Banque de sujets de baccalauréat

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AnnéeSérieLieuSession SujetAuteur
2013 S AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Une société sans religion est-elle possible ?
notions : RELIGION SOCIÉTÉ
2013 S AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Connaître le réel, est-ce le dominer ?
notions : RÉEL
2013 S AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Il y a (...) souvent des circonstances où les actes qui nous paraissent les plus dignes d'un homme juste, de l'homme que nous appelons homme de bien, se transforment en leurs contraires ; rendre un dépôt, faire une promesse et d'une manière générale accomplir ce qu'exigent la sincérité et la bonne foi, ce sont des dev…
lire la suite Il y a (...) souvent des circonstances où les actes qui nous paraissent les plus dignes d'un homme juste, de l'homme que nous appelons homme de bien, se transforment en leurs contraires ; rendre un dépôt, faire une promesse et d'une manière générale accomplir ce qu'exigent la sincérité et la bonne foi, ce sont des devoirs que, dans certains cas, il devient juste d'enfreindre et de ne pas observer. Il convient de se rapporter ici aux fondements de la justice que j'ai posés au début : d'abord ne pas nuire à quiconque, ensuite être au service de l'intérêt commun. Quand les circonstances changent, le devoir change lui aussi, et il n'est pas toujours le même : il peut arriver que tenir une promesse convenue soit nuisible ou à celui à qui on a fait la promesse, ou à celui qui a promis. (...) Il ne faut donc pas tenir les promesses qui sont nuisibles à ceux à qui on les a faites ; et également, si elles nous nuisent plus qu'elles ne servent à celui à qui nous les avons faites, il n'est pas contraire au devoir de préférer le plus au moins : par exemple, si l'on s'est engagé envers quelqu'un à venir en personne pour l'assister, et si dans l'intervalle on a un fils qui tombe gravement malade, il n'est pas contraire au devoir de ne pas faire ce qu'on avait dit qu'on ferait ; et c'est plutôt celui à qui l'on a fait la promesse qui s'écarterait de son devoir s'il se plaignait d'avoir été abandonné.

CICÉRON, Traité des devoirs (Ier s. av. J.-C.)
notions : DEVOIR JUSTICE MORALE
CICÉRON
2013 ES ANTILLES NORMALE La culture est-elle un simple ajout à la nature ?
notions : CULTURE
2013 ES ANTILLES NORMALE La raison peut-elle comprendre le réel ?
notions : RAISON RÉEL
2013 ES ANTILLES NORMALE Valoir, pour la pensée classique, c'est d'abord valoir quelque chose, être substituable à cette chose dans un processus d'échange. La monnaie n'a été inventée, les prix ne se sont fixés et ne se modifient que dans la mesure où cet échange existe. Or l'échange n'est un phénomène simple qu'en apparence. En effet, on n'é…
lire la suite Valoir, pour la pensée classique, c'est d'abord valoir quelque chose, être substituable à cette chose dans un processus d'échange. La monnaie n'a été inventée, les prix ne se sont fixés et ne se modifient que dans la mesure où cet échange existe. Or l'échange n'est un phénomène simple qu'en apparence. En effet, on n'échange dans le troc que si chacun des deux partenaires reconnaît une valeur à ce que détient l'autre. En un sens, il faut donc que ces choses échangeables, avec leur valeur propre, existent à l'avance entre les mains de chacun pour que la double cession et la double acquisition se produise enfin. Mais d'un autre côté, ce que chacun mange et boit, ce dont il a besoin pour vivre, n'a pas de valeur tant qu'il ne le cède pas ; et ce dont il n'a pas besoin est également dépourvu de valeur tant qu'il ne s'en sert pas pour acquérir quelque chose dont il aurait besoin. Autrement dit, pour qu'une chose puisse en représenter une autre dans un échange, il faut qu'elles existent déjà chargées de valeur ; et pourtant la valeur n'existe qu'à l'intérieur de la représentation (actuelle ou possible), c'est-à-dire à l'intérieur de l'échange ou de l'échangeabilité. De là deux possibilités simultanées de lecture : l'une analyse la valeur dans l'acte même de l'échange, au point de croisement du donné et du reçu ; l'autre l'analyse comme antérieure à l'échange et comme condition première pour qu'il puisse avoir lieu.

