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| 2015 | TMD | MÉTROPOLE | NORMALE |
Ne désirons-nous que ce qui nous manque?
notions : DÉSIR
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| 2015 | TMD | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
La raison doit-elle se soumettre au réel?
notions : RAISON RÉEL
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| 2015 | TMD | MÉTROPOLE | NORMALE |
Peut-on résister à la vérité?
notions : VÉRITÉ
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| 2015 | TMD | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Un système quelconque de société, qu’il soit fait pour une poignée d’hommes ou pour plusieurs millions, a pour objet définitif de diriger vers un but général d’activité toutes les forces particulières. Car, il n’y a société que là où s’exerce une action générale et combinée. Dans toute autre hypothèse…
lire la suiteUn système quelconque de société, qu’il soit fait pour une poignée d’hommes ou pour plusieurs millions, a pour objet définitif de diriger vers un but général d’activité toutes les forces particulières. Car, il n’y a société que là où s’exerce une action générale et combinée. Dans toute autre hypothèse, il y a seulement agglomération d’un certain nombre d’individus sur un même sol. C’est là ce qui distingue la société humaine de celle des autres animaux qui vivent en troupes.Il suit de cette considération que la détermination nette et précise du but d’activité est la première condition et la plus importante d’un véritable ordre social, puisqu’elle fixe le sens dans lequel tout le système doit être conçu. D’un autre côté, il n’y a que deux buts d’activité possibles pour une société, quelque nombreuse qu’elle soit, comme pour un individu isolé. Ce sont l’action violente sur le reste de l’espèce humaine, ou la conquête, et l’action sur la nature pour la modifier à l’avantage de l’homme, ou la production. Toute société qui ne serait pas nettement organisée pour l’un ou pour l’autre de ces buts ne serait qu’une association bâtarde et sans caractère. Auguste COMTE, Plan des travaux scientifiques pour réorganiser la société, 1822. Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégager la thèse du texte et montrer comment elle est établie. 2. Expliquer : a. « il n’y a société que là où s’exerce une action générale et combinée » ; b. « la détermination nette et précise du but d’activité est la première condition et la plus importante d’un véritable ordre social » ; c. « il n’y a que deux buts d’activité possibles pour une société. [...] Ce sont l’action violente sur le reste de l’espèce humaine, ou la conquête, et l’action sur la nature pour la modifier à l’avantage de l’homme, ou la production. ». 3. Toute société s’organise-t-elle autour d’un but général ? notions : SOCIÉTÉ
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COMTE |
| 2015 | TMD | MÉTROPOLE | NORMALE |
On accuse d’abord [le machinisme] de réduire l’ouvrier à l’état de machine, ensuite d’aboutir à une uniformité de production qui choque le sens artistique. Mais si la machine procure à l’ouvrier un plus grand nombre d’heures de repos, et si l’ouvrier emploie ce supplément de loisir à autre chose qu’aux prétend…
lire la suiteOn accuse d’abord [le machinisme] de réduire l’ouvrier à l’état de machine, ensuite d’aboutir à une uniformité de production qui choque le sens artistique. Mais si la machine procure à l’ouvrier un plus grand nombre d’heures de repos, et si l’ouvrier emploie ce supplément de loisir à autre chose qu’aux prétendus amusements qu’un industrialisme mal dirigé a mis à la portée de tous, il donnera à son intelligence le développement qu’il aura choisi, au lieu de s’en tenir à celui que lui imposerait, dans des limites toujours restreintes, le retour (d’ailleurs impossible) à l’outil, après suppression de la machine. Pour ce qui est de l’uniformité de produit, l’inconvénient en serait négligeable si l’économie de temps et de travail, réalisée ainsi par l’ensemble de la nation, permettait de pousser plus loin la culture intellectuelle et de développer les vraies originalités.BERGSON, Les deux sources de la morale et de la religion, 1932. Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégagerlathèsedutexteetmontrercommentelleestétablie. 2. Expliquer: a) « On accuse d’abord le machinisme de réduire l’ouvrier à l’état de machine, ensuite d’aboutir à une uniformité de production qui choque le sens artistique » ; b) « prétendus amusements qu’un industrialisme mal dirigé a mis à la portée de tous » ; c) « pousser plus loin la culture intellectuelle et de développer les vraies originalités. ». 3. La mécanisation du travail favorise-t-elle le développement de l’esprit? notions : TECHNIQUE TRAVAIL
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BERGSON |
| 2015 | ES | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Une vérité démontrée est-elle indiscutable?
notions : DÉMONSTRATION VÉRITÉ
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| 2015 | ES | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
L'échange a-t-il une valeur en lui-même?
