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| 2014 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Tout peut-il avoir une valeur marchande ?
notions : ÉCHANGES
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| 2014 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Suffit-il d'être raisonnable pour être heureux ?
notions : BONHEUR RAISON
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| 2014 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
La grande variété de goût autant que d'opinion qui prévaut dans le monde est une chose trop manifeste pour avoir échappé à l'observation générale. Il ne faut pas de grandes lumières pour remarquer autour de soi, dans le cercle étroit de ses connaissances, des différences de goût, fût-ce entre des personnes qui ont été…
lire la suiteLa grande variété de goût autant que d'opinion qui prévaut dans le monde est une chose trop manifeste pour avoir échappé à l'observation générale. Il ne faut pas de grandes lumières pour remarquer autour de soi, dans le cercle étroit de ses connaissances, des différences de goût, fût-ce entre des personnes qui ont été éduquées sous le même gouvernement et qui se sont tôt pénétrées des mêmes préjugés. Mais celui qui sait élargir sa vue jusqu'à embrasser les nations lointaines et les époques reculées, est plus surpris encore : ce n'est partout que diversité et contrariété. Nous sommes très prompts à dire barbare tout ce qui s'éloigne de notre goût et de notre perception ; mais nous sommes vite payés en retour du même qualificatif infamant. Et il n'est d'arrogance ou de suffisance qui ne s'alarme à la fin, trouvant de tous côtés une égale assurance, et qui n'hésite, dans une dispute si générale, à se déclarer toujours et avec la même fermeté, en faveur de son propre sentiment.Si cette variété de goût est déjà évidente aux yeux les moins avertis, un peu de réflexion montre qu'elle est encore plus grande en réalité qu'en apparence. Il n'est pas rare que les hommes diffèrent dans leurs sentiments touchant le beau et le laid, alors même que le discours général qu'ils tiennent est identique. Il y a en chaque langue certains termes pour signifier le blâme et d'autres pour signifier l'éloge. Et tous les hommes qui emploient la même langue doivent s'accorder sur la manière de les appliquer. Toutes les voix s'unissent pour applaudir en matière de style l'élégance, la convenance, la simplicité, le bel esprit, et pour blâmer l'emphase, l'affectation, la froideur, le faux brillant. Mais lorsque nos critiques descendent dans le détail, cette belle unanimité disparaît et l'on découvre qu'ils avaient attaché à leurs expressions des sens très différents. HUME, De la Règle du goût (1757) notions : ART CULTURE LANGAGE
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HUME |
| 2014 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
La fonction de la religion est-elle d'unir les hommes ?
notions : RELIGION
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| 2014 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Une oeuvre d'art est-elle un message ?
notions : ART LANGAGE
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| 2014 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Nulle vérité ne me paraît plus évidente que l'affirmation que les bêtes sont douées de pensée et de raison aussi bien que les hommes. Les arguments sont dans ce cas si manifestes qu'ils ne peuvent échapper au plus stupide ni au plus ignorant.
Nous avons conscience que nous-mêmes, en adaptant des moyens à des fins, n…
lire la suiteNulle vérité ne me paraît plus évidente que l'affirmation que les bêtes sont douées de pensée et de raison aussi bien que les hommes. Les arguments sont dans ce cas si manifestes qu'ils ne peuvent échapper au plus stupide ni au plus ignorant.Nous avons conscience que nous-mêmes, en adaptant des moyens à des fins, nous sommes guidés par la raison et l'intention et que ce n'est ni à notre insu ni par hasard que nous accomplissons les actes qui tendent à assurer notre conservation personnelle, à obtenir le plaisir et à éviter la douleur. Quand donc nous voyons d'autres créatures, à des millions d'exemplaires, accomplir des actions semblables et les orienter vers des fins semblables, tous nos principes de raisonnement et de probabilité nous portent, avec une force invincible, à croire à l'existence d'une cause semblable. Il est inutile, à mon avis, d'illustrer cet argument par l'énumération de cas particuliers. La plus légère attention nous en fournira plus qu'il n'est nécessaire. La ressemblance entre les actions des animaux et celles des hommes est si complète à cet égard que la toute première action du premier animal qu'il nous plaira de choisir nous apportera un argument décisif en faveur de la présente doctrine. C'est une doctrine aussi utile qu'évidente, qui nous fournit une sorte de pierre de touche (1) à l'aide de laquelle nous pouvons essayer tout système dans ce genre de philosophie. C'est la ressemblance des actions extérieures des animaux à celles que nous accomplissons nous-mêmes qui nous fait juger que leurs actes intérieurs ressemblent également aux nôtres ; le même principe de raisonnement, poussé d'un degré plus loin, nous fera conclure que, puisque nos actes intérieurs se ressemblent, les causes d'où ils procèdent doivent aussi se ressembler. HUME, Traité de la nature humaine (1739) (1) pierre de touche : critère ou norme. notions : ESPRIT RAISON
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HUME |
| 2014 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Les croyances religieuses sont-elles irrationnelles ?
