Banque de sujets de baccalauréat

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2013 L LIBAN NORMALE C'est le signe qui s'apprend par l'objet connu plutôt que l'objet par son signe. Pour mieux comprendre ceci, suppose qu'en ce moment, nous entendions le mot "tête" pour la première fois. Nous ignorons si c'est seulement un simple son de voix ou s'il possède aussi une signification et nous cherchons ce qu'est cette "…
lire la suite C'est le signe qui s'apprend par l'objet connu plutôt que l'objet par son signe.
Pour mieux comprendre ceci, suppose qu'en ce moment, nous entendions le mot "tête" pour la première fois. Nous ignorons si c'est seulement un simple son de voix ou s'il possède aussi une signification et nous cherchons ce qu'est cette "tête" (...). Si donc, tandis que nous cherchons, on nous montre du doigt l'objet lui-même, nous apprenons en le voyant le sens du signe que nous avions jusque-là entendu, mais non compris. Or, comme dans ce signe, il y a deux éléments, le son et la signification ; le premier n'est pas perçu, certes, au moyen du signe, mais par le fait que le souffle frappe l'air ; quant à la signification, elle ne l'est qu'en voyant la chose signifiée. Car le doigt tendu ne peut signifier rien d'autre que ce vers quoi il est dirigé. Or, il est tendu, non vers le signe, mais vers le membre appelé "tête". Ainsi, ce geste ne peut me faire connaitre ni la chose, que je connaissais déjà, ni le signe vers lequel on ne tend pas le doigt. Mais peu importe ce doigt tendu qui, me semble-t-il, est plutôt le signe de l'action de montrer elle-même que celui des choses qui sont montrées, tout comme la préposition : "voici". On a même l'habitude de tendre le doigt en prononçant cette préposition, de peur qu'un seul signe d'indication ne soit insuffisant !
Par là, je cherche surtout à te persuader, si je le puis, qu'au moyen des signes appelés mots, nous n'apprenons rien, car comme je l'ai dit, la valeur du mot, c'est-a-dire la signification cachée dans le son de la voix, nous l'apprenons quand la chose signifiée est déjà connue, plutôt que cette dernière par la signification.

AUGUSTIN, Le Maître (389)
notions : LANGAGE RÉEL
AUGUSTIN
2013 S LIBAN NORMALE Peut-on échapper à sa culture ?
notions : CULTURE
2013 S LIBAN NORMALE Le sujet humain peut-il être étudié comme un objet ?
notions : SUJET
2013 S LIBAN NORMALE Il convient (...), par-dessus tout, que les lois, établies sur une base juste, déterminent elles-mêmes tout ce qui est permis et qu'elles laissent le moins possible à faire aux juges. En voici les raisons. D'abord, il est plus facile de trouver un homme, ou un petit nombre d'hommes, qu'un grand nombre qui soient doués…
lire la suite Il convient (...), par-dessus tout, que les lois, établies sur une base juste, déterminent elles-mêmes tout ce qui est permis et qu'elles laissent le moins possible à faire aux juges. En voici les raisons. D'abord, il est plus facile de trouver un homme, ou un petit nombre d'hommes, qu'un grand nombre qui soient doués d'un grand sens et en état de légiférer et de juger. De plus, les législations se forment à la suite d'un examen prolongé, tandis que les décisions juridiques sont produites sur l'heure, et, dans de telles conditions, il est difficile, pour les juges, de satisfaire pleinement au droit et à l'intérêt des parties. Enfin, et ceci est la principale raison, le jugement du législateur ne porte pas sur un point spécial, mais sur des cas futurs et généraux, tandis que les membres d'une assemblée et le juge prononcent sur des faits actuels et déterminés, sans manquer d'être influencés, souvent, par des considérations d'amitié, de haine et d'intérêt privé, ce qui fait qu'ils ne peuvent plus envisager la vérité avec compétence, mais que des sentiments personnels de joie ou de peine viennent à offusquer leurs jugements.