notions : ÉCHANGES
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| 2015 | ES | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Communément l’on n’entend pas par loi autre chose qu’un commandement, que les hommes peuvent également exécuter ou négliger, attendu qu’il astreint la puissance de l’homme dans des limites déterminées au-delà desquelles cette puissance s’étend, et ne commande rien qui ne dépasse ses forces ; il semble donc que…
lire la suiteCommunément l’on n’entend pas par loi autre chose qu’un commandement, que les hommes peuvent également exécuter ou négliger, attendu qu’il astreint la puissance de l’homme dans des limites déterminées au-delà desquelles cette puissance s’étend, et ne commande rien qui ne dépasse ses forces ; il semble donc que l’on doive définir la loi plus particulièrement comme une règle de vie que l’homme s’impose à lui-même ou impose à d’autres pour une fin quelconque. Toutefois, comme la vraie fin des lois n’apparaît d’ordinaire qu’à un petit nombre et que la plupart des hommes sont à peu près incapables de la percevoir, leur vie n’étant d’ailleurs rien moins que conforme à la Raison, les législateurs ont sagement institué une autre fin bien différente de celle qui suit nécessairement de la nature des lois ; ils promettent aux défenseurs des lois ce que le vulgaire aime le plus, tandis qu’ils menacent leurs violateurs de ce qu’il redoute le plus. Ils se sont ainsi efforcés de contenir le vulgaire dans la mesure où il est possible de le faire, comme on contient un cheval à l’aide d’un frein. De là cette conséquence qu’on a surtout tenu pour loi une règle de vie prescrite aux hommes par le commandement d’autres hommes, si bien que, suivant le langage courant, ceux qui obéissent aux lois, vivent sous l’empire de la loi et qu’ils semblent être asservis. Il est très vrai que celui qui rend à chacun le sien par crainte du gibet (1), agit par le commandement d’autrui et est contraint par le mal qu’il redoute ; on ne peut dire qu’il soit juste ; mais celui qui rend à chacun le sien parce qu’il connaît la vraie raison des lois et leur nécessité, agit en constant accord avec lui-même et par son propre décret, non par le décret d’autrui ; il mérite donc d’être appelé juste.SPINOZA, Traité théologico-politique, 1670. 1 Gibet : instrument de supplice pour les condamnés à la pendaison. notions : DROIT
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SPINOZA |
| 2015 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
L'art contribue-t-il à donner du sens à l'existence?
notions : ART
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| 2015 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Suffit-il de se sentir libre pour l'être?
notions : LIBERTÉ
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| 2015 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Je vois, par exemple, que 2 et 2 font 4, et qu’il faut préférer son ami à son chien, et je suis certain qu’il n’y a point d’homme au monde qui ne le puisse voir aussi bien que moi. Or, je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres, comme les autres ne les voient point dans le mien. Il est donc nécessaire …
lire la suiteJe vois, par exemple, que 2 et 2 font 4, et qu’il faut préférer son ami à son chien, et je suis certain qu’il n’y a point d’homme au monde qui ne le puisse voir aussi bien que moi. Or, je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres, comme les autres ne les voient point dans le mien. Il est donc nécessaire qu’il y ait une raison universelle qui m’éclaire et tout ce qu’il y a d’intelligence1. Car si la raison que je consulte n’était pas la même qui répond aux Chinois, il est évident que je ne pourrais pas être aussi assuré que je le suis que les Chinois voient les mêmes vérités que je vois. Ainsi la raison que nous consultons quand nous rentrons en nous-mêmes est une raison universelle. Je dis quand nous rentrons en nous-mêmes, car je ne parle pas ici de la raison que suit un homme passionné. Lorsqu’un homme préfère la vie de son cheval à celle de son cocher, il a ses raisons, mais ce sont des raisons particulières dont tout homme raisonnable a horreur. Ce sont des raisons qui dans le fond ne sont pas raisonnables, parce qu’elles ne sont pas conformes à la souveraine raison, ou à la raison universelle que tous les hommes consultent.MALEBRANCHE, De la Recherche de la vérité, 1675. 1) qui m’éclaire et qui éclaire toutes les intelligences notions : RAISON
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MALEBRANCHE |
| 2015 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Pour conaître objectivement, faut-il supprimer toute subjectivité?
notions : SUJET
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| 2015 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
La culture répond-elle à un besoin?
