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| 2014 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Mon bonheur ne dépend-il que de moi ?
notions : BONHEUR
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| 2014 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
Une vérité peut-elle être définitive ?
notions : VÉRITÉ
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| 2014 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Ce qui ne peut s'échanger est-il dépourvu de valeur ?
notions : ÉCHANGES
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| 2014 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
SOCRATE : Celui qui garde son injustice au lieu d'en être délivré est le plus malheureux de tous.
POLOS : Cela semble certain.
SOCRATE : N'est-ce pas précisément le cas de l'homme qui, tout en commettant les crimes les plus abominables, et en vivant dans la plus parfaite injustice, réussit à éviter les avertisseme…
lire la suiteSOCRATE : Celui qui garde son injustice au lieu d'en être délivré est le plus malheureux de tous.POLOS : Cela semble certain. SOCRATE : N'est-ce pas précisément le cas de l'homme qui, tout en commettant les crimes les plus abominables, et en vivant dans la plus parfaite injustice, réussit à éviter les avertissements, les châtiments, le paiement de sa peine, comme tu dis qu'y est parvenu cet Archélaos (1), ainsi que tous les tyrans, les orateurs et les hommes d'État les plus puissants ? POLOS : C'est vraisemblable. SOCRATE : Quand je considère le résultat auquel aboutissent les gens de cette sorte, je les comparerais volontiers à un malade qui, souffrant de mille maux très graves, parviendrait à ne point rendre de comptes aux médecins sur ses maladies et à éviter tout traitement, craignant comme un enfant l'application du fer et du feu (2) parce que cela fait mal. N'est-ce point ton avis ? POLOS : Tout à fait. SOCRATE : C'est sans doute qu'il ne saurait pas le prix de la santé et d'une bonne constitution. A en juger par les principes que nous avons reconnus vrais, ceux qui cherchent à ne pas rendre de comptes à la justice, Polos, pourraient bien être également des gens qui voient ce qu'elle comporte de douloureux mais qui sont aveugles à ce qu'elle a d'utile, et qui ne savent pas combien il est plus lamentable de vivre avec une âme malsaine, c'est-à-dire corrompue, injuste et impure, qu'avec un corps malsain. De là tous leurs efforts pour échapper à la punition, pour éviter qu'on les débarrasse du plus grand des maux. PLATON, Gorgias (autour de 387 av. J.-C.) (1) Archélaos : tyran dont Polos a affirmé qu'il est heureux puisque son pouvoir lui permet de faire tout ce qui lui plaît sans avoir de comptes à rendre à personne. (2) l'application du fer et du feu : techniques médicales de soin. QUESTIONS : 1° Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2° a) En vous appuyant sur l'exemple d'Archélaos, expliquez pourquoi celui "qui garde son injustice au lieu d'en être délivré est le plus malheureux de tous" ; b) expliquez en quoi l'homme injuste est semblable à un malade. 3° Celui qui vit dans l'injustice et qui cherche à échapper à la punition est-il le plus malheureux des hommes ? notions : JUSTICE MORALE
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PLATON |
| 2014 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Les esprits terre à terre, comme des murs de boue, résistent à l'artillerie la plus puissante et, bien que la force d'un argument puisse parfois faire impression, ils demeurent fermes malgré tout, ils résistent à l'ennemi (la vérité) qui voudrait s'emparer d'eux et les inquiéter.
Dites à un homme passionnément amour…
lire la suiteLes esprits terre à terre, comme des murs de boue, résistent à l'artillerie la plus puissante et, bien que la force d'un argument puisse parfois faire impression, ils demeurent fermes malgré tout, ils résistent à l'ennemi (la vérité) qui voudrait s'emparer d'eux et les inquiéter.Dites à un homme passionnément amoureux qu'il est trompé, convoquez vingt témoins de l'infidélité de sa maîtresse : je parie à dix contre un que trois mots doux de sa part invalideront leurs témoignages. Ce qui correspond à nos voeux est volontiers cru, c'est je suppose ce que chacun a plus d'une fois expérimenté et, quoique les gens ne puissent pas toujours contredire la force de probabilités manifestes qui s'opposent à eux ou leur résister ouvertement, ils ne se rendent néanmoins pas à l'argument. Non pas que ce ne soit pas la nature de l'entendement (1) que de coller raisonnablement au côté le plus probable, mais l'homme a le pouvoir de suspendre et de restreindre ses recherches et de ne pas autoriser un examen aussi complet et satisfaisant que ne le permettrait et le supporterait la question. LOCKE, Essai sur l'entendement humain (1689) (1) entendement : faculté de comprendre et de saisir le vrai. notions : CROYANCE VÉRITÉ
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LOCKE |
| 2014 | ES | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Le désir nous rend-il déraisonnable ?