ARISTOTE, La Rhétorique (IVe s. av. J.-C.)
notions : JUSTICE LOI VÉRITÉ
ARISTOTE
2013 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Peut-on ignorer son devoir ?
notions : DEVOIR
2013 ES MÉTROPOLE NORMALE Que devons-nous à l'État ?
notions : ÉTAT  
2013 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'évidence se passe-t-elle de démonstration ?
notions : DÉMONSTRATION
2013 ES MÉTROPOLE NORMALE Interprète-t-on à défaut de connaître ?
notions : INTERPRÉTATION
2013 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Évidemment il n'y a aucun profit à flatter délibérément l'opinion publique : c'est encore se trouver sous sa domination quoique dans un sens inverse. Mais s'y trouver franchement indifférent est à la fois une force et une source de bonheur. Et une société composée d'hommes et de femmes qui ne font pas trop de courbett…
lire la suite Évidemment il n'y a aucun profit à flatter délibérément l'opinion publique : c'est encore se trouver sous sa domination quoique dans un sens inverse. Mais s'y trouver franchement indifférent est à la fois une force et une source de bonheur. Et une société composée d'hommes et de femmes qui ne font pas trop de courbettes aux conventions est beaucoup plus intéressante qu'une société où tout le monde se conduit de la même façon. Lorsque le caractère de chacun se développe individuellement, les différences de type sont préservées et il devient intéressant de rencontrer de nouvelles personnes, car elles ne sont plus de simples répliques de celles que l'on a déjà rencontrées. Ceci a été un des avantages de l'aristocratie puisque là où le statut social dépendait de la naissance, on était autorisé à se conduire en excentrique. Dans notre monde moderne, nous perdons cette source de liberté sociale et il est devenu nécessaire de se rendre plus consciemment compte des dangers que l'uniformité peut présenter. Je ne veux pas dire que les gens devraient être intentionnellement excentriques, ce qui est tout aussi peu intéressant que d'être conventionnel. Je pense seulement que les gens devraient être naturels et suivre leurs goûts spontanés dans la mesure où ceux-ci ne sont pas franchement anti-sociaux.

RUSSELL, La Conquête du bonheur (1930)
notions : LIBERTÉ SOCIÉTÉ
RUSSELL
2013 ES MÉTROPOLE NORMALE Prenons maintenant un exemple où apparaissent une volonté droite, c'est-à-dire juste, la liberté du choix et le choix lui-même ; et aussi la façon dont la volonté droite, tentée d'abandonner la rectitude, la conserve par un libre choix. Quelqu'un veut du fond du coeur servir la vérité parce qu'il comprend qu'il est dr…
lire la suite Prenons maintenant un exemple où apparaissent une volonté droite, c'est-à-dire juste, la liberté du choix et le choix lui-même ; et aussi la façon dont la volonté droite, tentée d'abandonner la rectitude, la conserve par un libre choix. Quelqu'un veut du fond du coeur servir la vérité parce qu'il comprend qu'il est droit d'aimer la vérité. Cette personne a, certes, la volonté droite et la rectitude de la volonté ; mais la volonté est une chose, la rectitude qui la rend droite en est une autre. Arrive une autre personne la menaçant de mort si elle ne ment. Voyons maintenant le choix qui se présente de sacrifier la vie pour la rectitude de la volonté ou la rectitude pour la vie. Ce choix, qu'on peut aussi appeler jugement, est libre, puisque la raison qui perçoit la rectitude enseigne que cette rectitude doit être observée par amour de la rectitude elle-même, que tout ce qui est allégué pour son abandon doit être méprisé et que c'est à la volonté de repousser et de choisir selon les données de l'intelligence rationnelle ; c'est dans ce but principalement, en effet, qu'ont été données à la créature raisonnable la volonté et la raison. C'est pourquoi ce choix de la volonté pour abandonner cette rectitude n'est soumis à aucune nécessité bien qu'il soit combattu par la difficulté née de la pensée de la mort. Quoiqu'il soit nécessaire, en effet, d'abandonner soit la vie, soit la rectitude, aucune nécessité ne détermine cependant ce qui est conservé ou abandonné. La seule volonté détermine ici ce qui est gardé et la force de la nécessité ne fait rien là où le seul choix de la volonté opère.