notions : CULTURE
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| 2015 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Les lois correctement établies se doivent de définir tout ce qui peut l'être et laisser le moins possible à la charge de ceux qui jugent, d'abord parce qu'il est plus facile de trouver une ou quelques personnes sensées et capables de légiférer et de prononcer un verdict que d'en trouver beaucoup ; ensuite, parc…
lire la suiteLes lois correctement établies se doivent de définir tout ce qui peut l'être et laisser le moins possible à la charge de ceux qui jugent, d'abord parce qu'il est plus facile de trouver une ou quelques personnes sensées et capables de légiférer et de prononcer un verdict que d'en trouver beaucoup ; ensuite, parce que les législations émanent de gens qui ont longuement examiné les choses, tandis que les jugements sont prononcés séance tenante (1), ce qui rend difficile aux juges de décider convenablement du juste et de l'utile. Mais la principale raison est que le jugement du législateur ne porte pas sur le singulier, mais sur le futur et l'universel, tandis que le membre de l'assemblée (2) ou le juré, en tant que tels, tranchent les questions actuelles et déterminées. Et dès lors, chez ces derniers, l'amitié, la haine ou l'intérêt personnel interviennent souvent, si bien qu'ils ne sont plus suffisamment en mesure de discerner ce qui est vrai et que leur plaisir ou leur déplaisir personnels obscurcissent leur jugement. Il faut donc (...) faire en sorte que la compétence du juge s'étende au moins de choses possible. Mais décider de ce qui s'est produit ou ne s'est pas produit, de ce qui sera ou ne sera pas, de ce qui est ou n'est pas, cela, il est nécessaire de le laisser à la charge des juges, car il n'est pas possible que le législateur le prévoie.ARISTOTE, Rhétorique (IVeme siècle avant J.C.) 1 Séance tenante : immédiatement, sans délai. 2 L’assemblée en question est une assemblée de citoyens notions : DROIT
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ARISTOTE |
| 2015 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Faut-il rejeter toute croyance?
notions : CROYANCE
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| 2015 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Les échanges rapprochent-ils les hommes?
notions : ÉCHANGES
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| 2015 | TECHN. | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Une œuvre géniale, qui commence par déconcerter, pourra créer peu à peu par sa seule présence une conception de l’art et une atmosphère artistique qui permettront de la comprendre ; elle deviendra alors rétrospectivement géniale, sinon, elle serait restée ce qu’elle était au début, simplement déconcertante…
lire la suiteUne œuvre géniale, qui commence par déconcerter, pourra créer peu à peu par sa seule présence une conception de l’art et une atmosphère artistique qui permettront de la comprendre ; elle deviendra alors rétrospectivement géniale, sinon, elle serait restée ce qu’elle était au début, simplement déconcertante. Dans une spéculation financière, c’est le succès qui fait que l’idée avait été bonne. Il y a quelque chose du même genre dans la création artistique, avec cette différence que le succès, s’il finit par venir à l’œuvre qui avait d’abord choqué, tient à une transformation du goût du public opérée par l’œuvre même ; celle-ci était donc force en même temps que matière ; elle a imprimé un élan que l’artiste lui avait communiqué ou plutôt qui est celui même de l’artiste, invisible et présent en elle.BERGSON, Les deux sources de la morale et de la religion (1932) Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2. Expliquez : a) Pourquoi une œuvre géniale « commence-t-elle par déconcerter » ? b) « Une transformation du goût du public opérée par l’œuvre elle-même » 3. Peut-on apprendre à apprécier une œuvre d’art? notions : ART
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BERGSON |
| 2015 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
La reherche de la vérité s'oppose-t-elle à toute croyance?
notions : VÉRITÉ
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| 2015 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Ce qui ne s'échange pas est-il sans valeur?
notions : ÉCHANGES
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| 2015 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Peut-on dire plus qu'on ne pense?
notions : LANGAGE
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| 2015 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Peut-on se contenter d'une liberté intérieure?
