Banque de sujets de baccalauréat

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AnnéeSérieLieuSession SujetAuteur
2025 Voie générale ANTILLES GUYANE REMPLACEMENT Que peut la raison contre les préjugés?
source : 2025-general-antilles-guyane-remplacement.pdf
2025 Voie générale ANTILLES GUYANE NORMALE Existe-t-il des vérités inutiles?
source : 2025-general-antilles-guyane-normale.pdf
2025 Voie générale ANTILLES GUYANE REMPLACEMENT L’être humain est-il à sa place dans la nature?
source : 2025-general-antilles-guyane-remplacement.pdf
2025 Voie générale ANTILLES GUYANE NORMALE On admet, en effet, d’ordinaire que le plaisir est ce qui touche le plus près à notre humaine nature; et c’est pourquoi dans l’éducation des jeunes gens, c’est par le plaisir et la peine qu’on les gouverne. On est également d’avis que pour former l’excellence du caractère, le facteur le plus important est de se plaire …
lire la suite On admet, en effet, d’ordinaire que le plaisir est ce qui touche le plus près à notre humaine nature; et c’est pourquoi dans l’éducation des jeunes gens, c’est par le plaisir et la peine qu’on les gouverne. On est également d’avis que pour former l’excellence du caractère, le facteur le plus important est de se plaire aux choses qu’il faut et de détester celles qui doivent l’être. En effet, plaisir et peine s’étendent tout au long de la vie, et sont d’un grand poids et d’une grande force pour la vertu comme pour la vie heureuse, puisqu’on élit ce qui est agréable et qu’on évite ce qui est pénible. Et les facteurs de cette importance ne doivent d’aucune façon, semblera-t-il, être passés sous silence, étant donné surtout le grand débat qui s’élève à leur sujet. Les uns, en effet, prétendent que le plaisir est le bien; d’autres, au contraire, qu’il est entièrement mauvais; parmi ces derniers, certains sont sans doute persuadés qu’il en est réellement ainsi, tandis que d’autres pensent qu’il est préférable dans l’intérêt de notre vie morale de placer ouvertement le plaisir au nombre des choses mauvaises, même s’il n’en est rien: car la plupart des hommes ayant pour lui une forte inclination et étant esclaves de leurs plaisirs, il convient, disent-ils, de les mener dans la direction contraire, car ils atteindront ainsi le juste milieu. Mais il est à craindre que cette manière de voir ne soit pas exacte. En effet, quand il s’agit des sentiments et des actions, les arguments sont d’une crédibilité moindre que les faits, et ainsi lorsqu’ils sont en désaccord avec les données de la perception ils sont rejetés avec mépris et entraînent la vérité dans leur ruine. Car, une fois qu’on s’est aperçu que le contempteur du plaisir1 y a lui-même tendance, son inclination au plaisir semble bien indiquer que tout plaisir est digne d’être poursuivi.
1« le contempteur du plaisir »: celui qui méprise le plaisir. Page: 2/2
Éthique à Nicomaque (IVe av. J.-C.)
source : 2025-general-antilles-guyane-normale.pdf
ARISTOTE
2025 Voie générale ANTILLES GUYANE REMPLACEMENT Si les hommes pensent à la révolte, ce n’est pas à leur religion ni à leurs conventicules1 qu’on doit en attribuer la cause, mais plutôt aux châtiments et à l’oppression qu’ils endurent. La tranquillité règne partout où le gouvernement est doux et modéré; au lieu que l’injustice et la tyrannie causent presque toujours …