FOUCAULT, Les Mots et les choses (1966)
notions : ÉCHANGES
FOUCAULT
2013 L ANTILLES NORMALE Obéir à l'État, est-ce renoncer à sa liberté ?
notions : ÉTAT  LIBERTÉ
2013 L ANTILLES NORMALE Raisonne-t-on bien lorsqu'on veut avoir raison à tout prix ?
notions : RAISON
2013 L ANTILLES NORMALE Ce qui fait la vie brève et tourmentée, c\'est l\'oubli du passé, la négligence du présent, la crainte de l\'avenir ; arrivés à l\'extrémité de leur existence, les malheureux comprennent trop tard qu\'ils se sont, tout ce temps, affairés à ne rien faire. Et il ne faut pas croire qu\'on puisse prouver qu\'ils ont une vi…
lire la suite Ce qui fait la vie brève et tourmentée, c\'est l\'oubli du passé, la négligence du présent, la crainte de l\'avenir ; arrivés à l\'extrémité de leur existence, les malheureux comprennent trop tard qu\'ils se sont, tout ce temps, affairés à ne rien faire. Et il ne faut pas croire qu\'on puisse prouver qu\'ils ont une vie longue par cette raison qu\'ils invoquent parfois la mort. Leur imprudence les agite de passions incertaines qui les jettent sur les objets mêmes de leurs craintes ; et souvent ils souhaitent la mort parce qu\'ils la craignent. Ne crois pas non plus prouver qu\'ils vivent longtemps parce que souvent la journée leur paraît longue, et que, jusqu\'au moment fixé pour le repas, ils se plaignent de la lenteur des heures. Car chaque fois que leurs occupations les abandonnent, ils sont inquiets qu\'on les laisse en repos ; et ils ne savent pas comment disposer de ces moments pour tuer le temps. C\'est pourquoi ils recherchent une occupation ; et tout le temps qui les en sépare leur est pesant : à tel point, ma parole ! que, lorsqu\'on a fixé le jour d\'une représentation de gladiateurs, ou qu\'on attend l\'organisation d\'un spectacle ou de quelque autre plaisir, ils veulent sauter par-dessus les jours intermédiaires. Tout retard à leur attente est long pour eux. Quant à ce temps qu\'ils aiment, il est bref et rapide, et leur folie le rend bien plus rapide encore ; car ils passent vite d\'une chose à une autre, et ils ne peuvent s\'arrêter à une passion unique. Pour eux les jours ne sont pas longs, ils sont insupportables.

SÉNÈQUE, De la Brièveté de la vie (49 ap. J.-C.)
notions : BONHEUR EXISTENCE TEMPS
SÉNÈQUE
2013 S ANTILLES NORMALE La raison nous permet-elle de dépasser nos conflits ?
notions : RAISON
2013 S ANTILLES NORMALE La culture nous rend-elle plus libres ?
notions : CULTURE LIBERTÉ
2013 S ANTILLES NORMALE Le but immédiat du châtiment, considéré dans un cas donné, c'est l'accomplissement de ce contrat qu'on nomme la loi. Or la loi, elle, ne peut avoir qu'un but : détourner chacun, par la crainte, de toute violation du droit d'autrui ; car c'est pour être à l'abri de toute agression injuste, que chacun des contractants s…
lire la suite Le but immédiat du châtiment, considéré dans un cas donné, c'est l'accomplissement de ce contrat qu'on nomme la loi. Or la loi, elle, ne peut avoir qu'un but : détourner chacun, par la crainte, de toute violation du droit d'autrui ; car c'est pour être à l'abri de toute agression injuste, que chacun des contractants s'est uni aux autres dans l'État, a renoncé à toute entreprise injuste, et a consenti aux charges qu'exige l'entretien de l'État. La loi et l'accomplissement de la loi, en d'autres termes le châtiment, ont donc essentiellement en vue l'avenir, nullement le passé. Voilà ce qui distingue le châtiment de la vengeance, qui tire ses motifs de certains faits accomplis, c'est-à-dire du passé. Frapper l'injuste en lui infligeant une souffrance, sans poursuivre en cela un résultat à venir, c'est là la vengeance ; et elle ne peut avoir qu'un but : se donner le spectacle de la souffrance d'autrui, se dire qu'on en est la cause, et se sentir par là consolé de la sienne propre. Pure méchanceté, pure cruauté ; pour de pareils actes, la morale n'a pas de justification. Le tort qu'on m'a fait ne m'autorise pas à infliger pareil tort à autrui. Rendre le mal pour le mal, sans chercher à voir plus loin, c'est ce qui ne peut se justifier ni par des motifs moraux, ni par aucun autre motif raisonnable.

SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et comme représentation (1819)
notions : DROIT ÉTAT  JUSTICE LOI MORALE TEMPS
SCHOPENHAUER
2013 TECHN. ANTILLES NORMALE N'est-on juste que par intérêt ?
notions : JUSTICE
2013 TECHN. ANTILLES NORMALE L'oeuvre d'art doit-elle d'abord plaire ?
notions : ART
2013 TECHN. ANTILLES NORMALE La pièce est chaude, le sucre est doux, l'absinthe (1) est désagréable, ce sont là des jugements dont la valeur est simplement subjective. Je ne prétends nullement que moi-même je doive en juger ainsi en tout temps ou que quiconque doive en juger comme moi ; ces jugements expriment seulement une relation de deux sensa…
lire la suite La pièce est chaude, le sucre est doux, l'absinthe (1) est désagréable, ce sont là des jugements dont la valeur est simplement subjective. Je ne prétends nullement que moi-même je doive en juger ainsi en tout temps ou que quiconque doive en juger comme moi ; ces jugements expriment seulement une relation de deux sensations au même sujet, c'est-à-dire à moi-même et encore uniquement en l'état actuel de ma perception, et, de ce fait, ils ne doivent pas valoir non plus pour l'objet ; ce sont de tels jugements que j'appelle "jugements de perception". Il en va tout autrement du jugement d'expérience. Ce que l'expérience m'apprend en de certaines circonstances, il faut qu'elle me l'apprenne en tout temps et qu'elle l'apprenne à quiconque également, et sa validité ne se restreint pas au sujet ou à son état momentané. Voilà pourquoi j'énonce de tels jugements comme objectivement valables. Quand je dis, par exemple : l'air est élastique (2), ce jugement n'est tout d'abord qu'un jugement de perception où je me contente de rapporter l'une à l'autre deux sensations telles que mes sens me les procurent. Pour que je puisse en faire un jugement d'expérience, j'exige que cette connexion (3) soit soumise à une condition qui la rende universellement valable. Il faut donc que la même perception dans les mêmes circonstances m'impose à moi en tout temps ainsi qu'à quiconque d'établir une connexion nécessaire.

KANT, Prolégomènes à toute métaphysique future (1783)

(1) l'absinthe : plante amère.
(2) élastique : qui ne résiste pas à la compression.
(3) connexion : mise en rapport.

QUESTIONS :

1° Dégagez la thèse du texte et montrez comment elle est établie.

2°
a) À partir des trois premiers exemples donnés par l'auteur, expliquez : "ce sont là des
jugements dont la valeur est simplement subjective" ;
b) quelle différence l'auteur établit-il entre "jugement de perception" et "jugement
d'expérience" ;
c) expliquez : "Il faut (...) que la même perception dans les mêmes circonstances m'imposent à moi en tout temps ainsi qu'à quiconque d'établir une connexion nécessaire."

3° Peut-on établir une connaissance objective à partir de l'expérience ?
notions : EXPÉRIENCE PERCEPTION SUJET
KANT
2013 ES ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Faire valoir ses droits, est-ce la même chose que défendre ses intérêts ?
notions : DROIT
2013 ES ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE L'art est-il un divertissement ?
notions : ART
2013 ES ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE L'homme le plus heureux est celui qui parcourt sa vie sans douleurs trop grandes, soit au moral, soit au physique, et non pas celui qui a eu pour sa part les joies les plus vives ou les jouissances les plus fortes. Vouloir mesurer sur celles-ci le bonheur d'une existence, c'est recourir à une fausse échelle. Car les p…
lire la suite L'homme le plus heureux est celui qui parcourt sa vie sans douleurs trop grandes, soit au moral, soit au physique, et non pas celui qui a eu pour sa part les joies les plus vives ou les jouissances les plus fortes. Vouloir mesurer sur celles-ci le bonheur d'une existence, c'est recourir à une fausse échelle. Car les plaisirs sont et restent négatifs ; croire qu'ils rendent heureux est une illusion que l'envie entretient et par laquelle elle se punit elle-même. Les douleurs au contraire sont senties positivement, c'est leur absence qui est l'échelle du bonheur de la vie. Si, à un état libre de douleur vient s'ajouter encore l'absence de l'ennui, alors on atteint le bonheur sur terre dans ce qu'il a d'essentiel, car le reste n'est plus que chimère. Il suit de là qu'il ne faut jamais acheter de plaisirs au prix de douleurs, ni même de leur menace seule, vu que ce serait payer du négatif et du chimérique avec du positif et du réel. En revanche, il y a bénéfice à sacrifier des plaisirs pour éviter des douleurs. Dans l'un et l'autre cas, il est indifférent que les douleurs suivent ou précèdent les plaisirs. Il n'y a vraiment pas de folie plus grande que de vouloir transformer ce théâtre de misères en un lieu de plaisance, et de poursuivre des jouissances et des joies au lieu de chercher à éviter la plus grande somme possible de douleurs. Que de gens cependant tombent dans cette folie !