notions : LIBERTÉ
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| 2015 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Il arrive souvent qu’une disposition légale soit utile au bien de tous dans la plupart des cas, mais que cependant elle se trouve en certains cas extrêmement nuisible. Comme, donc, le législateur ne peut pas envisager un à un tous les cas particuliers, il propose une loi en se basant sur ce qui se produit le plus …
lire la suiteIl arrive souvent qu’une disposition légale soit utile au bien de tous dans la plupart des cas, mais que cependant elle se trouve en certains cas extrêmement nuisible. Comme, donc, le législateur ne peut pas envisager un à un tous les cas particuliers, il propose une loi en se basant sur ce qui se produit le plus souvent et en ayant en vue l’utilité commune ; aussi, lorsqu’il vient à surgir un cas dans lequel l’observation d’une telle loi serait dommageable au salut commun, elle ne doit pas être observée. Prenons un exemple. Si l’on établit, dans une ville assiégée, une loi d’après laquelle les portes de la ville doivent rester fermées, c’est chose utile au salut commun dans la généralité des cas ; mais s’il se produit un cas où les ennemis poursuivent des citoyens chargés de défendre la ville, il serait extrêmement dommageable à cette ville de ne pas leur ouvrir ses portes ; et c’est pourquoi, en pareil cas, il faudrait ouvrir les portes contrairement à la lettre de la loi pour sauvegarder l’utilité commune qui est le but du législateur. On remarquera, cependant, que si l’observation littérale de la loi n’entraîne pas de péril immédiat auquel il faille remédier sur le champ, il n’appartient pas à n’importe qui de décider ce qui est utile à la cité et ce qui lui est inutile, car cela n’appartient qu’aux princes qui possèdent l’autorité pour déroger en pareil cas. Mais, si le danger est soudain et ne donne pas le délai nécessaire pour pouvoir recourir à l’autorité supérieure, la nécessité elle-même entraîne avec soi la dispense (1), parce que la nécessité n’est pas soumise à la loi.THOMAS D'AQUIN, Somme théologique, XIII siècle. (1): qu'on soit dispensé d'obéir à la loi. notions : DROIT
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THOMAS D'AQUIN |
| 2015 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Le langage, ou parole, est l'enchaînement des mots que les hommes ont établis arbitrairement, enchaînement destiné à signifier la succession des concepts de ce que nous pensons. Ainsi, ce que le mot est à l'idée, ou concept d'une seule chose, la parole l'est à la démarche de l'esprit. Et elle semble être pro…
lire la suiteLe langage, ou parole, est l'enchaînement des mots que les hommes ont établis arbitrairement, enchaînement destiné à signifier la succession des concepts de ce que nous pensons. Ainsi, ce que le mot est à l'idée, ou concept d'une seule chose, la parole l'est à la démarche de l'esprit. Et elle semble être propre à l'homme. Car, encore qu'il y ait des bêtes qui conçoivent (instruites par l'usage) ce que nous voulons et ordonnons suivant des mots, ce n'est pas en suivant des mots en tant que mots qu'elles le font, mais en tant que signes ; car elles ignorent quelle signification l'arbitraire humain leur a donné.Quant à la communication vocale à l'intérieur d'une même espèce animale, ce n'est pas un langage, car ce n'est pas par leur libre arbitre, mais par le cours inéluctable de leur nature que les cris animaux signifiant l'espoir, la crainte, la joie, et les autres passions, servent d'organe à ces mêmes passions. Ainsi, chez les animaux dont les voix comportent très peu de variétés, il arrive que, par la diversité de leurs cris, ils s'avertissent les uns les autres de fuir dans le danger, s'engagent à manger, s'excitent à chanter, s'engagent à aimer ; ces cris ne sont pourtant pas un langage, car ils ne dépendent pas de la volonté, mais jaillissent, par le pouvoir de la nature, à partir du sentiment particulier à chacun : la crainte, la joie, le désir, et les autres passions ; voilà qui n'est pas parler. HOBBES, De l'Homme (1658). notions : LANGAGE
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HOBBES |
| 2015 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Qui écrit l'histoire?
notions : HISTOIRE
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| 2015 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
À quoi sert-il d'être moral?
notions : MORALE
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| 2015 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Être raisonnable, est-ce faire taire ses désirs?
notions : DÉSIR RAISON
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| 2015 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Quelle forme de vérité une démonstration garantit-elle?