lire la suite Si les hommes pensent à la révolte, ce n’est pas à leur religion ni à leurs conventicules1 qu’on doit en attribuer la cause, mais plutôt aux châtiments et à l’oppression qu’ils endurent. La tranquillité règne partout où le gouvernement est doux et modéré; au lieu que l’injustice et la tyrannie causent presque toujours le trouble et le désordre. Je sais bien qu’il s’élève souvent des séditions2 sous le prétexte de la religion: mais il est également vrai que les sujets sont souvent maltraités et persécutés à cause de leur religion. Croyez-moi, cet esprit de révolte, dont on fait tant de bruit, n’est pas attaché à quelques Églises particulières, ou à certaines sociétés religieuses; il est commun à tous les hommes, qui n’oublient rien pour secouer le joug sous le poids duquel ils gémissent. Supposez, la religion mise à part, qu’un prince s’avisât de distinguer ses sujets, selon la différence du teint ou des traits de leur visage, en sorte que ceux qui auraient les cheveux noirs et les yeux bleus, ne pussent faire aucun commerce, ni exercer aucun métier; qu’on les dépouillât du soin et de l’éducation de leurs enfants, et qu’on ne leur rendît aucune justice; ne croirez-vous pas que le prince aurait autant à craindre de la part de ces hommes, que leur ressemblance enveloppe dans la même disgrâce, que de la part de ceux que la même religion associe? Le désir du gain et des richesses excite les uns à former des sociétés pour le trafic; l’envie de se divertir fait que les autres ont leur rendez-vous; le voisinage produit la liaison de ceux-ci, et la religion porte ceux-là à se rendre dans le même temple pour adorer la divinité; mais il n’y a que l’oppression toute seule qui engage le peuple à s’attrouper, à se porter à la révolte, et à courir aux armes.
1 « conventicules »: petites assemblées, généralement secrètes et illégales, où l’on complote.
2 « séditions »: soulèvements concertés contre l’autorité établie. Page: 2/2
Lettre sur la tolérance (1689)
source : 2025-general-antilles-guyane-remplacement.pdf
LOCKE
2025 STMG-STI2D-ST2S ASIE NORMALE Peut-on critiquer la religion sans la rejeter?
source : 2025-technologique-asie-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S ASIE NORMALE La justice peut-elle se passer de l’usage de la force?
source : 2025-technologique-asie-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S ASIE NORMALE Prenons, si tu veux bien, deux blocs de pierre, tout simplement placés l’un à côté de l’autre; l’un sans proportion et sur lequel l’art n’est pas intervenu, et l’autre sur lequel l’art a eu prise pour fabriquer la statue d’une divinité ou d’un homme. S’il s’agit d’une divinité, ce sera la statue d’une Grâce 1 ou de l’u…
lire la suite Prenons, si tu veux bien, deux blocs de pierre, tout simplement placés l’un à côté de l’autre; l’un sans proportion et sur lequel l’art n’est pas intervenu, et l’autre sur lequel l’art a eu prise pour fabriquer la statue d’une divinité ou d’un homme. S’il s’agit d’une divinité, ce sera la statue d’une Grâce 1 ou de l’une des Muses2; s’il s’agit d’un homme, non pas celle de n’importe qui, mais la statue de l’homme que l’art a produite à partir de tout ce qu’il y a de beau. Il est évident que la pierre en laquelle l’art a engendré la beauté de la forme est belle non parce que c’est une pierre, car à ce compte-là une autre pierre eût été aussi belle, mais en raison de la forme que l’art y a fait entrer. Eh bien, cette forme, la matière ne la possédait point, mais elle se trouvait dans la pensée de l’artiste et elle était là avant qu’elle ne fût dans la pierre. Elle se trouvait dans l’artiste, non dans la mesure où il a des yeux ou des mains, mais parce qu’il participe à l’art. Cette beauté était donc dans l’art, et elle y était bien supérieure.
1 Les trois Grâces: les trois déesses personnifiant le don de plaire, dans la mythologie grecque.
2 Muses: déesses grecques des arts