notions : CROYANCE RAISON RELIGION
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| 2014 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Peut-on réduire le réel à la matière ?
notions : MATIÈRE RÉEL
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| 2014 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Pour tout homme, l'activité la plus désirable étant celle qui est en accord avec sa disposition propre, il en résulte que pour l'homme de bien, c'est l'activité qui correspond à la vertu. Ce n'est pas dans le jeu que consiste le bonheur. Il serait en effet étrange que la fin de l'homme fût le jeu, et qu'on dût se donn…
lire la suitePour tout homme, l'activité la plus désirable étant celle qui est en accord avec sa disposition propre, il en résulte que pour l'homme de bien, c'est l'activité qui correspond à la vertu. Ce n'est pas dans le jeu que consiste le bonheur. Il serait en effet étrange que la fin de l'homme fût le jeu, et qu'on dût se donner du tracas et du mal pendant toute sa vie afin de pouvoir s'amuser ! Car, pour le dire en un mot, tout ce que nous choisissons est choisi en vue d'une autre chose, à l'exception du bonheur qui est une fin en soi. Mais se dépenser avec tant d'ardeur et de peine en vue de s'amuser ensuite est de toute évidence quelque chose d'insensé et de puéril à l'excès ; au contraire, s'amuser en vue d'exercer une activité sérieuse, voilà la règle à suivre. Le jeu est, en effet, une sorte de délassement, du fait que nous sommes incapables de travailler d'une façon ininterrompue et que nous avons besoin de relâche. Le délassement n'est donc pas une fin, car il n'a lieu qu'en vue de l'activité. Et la vie heureuse semble être celle qui correspond à la vertu ; or, une vie vertueuse ne va pas sans un effort sérieux et ne consiste pas dans un simple jeu. Et nous affirmons, à la fois, que les choses sérieuses sont moralement supérieures à celles qui font rire ou s'accompagnent d'amusement, et que l'activité la plus sérieuse est toujours celle de la partie la meilleure de nous-mêmes ou celle de l'homme d'une moralité plus élevée.ARISTOTE, Éthique à Nicomaque (vers 335 avant J.-C) notions : BONHEUR MORALE
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ARISTOTE |
| 2014 | ES | ANTILLES | NORMALE |
La liberté exclut-elle toute limite ?
notions : LIBERTÉ
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| 2014 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La conscience fait-elle de moi ce que je suis ?
notions : CONSCIENCE SUJET
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| 2014 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Une société sans religion est-elle possible ?
notions : RELIGION SOCIÉTÉ
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| 2014 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Y a-t-il une morale de l'histoire ?
notions : HISTOIRE MORALE
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| 2014 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Si les noms étaient par nature, s'ils n'avaient pas à chaque fois une signification conventionnelle, nécessairement, tout le monde comprendrait tout le monde, les Grecs comprendraient les barbares et les barbares les Grecs et les barbares se comprendraient entre eux. Or ce n'est pas le cas. Il n'est donc pas vrai que …
lire la suiteSi les noms étaient par nature, s'ils n'avaient pas à chaque fois une signification conventionnelle, nécessairement, tout le monde comprendrait tout le monde, les Grecs comprendraient les barbares et les barbares les Grecs et les barbares se comprendraient entre eux. Or ce n'est pas le cas. Il n'est donc pas vrai que les noms signifient par nature. Voilà donc une assertion qu'ils (1) ne soutiendront pas. S'ils prétendent dire des noms qu'ils sont tels ou tels parce que par nature chacun d'eux indique distinctement qu'il est masculin, féminin ou neutre, qu'ils le sachent : c'est reculer pour mieux sauter. Encore une fois, nous leur dirons que