notions : DÉSIR RAISON
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| 2014 | ES | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
L'oeuvre d'art a-t-elle une histoire ?
notions : ART HISTOIRE
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| 2014 | ES | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Celui qui laisse le monde, ou du moins son entourage, tracer pour lui le plan de sa vie, n'a besoin que de la faculté d'imitation des singes. Celui qui choisit lui-même sa façon de vivre utilise toutes ses facultés : l'observation pour voir, le raisonnement et le jugement pour prévoir, l'activité pour recueillir les m…
lire la suiteCelui qui laisse le monde, ou du moins son entourage, tracer pour lui le plan de sa vie, n'a besoin que de la faculté d'imitation des singes. Celui qui choisit lui-même sa façon de vivre utilise toutes ses facultés : l'observation pour voir, le raisonnement et le jugement pour prévoir, l'activité pour recueillir les matériaux en vue d'une décision, le discernement pour décider et, quand il a décidé, la fermeté et la maîtrise de soi pour s'en tenir à sa décision délibérée. Il lui faut avoir et exercer ces qualités dans l'exacte mesure où il détermine sa conduite par son jugement et ses sentiments personnels. Il est possible qu'il soit sur une bonne voie et préservé de toute influence nuisible sans aucune de ces choses. Mais quelle sera sa valeur relative en tant qu'être humain ? Ce qui importe réellement, ce n'est pas seulement ce que font les hommes, mais le genre d'homme qu'ils sont en le faisant. Parmi les oeuvres de l'homme que la vie s'ingénie à perfectionner et à embellir, la plus importante est sûrement l'homme lui-même.MILL, De la Liberté (1859) notions : LIBERTÉ
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MILL |
| 2014 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
La force est-elle au fondement de l'État ?
notions : ÉTAT
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| 2014 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
La technique nous éloigne-t-elle de la nature ?
notions : TECHNIQUE
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| 2014 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Il en est des pensées de l'esprit comme des mouvements du corps : quand on a le pouvoir de penser à une chose ou de l'ignorer selon ce que préfère l'esprit, alors on dispose de liberté. Un homme éveillé a nécessairement une idée constamment présente à l'esprit : il ne dispose pas de la liberté de penser ou de ne pas p…
lire la suiteIl en est des pensées de l'esprit comme des mouvements du corps : quand on a le pouvoir de penser à une chose ou de l'ignorer selon ce que préfère l'esprit, alors on dispose de liberté. Un homme éveillé a nécessairement une idée constamment présente à l'esprit : il ne dispose pas de la liberté de penser ou de ne pas penser, pas plus que de la liberté de toucher ou non un autre corps avec le sien. Par contre, porter son attention d'une idée à l'autre relève souvent de son choix ; donc sa liberté à l'égard de ses idées est aussi grande que celle à l'égard des corps qui le soutiennent : il peut se déplacer à loisir de l'une à l'autre. Il y a cependant pour l'esprit quelques idées, comme pour le corps quelques mouvements, qui ne peuvent en certaines circonstances être évitées ni chassées, même à grand peine. Soumis à la torture, un homme n'a pas la liberté de se défaire de l'idée de douleur ni de se divertir par d'autres considérations ; et parfois une passion violente bouleverse nos pensées comme un ouragan nos corps, sans nous laisser la liberté de penser à d'autres choses que nous préférerions. Mais dès que l'esprit retrouve le pouvoir d'arrêter ou de continuer, de commencer ou d'éviter un mouvement extérieur du corps ou un mouvement intérieur des pensées, selon qu'il juge à propos de préférer l'un à l'autre, alors nous considérons à nouveau l'homme comme un agent libre.LOCKE, Essai sur l'entendement humain (1689) notions : ESPRIT LIBERTÉ MATIÈRE
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LOCKE |
| 2014 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
L'inconscient pèse-t-il sur nous comme un destin ?
notions : INCONSCIENT
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| 2014 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
En quel sens peut-on parler d'un travail de l'artiste ?