notions : DÉMONSTRATION VÉRITÉ
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| 2015 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Par quel art inconcevable a-t-on pu trouver le moyen d’assujettir les hommes pour les rendre libres ? d’employer au service de l’État les biens, les bras, et la vie même de tous ses membres, sans les contraindre et sans les consulter ? d’enchaîner leur volonté de leur propre aveu ? de faire valoir leur consentemen…
lire la suitePar quel art inconcevable a-t-on pu trouver le moyen d’assujettir les hommes pour les rendre libres ? d’employer au service de l’État les biens, les bras, et la vie même de tous ses membres, sans les contraindre et sans les consulter ? d’enchaîner leur volonté de leur propre aveu ? de faire valoir leur consentement contre leur refus, et de les forcer à se punir eux-mêmes, quand ils font ce qu’ils n’ont pas voulu ? Comment se peut-il faire qu’ils obéissent et que personne ne commande, qu’ils servent et n’aient point de maître ; d’autant plus libres en effet que sous une apparente sujétion, nul ne perd de sa liberté que ce qui peut nuire à celle d’un autre ? Ces prodiges sont l’ouvrage de la loi. C’est à la loi seule que les hommes doivent la justice et la liberté. C’est cet organe salutaire de la volonté de tous, qui rétablit dans le droit l’égalité naturelle entre les hommes. C’est cette voix céleste qui dicte à chaque citoyen les préceptes de la raison publique, et lui apprend à agir selon les maximes de son propre jugement, et à n’être pas en contradiction avec lui-même. C’est elle seule aussi que les chefs doivent faire parler quand ils commandent ; car sitôt qu’indépendamment des lois, un homme en prétend soumettre un autre à sa volonté privée, il sort à l’instant de l’état civil, et se met vis-à-vis de lui dans le pur état de nature où l’obéissance n’est jamais prescrite que par la nécessité.ROUSSEAU, Discours sur l’économie politique (1755) notions : LIBERTÉ
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ROUSSEAU |
| 2015 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Si un peuple devait estimer perdre très vraisemblablement son bonheur sous une certaine législation présentement effective, qu’a-t-il à faire ? Doit-il ne pas se rebeller ? La réponse ne peut être que : il n’a rien d’autre à faire que d’obéir. Car il n’est pas ici question du bonheur qui est à attendre pour l…
lire la suiteSi un peuple devait estimer perdre très vraisemblablement son bonheur sous une certaine législation présentement effective, qu’a-t-il à faire ? Doit-il ne pas se rebeller ? La réponse ne peut être que : il n’a rien d’autre à faire que d’obéir. Car il n’est pas ici question du bonheur qui est à attendre pour le sujet d’une institution ou d’une administration de la communauté, mais uniquement du droit qui doit, par là, être assuré pour chacun : ce qui constitue le principe suprême dont doivent provenir toutes les maximes qui touchent une communauté et qui ne peut être limité par aucun autre principe. En ce qui concerne le premier point (le bonheur), on ne peut donner pour loi absolument aucun principe universellement valable. Car les circonstances temporelles aussi bien que les chimères (1), extrêmement contradictoires d’un individu à l’autre et qui plus est toujours changeantes, où chacun place son bonheur (mais personne ne peut lui prescrire où il doit le placer) rendent tout principe solide impossible et par sa seule nature impropre à être le fondement de la législation. La proposition : le salut public est la loi civile suprême, conserve intacts sa valeur et son crédit ; mais le bien public qui doit d’abord être pris en considération est justement cette constitution légale qui, par des lois, assure à chacun sa liberté : en quoi il lui reste toute possibilité de chercher son bonheur par les voies qui lui paraissent les meilleures, dès lors qu’il ne porte pas préjudice à cette liberté légale universelle et par suite au droit des autres co-sujets.KANT, Sur le lieu commun : il se peut que ce soit juste en théorie, mais, en pratique, cela ne vaut point (1793) (1) chimères: désirs illusoires. notions : BONHEUR
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KANT |
| 2015 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Tout travail est-il pénible?
notions : TRAVAIL
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| 2015 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Être conscient, est-ce savoir?
notions : CONSCIENCE
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| 2015 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Faut-il chercher à démontrer ses opinions?
notions : DÉMONSTRATION
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| 2015 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Que perd-on en se désintéressant des oeuvres d'art?