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l’option n°1

A) Éléments d’analyse
1. Expliquez précisément ce qui différencie les deux blocs de pierre pris dans l’exemple de Plotin.
2. Que peut vouloir dire Plotin quand il dit que la statue d’un homme n’est pas celle de « n’importe qui »?
3. Expliquez: « la forme que l’art y a fait entrer ».
4. Que signifie pour vous que « l’artiste participe à l’art »?

B) Éléments de synthèse
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici?
2. Dégagez les différents moments de l’argumentation.
3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.

C) Commentaire
1. Quel rapport l’art entretient-il avec la pensée?
2. La nature a-t-elle besoin de l’art pour être belle?
Ennéades, V, 8 (IIIème siècle)
source : 2025-technologique-asie-normale.pdf
Plotin
2025 Voie générale ASIE NORMALE L’État nous protège-t-il des injustices?
source : 2025-general-asie-normale.pdf
2025 Voie générale ASIE NORMALE Suffit-il de vouloir le bonheur pour l’atteindre?
source : 2025-general-asie-normale.pdf
2025 Voie générale ASIE NORMALE N’est-ce pas indignement traiter la raison de l’homme, et la mettre en parallèle avec l’instinct des animaux, puisqu’on en ôte la principale différence, qui consiste en ce que les effets du raisonnement augmentent sans cesse, au lieu que les autres demeurent toujours dans un état égal? Les ruches des abeilles étaient a…
lire la suite N’est-ce pas indignement traiter la raison de l’homme, et la mettre en parallèle avec l’instinct des animaux, puisqu’on en ôte la principale différence, qui consiste en ce que les effets du raisonnement augmentent sans cesse, au lieu que les autres demeurent toujours dans un état égal? Les ruches des abeilles étaient aussi bien mesurées il y a mille ans qu’aujourd’hui, et chacune d’elles forme cet hexagone aussi exactement la première fois que la dernière. Il en est de même de tout ce que les animaux produisent par ce mouvement occulte (1). La nature les instruit à mesure que la nécessité les presse; mais cette science fragile se perd avec les besoins qu’elles en ont. Comme ils la reçoivent sans étude, ils n’ont pas le bonheur de la conserver; et toutes les fois qu’elle leur est donnée, elle leur est nouvelle, puisque, la nature n’ayant pour objet que de maintenir les animaux dans un ordre de perfection bornée, (1) « Occulte »: caché. Page agrandie 2 / 3 2.1 / 2 elle leur inspire cette science nécessaire toujours égale, de peur qu’ils ne tombent dans le dépérissement, et ne permet pas qu’ils y ajoutent, de peur qu’ils ne passent les limites qu’elle leur a prescrites. Il n’en est pas de même de l’homme, qui n’est produit que pour l’infinité. Il est dans l’ignorance au premier âge de sa vie; mais il s’instruit sans cesse dans son progrès: car il tire avantage non seulement de sa propre expérience, mais encore de celle de ses prédécesseurs, parce qu’il conserve toujours dans sa mémoire les connaissances qu’il s’est une fois acquises, et que celles des anciens lui sont toujours présentes dans les livres qu’ils en ont laissés. Et comme il conserve ces connaissances, il peut aussi les augmenter facilement. Page agrandie 3 / 3 2.2 / 2
Préface au traité du vide (1651)
source : 2025-general-asie-normale.pdf
PASCAL
2025 HLP CENTRES ÉTRANGES NORMALE Chaque époque, on l'aura compris, doit écrire ses propres livres ; mieux, chaque génération doit écrire pour celle qui la suivra. Les livres d'une période plus ancienne n'entrent pas dans ce cadre. Cependant, c'est ici que se produit une grave erreur. Le caractère sacré qui s'attache à l'acte de création, à l'acte de…
lire la suite Chaque époque, on l'aura compris, doit écrire ses propres livres ; mieux, chaque génération doit écrire pour celle qui la suivra. Les livres d'une période plus ancienne n'entrent pas dans ce cadre.

Cependant, c'est ici que se produit une grave erreur. Le caractère sacré qui s'attache à l'acte de création, à l'acte de pensée, est transféré sur le produit de ces actes. Le barde (Barde : poète celtique qui célébrait en chantant les exploits des héros.) était considéré comme un homme divin : donc, son chant est également divin. L'écrivain était vu comme un esprit juste et sage : donc, il s'ensuit que son livre est parfait ; tout comme l'amour que l'on ressent pour le héros est ensuite corrompu en vénération idolâtre de la statue. Immédiatement, le livre devient nocif et le guide se fait tyran. L'esprit léthargique (Léthargique : ensommeillé, engourdi.) et perverti de la multitude, si lent à s'ouvrir aux incursions (Incursion : surgissement momentané.) de la Raison, une fois qu'il est ainsi ouvert, une fois qu'il a reçu le livre, se repose dessus et se répand en protestations si ce livre est critiqué. On bâtit des universités sur ce livre. Des penseurs, mais non l'« Homme Pensant » écrivent d'autres livres sur celui-là ; ces livres sont certes écrits par des hommes de talent, mais ces hommes partent sur de mauvaises bases, ils réfléchissent à partir de dogmes acceptés et non à partir de leurs propres conceptions des grands principes. C'est ainsi que grandissent dans les bibliothèques des jeunes gens humbles et mous, qui croient qu'il est de leur devoir d'accepter les vues que Cicéron (Cicéron : philosophe du 1er siècle avant J.-C.), Locke (Locke : philosophe anglais (1632-1704).) ou Bacon (Bacon : philosophe anglais (1561-1626).) ont exposées ; ils oublient que Cicéron, Locke et Bacon n'étaient que des jeunes gens eux-mêmes enfermés dans des bibliothèques, quand ils ont écrit leurs livres.