SCHOPENHAUER, Aphorismes sur la sagesse dans la vie (1851)
notions : BONHEUR EXISTENCE
SCHOPENHAUER
2013 L ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Le travail fait-il violence à notre humanité ?
notions : TRAVAIL
2013 L ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Y a-t-il des certitudes sans démonstration ?
notions : DÉMONSTRATION
2013 L ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Rien (...) n'a plus d'importance que d'éviter de suivre, comme le font les moutons, le troupeau de ceux qui nous précèdent, nous dirigeant non pas où il faut aller, mais où il va. Et pourtant rien ne nous empêtre dans de plus grands maux que de nous régler sur les bruits qui courent, dans l'idée que le meilleur c'est …
lire la suite Rien (...) n'a plus d'importance que d'éviter de suivre, comme le font les moutons, le troupeau de ceux qui nous précèdent, nous dirigeant non pas où il faut aller, mais où il va. Et pourtant rien ne nous empêtre dans de plus grands maux que de nous régler sur les bruits qui courent, dans l'idée que le meilleur c'est ce qui est généralement reçu et c'est de vivre non selon la raison mais par imitation, ce dont nous avons de nombreux exemples. De là vient un tel amoncellement de gens les uns sur les autres. Ce qui se passe dans une grande bousculade quand la populace se comprime elle-même (alors nul ne tombe sans en attirer un autre avec lui et les premiers sont la perte de ceux qui les suivent), tu peux le voir arriver dans toute existence : nul ne se trompe seulement pour son propre compte, mais il est la cause et l'auteur de l'erreur d'autrui. Il est nuisible, en effet, d'être attaché à ceux qui nous précèdent : chacun préférant croire plutôt que juger, on ne porte jamais de jugement sur la vie, on est toujours dans la croyance ; et l'erreur transmise de main en main nous remue en tous sens et nous mène à notre ruine. Nous périssons par l'exemple des autres. Nous guérirons pour peu que nous nous séparions de la foule. Mais, en réalité, le peuple se dresse contre la raison en défenseur de son propre mal. C'est pourquoi il se produit ce qui se produit dans les assemblées où ceux-là mêmes qui ont fait les magistrats s'étonnent que ce soient ceux-là qui aient été faits, lorsque l'inconstante faveur populaire a changé. Nous approuvons et nous condamnons les mêmes choses : c'est l'issue de tout jugement rendu selon la majorité.

SÉNÈQUE, La Vie heureuse (1er siècle)
notions : EXISTENCE RAISON SOCIÉTÉ
SÉNÈQUE
2013 S ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Faut-il préférer la vérité au bonheur ?
notions : BONHEUR VÉRITÉ
2013 S ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE La technique n'est-elle qu'une application de la science ?
notions : TECHNIQUE
2013 S ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE "L'union fait la force." La violence est brisée par l'union, la force de ces éléments rassemblés représente dès lors le droit, par opposition à la violence d'un seul. Nous voyons donc que le droit est la force d'une communauté. C'est encore la violence, toujours prête à se tourner contre tout individu qui lui résiste,…
lire la suite "L'union fait la force." La violence est brisée par l'union, la force de ces éléments rassemblés représente dès lors le droit, par opposition à la violence d'un seul. Nous voyons donc que le droit est la force d'une communauté. C'est encore la violence, toujours prête à se tourner contre tout individu qui lui résiste, travaillant avec les mêmes moyens, attachée aux mêmes buts ; la différence réside, en réalité, uniquement dans le fait que ce n'est plus la violence de l'individu qui triomphe, mais celle de la communauté. Mais, pour que s'accomplisse ce passage de la violence au droit nouveau, il faut qu'une condition psychologique soit remplie. L'union du nombre doit être stable et durable. Si elle se créait à seule fin de combattre un plus puissant pour se dissoudre une fois qu'il est vaincu, le résultat serait nul. Le premier qui viendrait ensuite à s'estimer plus fort chercherait de nouveau à instituer une hégémonie de violence, et le jeu se répéterait indéfiniment. La communauté doit être maintenue en permanence, s'organiser, établir des règlements qui préviennent les insurrections à craindre, désigner des organes qui veillent au maintien des règlements - des lois -, et qui assurent l'exécution des actes de violence conformes aux lois. De par la reconnaissance d'une semblable communauté d'intérêts, il se forme, au sein des membres d'un groupe d'hommes réunis, des attaches d'ordre sentimental, des sentiments de communauté, sur lesquels se fonde, à proprement parler, la force de cette collectivité.