ce qui nous affecte par nature nous affecte tous pareillement, et n'affecte pas certains d'une façon et d'autres d'une façon contraire. Par exemple, c'est par nature que le feu chauffe, et il chauffe les barbares comme les Grecs, les hommes ordinaires comme les hommes d'expérience : il n'est pas vrai qu'il chauffe les Grecs et refroidisse les barbares. C'est par nature que la neige refroidit : il n'est pas vrai qu'elle refroidisse certains et qu'elle en réchauffe d'autres. En conséquence, ce qui affecte par nature affecte pareillement ceux dont les sens ne sont pas empêchés. Or les mêmes noms ne sont pas identiques pour tout le monde : pour les uns ce sont des masculins, pour d'autres des féminins, pour d'autres des neutres. Ainsi les Athéniens disent la stamos ("jarre") au féminin, les Péloponnésiens disent le stamos au masculin ; les uns disent la tholos ("la coupole), les autres disent le tholos ("bandeau de tête") ; on dit la ou le bôlos ("motte"). Et ce n'est pas une raison pour taxer les uns ou les autres d'erreur : chacun use du mot selon sa valeur conventionnelle.SEXTUS EMPIRICUS, Contre les Grammairiens (fin du IIe siècle) (1) Les grammairiens de l'époque hellénistique. notions : LANGAGE RÉEL
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SEXTUS EMPIRICUS |
| 2014 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Tout être capable de vivre selon son propre dessein doit se fixer un but pour bien vivre : honneur, gloire, richesse ou culture et, les yeux fixés sur lui, il posera tous ses actes (car ne pas ordonner sa vie à une fin est vraiment un signe de grande sottise) ; il faut donc avant tout déterminer d'abord en soi-même, s…
lire la suiteTout être capable de vivre selon son propre dessein doit se fixer un but pour bien vivre : honneur, gloire, richesse ou culture et, les yeux fixés sur lui, il posera tous ses actes (car ne pas ordonner sa vie à une fin est vraiment un signe de grande sottise) ; il faut donc avant tout déterminer d'abord en soi-même, sans précipitation et sans négligence, ce qui en nous constitue le bien vivre et ce sans quoi les hommes ne sauraient y accéder : car ce sans quoi il n'est pas possible d'être en santé ne s'identifie pas à la santé : il en est de même pour d'autres cas, de sorte que le bien vivre ne s'identifie pas davantage à ce sans quoi on ne peut bien vivre (de certaines de ces conditions les unes ne sont pas particulières à la santé ni à la vie, mais communes à toutes choses, pour ainsi dire, aussi bien aux dispositions qu'aux actes : par exemple, sans respirer, sans être éveillés et sans avoir part au mouvement, nous n'aurions rien, ni bien ni mal ; les autres sont davantage propres à chaque nature - et elles ne doivent pas nous échapper - car manger de la viande et marcher après les repas ne sont pas des conditions propres à la bonne constitution de la même manière que les conditions déjà citées).En effet, voici ce qui provoque l'incertitude au sujet du bonheur : en quoi consiste-t-il, d'où provient-il ? Ce sans quoi on ne peut être heureux, aux yeux de certains, fait partie du bonheur. ARISTOTE, Éthique à Eudème (IVe siècle avant J.-C.) notions : BONHEUR LIBERTÉ
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ARISTOTE |
| 2014 | L | ANTILLES | NORMALE |
Suis-je la même personne en des temps différents ?
notions : SUJET TEMPS
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| 2014 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La politique peut-elle être justifiée par la nécessité ?
notions : POLITIQUE
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| 2014 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT | La politique peut-elle être justifiée par la nécessité ? | |
| 2014 | L | ANTILLES | NORMALE |
Peut-on dire d'une machine qu'elle travaille ?
notions : TECHNIQUE TRAVAIL
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| 2014 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Un homme se définit-il par sa culture ?