notions : ART TRAVAIL
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| 2014 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Un crime surgissant d'une passion soudaine n'est pas si grave que ne serait le même crime surgissant d'une longue méditation. Dans le premier cas, en effet, on doit tenir compte, à titre de circonstance atténuante, de la faiblesse commune de la nature humaine ; mais celui qui accomplit l'acte avec préméditation a usé …
lire la suiteUn crime surgissant d'une passion soudaine n'est pas si grave que ne serait le même crime surgissant d'une longue méditation. Dans le premier cas, en effet, on doit tenir compte, à titre de circonstance atténuante, de la faiblesse commune de la nature humaine ; mais celui qui accomplit l'acte avec préméditation a usé de circonspection ; il a fixé son regard sur la loi, sur le châtiment, et sur les conséquences que son acte comporte pour la société des hommes : c'est tout cela qu'il a méprisé en commettant le crime, et fait passer après son propre appétit. Cependant la soudaineté de la passion ne suffit jamais à excuser totalement : en effet, tout le temps écoulé entre le moment où l'on a pour la première fois connu la loi et celui où l'on a commis l'acte doit être compté comme un temps de délibération, parce qu'on doit corriger l'irrégularité des passions par la méditation de la loi.Là où la loi est lue et interprétée devant tout le peuple, d'une manière officielle et régulière, un acte contraire à la loi est un plus grand crime que là où les hommes sont laissés dépourvus d'une telle instruction, ne pouvant s'en enquérir que par des voies difficiles et incertaines, interrompant leurs activités professionnelles, et se faisant informer par des particuliers. Dans ce dernier cas en effet, une part de la faute doit être reportée sur la faiblesse commune des hommes, alors que dans le premier, il y a une négligence manifeste, qui ne va pas sans quelque mépris du pouvoir souverain. HOBBES, Léviathan (1651) notions : DÉSIR JUSTICE LOI
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HOBBES |
| 2014 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Suis-je responsable de mon bonheur ?
notions : BONHEUR
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| 2014 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Avons-nous d'autres droits que ceux que les lois nous accordent ?
notions : DROIT LOI
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| 2014 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Pour faire notre choix, quand nous sommes indécis, il est naturel de faire appel à des hommes instruits ou même à des hommes d'expérience pour chercher leur opinion sur chaque sorte de devoir ; car la majorité d'entre eux se porte dans la direction où ils sont conduits par la nature elle-même : il ne faut pas seulemen…
lire la suitePour faire notre choix, quand nous sommes indécis, il est naturel de faire appel à des hommes instruits ou même à des hommes d'expérience pour chercher leur opinion sur chaque sorte de devoir ; car la majorité d'entre eux se porte dans la direction où ils sont conduits par la nature elle-même : il ne faut pas seulement observer ce que dit chacun d'eux, mais ce qu'ils pensent et aussi quels sont les motifs de leur opinion. De même que les peintres et les sculpteurs et aussi les poètes désirent que leurs oeuvres soient connues du public pour y rectifier ce que la majorité y trouve de défectueux, et qu'ils recherchent en eux-mêmes et en le demandant aux autres les fautes qu'ils ont commises, de même, grâce au jugement d'autrui, nous verrons très souvent ce qu'il y a à faire ou à ne pas faire, ce qu'il y a à modifier ou à rectifier dans notre conduite.CICÉRON, Des Devoirs (44 av. J.-C.) QUESTIONS : 1° Dégagez l'idée principale du texte, puis les étapes de son argumentation. 2° a) Expliquez : "il est naturel de faire appel à des hommes instruits ou même à des hommes d'expérience pour chercher leur opinion sur chaque sorte de devoir" ; b) expliquez : "il ne faut pas seulement observer ce que dit chacun d'eux, mais ce qu'ils pensent et aussi quels sont les motifs de leur opinion" ; c) en quoi l'exemple des artistes "demandant aux autres les fautes qu'ils ont commises" éclaire-t-il la thèse du texte ? 3° L'expérience des autres est-elle nécessaire pour guider notre raison ? notions : ART AUTRUI DEVOIR
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CICÉRON |
| 2014 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
La connaissance de l'histoire rend-elle les hommes meilleurs ?
notions : HISTOIRE MORALE
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| 2014 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Puis-je faire le bien en faisant mon bien ?
notions : BONHEUR MORALE
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| 2014 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Puis-je être heureux si les autres ne le sont pas ?
notions : AUTRUI BONHEUR
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| 2014 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Le désir fait-il de nous des sujets ?