Et alors, au lieu de l'« Homme Pensant », nous aurons droit au rat de bibliothèque.

Philosophie : Quelle distinction Emerson propose-t-il entre l'« Homme Pensant » et le « rat de bibliothèque » ?

Lettres : Faut-il rompre avec la tradition littéraire pour écrire une œuvre ?
L'intellectuel américain (1837)
source : Base LaTeX Quesseveur
EMERSON
2025 STMG-STI2D-ST2S ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE A-t-on besoin d’artistes?
source : 2025-technologique-centres-etrangers-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Pourquoi être juste?
source : 2025-technologique-centres-etrangers-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Les chevaux ont des sabots pour fouler le givre et la neige. Ils ont une robe qui les protège de la bise et de la froidure. Ils broutent l’herbe, boivent l’eau, lèvent les pattes et galopent. Telle est la véritable nature des chevaux. Ils n’ont que faire des manèges et des écuries. Un jour Po-lo 1 survint. Il déclara: …
lire la suite Les chevaux ont des sabots pour fouler le givre et la neige. Ils ont une robe qui les protège de la bise et de la froidure. Ils broutent l’herbe, boivent l’eau, lèvent les pattes et galopent. Telle est la véritable nature des chevaux. Ils n’ont que faire des manèges et des écuries. Un jour Po-lo 1 survint. Il déclara: « Je vais m’occuper des chevaux. » Il les brûla, les tailla, les perça, les brida; il les lia avec des longes et des entraves; il les parqua dans des enclos. Il en mourut trois sur dix. Il leur fit endurer la faim et la soif; il les contraignit à prendre le trot ou le galop. Il les accoutuma à s’aligner et à se mouvoir de concert; il leur imposa, devant, la torture du mors 2 et leur agita, derrière, la menace de la cravache. Il en mourut la moitié. Le potier déclara: « Je sais pétrir la glaise. » Il la façonna au compas et à l’équerre pour obtenir des formes rondes ou carrées. Le charpentier décréta: « Je sais travailler le bois. » Il ploya les parties courbes à la forme à cintrer 3, rectifia les parties droites au cordeau. Était-il dans la nature de la glaise et du bois de se voir appliquer le compas, l’équerre et les instruments pour former des droites et des courbes? Et pourtant de génération en génération on ne cesse de proclamer: « Po-lo sut dresser les chevaux, le potier façonner l’argile, le charpentier courber le bois. » Ceux qui prétendent gouverner le monde présentent le même défaut. Je considère, moi, que ceux qui savent réellement gouverner s’y prennent tout autrement. Si on laisse les gens s’abandonner à leur constitution naturelle, ils se contentent de tisser la toile pour se vêtir, de labourer pour se nourrir; par là se manifeste une vertu commune, ils sont tous unis et il n’y a pas de partis. C’est ce qu’on appelle la liberté naturelle. 1 Po-lo est un dresseur de chevaux légendaire. 2 Le mors est une pièce métallique qui passe dans la bouche du cheval.
3 Forme à cintrer: instrument pour imposer une forme courbe.

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l’option n°1

A) Éléments d’analyse
1. En prenant appui sur l’exemple du dressage des chevaux, montrez les effets que produit la technique sur la nature.
2. Expliquez la phrase: « Était-il dans la nature de la glaise et du bois de se voir appliquer le compas, l’équerre et les instruments pour former des droites et des courbes? »
3. Quel est le défaut de « ceux qui prétendent gouverner le monde »?

B) Éléments de synthèse
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici?
2. Dégagez les différents moments de l’argumentation.
3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.