ANSELME, De la Concorde (XIIe siècle)
notions : JUSTICE LIBERTÉ RAISON VÉRITÉ
ANSELME
2013 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Réfléchir nous empêche-t-il d'être heureux ?
notions : BONHEUR ESPRIT
2013 L MÉTROPOLE NORMALE Le langage n'est-il qu'un outil ?
notions : LANGAGE TECHNIQUE
2013 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'esprit est-il plus fort que le corps ?
notions : ESPRIT MATIÈRE
2013 L MÉTROPOLE NORMALE La science se limite-t-elle à constater les faits ?
notions : EXPÉRIENCE THÉORIE
2013 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Fabrice (1) voudrait voir la bataille de Waterloo comme on voit un paysage et il ne trouve rien que des épisodes confus. L'Empereur sur sa carte l'aperçoit-il vraiment ? Mais elle se réduit pour lui à un schéma non sans lacunes : pourquoi ce régiment piétine-t-il ? Pourquoi les réserves n'arrivent-elles pas ? L'histor…
lire la suite Fabrice (1) voudrait voir la bataille de Waterloo comme on voit un paysage et il ne trouve rien que des épisodes confus. L'Empereur sur sa carte l'aperçoit-il vraiment ? Mais elle se réduit pour lui à un schéma non sans lacunes : pourquoi ce régiment piétine-t-il ? Pourquoi les réserves n'arrivent-elles pas ? L'historien qui n'est pas engagé dans la bataille et la voit de partout, qui réunit une multitude de témoignages et qui sait comment elle a fini, croit enfin l'atteindre dans sa vérité. Mais ce n'est qu'une représentation qu'il nous en donne, il n'atteint pas la bataille même, puisque, au moment où elle a eu lieu, l'issue en était contingente, et qu'elle ne l'est plus quand l'historien la raconte, puisque les causes profondes de la défaite et les incidents fortuits qui leur ont permis de jouer étaient, dans l'événement singulier de Waterloo, déterminants au même titre, et que l'historien replace l'événement singulier dans la ligne générale du déclin de l'Empire. Le vrai Waterloo n'est ni dans ce que Fabrice, ni dans ce que l'Empereur, ni dans ce que l'historien voient, ce n'est pas un objet déterminable, c'est ce qui advient aux confins de toutes les perspectives et sur quoi elles sont toutes prélevées.

MERLEAU-PONTY, Phénoménologie de la perception (1945)

(1) Personnage d'un roman de Stendhal, auteur contemporain de Napoléon.
notions : EXPÉRIENCE HISTOIRE THÉORIE VÉRITÉ
MERLEAU-PONTY
2013 L MÉTROPOLE NORMALE Bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du monde, on doit toutefois penser qu'on ne saurait subsister seul, et qu'on est, en effet, l'une des parties de l'univers, et plus particulièrement encore l'une des part…
lire la suite Bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du monde, on doit toutefois penser qu'on ne saurait subsister seul, et qu'on est, en effet, l'une des parties de l'univers, et plus particulièrement encore l'une des parties de cette terre, l'une des parties de cet État, de cette société, de cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa naissance. Et il faut toujours préférer les intérêts du tout, dont on est partie, à ceux de sa personne en particulier ; toutefois avec mesure et discrétion (1), car on aurait tort de s'exposer à un grand mal, pour procurer seulement un petit bien à ses parents ou à son pays ; et si un homme vaut plus, lui seul, que tout le reste de sa ville, il n'aurait pas raison de se vouloir perdre pour la sauver. Mais si on rapportait tout à soi-même, on ne craindrait pas de nuire beaucoup aux autres hommes, lorsqu'on croirait en retirer quelque petite commodité, et on n'aurait aucune vraie amitié, ni aucune fidélité, ni généralement aucune vertu ; au lieu qu'en se considérant comme une partie du public, on prend plaisir à faire du bien à tout le monde, et même on ne craint pas d'exposer sa vie pour le service d'autrui, lorsque l'occasion s'en présente.