notions : DÉSIR SUJET
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| 2014 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Le plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est de veiller à l'observation des lois dont il est le ministre, et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S'il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui-même qui jouit de toute leur faveur. Ca…
lire la suiteLe plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est de veiller à l'observation des lois dont il est le ministre, et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S'il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui-même qui jouit de toute leur faveur. Car son exemple est de telle force, que quand même le peuple voudrait bien souffrir (1) qu'il s'affranchît du joug de la loi, il devrait se garder de profiter d'une si dangereuse prérogative, que d'autres s'efforceraient bientôt d'usurper à leur tour, et souvent à son préjudice. Au fond, comme tous les engagements de la société sont réciproques par leur nature, il n'est pas possible de se mettre au-dessus de la loi sans renoncer à ses avantages, et personne ne doit rien à quiconque prétend ne rien devoir à personne. Par la même raison nulle exemption de la loi ne sera jamais accordée à quelque titre que ce puisse être dans un gouvernement bien policé. Les citoyens mêmes qui ont bien mérité de la patrie doivent être récompensés par des honneurs et jamais par des privilèges : car la république est à la veille de sa ruine, sitôt que quelqu'un peut penser qu'il est beau de ne pas obéir aux lois.ROUSSEAU, Discours sur l'économie politique (1755). (1) souffrir : tolérer, admettre. notions : ÉTAT LOI POLITIQUE SOCIÉTÉ
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ROUSSEAU |
| 2014 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Il n'est point de connaissance qui soit superflue et inutile de façon absolue et à tous égards, encore que nous ne soyons pas toujours à même d'en apercevoir l'utilité. - C'est par conséquent une objection aussi mal avisée qu'injuste que les esprits superficiels adressent aux grands hommes qui consacrent aux sciences …
lire la suiteIl n'est point de connaissance qui soit superflue et inutile de façon absolue et à tous égards, encore que nous ne soyons pas toujours à même d'en apercevoir l'utilité. - C'est par conséquent une objection aussi mal avisée qu'injuste que les esprits superficiels adressent aux grands hommes qui consacrent aux sciences des soins laborieux, lorsqu'ils viennent demander : à quoi cela sert-il ? On ne doit en aucun cas poser une telle question quand on prétend s'occuper de science. À supposer qu'une science ne puisse apporter d'explication que sur un quelconque objet possible, de ce seul fait son utilité serait déjà suffisante. Toute connaissance logiquement parfaite a toujours quelque utilité possible : même si elle nous échappe jusqu'à présent, il se peut que la postérité la découvre. - Si en cultivant les sciences on n'avait jamais mesuré l'utilité qu'au profit matériel qu'on pourrait retirer, nous n'aurions pas l'arithmétique et la géométrie. Aussi bien notre intelligence est ainsi conformée qu'elle trouve satisfaction dans la simple connaissance, et même une satisfaction plus grande que dans l'utilité qui en résulte. Platon l'avait remarqué. L'homme y prend conscience de sa valeur propre ; il a la sensation de ce qui se nomme : se savoir esprit. Les hommes qui ne sentent pas cela doivent envier les bêtes. La valeur intrinsèque que les connaissances tiennent de leur perfection logique est incomparable avec leur valeur extrinsèque, qu'elles tirent de leur application.KANT, Logique (1800) notions : ESPRIT THÉORIE
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KANT |
| 2014 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Peut-on être indifférent à la vérité ?
notions : VÉRITÉ
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| 2014 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Est-il toujours possible de trouver les mots justes ?
notions : LANGAGE
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| 2014 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT | Est-il toujours possible de trouver les mots justes ? | |
| 2014 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Suis-je le sujet de mes pensées ?
notions : ESPRIT SUJET
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| 2014 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Peut-on renoncer à être libre ?
notions : LIBERTÉ
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| 2014 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT | Peut-on renoncer à être libre ? | |
| 2014 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Parce que la société est à la fois la source et la gardienne de la civilisation, parce qu'elle est le canal par lequel la civilisation parvient jusqu'à nous, elle nous apparaît donc comme une réalité infiniment plus riche, plus haute que la nôtre, une réalité d'où nous vient tout ce qui compte à nos yeux, et qui pourt…