notions : CULTURE
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| 2014 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT | Un homme se définit-il par sa culture ? | |
| 2014 | L | ANTILLES | NORMALE |
Il y a une classe de gens (heureusement moins nombreuse qu\'autrefois) qui estiment suffisant que quelqu\'un adhère aveuglément à une opinion qu\'ils croient vraie sans même connaître ses fondements et sans même pouvoir la défendre contre les objections les plus superficielles. Quand de telles personnes parviennent à f…
lire la suiteIl y a une classe de gens (heureusement moins nombreuse qu\'autrefois) qui estiment suffisant que quelqu\'un adhère aveuglément à une opinion qu\'ils croient vraie sans même connaître ses fondements et sans même pouvoir la défendre contre les objections les plus superficielles. Quand de telles personnes parviennent à faire enseigner leurs croyances par l\'autorité, elles pensent naturellement que si l\'on en permettait la discussion, il n\'en résulterait aucun bien, mais du mal. Là où domine leur influence, elles rendent presque impossible de repousser avec sagesse et réflexion l\'opinion reçue, bien qu\'on puisse toujours la rejeter à la légère et par ignorance ; car il est rarement possible d\'empêcher complètement la discussion et, sitôt qu\'elle a lieu, les croyances qui ne sont pas fondées sur une conviction cèdent facilement dès que surgit le moindre semblant d\'argument. Maintenant, écartons cette possibilité - admettons que l\'opinion vraie reste présente dans l\'esprit, mais à l\'état de préjugé, de croyance indépendante et inaccessible à toute argumentation : ce n\'est pas encore là la façon dont un être rationnel devrait détenir la vérité. Ce n\'est pas encore connaître la vérité. Cette conception de la vérité n\'est qu\'une superstition de plus qui s\'accroche par hasard aux mots qui énoncent une vérité.MILL, De la Liberté (1859) notions : CROYANCE RAISON VÉRITÉ
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MILL |
| 2014 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
A mon jugement, la plus grande vérité réside dans les sens, à condition qu'ils soient sains, en bonne santé et qu'on écarte tout ce qui leur fait obstacle et les entrave. Voilà pourquoi nous voulons souvent modifier l'éclairage et la position des objets que nous observons ; nous diminuons ou augmentons leur distance e…
lire la suiteA mon jugement, la plus grande vérité réside dans les sens, à condition qu'ils soient sains, en bonne santé et qu'on écarte tout ce qui leur fait obstacle et les entrave. Voilà pourquoi nous voulons souvent modifier l'éclairage et la position des objets que nous observons ; nous diminuons ou augmentons leur distance et multiplions les essais jusqu'à ce que la vision elle-même obtienne notre confiance en son jugement. Il en est ainsi pour les sons, les odeurs, les saveurs, de sorte que personne d'entre nous ne réclame pour les sens, chacun dans son espèce, un jugement plus pointu. Quand nous ajoutons l'entraînement et la technique, de manière que notre oeil soit retenu par la peinture, notre oreille par les chants, qui ne remarque le pouvoir des sens ! Que de figures les peintres voient dans les ombres et dans les reliefs, mais que nous ne voyons pas ! Que de choses nous échappent en musique, mais qu'entendent les gens exercés dans cet art ! Au premier souffle d'un joueur de flûte, ils disent "c'est Antiope" ou "c'est Andromaque" (1), alors que nous n'en aurions pas même le soupçon.CICÉRON, Les Académiques (Ier siècle av. J.-C.) (1) Ce sont deux tragédies grecques. Les tragédies grecques étaient mises en musique. notions : ART PERCEPTION VÉRITÉ
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CICÉRON |
| 2014 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
A mon jugement, la plus grande vérité réside dans les sens, à condition qu'ils soient sains, en bonne santé et qu'on écarte tout ce qui leur fait obstacle et les entrave. Voilà pourquoi nous voulons souvent modifier l'éclairage et la position des objets que nous observons ; nous diminuons ou augmentons leur distance et…
lire la suiteA mon jugement, la plus grande vérité réside dans les sens, à condition qu'ils soient sains, en bonne santé et qu'on écarte tout ce qui leur fait obstacle et les entrave. Voilà pourquoi nous voulons souvent modifier l'éclairage et la position des objets que nous observons ; nous diminuons ou augmentons leur distance et multiplions les essais jusqu'à ce que la vision elle-même obtienne notre confiance en son jugement. Il en est ainsi pour les sons, les odeurs, les saveurs, de sorte que personne d'entre nous ne réclame pour les sens, chacun dans son espèce, un jugement plus pointu. Quand nous ajoutons l'entraînement et la technique, de manière que notre oeil soit retenu par la peinture, notre oreille par les chants, qui ne remarque le pouvoir des sens ! Que de figures les peintres voient dans les ombres et dans les reliefs, mais que nous ne voyons pas ! Que de choses nous échappent en musique, mais qu'entendent les gens exercés dans cet art ! Au premier souffle d'un joueur de flûte, ils disent « c'est Antiope » ou "c'est Andromaque" (1), alors que nous n'en aurions pas même le soupçon.CICERON, Les Académiques (Ier siècle av. J.-C.) (1) Ce sont deux tragédies grecques. Les tragédies grecques étaient mises en musique. |
CICÉRON |
| 2014 | S | ANTILLES | NORMALE |
Peut-il être juste de désobéir à la loi ?
notions : JUSTICE LOI
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| 2014 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Est-il possible de vivre sans désirs ?
