moyen de défense. Si les méchants osent invoquer pareilles excuses, à plus forte raison pourront-elles l'être par les gens de bien. Si seule la peine encourue, la crainte du châtiment, et non la laideur même de l'acte, détourne les hommes d'une vie injuste et criminelle, personne n'est injuste : les méchants doivent plutôt être considérés comme des hommes qui calculent mal. Et nous qui ne sommes pas déterminés à être des gens de bien par la recherche de l'honnêteté elle-même, mais par celle de l'utilité et du profit, nous sommes habiles et non vertueux. Que fera en effet dans les ténèbres l'homme qui n'a d'autre crainte que celle du témoin ou du juge ? S'il vient à rencontrer en un lieu désert un homme chargé d'or et qu'il peut dépouiller, un être seul et sans défense, que fera-t-il ? En pareille occurrence notre homme de bien à nous, celui qui est juste et bon parce que la nature le veut, conversera avec le voyageur, l'aidera, le remettra dans son chemin. Quant à celui qui ne fait rien pour autrui et qui, en toutes choses, prend pour mesure son intérêt, vous voyez, je pense, ce qu'il fera. Niera-t-il qu'il veuille en pareil cas attenter à la vie de son semblable et lui prendre son or ? S'il s'en abstient, ce ne sera jamais parce qu'il juge pareille action laide au regard de la nature, mais parce qu'il craint d'être découvert et d'en subir les conséquences.CICÉRON, Les lois. notions : JUSTICE MORALE
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CICÉRON |
| 2012 | S | LIBAN | NORMALE |
Un État démocratique doit-il tolérer toutes les opinions ?
notions : ÉTAT POLITIQUE
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| 2012 | S | LIBAN | NORMALE |
L'originalité fait-elle la valeur de l'oeuvre d'art ?
notions : ART
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| 2012 | S | LIBAN | NORMALE |
On ne désire en réalité qu'une chose : le bonheur. Toute chose qu'on désire autrement qu'à titre de moyen conduisant à quelque but éloigné, et en définitive au bonheur, est désirée comme une partie même du bonheur et n'est pas désirée pour elle-même tant qu'elle n'est pas devenue une partie du bonheur. Ceux qui désire…
lire la suiteOn ne désire en réalité qu'une chose : le bonheur. Toute chose qu'on désire autrement qu'à titre de moyen conduisant à quelque but éloigné, et en définitive au bonheur, est désirée comme une partie même du bonheur et n'est pas désirée pour elle-même tant qu'elle n'est pas devenue une partie du bonheur. Ceux qui désirent la vertu pour elle-même la désirent, soit parce que la conscience de la posséder est un plaisir, soit parce que la conscience d'en être dépourvu est une peine, soit pour les deux raisons réunies ; car, à vrai dire, le plaisir et la peine en ce cas existent rarement séparés, mais se présentent presque toujours ensemble, la même personne éprouvant le plaisir d'avoir atteint un certain degré de vertu et la peine de ne pas s'être élevé plus haut. Si elle n'éprouvait ni ce plaisir, ni cette peine, c'est qu'elle n'aimerait pas ou ne désirerait pas la vertu, ou la désirerait seulement pour les autres avantages qu'elle pourrait lui apporter, soit à elle-même, soit aux personnes auxquelles elle tient.MILL, L'Utilitarisme notions : BONHEUR DÉSIR MORALE
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MILL |
| 2012 | ES | MÉTROPOLE | NORMALE |
Peut-il exister des désirs naturels ?
notions : DÉSIR
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| 2012 | ES | MÉTROPOLE | SECOURS |
Suis-je l'auteur de ce que je dis ?
notions : LANGAGE SUJET
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| 2012 | ES | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Y a-t-il des opinions raisonnables ?
notions : RAISON
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| 2012 | ES | MÉTROPOLE | NORMALE |
Travailler, est-ce seulement être utile ?
notions : TRAVAIL
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| 2012 | ES | MÉTROPOLE | SECOURS |
En politique, tous les moyens sont-ils bons ?
notions : POLITIQUE
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| 2012 | ES | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Une oeuvre d'art doit-elle nécessairement donner du plaisir ?
notions : ART
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| 2012 | ES | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Je conçois deux manières d'arriver à la félicité (1). L'une en satisfaisant ses passions et l'autre en les modérant : par la première on jouit, par la seconde on ne désire point, et l'on serait heureux par toutes deux s'il ne manquait à l'une cette durée et à l'autre cette vivacité qui constituent le vrai bonheur.