lire la suiteParce que la société est à la fois la source et la gardienne de la civilisation, parce qu'elle est le canal par lequel la civilisation parvient jusqu'à nous, elle nous apparaît donc comme une réalité infiniment plus riche, plus haute que la nôtre, une réalité d'où nous vient tout ce qui compte à nos yeux, et qui pourtant nous dépasse de tous les côtés puisque de ces richesses intellectuelles et morales dont elle a le dépôt, quelques parcelles seulement parviennent jusqu'à chacun de nous. Et plus nous avançons dans l'histoire, plus la civilisation humaine devient une chose énorme et complexe ; plus par conséquent elle déborde les consciences individuelles, plus l'individu sent la société comme transcendante par rapport à lui. Chacun des membres d'une tribu australienne porte en lui l'intégralité de sa civilisation tribale ; de notre civilisation actuelle, chacun de nous ne parvient à intégrer qu'une faible part.Mais nous en intégrons toujours quelque part en nous. Et ainsi, en même temps qu'elle est transcendante, par rapport à nous, la société nous est immanente et nous la sentons comme telle. En même temps qu'elle nous dépasse, elle nous est intérieure, puisqu'elle ne peut vivre qu'en nous et par nous. Ou plutôt elle est nous-même, en un sens, et la meilleure partie de nous-même, puisque l'homme n'est un homme que dans la mesure où il est civilisé. Ce qui fait de nous un être vraiment humain, c'est ce que nous parvenons à nous assimiler de cet ensemble d'idées, de sentiments, de croyances, de préceptes de conduite que l'on appelle la civilisation. DURKHEIM, Sociologie et philosophie (1924) |
DURKHEIM |
| 2014 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
La culture humaine - j'entends par là tout ce en quoi la vie humaine s'est élevée au-dessus de ses conditions animales et ce en quoi elle se différencie de la vie des bêtes, et je dédaigne de séparer culture et civilisation - présente, comme on sait, deux faces à l'observateur. Elle englobe, d'une part, tout le savoir…
lire la suiteLa culture humaine - j'entends par là tout ce en quoi la vie humaine s'est élevée au-dessus de ses conditions animales et ce en quoi elle se différencie de la vie des bêtes, et je dédaigne de séparer culture et civilisation - présente, comme on sait, deux faces à l'observateur. Elle englobe, d'une part, tout le savoir et tout le savoir-faire que les hommes ont acquis afin de dominer les forces de la nature et de gagner sur elle des biens pour la satisfaction des besoins humains et, d'autre part, tous les dispositifs qui sont nécessaires pour régler les relations des hommes entre eux et, en particulier, la répartition des biens accessibles. Ces deux orientations de la culture ne sont pas indépendantes l'une de l'autre, premièrement, parce que les relations mutuelles des hommes sont profondément influencées par la mesure de satisfaction pulsionnelle (1) que permettent les biens disponibles ; deuxièmement, parce que l'homme lui-même, pris isolément, est susceptible d'entrer avec un autre dans une relation qui fait de lui un bien, pour autant que cet autre utilise sa force de travail ou le prend pour objet sexuel ; mais aussi, troisièmement, parce que chaque individu est virtuellement un ennemi de la culture, laquelle est pourtant censée être d'un intérêt humain universel. Il est remarquable que les hommes, si tant est qu'ils puissent exister dans l'isolement, ressentent néanmoins comme une pression pénible les sacrifices que la culture attend d'eux pour permettre une vie en commun. La culture doit donc être défendue contre l'individu, et ses dispositifs, institutions et commandements se mettent au service de cette tâche.FREUD, L'Avenir d'une illusion (1927) (1) Quantité de plaisir éprouvé inconsciemment. notions : CULTURE DÉSIR SOCIÉTÉ TECHNIQUE TRAVAIL
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FREUD |
| 2014 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Parce que la société est à la fois la source et la gardienne de la civilisation, parce qu'elle est le canal par lequel la civilisation parvient jusqu'à nous, elle nous apparaît donc comme une réalité infiniment plus riche, plus haute que la nôtre, une réalité d'où nous vient tout ce qui compte à nos yeux, et qui pourt…
lire la suiteParce que la société est à la fois la source et la gardienne de la civilisation, parce qu'elle est le canal par lequel la civilisation parvient jusqu'à nous, elle nous apparaît donc comme une réalité infiniment plus riche, plus haute que la nôtre, une réalité d'où nous vient tout ce qui compte à nos yeux, et qui pourtant nous dépasse de tous les côtés puisque de ces richesses intellectuelles et morales dont elle a le dépôt, quelques parcelles seulement parviennent jusqu'à chacun de nous. Et plus nous avançons dans l'histoire, plus la civilisation humaine devient une chose énorme et complexe ; plus par conséquent elle déborde les consciences individuelles, plus l'individu sent la société comme transcendante par rapport à lui. Chacun des membres d'une tribu australienne porte en lui l'intégralité de sa civilisation tribale ; de notre civilisation actuelle, chacun de nous ne parvient à intégrer qu'une faible part.Mais nous en intégrons toujours quelque part en nous. Et ainsi, en même temps qu'elle est transcendante, par rapport à nous, la société nous est immanente et nous la sentons comme telle. En même temps qu'elle nous dépasse, elle nous est intérieure, puisqu'elle ne peut vivre qu'en nous et par nous. Ou plutôt elle est nous-même, en un sens, et la meilleure partie de nous-même, puisque l'homme n'est un homme que dans la mesure où il est civilisé. Ce qui fait de nous un être vraiment humain, c'est ce que nous parvenons à nous assimiler de cet ensemble d'idées, de sentiments, de croyances, de préceptes de conduite que l'on appelle la civilisation. DURKHEIM, Sociologie et philosophie (1924) notions : CULTURE SOCIÉTÉ
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DURKHEIM |
| 2014 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
La morale s'apprend-elle ?