notions : DÉSIR
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| 2014 | S | ANTILLES | NORMALE |
Toute vérité s'impose-t-elle d'elle-même ?
notions : VÉRITÉ
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| 2014 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Que devons-nous à la culture ?
notions : CULTURE
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| 2014 | S | ANTILLES | NORMALE |
Quoi que ce soit qui fasse un homme aux yeux de certains hommes, et par conséquent l'identité d'un individu humain, sur quoi peut-être peu seront d'accord, nous ne pourrons situer l'identité personnelle nulle part ailleurs que dans la conscience (qui est la seule chose qui fait ce que nous appelons soi) sans nous trou…
lire la suiteQuoi que ce soit qui fasse un homme aux yeux de certains hommes, et par conséquent l'identité d'un individu humain, sur quoi peut-être peu seront d'accord, nous ne pourrons situer l'identité personnelle nulle part ailleurs que dans la conscience (qui est la seule chose qui fait ce que nous appelons soi) sans nous trouver embarqués dans de grandes absurdités.Mais un homme saoul et un homme dessaoulé ne sont-ils pas la même personne ? Sinon, pourquoi un homme est-il puni pour ce qu'il a commis quand il était saoul, même s'il n'en a plus eu conscience ensuite ? C'est la même personne dans l'exacte mesure où un homme qui marche et fait d'autres choses encore pendant son sommeil est la même personne, et est responsable de tout dommage causé alors. Dans les deux cas, les lois humaines punissent selon une justice qui dépend de ce qu'elles peuvent connaître : ne pouvant dans des cas de ce genre distinguer avec certitude ce qui est vrai et ce qui est feint, elles ne peuvent admettre comme défense valable l'ignorance due à l'ivresse ou au sommeil. Car bien que le châtiment soit attaché à la personnalité, et la personnalité à la conscience, et que peut-être l'ivrogne n'ait pas conscience de ce qu'il a fait, les tribunaux humains cependant le punissent à bon droit, parce que contre lui il y a la preuve du fait, tandis qu'en sa faveur il ne peut y avoir la preuve du manque de conscience. LOCKE, Essai philosophique concernant l'entendement humain (1690) notions : CONSCIENCE JUSTICE SUJET
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LOCKE |
| 2014 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Le hasard a donné naissance à toutes les espèces de gouvernement parmi les hommes. Les premiers habitants furent peu nombreux et vécurent, pendant un temps, dispersés, à la manière des bêtes. Le genre humain venant à s'accroître, on sentit le besoin de se réunir, de se défendre ; pour mieux parvenir à ce dernier but, …
lire la suiteLe hasard a donné naissance à toutes les espèces de gouvernement parmi les hommes. Les premiers habitants furent peu nombreux et vécurent, pendant un temps, dispersés, à la manière des bêtes. Le genre humain venant à s'accroître, on sentit le besoin de se réunir, de se défendre ; pour mieux parvenir à ce dernier but, on choisit le plus fort, le plus courageux ; les autres le mirent à leur tête, et promirent de lui obéir. A l'époque de leur réunion en société, on commença à connaître ce qui est bon et honnête, et à le distinguer d'avec ce qui est vicieux et mauvais. On vit un homme nuire à son bienfaiteur. Deux sentiments s'élevèrent à l'instant dans tous les coeurs : la haine pour l'ingrat, l'amour pour l'homme bienfaisant. On blâma le premier ; et on honora d'autant plus ceux qui, au contraire, se montrèrent reconnaissants que chacun d'eux sentît qu'il pouvait éprouver pareille injustice. Pour prévenir de tels maux, les hommes se déterminèrent à faire des lois, et à ordonner des punitions pour qui y contreviendrait. Telle fut l'origine de la justice.MACHIAVEL, Discours sur la première décade de Tite-Live (achevé en 1519, publié en 1532) notions : ÉTAT JUSTICE LOI SOCIÉTÉ
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MACHIAVEL |
| 2014 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
L'expérience est-elle un savoir ?
notions : EXPÉRIENCE
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| 2014 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Peut-on toujours savoir comment agir avec justice ?
notions : JUSTICE
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| 2014 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Peut-on contraindre quelqu'un à être libre ?
notions : LIBERTÉ
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| 2014 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Ce qui est techniquement possible est-il toujours souhaitable ?