DESCARTES, Lettre à Elisabeth (1645).

(1) discernement
notions : ÉTAT  SOCIÉTÉ SUJET
DESCARTES
2013 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Choisit-on d'être celui qu'on est ?
notions : LIBERTÉ SUJET
2013 S MÉTROPOLE NORMALE Peut-on agir moralement sans s'intéresser à la politique ?
notions : MORALE POLITIQUE
2013 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'État est-il un moindre mal ?
notions : ÉTAT  
2013 S MÉTROPOLE NORMALE Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?
notions : CONSCIENCE TRAVAIL
2013 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'idée essentielle qu'il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l'artiste comportent un moment naturel, ce moment n'en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu'il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu'un savoir-faire exercé et assuré …
lire la suite L'idée essentielle qu'il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l'artiste comportent un moment naturel, ce moment n'en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu'il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu'un savoir-faire exercé et assuré dans l'exécution. Car l'un des aspects principaux de cette production est malgré tout un travail extérieur, dès lors que l'oeuvre d'art a un côté purement technique qui confine à l'artisanal, surtout en architecture et en sculpture, un peu moins en peinture et en musique, et dans une faible mesure encore en poésie. Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n'est pas l'inspiration qui peut être d'un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l'application et une pratique assidue. Or il se trouve qu'un tel savoir-faire est indispensable à l'artiste s'il veut se rendre maître du matériau extérieur et ne pas être gêné par son âpre résistance.

HEGEL, Esthétique, édité en 1837.
notions : ART MATIÈRE TECHNIQUE
HEGEL
2013 S MÉTROPOLE NORMALE Qu'est-ce qu'un jugement vrai ? Nous appelons vraie l'affirmation qui concorde avec la réalité. Mais en quoi peut consister cette concordance ? Nous aimons à y voir quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle : l'affirmation vraie serait celle qui copierait la réalité. Réfléchissons-y cependant : nous ve…
lire la suite Qu'est-ce qu'un jugement vrai ? Nous appelons vraie l'affirmation qui concorde avec la réalité. Mais en quoi peut consister cette concordance ? Nous aimons à y voir quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle : l'affirmation vraie serait celle qui copierait la réalité. Réfléchissons-y cependant : nous verrons que c'est seulement dans des cas rares, exceptionnels, que cette définition du vrai trouve son application. Ce qui est réel, c'est tel ou tel fait déterminé s'accomplissant en tel ou tel point de l'espace et du temps, c'est du singulier, c'est du changeant. Au contraire, la plupart de nos affirmations sont générales et impliquent une certaine stabilité de leur objet. Prenons une vérité aussi voisine que possible de l'expérience, celle-ci par exemple : "la chaleur dilate les corps". De quoi pourrait-elle bien être la copie ? Il est possible, en un certain sens, de copier la dilatation d'un corps déterminé à des moments déterminés, en la photographiant dans ses diverses phases. Même, par métaphore, je puis encore dire que l'affirmation "cette barre de fer se dilate" est la copie de ce qui se passe quand j'assiste à la dilatation de la barre de fer. Mais une vérité qui s'applique à tous les corps, sans concerner spécialement aucun de ceux que j'ai vus, ne copie rien, ne reproduit rien.