FREUD, Lettre à Einstein (1932)
notions : DROIT LOI SOCIÉTÉ
FREUD
2013 TECHN. ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Suffit-il d'appliquer le droit pour être juste ?
notions : DROIT JUSTICE
2013 TECHN. ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Pour atteindre la vérité, toutes les expériences se valent-elles ?
notions : EXPÉRIENCE VÉRITÉ
2013 TECHN. ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Les dernières générations ont fait des progrès extraordinaires dans les sciences de la nature et leur application technique, et ont affermi leur domination de la nature d\'une façon jusque-là inimaginable. Le détail de ces progrès est connu, il est superflu de les énumérer. Les hommes sont fiers de ces conquêtes, et à …
lire la suite Les dernières générations ont fait des progrès extraordinaires dans les sciences de la nature et leur application technique, et ont affermi leur domination de la nature d\'une façon jusque-là inimaginable. Le détail de ces progrès est connu, il est superflu de les énumérer. Les hommes sont fiers de ces conquêtes, et à bon droit. Mais ils croient avoir remarqué que ce pouvoir nouvellement acquis de disposer de l\'espace et du temps, cet asservissement des forces de la nature, l\'accomplissement de ce désir millénaire, n\'ont pas augmenté la satisfaction du plaisir qu\'ils attendent de la vie, ils ont le sentiment que tout cela ne les a pas rendus plus heureux. Cette constatation devrait suffire à en tirer la conclusion que le pouvoir exercé sur la nature n\'est pas l\'unique condition du bonheur des hommes, de même qu\'il n\'est pas le seul but des aspirations de la culture, et non pas à en déduire que les progrès techniques n\'ont aucune valeur pour notre économie du bonheur (1).

FREUD, Le Malaise dans la culture (1929).

(1) économie du bonheur : ici, organisation du bonheur.

QUESTIONS :

1° Dégagez l\'idée directrice du texte et montrez comment elle est établie.

2°
a) Expliquez : \"Les hommes sont fiers de ces conquêtes, et à bon droit\" ;
b) Expliquez : \"il n\'est pas le seul but des aspirations de la culture\".

3° Le progrès technique est-il une condition du bonheur ?
notions : BONHEUR CULTURE TECHNIQUE
FREUD
2013 ES INDE NORMALE Faut-il ne désirer que ce qui est accessible ?
notions : DÉSIR
2013 ES INDE NORMALE La liberté peut-elle être un fardeau ?
notions : LIBERTÉ
2013 ES INDE NORMALE Ceux qui veillent (comme ils disent) à donner de bons principes aux enfants (bien peu sont démunis d'un lot de principes pour enfants auxquels ils accordent foi), distillent (1) dans l'entendement jusque là sans prévention (2) ni préjugés ces doctrines qu'ils voudraient voir mémorisées et appliquées (n'importe quel ca…
lire la suite Ceux qui veillent (comme ils disent) à donner de bons principes aux enfants (bien peu sont démunis d'un lot de principes pour enfants auxquels ils accordent foi), distillent (1) dans l'entendement jusque là sans prévention (2) ni préjugés ces doctrines qu'ils voudraient voir mémorisées et appliquées (n'importe quel caractère se marque sur du papier blanc) : elles sont enseignées aùssitôt que l'enfant commence à percevoir et, quand il grandit, on les renforce par la répétition publique ou par l'accord tacite (3) du voisinage ; ou au moins par l'accord de ceux dont l'enfant estime la sagesse, la connaissance et la piété et qui n'acceptent que l'on mentionne ces principes autrement que comme la base et le fondement sur lesquels bâtir leur religion et leurs moeurs : ainsi ces doctrines acquièrent-elles la réputation de vérités innées, indubitables et évidentes par elles-mêmes.
On peut ajouter que, lorsque des gens éduqués ainsi grandissent et reviennent sur ce qu'ils pensent, ils n'y peuvent rien trouver de plus ancien que ces opinions qu'on leur a enseignées avant que la mémoire ait commencé à tenir le registre de leurs actes ou des dates d'apparition des nouveautés ; ils n'ont dès lors aucun scrupule à conclure que ces propositions dont la connaissance n'a aucune origine perceptible en eux ont été certainement imprimées sur leur esprit par Dieu ou la Nature et non enseignées par qui que ce soit. Ils conservent ces propositions et s'y soumettent avec vénération, comme beaucoup se soumettent à leurs parents non pas parce que c'est naturel (dans les pays où ils ne sont pas formés ainsi, les enfants n'agissent pas ainsi) mais parce qu'ils pensent que c'est naturel ; ils ont en effet toujours été éduqués ainsi et n'ont pas le moindre souvenir des débuts de ce respect.