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lire la suiteJe conçois deux manières d'arriver à la félicité (1). L'une en satisfaisant ses passions et l'autre en les modérant : par la première on jouit, par la seconde on ne désire point, et l'on serait heureux par toutes deux s'il ne manquait à l'une cette durée et à l'autre cette vivacité qui constituent le vrai bonheur.Les routes pour arriver à ces deux états sont entièrement opposées, il faut donc opter, et le choix est aisé si l'on compare les effets de l'un et de l'autre. On ne saurait nier qu'un homme qui savoure à longs traits le plaisir et la volupté ne soit actuellement plus heureux et ne jouisse mieux des charmes de la vie que celui qui ne désire ni ne possède point. Deux choses me semblent pourtant rendre l'état du dernier préférable. En premier lieu : plus l'action du plaisir est vive, et moins elle a de durée ; c'est un fait incontesté. On perd donc sur le temps ce qu'on gagne sur le sentiment ; jusqu'ici tout serait compensé. Mais voici en quoi la chose n'est pas égale : c'est que le goût ardent des plaisirs agit d'une telle manière sur l'imagination qu'elle reste émue, même après l'effet du sentiment, et prolonge ainsi le désir plus loin que la possibilité de le satisfaire. D'où je conclus que la jouissance immodérée du plaisir est pour l'avenir un principe d'inquiétude. Au contraire : les peines d'un homme qui, sans avoir joui, n'a que quelques désirs à combattre, diminuent à mesure qu'il gagne du temps, et la longue tranquillité de l'âme lui donne plus de force pour la conserver toujours. Son bonheur augmente à mesure que celui de l'autre diminue. ROUSSEAU, Mémoire à M. De Mably (1) : état de celui qui est pleinement heureux. notions : BONHEUR DÉSIR TEMPS
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ROUSSEAU |
| 2012 | ES | MÉTROPOLE | NORMALE |
En morale, les règles éternelles d'action ont la même vérité immuable et universelle que les propositions en géométrie. Ni les unes ni les autres ne dépendent des circonstances, ni des accidents, car elles sont vraies en tout temps et en tout lieu, sans limitation ni exception. "Tu ne dois pas résister au pouvoir civi…
lire la suiteEn morale, les règles éternelles d'action ont la même vérité immuable et universelle que les propositions en géométrie. Ni les unes ni les autres ne dépendent des circonstances, ni des accidents, car elles sont vraies en tout temps et en tout lieu, sans limitation ni exception. "Tu ne dois pas résister au pouvoir civil suprême" est une règle qui n'est pas moins constante ni invariable pour tracer la conduite d'un sujet à l'égard du gouvernement, que "multiplie la hauteur par la moitié de la base" pour mesurer la surface d'un triangle. Et de même qu'on ne jugerait pas que cette règle mathématique perd de son universalité, parce qu'elle ne permet pas la mesure exacte d'un champ qui n'est pas exactement un triangle, de même on ne doit pas juger comme un argument contraire à l'universalité de la règle qui prescrit l'obéissance passive, le fait qu'elle ne touche pas la conduite d'un homme toutes les fois qu'un gouvernement est renversé ou que le pouvoir suprême est disputé. Il doit y avoir un triangle et vous devez vous servir de vos sens pour le connaître, avant qu'il y ait lieu d'appliquer votre règle mathématique. Et il doit y avoir un gouvernement civil, et vous devez savoir entre quelles mains il se trouve, avant qu'intervienne le précepte moral. Mais, quand nous savons où est certainement le pouvoir suprême, nous ne devons pas plus douter que nous devons nous y soumettre, que nous ne douterions du procédé pour mesurer une figure que nous savons être un triangle.BERKELEY, De l'Obéissance passive notions : ÉTAT EXPÉRIENCE MORALE POLITIQUE RAISON THÉORIE
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BERKELEY |