BERGSON, La Pensée et le mouvant (1934)
notions : EXPÉRIENCE RÉEL VÉRITÉ
BERGSON
2013 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE Être libre, est-ce n'obéir à aucune loi ?
notions : LIBERTÉ LOI
2013 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Une oeuvre d'art nous apprend-elle quelque chose ?
notions : ART
2013 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE La diversité des cultures sépare-t-elle les hommes ?
notions : CULTURE
2013 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Être juste, est-ce vouloir l'égalité ?
notions : JUSTICE
2013 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE Il n'y a presque rien qui n'ait été dit par l'un, et dont le contraire n'ait été affirmé par quelque autre. Et il ne serait d'aucun profit de compter les voix, pour suivre l'opinion qui a le plus de répondants (1) : car, lorsqu'il s'agit d'une question difficile, il est plus vraisemblable qu'il s'en soit trouvé peu, e…
lire la suite Il n'y a presque rien qui n'ait été dit par l'un, et dont le contraire n'ait été affirmé par quelque autre. Et il ne serait d'aucun profit de compter les voix, pour suivre l'opinion qui a le plus de répondants (1) : car, lorsqu'il s'agit d'une question difficile, il est plus vraisemblable qu'il s'en soit trouvé peu, et non beaucoup, pour découvrir la vérité à son sujet. Mais quand bien même (2) ils seraient tous d'accord, leur enseignement ne serait pas encore suffisant : car jamais, par exemple, nous ne deviendrons mathématiciens, même en connaissant par coeur toutes les démonstrations des autres, si notre esprit n'est pas en même temps capable de résoudre n'importe quel problème ; et nous ne deviendrons jamais philosophes, si nous avons lu tous les raisonnements de Platon et d'Aristote, et que nous sommes incapables de porter un jugement assuré sur les sujets qu'on nous propose ; dans ce cas, en effet, ce ne sont point des sciences que nous aurions apprises, semble-t-il, mais de l'histoire.

DESCARTES, Règles pour la direction de l'esprit (posthume, écrit vers 1628)

(1) répondants : défenseurs.
(2) quand bien même : même si.

QUESTIONS :

1° Formulez la thèse du texte et montrez comment elle est établie.

2°
a) Expliquez : "il ne serait d'aucun profit de compter les voix, pour suivre l'opinion qui a
le plus de répondants" ;
b) En vous appuyant sur les exemples des mathématiciens et des philosophes, expliquez
pourquoi : "Mais quand bien même ils seraient tous d'accord, leur enseignement ne serait pas encore suffisant".

3° Juger par soi-même, est-ce le seul moyen de découvrir ce qui est vrai ?
notions : HISTOIRE RAISON VÉRITÉ
DESCARTES
2013 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT De chaque objet que nous possédons, il y a deux usages différents, chacun de ces usages étant conforme à ce qu'est l'objet en lui-même, mais non de la même manière : l'un est l'usage propre de l'objet, l'autre ne l'est pas. Par exemple, il y a deux manières d'utiliser une chaussure : soit en la portant, soit en en fai…
lire la suite De chaque objet que nous possédons, il y a deux usages différents, chacun de ces usages étant conforme à ce qu'est l'objet en lui-même, mais non de la même manière : l'un est l'usage propre de l'objet, l'autre ne l'est pas. Par exemple, il y a deux manières d'utiliser une chaussure : soit en la portant, soit en en faisant un objet d'échange. Il s'agit dans les deux cas d'un usage de la chaussure, car même celui qui échange une chaussure avec un acheteur qui en a besoin, contre de la monnaie ou de la nourriture, utilise la chaussure en tant que chaussure, quoiqu'il ne l'utilise pas selon son usage propre, car la chaussure n'a pas été faite pour être échangée. Il en va de même pour tous les autres objets en notre possession, car l'art d'échanger s'étend à tous. Cet art trouve sa première origine dans l'ordre naturel, en ce que les hommes ont les uns plus, les autre moins qu'il leur est nécessaire. En quoi il est évident que le commerce n'est pas, par nature, une partie de l'art d'acquérir des richesses, puisque c'est parce qu'ils ont été conduits par le besoin que les hommes ont pratiqué l'échange.

ARISTOTE, Politique (360 et 343 av. J.C.)

QUESTIONS :

1° Dégagez la thèse du texte et montrez comment elle est établie.