notions : TECHNIQUE
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| 2014 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Ce qui est digne d'être poursuivi pour soi-même, nous le nommons plus parfait que ce qui est poursuivi pour une autre chose, et ce qui n'est jamais désirable en vue d'une autre chose, nous le déclarons plus parfait que les choses qui sont désirables à la fois par elles-mêmes et pour cette autre chose, et nous appelons…
lire la suiteCe qui est digne d'être poursuivi pour soi-même, nous le nommons plus parfait que ce qui est poursuivi pour une autre chose, et ce qui n'est jamais désirable en vue d'une autre chose, nous le déclarons plus parfait que les choses qui sont désirables à la fois par elles-mêmes et pour cette autre chose, et nous appelons parfait au sens absolu ce qui est toujours désirable en soi-même et ne l'est jamais en vue d'une autre chose. Or le bonheur semble être au suprême degré une fin de ce genre, car nous le choisissons toujours pour lui-même et jamais en vue d'une autre chose : au contraire, l'honneur, le plaisir, l'intelligence ou toute vertu quelconque, sont des biens que nous choisissons assurément pour eux-mêmes (puisque, même si aucun avantage n'en découlait pour nous, nous les choisirions encore), mais nous les choisissons aussi en vue du bonheur, car c'est par leur intermédiaire que nous pensons devenir heureux. Par contre, le bonheur n'est jamais choisi en vue de ces biens, ni d'une manière générale, en vue d'autre chose que lui-même.ARISTOTE, Éthique à Nicomaque (IVe siècle av. J.-C) QUESTIONS : 1° Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2° Expliquez : a) "nous appelons parfait au sens absolu ce qui est toujours désirable en soi-même et ne l'est jamais en vue d'une autre chose" b) "c'est par leur intermédiaire que nous pensons devenir heureux." 3° Le bonheur est-il ce en vue de quoi nous choisissons toute chose ? notions : BONHEUR DÉSIR
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ARISTOTE |
| 2014 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Tous ces coureurs se donnent bien de la peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la peine. On lit partout que les hommes cherchent le plaisir ; mais cela n'est pas évident ; il semble plutôt qu'ils cherchent la peine et qu'ils aiment la peine. Le vieux Diogène …
lire la suiteTous ces coureurs se donnent bien de la peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la peine. On lit partout que les hommes cherchent le plaisir ; mais cela n'est pas évident ; il semble plutôt qu'ils cherchent la peine et qu'ils aiment la peine. Le vieux Diogène (1) disait : "Ce qu'il y a de meilleur, c'est la peine." On dira là-dessus qu'ils trouvent tous le plaisir dans cette peine qu'ils cherchent ; mais c'est jouer sur les mots ; c'est bonheur et non plaisir qu'il faudrait dire ; et ce sont deux choses très différentes, aussi différentes que l'esclavage et la liberté.On veut agir, on ne veut pas subir. Tous ces hommes qui se donnent tant de peine n'aiment sans doute pas le travail forcé ; personne n'aime le travail forcé ; personne n'aime les maux qui tombent (2) ; personne n'aime sentir la nécessité. Mais aussitôt que je me donne librement de la peine, me voilà content (3). J'écris ces propos. "Voilà bien de la peine", dira quelque écrivain qui vit de sa plume ; seulement personne ne m'y force ; et ce travail voulu est un plaisir, ou un bonheur, pour mieux parler. Le boxeur n'aime pas les coups qui viennent le trouver ; mais il aime ceux qu'il va chercher. Il n'est rien de si agréable qu'une victoire difficile, dès que le combat dépend de nous. ALAIN, Propos sur le bonheur (1911) (1) Diogène : philosophe grec de l'Antiquité. (2) les maux qui tombent : les malheurs qui arrivent. (3) content : ne désirant rien de plus. QUESTIONS : 1° Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2° a) En quoi le bonheur et le plaisir sont-ils "deux choses très différentes, aussi différentes que l'esclavage et la liberté" ? b) expliquez : "On veut agir, on ne veut pas subir" ; c) expliquez : "Mais aussitôt que je me donne librement de la peine, me voilà content." 3° Le bonheur est-il dans la peine qu'on se donne ? notions : BONHEUR LIBERTÉ
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ALAIN |
| 2014 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Affirme-t-on sa liberté en refusant toute contrainte ?
notions : LIBERTÉ
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| 2014 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
La croyance est-elle un échec de la raison ?