notions : MORALE
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| 2014 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Le droit doit-il se fonder sur une norme naturelle ?
notions : DROIT
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| 2014 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
L'inconscient n'est-il qu'une conscience obscurcie ?
notions : CONSCIENCE INCONSCIENT
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| 2014 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Les objets techniques font-ils partie de notre culture ?
notions : CULTURE TECHNIQUE
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| 2014 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
L'astronomie n'a pas réellement pris naissance quand les prêtres de l'Egypte ou de la Chaldée ont fait sur le ciel une suite d'observations empiriques plus ou moins exactes, mais seulement lorsque les premiers philosophes grecs ont commencé à ramener à quelques lois géométriques le phénomène général du mouvement diurn…
lire la suiteL'astronomie n'a pas réellement pris naissance quand les prêtres de l'Egypte ou de la Chaldée ont fait sur le ciel une suite d'observations empiriques plus ou moins exactes, mais seulement lorsque les premiers philosophes grecs ont commencé à ramener à quelques lois géométriques le phénomène général du mouvement diurne. Le véritable but définitif des recherches astronomiques étant toujours de prédire avec certitude l'état effectif du ciel dans un avenir plus ou moins lointain, l'établissement des lois des phénomènes offre évidemment le seul moyen d'y parvenir, sans que l'accumulation des observations puisse être, en elle-même, d'aucune utilité pour cela, autrement que comme fournissant à nos spéculations un fondement solide. En un mot, il n'y pas eu de véritable astronomie tant qu'on n'a pas su, par exemple, prévoir, avec une certaine précision, au moins par des procédés graphiques, et surtout par quelques calculs trigonométriques, l'instant du lever du soleil ou de quelques étoiles pour un jour et pour un lieu donnés. Ce caractère essentiel de la science a toujours été le même depuis son origine. Tous ses progrès ultérieurs ont seulement consisté à apporter définitivement dans ces prédictions une certitude et une précision de plus en plus grandes, en empruntant à l'observation directe le moins de données possible pour la prévoyance la plus lointaine. Aucune partie de la philosophie naturelle ne peut donc manifester avec plus de force la vérité de cet axiome fondamental : Toute science a pour but la prévoyance, qui distingue la science réelle de la simple érudition, bornée à raconter les événements accomplis, sans aucune vue d'avenir.COMTE, Cours de philosophie positive (1830-1842) notions : EXPÉRIENCE THÉORIE
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COMTE |
| 2014 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
La nature (…) nous a faits d'une telle manière, que nous sommes portés machinalement à de certaines actions. Les mains, les pieds, la tête, toutes les parties du corps prennent d'elles-mêmes et sans que l'esprit y ait part, la posture et le mouvement nécessaire pour l'acquisition du bien, ou la fuite du mal qui se pré…
lire la suiteLa nature (…) nous a faits d'une telle manière, que nous sommes portés machinalement à de certaines actions. Les mains, les pieds, la tête, toutes les parties du corps prennent d'elles-mêmes et sans que l'esprit y ait part, la posture et le mouvement nécessaire pour l'acquisition du bien, ou la fuite du mal qui se présente. Les pères et les mères ont pour leurs enfants une tendresse particulière qui les oblige à prendre soin de leur éducation, et cette pente est un pur effet du mécanisme, puisqu'elle se remarque dans tous les animaux. Elle s'étend non seulement jusqu'à nos parents et à nos amis, mais aussi jusqu'à tous les hommes. Nous ne saurions voir sans douleur une personne qui souffre : nos entrailles s'émeuvent et ce vif sentiment nous porte à la soulager. Souvent un simple récit, une fable même, nous arrache des larmes ; tant il est vrai que la nature nous sollicite à la compassion. Nous sommes tous liés ensemble par une merveilleuse sympathie, qui fait que naturellement et sans dessein, nous communiquons aux autres la même passion qui nous agite, qui répand sur le visage et sur le reste du corps un air capable d'inspirer aux assistants la même crainte dont nous sommes émus et de faire sur eux une impression subite qui les intéresse à notre conservation. Une personne triste nous inspire la tristesse, et nous force en quelque manière de compatir à sa douleur ; au contraire, si elle donne des marques de joie, elle nous communique sa gaieté. Ce sont là des effets admirables de la sagesse de Dieu qui nous a faits les uns pour les autres, et qui, pour suppléer à la lenteur du raisonnement, a voulu nous conduire tout d'un coup à notre devoir. On pourrait appeler cela la Religion de l'instinct.MONTESQUIEU, Essai touchant les lois naturelles (1725) notions : AUTRUI DEVOIR
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MONTESQUIEU |
| 2014 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
La culture augmente-t-elle notre liberté ?
notions : CULTURE LIBERTÉ
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| 2014 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Peut-on apprendre à être heureux ?
notions : BONHEUR
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| 2014 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Est-ce en imitant qu'on devient artiste ?
notions : ART
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| 2014 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Est-ce parce qu'ils sont ignorants que les hommes ont des croyances ?
notions : CROYANCE
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| 2014 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Comme dans les autres arts, en matière d'organisation politique, il est impossible de tout codifier avec précision ; les règles écrites sont forcément générales ; les actions, elles, portent sur des cas particuliers.