notions : ART
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| 2015 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Une action n’est pas morale seulement en elle-même et dans sa singularité ; elle l’est aussi par son insertion et par la place qu’elle occupe dans l’ensemble d’une conduite ; elle est un élément et un aspect de cette conduite, et elle marque une étape dans sa durée, un progrès éventuel dans sa continuité. Une…
lire la suiteUne action n’est pas morale seulement en elle-même et dans sa singularité ; elle l’est aussi par son insertion et par la place qu’elle occupe dans l’ensemble d’une conduite ; elle est un élément et un aspect de cette conduite, et elle marque une étape dans sa durée, un progrès éventuel dans sa continuité. Une action morale tend à son propre accomplissement ; mais en outre elle vise, à travers celui-ci, à la constitution d’une conduite morale qui mène l’individu non pas simplement à des actions toujours conformes à des valeurs et à des règles, mais aussi à un certain mode d’être, caractéristique du sujet moral. Et sur ce point, il y a bien des différences possibles : la fidélité conjugale peut relever d’une conduite morale qui achemine vers une maîtrise de soi de plus en plus complète ; elle peut être une conduite morale qui manifeste un détachement soudain et radical à l’égard du monde ; elle peut tendre à une tranquillité parfaite de l’âme, à une insensibilité totale aux agitations des passions, ou à une purification qui assure le salut après la mort, et l’immortalité bienheureuse.En somme, une action pour être dite « morale » ne doit pas se réduire à un acte ou à une série d’actes conformes à une règle, une loi ou une valeur. Toute action morale, c’est vrai, comporte un rapport au réel où elle s’effectue et un rapport au code auquel elle se réfère ; mais elle implique aussi un certain rapport à soi ; celui-ci n’est pas simplement « conscience de soi », mais constitution de soi comme « sujet moral », dans laquelle l’individu circonscrit la part de lui-même qui constitue l’objet de cette pratique morale, définit sa position par rapport au précepte qu’il suit, se fixe un certain mode d’être qui vaudra comme accomplissement moral de lui-même ; et, pour ce faire, il agit sur lui-même, entreprend de se connaître, se contrôle, s’éprouve, se perfectionne, se transforme. Il n’y a pas d’action morale particulière qui ne se réfère à l’unité d’une conduite morale ; pas de conduite morale qui n’appelle la constitution de soi-même comme sujet moral ; et pas de constitution du sujet moral sans des « modes de subjectivation » (1) et sans une « ascétique » (2) ou des « pratiques de soi » qui les appuient. Michel FOUCAULT, Histoire de la sexualité. L’usage des plaisirs (1984) 1 Les voies et les manières permettant de devenir un sujet. 2 Un exe cice, un t avail ue l’on effectue su soi-même. notions : MORALE
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FOUCAULT |
| 2015 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Dans tous les Gouvernements du monde la personne publique (1) consomme et ne produit rien. D’où lui vient donc la substance consommée ? Du travail de ses membres. C’est le superflu des particuliers qui produit le nécessaire du public. D’où il suit que l’état civil ne peut subsister qu’autant que le travail des hom…
lire la suiteDans tous les Gouvernements du monde la personne publique (1) consomme et ne produit rien. D’où lui vient donc la substance consommée ? Du travail de ses membres. C’est le superflu des particuliers qui produit le nécessaire du public. D’où il suit que l’état civil ne peut subsister qu’autant que le travail des hommes rend au-delà de leurs besoins.Or cet excédent n’est pas le même dans tous les pays du monde. Dans plusieurs il est considérable, dans d’autres médiocre (2), dans d’autres nul, dans d’autres négatif. Ce rapport dépend de la fertilité du climat, de la sorte de travail que la terre exige, de la nature de ses productions, de la force de ses habitants, de la plus ou moins grande consommation qui leur est nécessaire, et de plusieurs autres rapports semblables desquels il est composé. D’autre part, tous les Gouvernements ne sont pas de même nature ; il y en a de plus ou moins dévorants, et les différences sont fondées sur cet autre principe que, plus les contributions publiques s’éloignent de leur source, et plus elles sont onéreuses. Ce n’est pas sur la quantité des impositions qu’il faut mesurer cette charge, mais sur le chemin qu’elles ont à faire pour retourner dans les mains dont elles sont sorties ; quand cette circulation est prompte et bien établie, qu’on paye peu ou beaucoup, il n’importe ; le peuple est toujours riche et les finances vont toujours bien. Au contraire, quelque peu que le Peuple donne, quand ce peu ne lui revient point, en donnant toujours bientôt il s’épuise ; l’Etat n’est jamais riche, et le peuple est toujours gueux (3). Jean-Jacques ROUSSEAU, Du Contrat social (1762) 1 L'ensemble des moyens et personnes par lesquels s'exrecent les fonctions gouvernementales. 2 Moyen. 3 Pauvre, misérable. notions : ÉTAT
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ROUSSEAU |
| 2015 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Les leçons de l'expérience suffisent-elles à nous rendre savants?
notions : EXPÉRIENCE
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| 2015 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Est-on libre de croire ou de ne pas croire?
notions : LIBERTÉ
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| 2015 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
L'art peut-il se passer de règles?
notions : ART
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| 2015 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Peut-on échanger autre chose que des biens?