2°
a) Expliquez : "De chaque objet que nous possédons, il y a deux usages différents" ;
b) Expliquez : "même celui qui échange une chaussure avec un acheteur qui en a besoin (...) utilise la chaussure en tant que chaussure" ;
c) Expliquez : "le commerce n'est pas, par nature, une partie de l'art d'acquérir des richesses".

3° L'échange est-il naturellement destiné à satisfaire les besoins ?
notions : ÉCHANGES TECHNIQUE
ARISTOTE
2013 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE L'art est-il le reflet d'une société ?
notions : ART SOCIÉTÉ
2013 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE L'historien doit-il s'interdire toute interprétation ?
notions : HISTOIRE INTERPRÉTATION
2013 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE A mesure que s'accroît sa puissance, une communauté accorde moins d'importance aux délits de ses membres, parce qu'ils lui semblent moins subversifs et moins dangereux qu'auparavant pour la survivance de l'ensemble : le malfaiteur n'est plus "banni", chassé, la colère de tous n'a plus le droit de se déchaîner contre l…
lire la suite A mesure que s'accroît sa puissance, une communauté accorde moins d'importance aux délits de ses membres, parce qu'ils lui semblent moins subversifs et moins dangereux qu'auparavant pour la survivance de l'ensemble : le malfaiteur n'est plus "banni", chassé, la colère de tous n'a plus le droit de se déchaîner contre lui aussi librement qu'autrefois, - au contraire il est désormais protégé et défendu par la communauté contre cette colère et notamment contre celle des personnes qui ont subi le préjudice. Le compromis avec la colère de ceux qui ont été immédiatement touchés par le méfait ; l'effort pour localiser l'incident, voire pour prévenir l'extension ou la généralisation de l'effervescence ; la recherche d'équivalents pour régler toute l'affaire ; la volonté surtout, qui se fait de plus en plus pressante, de considérer que toute infraction peut de quelque manière être rachetée, donc de séparer, du moins jusqu'à un certain point, le criminel de son action - voilà les traits qui marquent de plus en plus nettement l'évolution ultérieure du droit pénal. Plus la puissance et la conscience de soi d'une communauté augmentent, plus le droit pénal s'adoucit ; tout affaiblissement et tout péril font réapparaître les formes plus sévères de ce droit.

NIETZSCHE, Généalogie de la morale, 1887
notions : DROIT JUSTICE SOCIÉTÉ
NIETZSCHE
2013 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE La vérité n'est-elle qu'une croyance reconnue de tous ?
notions : CROYANCE VÉRITÉ
2013 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Choisit-on son existence ?
notions : EXISTENCE LIBERTÉ
2013 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Le désir de vengeance ne doit pas être confondu avec le désir de justice. Chacun a l'obligation de faire valoir son droit et de veiller à ce qu'il ne soit pas foulé aux pieds par autrui. C'est le privilège de l'humanité que d'avoir des droits ; non seulement ne devons-nous pas renoncer à ce privilège, mais il nous fau…
lire la suite Le désir de vengeance ne doit pas être confondu avec le désir de justice. Chacun a l'obligation de faire valoir son droit et de veiller à ce qu'il ne soit pas foulé aux pieds par autrui. C'est le privilège de l'humanité que d'avoir des droits ; non seulement ne devons-nous pas renoncer à ce privilège, mais il nous faut le défendre dans toute la mesure du possible. Celui qui abandonne son droit, en effet, abandonne du même coup son humanité. Tous les hommes éprouvent donc le désir de protéger leur droit ; ils demandent même que celui qui a porté atteinte au droit d'autrui soit contraint de donner satisfaction à sa victime. Cela nous met en colère d'apprendre qu'une injustice a été commise envers quelqu'un ; nous sommes alors désireux que le coupable puisse lui-même faire l'expérience de ce qu'implique l'atteinte au droit d'autrui. Supposons qu'un homme n'ait pas envie de nous payer pour le travail que nous avons fait, en invoquant toutes sortes d'excuses pour se justifier. Notre droit est alors concerné, et nous ne devons laisser personne tourner celui-ci en plaisanterie. Il n'en va pas ici des quelques thalers (1) qui nous sont dus, mais de notre droit, qui vaut à lui seul bien plus que cent ou mille thalers. Mais si notre désir de justice va au-delà de ce qui est nécessaire pour défendre notre droit, nous cédons alors à l'esprit de vengeance. Nous devenons implacables et ne pensons qu'à la peine et au malheur que nous souhaitons à celui qui nous a fait du tort, même si cela n'accroît aucunement chez lui le respect dû à nos droits. Un tel désir de vengeance est quelque chose de vicieux.