LOCKE, Essai sur l'entendement humain (1689)

(1) introduisent petit à petit
(2) défiance
(3) sous-entendu, non formulé
notions : CROYANCE CULTURE VÉRITÉ
LOCKE
2013 S INDE NORMALE Sommes-nous d'autant plus heureux que nous sommes plus libres ?
notions : BONHEUR LIBERTÉ
2013 S INDE NORMALE La technique doit-elle permettre de dépasser les limites de l'humain ?
notions : TECHNIQUE
2013 S INDE NORMALE L'Etranger : Pourquoi est-il nécessaire de faire des lois, si la loi n'est pas ce qu'il y a de plus droit ? Il nous faut en trouver la raison. Socrate le jeune (1) : Oui, sans contredit. L'Etranger : N'y a-t-il pas, chez vous, comme dans les autres cités, des exercices physiques, pratiqués par des hommes en groupe…
lire la suite L'Etranger : Pourquoi est-il nécessaire de faire des lois, si la loi n'est pas ce qu'il y a de plus droit ? Il nous faut en trouver la raison.
Socrate le jeune (1) : Oui, sans contredit.
L'Etranger : N'y a-t-il pas, chez vous, comme dans les autres cités, des exercices physiques, pratiqués par des hommes en groupe, où l'on entre en compétition, soit à la course, soit à d'autres épreuves ?
Socrate le jeune : Oui, certes, et il y en a même beaucoup.
L'Etranger : Eh bien, remettons-nous en mémoire les instructions que donnent, en pareilles circonstances, ceux qui dirigent l'entraînement selon les règles.
Socrate le jeune : Lesquelles ?
L'Etranger : Ils pensent qu'il n'y a pas lieu d'entrer dans le détail pour s'adapter à chaque cas individuel, en donnant des instructions qui s'adaptent à la condition physique de chacun. Au contraire, ils estiment qu'il faut envisager les choses en plus gros, en donnant des instructions qui seront avantageuses pour le corps, et ce dans la majorité des cas et pour un grand nombre de gens.
Socrate le jeune : Bien.
L'Etranger : Voilà bien pourquoi, imposant le même entraînement à des groupes de gens, ils les font commencer en même temps et arrêter au même moment, à la course, à la lutte et dans tous les exercices physiques.
Socrate le jeune: C'est bien le cas, oui.
L'Etranger : Il nous faut également penser que le législateur, qui doit donner à ses troupeaux des ordres en matière de justice ainsi que de contrats mutuels, ne sera jamais en mesure, en édictant des prescriptions pour tous les membres du groupe, d'appliquer à chaque individu la règle précise qui lui convient.
Socrate le jeune : Sur ce point, du moins, c'est vraisemblable.
L'Etranger : Il édictera plutôt, j'imagine, la règle qui convient au grand nombre dans la plupart des cas, et c'est de cette façon, en gros, qu'il légiférera pour chacun, qu'il mette les lois par écrit ou qu'il procède sans recourir à l'écriture, en légiférant au moyen des coutumes ancestrales.
Socrate le jeune : C'est juste.
L'Etranger : Bien sûr que c'est juste. Car Socrate, comment pourrait-il y avoir quelqu'un qui serait capable, à tout instant de la vie, de venir s'asseoir auprès d'un chacun pour lui prescrire précisément ce qu'il lui convient de faire ?

PLATON, Le Politique (IVe siècle avant J.C.)

(1) Socrate le jeune : personnage apparaissant dans quelques dialogues de Platon, à ne pas confondre avec le philosophe Socrate.
notions : JUSTICE LOI
PLATON
2013 TECHN. INDE NORMALE Les échanges favorisent-ils la paix ?
notions : ÉCHANGES
2013 TECHN. INDE NORMALE L'expérience instruit-elle ?
notions : EXPÉRIENCE
2013 TECHN. INDE NORMALE Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre, dans la mesure où un esprit peut être trompé par un autre. Il s'ensuit qu'un esprit ne jouit d'une pleine indépendance que s'il est capable d'user correctement de sa raison. Bien plus : puisque c'est par la force de l'esprit plus que par l…
lire la suite Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre, dans la mesure où un esprit peut être trompé par un autre. Il s'ensuit qu'un esprit ne jouit d'une pleine indépendance que s'il est capable d'user correctement de sa raison. Bien plus : puisque c'est par la force de l'esprit plus que par la vigueur du corps qu'il faut évaluer la puissance humaine, il en résulte que les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s'affirme davantage et qui se laissent davantage guider par la raison. En d'autres termes, je déclare l'homme d'autant plus en possession d'une pleine liberté qu'il se laisse guider par la raison.