notions : CROYANCE RAISON
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| 2014 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Devant une oeuvre d'art, nous commençons par ce qui nous est présenté directement, et nous ne nous demandons qu'ensuite quelle est sa signification et quel est son contenu. Ce que nous voyons extérieurement n'a pas pour nous une valeur directe : nous lui attribuons un intérieur, une signification qui anime son apparen…
lire la suiteDevant une oeuvre d'art, nous commençons par ce qui nous est présenté directement, et nous ne nous demandons qu'ensuite quelle est sa signification et quel est son contenu. Ce que nous voyons extérieurement n'a pas pour nous une valeur directe : nous lui attribuons un intérieur, une signification qui anime son apparence extérieure. Nous lui attribuons une âme que son extérieur nous laisse deviner. Une apparence, en effet, qui signifie quelque chose ne représente pas elle-même et ce qu'elle est extérieurement, mais quelque chose d'autre, comme le fait le symbole, par exemple, et, mieux encore, la fable qui reçoit sa signification de la moralité qu'elle implique. On peut même dire que chaque mot implique une signification et ne vaut pas par lui-même. De même l'oeil humain, le visage, la chair, la peau, toute la structure de l'homme laissent transparaître un esprit, une âme, et partout et toujours la signification se rapporte à quelque chose qui dépasse l'apparence directe. C'est en ce sens qu'on peut parler de la signification de l'oeuvre d'art : elle ne s'épuise pas tout entière dans les lignes, les courbes, les surfaces, les creux et les entailles de la pierre, dans les couleurs, les sons, les combinaisons harmonieuses des mots, etc., mais constitue l'extériorisation de la vie, des sentiments, de l'âme, d'un contenu de l'esprit, et c'est en cela que consiste sa signification.HEGEL, Esthétique, 1829 notions : ART ESPRIT INTERPRÉTATION
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HEGEL |
| 2014 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Se cultiver, est-ce renoncer à sa nature ?
notions : CULTURE
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| 2014 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
La vérité est-elle affaire de point de vue ?
notions : VÉRITÉ
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| 2014 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Puisqu'un grand nombre de malaises constamment nous pressent et tentent de déterminer la volonté, il est naturel que le malaise le plus grand et le plus fort détermine la volonté à l'action prochaine. Il y réussit en général, mais pas toujours ; car la plupart du temps, l'expérience le montre, l'esprit a le pouvoir de…
lire la suitePuisqu'un grand nombre de malaises constamment nous pressent et tentent de déterminer la volonté, il est naturel que le malaise le plus grand et le plus fort détermine la volonté à l'action prochaine. Il y réussit en général, mais pas toujours ; car la plupart du temps, l'expérience le montre, l'esprit a le pouvoir de suspendre (1) l'exécution et la satisfaction de n'importe quel désir et donc de chacun à son tour ; il a ainsi la liberté d'en étudier l'objet, de les examiner sous toutes leurs faces, de les comparer à d'autres.C'est là que réside la liberté de l'homme ; et c'est du mauvais usage de cette liberté que provient cette grande diversité d'erreurs, d'égarements, de fautes où l'on se précipite en passant sa vie à la recherche du bonheur, dès que l'on brusque la décision de la volonté et que l'on s'engage trop vite, sans examen nécessaire. Pour l'éviter, on a le pouvoir de suspendre l'exécution de tel ou tel désir, comme tout un chacun peut quotidiennement l'expérimenter en lui. Ceci me semble être la source de toute liberté, et ce en quoi parait consister ce que l'on appelle (à tort, à mon sens) volonté libre. Car pendant cette suspension de tout désir, avant que la volonté ne soit déterminée à l'action, avant que l'action (qui suit cette détermination) ne soit posée, on a la possibilité d'examiner, de considérer, de juger le bien ou le mal de ce qu'on va faire. LOCKE, Essai philosophique concernant l'entendement humain (1690) (1) Suspendre : "remettre à plus tard", voire "annuler". notions : DÉSIR ESPRIT LIBERTÉ MORALE
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LOCKE |
| 2014 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
L'art nous fait-il oublier le réel ?
notions : ART RÉEL
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| 2014 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Mettre en question les lois, est-ce contester leur autorité ?
notions : LOI
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| 2014 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
L'efficacité est-elle l'unique critère en politique ?
notions : POLITIQUE
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Peut-on vraiment comprendre une autre culture que la sienne ?