notions : ÉCHANGES
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| 2015 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Pour les actes accomplis par crainte de plus grands maux ou pour quelque noble motif (par exemple, si un tyran nous ordonne d’accomplir une action honteuse, alors qu’il tient en son pouvoir nos parents et nos enfants, et qu’en accomplissant cette action, nous assurerions leur salut, et en refusant de la faire, leur mo…
lire la suitePour les actes accomplis par crainte de plus grands maux ou pour quelque noble motif (par exemple, si un tyran nous ordonne d’accomplir une action honteuse, alors qu’il tient en son pouvoir nos parents et nos enfants, et qu’en accomplissant cette action, nous assurerions leur salut, et en refusant de la faire, leur mort), pour de telles actions la question est débattue de savoir si elles sont volontaires ou involontaires. C’est là encore ce qui se produit dans le cas d’une cargaison que l’on jette par-dessus bord au cours d’une tempête : dans l’absolu, personne ne se débarrasse ainsi de son bien volontairement, mais quand il s’agit de son propre salut et de celui de ses compagnons, un homme de sens agit toujours ainsi. De telles actions sont donc mixtes, tout en ressemblant plutôt à des actions volontaires, car elles sont librement choisies au moment où on les accomplit, et la fin de l’action varie avec les circonstances de temps. On doit donc, pour qualifier une action de volontaire ou d’involontaire, se référer au moment où elle s’accomplit.ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, (vers 335 avant J.C.) Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégager la thèse du texte et la manière dont elle est établie. 2. a) Expliquer : "dans l’absolu, personne ne se débarrasse ainsi de son bien volontairement" b) Expliquer : "de telles actions sont donc mixtes, tout en ressemblant plutôt à des actions volontaires" 3. Les circonstances font-elles toujours obstacle à notre liberté ? notions : LIBERTÉ
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ARISTOTE |
| 2015 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Il est certain qu’en dehors de l’État il n’y a pas de droit de punir. Il n’y a de droit de punir que fondé sur la loi positive ; c’est elle qui, en prévision de la transgression, a fixé une peine, destinée à menacer celui qui serait tenté, et à jouer en lui le rôle d’un motif capable de tenir en échec tous l…
lire la suiteIl est certain qu’en dehors de l’État il n’y a pas de droit de punir. Il n’y a de droit de punir que fondé sur la loi positive ; c’est elle qui, en prévision de la transgression, a fixé une peine, destinée à menacer celui qui serait tenté, et à jouer en lui le rôle d’un motif capable de tenir en échec tous les motifs de la tentation. Cette loi positive (*), il faut la considérer comme sanctionnée et reconnue par tous les citoyens de l’Etat. Elle a donc pour base un contrat commun, que tous se sont obligés à maintenir en toute occasion, qu’il s’agisse soit d’imposer le châtiment, soit de le recevoir ; par suite, on est en droit d’exiger d’un citoyen qu’il accepte le châtiment. On le voit, le but immédiat du châtiment, considéré dans un cas donné, c’est l’accomplissement de ce contrat qu’on nomme la loi. Or, la loi, elle, ne peut avoir qu’un but : détourner chacun, par la crainte, de toute violation du droit d’autrui ; car c’est pour être à l’abri de toute agression injuste, que chacun des contractants s’est uni aux autres dans l’État, a renoncé à toute entreprise injuste, et a consenti aux charges qu’exige l’entretien de l’État.SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et comme représentation (1819) *Loi écrite d’un État. Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2. Expliquez : a)"en dehors de l’État il n’y a pas de droit de punir" ; b) "il faut la considérer comme sanctionnée et reconnue par tous les citoyens de l’État" ; c) "la loi ne peut avoir qu’un seul but : détourner chacun, par la crainte, de toute violation du droit d’autrui". 3. Pourquoi doit-on obéir aux lois? notions : ÉTAT
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SCHOPENHAUER |
| 2014 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE | Pourquoi respecter l'autorité de l'Etat? | |
| 2014 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE | La technqiue peut-elle mettre en péril la morale? | |
| 2014 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Les autres hommes ne sont jamais pour moi pur esprit : je ne les connais qu’à travers leurs regards, leurs gestes, leurs paroles, en un mot à travers leur corps. Certes un autre [italiques] est bien loin pour moi de se réduire à son corps, c’est ce corps animé de toutes sortes d’intentions, sujet de beaucoup d’actions …
lire la suiteLes autres hommes ne sont jamais pour moi pur esprit : je ne les connais qu’à travers leurs regards, leurs gestes, leurs paroles, en un mot à travers leur corps. Certes un autre [italiques] est bien loin pour moi de se réduire à son corps, c’est ce corps animé de toutes sortes d’intentions, sujet de beaucoup d’actions ou de propos sont je me souviens et qui contribuent à dessiner pour moi sa figure morale. Mais enfin je ne saurais dissocier quelqu’un de sa silhouette, de son ton, de son accent. En le voyant une minute, je le retrouve d’emblée beaucoup mieux que je ne peux faire en énumérant tout ce que je sais de lui par expérience ou par ouï-dire. Les autres sont pour nous des esprits qui hantent un corps et, dans l’apparence totale de ce corps, il nous semble qu’est contenu tout un ensemble de possibilités dont il est la présence même. Ainsi, à considérer l’homme du dehors, c’est-à-dire en autrui, il est probable que je vais être amené à réexaminer certaines distinctions qui pourtant paraissent s’imposer, telles celle de l’esprit et du corps.MERLEAU-PONTY, Causeries, 1948. |
MERLEAU-PONTY |
| 2014 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Y a-t-il des limites à la connaissance scientifique du vivant ?