SPINOZA, Traité politique (édité en 1677)

QUESTIONS :

1° Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2° Expliquez :
a) "Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre" ;
b) "un esprit ne jouit d'une pleine indépendance que s'il est capable d'user correctement de sa raison" ;
c) "c'est par la force de l'esprit plus que par la vigueur du corps qu'il faut évaluer la puissance humaine".

3° Sommes-nous d'autant plus libres que nous nous laissons guider par la raison ?
notions : ESPRIT LIBERTÉ RAISON
SPINOZA
2013 ES JAPON NORMALE L'interprétation consiste-t-elle à découvrir un sens ou à l'inventer ?
notions : INTERPRÉTATION
2013 ES JAPON NORMALE Au nom de quoi peut-on s'opposer à l'État ?
notions : ÉTAT  
2013 ES JAPON NORMALE Dans les pays civilisés presque tous les hommes maintenant sont égaux en ceci qu'ils cherchent du travail en vue du salaire ; pour eux tous, le travail est un moyen et non le but lui-même ; c'est pourquoi ils mettent peu de finesse au choix du travail, pourvu qu'il procure un gain abondant. Or il y a des hommes rares …
lire la suite Dans les pays civilisés presque tous les hommes maintenant sont égaux en ceci qu'ils cherchent du travail en vue du salaire ; pour eux tous, le travail est un moyen et non le but lui-même ; c'est pourquoi ils mettent peu de finesse au choix du travail, pourvu qu'il procure un gain abondant. Or il y a des hommes rares qui préfèrent périr plutôt que de travailler sans que le travail leur procure de la joie : ils sont minutieux et difficiles à satisfaire, ils ne se contentent pas d'un gain abondant, lorsque le travail n'est pas lui-même le gain de tous les gains. De cette espèce d'hommes rares font partie les artistes et les contemplatifs de toute espèce, mais aussi ces désoeuvrés qui consacrent leur vie à la chasse, aux voyages ou bien aux intrigues d'amour et aux aventures. Tous ceux-là cherchent le travail et la peine lorsqu'ils sont mêlés de plaisir, et le travail le plus difficile et le plus dur, si cela est nécessaire. Mais autrement ils sont d'une paresse décidée, quand même cette paresse devrait entraîner l'appauvrissement, le déshonneur, des dangers pour la santé et pour la vie. Ils ne craignent pas autant l'ennui que le travail sans plaisir : il leur faut même beaucoup d'ennui pour que leur propre travail puisse leur réussir. Pour le penseur et pour tous les esprits inventifs l'ennui est ce désagréable "calme plat" de l'âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux ; il leur faut le supporter, en attendre l'effet à part eux.

NIETZSCHE, Le Gai Savoir (1882)
notions : ART TRAVAIL
NIETZSCHE
2013 L JAPON NORMALE L'inconscient me gouverne-t-il ?
notions : INCONSCIENT
2013 L JAPON NORMALE La valeur de l'art réside-t-elle dans son inutilité ?
notions : ART
2013 L JAPON NORMALE Nul n'a choisi ses parents, ni même, s'il regarde bien, ses amis. Nul n'a choisi d'être grand ou petit, blond ou brun. C'est une des conditions les mieux établies de notre existence, que nous devons accepter une situation de fait, et travailler en partant de là. Si j'ai une mauvaise mémoire, je n'ai pas à récriminer, …
lire la suite Nul n'a choisi ses parents, ni même, s'il regarde bien, ses amis. Nul n'a choisi d'être grand ou petit, blond ou brun. C'est une des conditions les mieux établies de notre existence, que nous devons accepter une situation de fait, et travailler en partant de là. Si j'ai une mauvaise mémoire, je n'ai pas à récriminer, mais je dois m'efforcer de la rendre passable ; et, si j'ai une oreille paresseuse, je dois regarder plus attentivement de ce côté-là en traversant les rues. L'indignation ne sert point. Cette idée est familière à tous. Nous comprenons aisément que notre nature et ce qui l'environne, tout cela nous est donné, et ne peut être changé comme un vêtement ; il faut se contenter de modifier un peu ces conditions imposées. L'expérience fait voir que les modifications qui dépendent de nous sont très faibles, par rapport à la structure et au régime de l'ensemble ; mais l'expérience fait voir aussi qu'elles suffisent presque toujours. Il y a très peu de distance entre la pire humeur et la meilleure. Il suffit quelquefois de changer l'attitude, de retenir un geste ou une parole, pour colorer autrement une journée. Il y a très peu de différence entre un son juste et harmonieux et un son faux ou laid, entre une belle courbe et un contour sans grâce. Telle est sommairement l'idée virile (1) de la nécessité et de la puissance ; et c'est une idée puérile de vouloir changer la forme du violon, au lieu d'apprendre à s'en servir comme il faut.