notions : CULTURE
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Quelle est donc notre attitude vis-à-vis des actes de notre prochain ? — Tout d'abord, nous regardons ce qui résulte pour nous de ces actes, — nous ne les jugeons que de ce point de vue. C'est cet effet causé sur nous que nous considérons comme l'intention de l'acte — et enfin nous lui attribuons de telles intentions …
lire la suiteQuelle est donc notre attitude vis-à-vis des actes de notre prochain ? — Tout d'abord, nous regardons ce qui résulte pour nous de ces actes, — nous ne les jugeons que de ce point de vue. C'est cet effet causé sur nous que nous considérons comme l'intention de l'acte — et enfin nous lui attribuons de telles intentions en tant que disposition permanente chez lui, et nous en faisons désormais, par exemple, "un homme dangereux". Triple erreur ! Triple méprise, vieille comme le monde ! Peut-être cet héritage nous vient-il des animaux et de leur faculté de jugement. Ne faut-il pas chercher l'origine de toute morale dans ces horribles petites conclusions : "Ce qui me nuit est quelque chose de mauvais (qui porte préjudice par soi-même) ; ce qui m'est utile est bon (bienfaisant et profitable par soi-même) ; ce qui me nuit une ou plusieurs fois m'est hostile par soi-même ; ce qui m'est utile une ou plusieurs fois m'est favorable par soi-même." Ô honteuse origine ! Cela ne veut-il pas dire : interpréter les relations pitoyables, occasionnelles et accidentelles qu'un autre peut avoir avec nous comme si ces relations étaient l'essence et le fond de son être, et prétendre qu'envers tout le monde et envers soi-même il n'est capable que de rapports semblables aux rapports que nous avons eus avec lui une ou plusieurs fois ? Et derrière cette véritable folie n'y a-t-il pas la plus immodeste de toutes les arrière-pensées : croire qu'il faut que nous soyons nous-mêmes le principe du bien puisque le bien et le mal se déterminent d'après nous ?NIETZSCHE, Aurore (1887) notions : AUTRUI MORALE
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NIETZSCHE |
| 2014 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Les esprits aussi bien que les palais diffèrent dans leur goût ; et vous chercherez avec autant d'efficacité à faire aimer par tous les hommes les richesses et la gloire (où certains mettent pourtant leur bonheur), que vous ne comblerez la faim de tous avec du fromage ou du homard : bien que ce soient pour certains de…
lire la suiteLes esprits aussi bien que les palais diffèrent dans leur goût ; et vous chercherez avec autant d'efficacité à faire aimer par tous les hommes les richesses et la gloire (où certains mettent pourtant leur bonheur), que vous ne comblerez la faim de tous avec du fromage ou du homard : bien que ce soient pour certains des mets fort agréables et délicieux, ils sont pour d'autres repoussants et écoeurants ; beaucoup préféreraient avec raison les protestations d'un ventre affamé à ces plats qui pour d'autres sont des festins. De là vient, je pense, que les anciens philosophes ont en vain cherché si le souverain bien (1) était constitué par les richesses, par les plaisirs physiques, par la vertu ou par la contemplation ; il aurait été aussi raisonnable de discuter sur le fruit (la pomme, la prune ou la noix) dont la saveur est la meilleure et de se diviser en clans d'après ce critère. Car de même que les goûts agréables ne dépendent pas des choses mêmes mais de leur convenance à tel ou tel palais particulier (ce qui peut varier considérablement), de même le plus grand bonheur consiste dans la jouissance de ces choses qui produisent le plus grand plaisir, et dans l'absence de celles qui produisent du trouble ou de la douleur ; et pour des personnes différentes, ce sont des choses très différentes.LOCKE, Essai sur l'entendement humain (1690). (1) Le souverain bien : le bien le plus élevé. QUESTIONS : 1° Dégagez l'idée principale du texte, puis les étapes de son argumentation. 2° a) Expliquez : "Les esprits aussi bien que les palais diffèrent dans leur goût" ; b) En vous appuyant sur les exemples du texte, expliquez : "de même que les goûts agréables ne dépendent pas des choses mêmes mais de leur convenance à tel ou tel palais particulier (ce qui peut varier considérablement), de même le plus grand bonheur consiste dans la jouissance de ces choses qui produisent le plus grand plaisir, et dans l'absence de celles qui produisent du trouble ou de la douleur. 3° Le bonheur n'est-il qu'une affaire de plaisir personnel ? notions : BONHEUR DÉSIR MORALE
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LOCKE |
| 2014 | TMD | GROUPEMENTS I-IV | NORMALE |
La diversité des cultures fait-elle obstacle à l'unité du genre humain ?
notions : CULTURE
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| 2014 | TMD | GROUPEMENTS I-IV | NORMALE |
Peut-on être indifférent à la vérité ?
notions : VÉRITÉ
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