KANT, Leçons d'éthique, 1780

(1) thalers : pièce de monnaie allemande, en argent, en usage à l'époque de Kant.
notions : DROIT JUSTICE
KANT
2013 S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Nos désirs font-ils obstacle à notre liberté ?
notions : DÉSIR LIBERTÉ
2013 S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Le but de l'État est-il de rendre la société plus juste ?
notions : ÉTAT  JUSTICE SOCIÉTÉ
2013 S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE La connaissance est recherche de la vérité - recherche de théories objectivement vraies, explicatives. Elle n\'est pas recherche de certitude. L\'erreur est humaine : toute connaissance humaine est faillible, et par là incertaine. Il s\'ensuit que nous devons rigoureusement distinguer vérité et certitude. Que l\'erre…
lire la suite La connaissance est recherche de la vérité - recherche de théories objectivement vraies, explicatives.
Elle n\'est pas recherche de certitude. L\'erreur est humaine : toute connaissance humaine est faillible, et par là incertaine. Il s\'ensuit que nous devons rigoureusement distinguer vérité et certitude. Que l\'erreur soit humaine signifie que nous devons encore et toujours lutter contre elle, mais aussi que, si minutieux soyons-nous, nous ne pouvons jamais nous assurer de n\'avoir pas malgré tout commis une erreur.
En matière de science, une faute par nous commise - une erreur - consiste pour l\'essentiel en ce que nous tenons pour vraie une théorie qui ne l\'est pas. Bien plus rarement, elle consiste en ce que nous tenons une théorie pour fausse quoiqu\'elle soit vraie. Combattre la faute, l\'erreur, cela veut donc dire que l\'on recherche une vérité objective et que l\'on fait tout pour détecter et éliminer des non-vérités. Telle est la tâche de l\'activité scientifique. On peut donc dire : notre objectif, à nous hommes de science, c\'est la vérité objective ; plus de vérité, une vérité plus congruente (1), mieux intelligible. La certitude ne peut raisonnablement être notre objectif. Si nous entrevoyons que la connaissance humaine est faillible, alors nous entrevoyons aussi que nous ne pouvons jamais être tout à fait certains de n\'avoir pas commis de faute.

POPPER, À la Recherche d\'un monde meilleur, 1984.

(1) congruente : correcte et suffisante.
notions : THÉORIE VÉRITÉ
POPPER
2013 TECHN. NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Une société n'est-elle juste que si elle satisfait les besoins de tous ?
notions : JUSTICE SOCIÉTÉ
2013 TECHN. NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE La valeur d'une oeuvre d'art réside-t-elle dans le message qu'elle propose ?
notions : ART
2013 TECHN. NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Bien que l'expérience soit notre seul guide dans le raisonnement sur les questions de fait, il faut reconnaître que ce guide n'est pas complètement infaillible et que, dans quelques cas, il est propre à nous conduire en des erreurs. Un homme qui, dans nos climats, attendrait que le temps soit meilleur pendant une sema…
lire la suite Bien que l'expérience soit notre seul guide dans le raisonnement sur les questions de fait, il faut reconnaître que ce guide n'est pas complètement infaillible et que, dans quelques cas, il est propre à nous conduire en des erreurs. Un homme qui, dans nos climats, attendrait que le temps soit meilleur pendant une semaine de juin que pendant une semaine de décembre raisonnerait correctement et conformément à l'expérience ; mais, assurément, il pourrait se produire en fait qu'il se serait trompé. Cependant nous pouvons observer que, dans un pareil cas, cet homme n'aurait aucune cause de se plaindre de l'expérience ; car celle-ci nous informe communément à l'avance de l'incertitude, par la contrariété des événements qu'une soigneuse observation peut nous apprendre. Tous les effets ne suivent pas avec une semblable certitude de leurs causes supposées. Certains événements, trouve-t-on, dans tous les pays et dans toutes les époques, ont été en conjonction constante les uns avec les autres ; d'autres, a-t-on trouvé, ont été plus variables, et parfois ils déçoivent notre attente ; si bien que, dans nos raisonnements sur des questions de fait, il y a tous les degrés imaginables d'assurance.