ALAIN, Vigiles de l'esprit (1942)

(1) virile : propre à l'homme adulte.
notions : LIBERTÉ TECHNIQUE
ALAIN
2013 S JAPON NORMALE Peut-on être cultivé en ignorant tout des sciences et des techniques ?
notions : CULTURE TECHNIQUE
2013 S JAPON NORMALE Le désir est-il par nature immoral ?
notions : DÉSIR MORALE
2013 S JAPON NORMALE C'est la fonction de la morale de nous dire quels sont nos devoirs, ou quel est le critère qui nous permet de les reconnaître ; mais aucun système de morale n'exige que le seul motif de tous nos actes soit le sentiment du devoir : au contraire, nos actes, dans la proportion de quatre-vingt-dix-neuf sur cent, sont acco…
lire la suite C'est la fonction de la morale de nous dire quels sont nos devoirs, ou quel est le critère qui nous permet de les reconnaître ; mais aucun système de morale n'exige que le seul motif de tous nos actes soit le sentiment du devoir : au contraire, nos actes, dans la proportion de quatre-vingt-dix-neuf sur cent, sont accomplis pour d'autres motifs, et, tout de même, sont des actes moraux si la règle du devoir ne les condamne pas. Il est particulièrement injuste de fonder sur cette singulière méprise une objection contre l'utilitarisme. Car les utilitaristes, allant plus loin que la plupart des autres moralistes, ont affirmé que le motif n'a rien à voir avec la moralité de l'action quoiqu'il intéresse beaucoup la valeur de l'agent. Celui qui sauve un de ses semblables en danger de se noyer accomplit une action moralement bonne, que son motif d'action soit le devoir ou l'espoir d'être payé de sa peine ; celui qui trahit l'ami qui a placé sa confiance en lui se rend coupable d'un méfait, même s'il se propose de rendre service à un autre ami envers lequel il a de plus grandes obligations qu'envers le premier.

MILL, L'Utilitarisme (1871)
notions : DEVOIR MORALE
MILL
2013 ES LIBAN NORMALE Est-il raisonnable de vouloir maîtriser tous ses désirs ?
notions : DÉSIR RAISON
2013 ES LIBAN NORMALE Le travail se justifie-t-il seulement par son utilité ?
notions : TRAVAIL
2013 ES LIBAN NORMALE Qu'ont gagné nos législateurs à distinguer cent mille espèces et faits particuliers et à y attacher cent mille lois ? Ce nombre n'a aucune proportion avec l'infinie diversité des actions humaines. La multiplication de nos créations n'arrivera pas au niveau de la variété des exemples. Ajoutez-y cent fois plus : il n'ar…
lire la suite Qu'ont gagné nos législateurs à distinguer cent mille espèces et faits particuliers et à y attacher cent mille lois ? Ce nombre n'a aucune proportion avec l'infinie diversité des actions humaines. La multiplication de nos créations n'arrivera pas au niveau de la variété des exemples. Ajoutez-y cent fois plus : il n'arrivera pas, pour autant, que, parmi les événements, il s'en trouve quelqu'un qui, dans tout ce grand nombre de milliers d'événements choisis et enregistrés, en rencontre un autre auquel il puisse se joindre et s'égaler très exactement : il restera toujours en lui quelque particularité et différence qui requiert une façon différente de juger à son sujet. Il y a peu de rapport entre nos actions, qui sont en perpétuel changement, et les lois fixes et immobiles. Les lois les plus désirables sont celles qui sont les plus simples et les plus générales ; et je crois même qu'il vaudrait mieux ne pas en avoir du tout que de les avoir en nombre tel que nous les avons.

MONTAIGNE, Essais (1580)
notions : LOI RÉEL
MONTAIGNE
2013 L LIBAN NORMALE Y a-t-il des vérités définitives ?
notions : VÉRITÉ
2013 L LIBAN NORMALE Est-on plus ou moins libre ?
notions : LIBERTÉ

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