notions : VIVANT
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| 2014 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Faut-il se désoler de vivre dans le temps ?
notions : EXISTENCE TEMPS
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| 2014 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Comme il arrive souvent que le prévenu reconnaisse l'acte, mais non la qualification qui lui est donnée ou le délit qu'implique cette qualification, qu'il avoue, par exemple, avoir pris, mais non volé ; frappé le premier, mais non outragé ; avoir eu commerce avec une femme, mais non commis un adultère ; être l'auteur …
lire la suiteComme il arrive souvent que le prévenu reconnaisse l'acte, mais non la qualification qui lui est donnée ou le délit qu'implique cette qualification, qu'il avoue, par exemple, avoir pris, mais non volé ; frappé le premier, mais non outragé ; avoir eu commerce avec une femme, mais non commis un adultère ; être l'auteur d'un vol, mais non d'un vol sacrilège (car l'objet volé n'appartenait pas à un dieu) ; avoir empiété sur une terre, mais non sur un domaine public ; avoir conféré avec les ennemis, mais non trahi - il faut, pour toutes ces raisons, donner des définitions différentiées du vol, de l'outrage, de l'adultère, afin de pouvoir, quand nous voulons montrer que le délit existe ou n'existe pas, élucider le point de droit. Or, dans tous ces cas, la discussion porte sur ceci : l'action est-elle injuste et malhonnête, ou n'est-elle pas injuste ?C'est, en effet, l'intention qui fait la méchanceté et l'acte injuste. Or, en même temps que l'acte, les dénominations de ce genre signifient l'intention ; par exemple : les dénominations d'outrage et de vol. Car outrager n'est pas dans tous les cas frapper, mais frapper pour une fin déterminée, par exemple, le déshonneur de celui qu'on frappe ou sa propre jouissance. Prendre en secret n'est pas toujours voler ; il faut vouloir porter préjudice à celui à qui l'on a pris et s'approprier l'objet. ARISTOTE, Rhétorique ( IVe siècle av. J.-C.) notions : DROIT JUSTICE LANGAGE
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ARISTOTE |
| 2014 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
L'art n'est-il qu'un divertissement ?
notions : ART
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| 2014 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
L'idée d'une vérité provisoire est-elle contradictoire ?
notions : TEMPS VÉRITÉ
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| 2014 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Toutes les fois où nous délibérons pour savoir comment nous devons agir, il y a une voix qui parle en nous et qui nous dit : voilà ton devoir. Et quand nous avons manqué à ce devoir qui nous a été ainsi présenté, la même voix se fait entendre, et proteste contre notre acte. Parce qu'elle nous parle sur le ton du comma…
lire la suiteToutes les fois où nous délibérons pour savoir comment nous devons agir, il y a une voix qui parle en nous et qui nous dit : voilà ton devoir. Et quand nous avons manqué à ce devoir qui nous a été ainsi présenté, la même voix se fait entendre, et proteste contre notre acte. Parce qu'elle nous parle sur le ton du commandement, nous sentons bien qu'elle doit émaner de quelque être supérieur à nous ; mais cet être, nous ne voyons pas clairement qui il est ni ce qu'il est. C'est pourquoi l'imagination des peuples, pour pouvoir s'expliquercette voix mystérieuse, dont l'accent n'est pas celui avec lequel parle une voix humaine, l'imagination des peuples l'a rapportée à des personnalités transcendantes, supérieures à l'homme, qui sont devenues l'objet du culte, le culte n'étant en définitive que le témoignage extérieur de l'autorité qui leur était reconnue. Il nous appartient, à nous, de dépouiller cette conception des formes mythiques dans lesquelles elle s'est enveloppée au cours de l'histoire, et, sous le symbole, d'atteindre la réalité. Cette réalité, c'est la société. C'est la société qui, en nous formant moralement, a mis en nous ces sentiments qui nous dictent si impérativement notre conduite, ou qui réagissent avec cette énergie, quand nous refusons de déférer à leurs injonctions. Notre conscience morale est son oeuvre et l'exprime ; quand notre conscience parle, c'est la société qui parle en nous. DURKHEIM, L'Éducation morale (1934) notions : DEVOIR RELIGION SOCIÉTÉ
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DURKHEIM |