HUME, Enquête sur l'entendement humain, 1748
notions : EXPÉRIENCE RAISON
HUME
2013 ES POLYNÉSIE NORMALE Peut-on reprocher à un être humain d'être inconscient ?
notions : INCONSCIENT
2013 ES POLYNÉSIE NORMALE Les mots ont-ils un pouvoir sur les choses ?
notions : LANGAGE RÉEL
2013 ES POLYNÉSIE NORMALE Ce qui, assurément, est le mieux pour la cité, ce n'est ni la guerre extérieure ni la discorde interne, - et c'est une chose détestable de devoir en passer par là - ; mais ce qui est le mieux, c'est la paix entre les hommes associée à une bienveillance mutuelle des sentiments. Aussi, le fait pour une cité de se dompte…
lire la suite Ce qui, assurément, est le mieux pour la cité, ce n'est ni la guerre extérieure ni la discorde interne, - et c'est une chose détestable de devoir en passer par là - ; mais ce qui est le mieux, c'est la paix entre les hommes associée à une bienveillance mutuelle des sentiments. Aussi, le fait pour une cité de se dompter elle-même, pour ainsi dire, ne doit pas être mis au nombre des choses qui valent le mieux, mais simplement de celles qui sont une nécessité. Ce serait tout comme si un corps malade qui prend la purge du médecin était jugé le mieux portant du monde, tandis que le corps qui n'en a nul besoin ne retiendrait même pas l'attention. Il en est de même pour qui penserait de la sorte le bonheur de la cité ou même d'un individu. Ce ne sera jamais un homme politique au sens vrai du terme, s'il a en vue seulement et avant tout les guerres à mener à l'extérieur ; ce ne sera pas davantage un législateur scrupuleux, s'il ne se résout pas à légiférer sur les choses de la guerre en vue de la paix, plutôt que de légiférer sur les choses de la paix en vue de la guerre.
 
PLATON, Les Lois (347 av. J.-C.)
notions : POLITIQUE SOCIÉTÉ
PLATON
2013 L POLYNÉSIE NORMALE Mon identité dépend-elle de ma culture ?
notions : CULTURE SUJET
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lire la suite Qu'en est-il de la satisfaction pendant la vie ? - Elle n'est pas accessible à l'homme : ni dans un sens moral (être satisfait de soi-même pour sa bonne volonté) ni dans un sens pragmatique (être satisfait du bien-être qu'on pense pouvoir se procurer par l'habileté et l'intelligence). La nature a placé en l'homme, comme stimulant de l'activité, la douleur à laquelle il ne peut se soustraire afin que le progrès s'accomplisse toujours vers le mieux ; et même à l'instant suprême, on ne peut se dire satisfait de la dernière partie de sa vie que d'une manière relative (en partie par comparaison avec le lot des autres, en partie par comparaison avec nous-mêmes) : mais on ne l'est jamais purement ni absolument. Dans la vie, être satisfait (absolument), ce serait, hors de toute activité, le repos et l'inertie des mobiles ou l'engourdissement des sensations et de l'activité qui leur est liée. Un tel état est tout aussi incompatible avec la vie intellectuelle de l'homme que l'immobilité du coeur dans un organisme animal, immobilité à laquelle, si ne survient aucune nouvelle excitation (par la douleur), la mort fait suite inévitablement.

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