Tous ces arguments montrent donc à l'évidence qu'il faut changer certaines lois et en certaines occa…
lire la suiteComme dans les autres arts, en matière d'organisation politique, il est impossible de tout codifier avec précision ; les règles écrites sont forcément générales ; les actions, elles, portent sur des cas particuliers.Tous ces arguments montrent donc à l'évidence qu'il faut changer certaines lois et en certaines occasions ; mais, d'un autre point de vue, ce changement semblerait demander beaucoup de prudence. Quand l'amélioration est faible, et comme c'est un mal d'habituer les hommes à abroger les lois à la légère, il est clair qu'il faut tolérer quelques erreurs à la fois des législateurs et des gouvernants ; en effet, le bénéfice du changement sera moindre que le dommage résultant de l'habitude de désobéir aux gouvernants. Il serait même trompeur de prendre pour modèle les autres arts ; ce n'est pas la même chose que changer un art ou une loi, car la loi, pour se faire obéir, n'a d'autre force que l'habitude et celle-ci n'apparaît qu'après un long espace de temps, si bien que passer facilement des lois existantes à d'autres lois nouvelles, c'est affaiblir la puissance de la loi. ARISTOTE, Politique (vers 335 avant J.-C.) 1° Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2° a) Expliquez pourquoi "en matière d'organisation politique, il est impossible de tout codifier avec précision" ; b) Expliquez pourquoi "il est clair qu'il faut tolérer quelques erreurs à la fois des législateurs et des gouvernants" ; c) Expliquez : "la loi, pour se faire obéir, n'a d'autre force que l'habitude. 3° Changer souvent les lois, est-ce affaiblir la puissance de la loi ? notions : LOI POLITIQUE
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ARISTOTE |
| 2014 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Quel est le véritable fondement du droit de punir ? Nous dirons qu'il est double : l'intérêt général et la justice. L'objet immédiat du législateur (1) est d'assurer par des moyens convenables la conservation de la société, conservation qui ne va pas sans le respect par chacun des droits de tous. C'est pourquoi la soc…
lire la suiteQuel est le véritable fondement du droit de punir ? Nous dirons qu'il est double : l'intérêt général et la justice. L'objet immédiat du législateur (1) est d'assurer par des moyens convenables la conservation de la société, conservation qui ne va pas sans le respect par chacun des droits de tous. C'est pourquoi la société en frappant le coupable poursuit avant tout un but de répression et d'intimidation. C'est le but immédiat. C'est ce qu'il faut retenir du système de la défense sociale. Mais pour la société comme pour l'individu, le droit de légitime défense a des limites, et ces limites sont tracées en toutes circonstances par la justice. De même que je puis et dois me défendre quand on m'attaque, mais que je n'ai pas le droit d'user de cette faculté plus qu'il n'est nécessaire pour assurer ma conservation et mettre mon agresseur dans l'impossibilité de nuire, ainsi la société doit se défendre contre une agression, mais parmi les moyens dont elle userait, il y en a d'injustes. Il est juste que le châtiment soit proportionné à l'offense (2) et qu'il ne soit pas trop sévère, même si l'intérêt de la société devait y trouver son prix. Il est injuste de sacrifier un citoyen à tous, et c'est pourquoi, même si l'intérêt général paraît y trouver son compte, le législateur doit s'abstenir de le faire. La justice absolue considérée comme un idéal supérieur intervient donc ici, mais moins comme un idéal à réaliser que comme une restriction constamment apportée à la poursuite de l'intérêt général.BERGSON, Cours de morale, de métaphysique et d'histoire de la philosophie moderne (lycée Henri IV, 1892-1893) (1) législateur : pouvoir qui fait les lois. (2) offense : faute, agression. QUESTIONS : 1° Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2° a) En quoi le droit de punir a-t-il pour "but immédiat" la répression et l'intimidation ? b) Expliquez : "pour la société comme pour l'individu, le droit de légitime défense a des limites" ; c) Pourquoi l'idéal supérieur de la justice interdit-il de "sacrifier un citoyen à tous" ? 3° L'idéal de justice doit-il limiter le droit de punir ? notions : DROIT JUSTICE SOCIÉTÉ
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BERGSON |
| 2013 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Pour être soi-même, faut-il se différencier des autres ?
notions : AUTRUI SUJET
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| 2013 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Désobéir, est-ce nécessairement mal agir ?
notions : MORALE
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| 2013 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Une langue suppose une suite de pensées, et c'est par cette raison que les animaux n'ont aucune langue. Quand même on voudrait leur accorder quelque chose de semblable à nos premières appréhensions et à nos sensations grossières et les plus machinales, il parait certain qu'ils sont incapables de former cette associati…
lire la suiteUne langue suppose une suite de pensées, et c'est par cette raison que les animaux n'ont aucune langue. Quand même on voudrait leur accorder quelque chose de semblable à nos premières appréhensions et à nos sensations grossières et les plus machinales, il parait certain qu'ils sont incapables de former cette association d'idées, qui seule peut produire la réflexion, dans laquelle cependant consiste l'essence de la pensée. C'est parce qu'ils ne peuvent joindre ensemble aucune idée, qu'ils ne pensent ni ne parlent, c'est par la même raison qu'ils n'inventent et ne perfectionnent rien. S'ils étaient doués de la puissance de réfléchir, même au plus petit degré, ils seraient capables de quelque espèce de progrès ; ils acquerraient plus d'industrie ; les castors d'aujourd'hui bâtiraient avec plus d'art et de solidité que ne bâtissaient les premiers castors ; l'abeille perfectionnerait encore tous les jours la cellule qu'elle habite : car si on suppose que cette cellule est aussi parfaite qu'elle peut l'être, on donne à cet insecte plus d'esprit que nous n'en avons ; on lui accorde une intelligence supérieure à la nôtre, par laquelle il apercevrait tout d'un coup le dernier point de perfection auquel il doit porter son ouvrage, tandis que nous-mêmes nous ne voyons jamais clairement ce point, et qu'il nous faut beaucoup de réflexions, de temps et d'habitude pour perfectionner le moindre de nos arts.DIDEROT, Encyclopédie (1751) notions : ESPRIT LANGAGE TECHNIQUE
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DIDEROT |
| 2013 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Percevoir, est-ce savoir ?
notions : PERCEPTION
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| 2013 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Le sentiment moral peut-il être éduqué ?
notions : MORALE
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| 2013 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
La plupart de ceux qui ont écrit touchant les républiques, supposent ou demandent, comme une chose qui ne leur doit pas être refusée, que l'homme est un animal politique (...) né avec une certaine disposition naturelle à la société. Sur ce fondement‑là ils bâtissent la doctrine civile ; de sorte que pour la conservati…
lire la suiteLa plupart de ceux qui ont écrit touchant les républiques, supposent ou demandent, comme une chose qui ne leur doit pas être refusée, que l'homme est un animal politique (...) né avec une certaine disposition naturelle à la société. Sur ce fondement‑là ils bâtissent la doctrine civile ; de sorte que pour la conservation de la paix, et pour la conduite de tout le genre humain, il ne faut plus rien sinon que les hommes s'accordent et conviennent de l'observation de certains pactes et conditions, auxquelles alors ils donnent le titre de lois. Cet axiome, quoique reçu si communément, ne laisse pas (1) d'être faux, et l'erreur vient d'une trop légère contemplation de la nature humaine. Car si l'on considère de plus près les causes pour lesquelles les hommes s'assemblent, et se plaisent à une mutuelle société, il apparaîtra bientôt que cela n'arrive que par accident, et non pas par une disposition nécessaire de la nature. En effet, si les hommes s'entr'aimaient naturellement, c'est‑à‑dire, en tant qu'hommes, il n'y a aucune raison pourquoi chacun n'aimerait pas le premier venu, comme étant autant homme qu'un autre ; de ce côté‑là, il n'y aurait aucune occasion d'user de choix et de préférence. je ne sais aussi pourquoi on converserait plus volontiers avec ceux en la société desquels on reçoit de l'honneur ou de l'utilité, qu'avec ceux qui la rendent à quelque autre. Il en faut donc venir là, que nous ne cherchons pas de compagnons par quelque instinct de la nature ; mais bien l'honneur et l'utilité qu'ils nous apportent; nous ne désirons des personnes avec qui nous conversions, qu'à cause de ces deux avantages qui nous en reviennent.HOBBES, Le Citoyen (1642) (1) ne manque pas notions : ÉCHANGES LOI POLITIQUE SOCIÉTÉ
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HOBBES |