C) Commentaire
1. La technique est-elle contre-nature?
2. Suivre notre constitution naturelle, est-ce le fondement de notre liberté?
Œuvres complètes, chapitre 9 (IVème siècle av. J.-C)
source : 2025-technologique-centres-etrangers-normale.pdf
Tseu
2025 Voie générale ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Peut-on douter des pouvoirs de la raison?
source : 2025-general-centres-etrangers-normale.pdf
2025 Voie générale ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE L’art peut-il nous apprendre à voir le monde autrement?
source : 2025-general-centres-etrangers-normale.pdf
2025 Voie générale ÉTRANGER GROUPE 1 NORMALE Pour combattre toutes les espèces de délits dont la nature humaine est capable, l’État n’a que deux grands moyens, les Peines et les Récompenses; les peines pour être appliquées à tous et dans les occasions ordinaires; les récompenses pour être réservées à un petit nombre et dans des occasions extraordinaires. Mais cet…
lire la suite Pour combattre toutes les espèces de délits dont la nature humaine est capable, l’État n’a que deux grands moyens, les Peines et les Récompenses; les peines pour être appliquées à tous et dans les occasions ordinaires; les récompenses pour être réservées à un petit nombre et dans des occasions extraordinaires. Mais cette administration des Peines et des Récompenses est souvent contrariée ou égarée, ou rendue impuissante, parce qu’elle n’a pas des yeux pour tout voir et des mains pour tout atteindre. Pour suppléer1 à cette insuffisance du pouvoir humain, on a cru nécessaire ou du moins utile d’inculquer dans les esprits la croyance en un pouvoir qui s’applique au même but, et qui n’a pas les mêmes imperfections: le pouvoir d’un Être suprême invisible auquel on attribue la disposition de maintenir les lois de la Société, de punir et de récompenser de manière infaillible les actions que les hommes n’ont pu ni récompenser ni punir. Tout ce qui sert à conserver et fortifier parmi les hommes cette crainte du juge suprême est compris sous le nom général de Religion, et pour la clarté du discours, on parle souvent de la religion comme on parlerait d’un être distinct, d’un personnage allégorique2, auquel on attribue telle ou telle fonction. Ainsi, diminuer ou pervertir l’influence de la religion, c’est diminuer ou pervertir dans la même proportion les services que l’État en retire pour réprimer le crime ou encourager la vertu.
1 « Suppléer »: Mettre à la place de.
2 « Personnage allégorique »: Figure qui symbolise une idée, une valeur. Page: 2/2
Traités de législation civile et pénale (1802)
source : 2025-general-centres-etrangers-normale.pdf
BENTHAM
2025 Voie générale JAPON NORMALE La justice a-t-elle besoin de la force?
source : 2025-general-japon-normale.pdf
2025 Voie générale JAPON NORMALE La science nous éloigne-t-elle de la réalité?
source : 2025-general-japon-normale.pdf
2025 Voie générale JAPON NORMALE Il y a le vert, il y a le rouge, c’est tout; ce sont des choses, elles existent par elles-mêmes. Il est vrai qu’on peut leur conférer par convention la valeur de signes. Ainsi parle-t-on du langage des fleurs. Mais si, après accord, les roses blanches signifient pour moi « fidélité », c’est que j’ai cessé de les voir c…
lire la suite Il y a le vert, il y a le rouge, c’est tout; ce sont des choses, elles existent par elles-mêmes. Il est vrai qu’on peut leur conférer par convention la valeur de signes. Ainsi parle-t-on du langage des fleurs. Mais si, après accord, les roses blanches signifient pour moi « fidélité », c’est que j’ai cessé de les voir comme roses: mon regard les traverse pour viser au-delà d’elles cette vertu abstraite; je les oublie, je ne prends pas garde à leur foisonnement mousseux, à leur doux parfum croupi1; je ne les ai pas même perçues. Cela veut dire que je ne me suis pas comporté en artiste. Pour l’artiste, la couleur, le bouquet, le tintement de la cuiller sur la soucoupe sont choses au suprême degré; il s’arrête à la qualité du son ou de la forme, il y revient sans cesse et s’en enchante; c’est cette couleur-objet qu’il va transporter sur sa toile et la seule modification qu’il lui fera subir c’est qu’il la transformera en objet imaginaire. Il est donc le plus éloigné de considérer les couleurs et les sons comme un langage. Ce qui vaut pour les éléments de la création artistique vaut aussi pour leurs combinaisons: le peintre ne veut pas tracer des signes sur sa toile, il veut créer une chose et s’il met ensemble du rouge, du jaune et du vert, il n’y a aucune raison pour que leur assemblage possède une signification définissable, c’est-à-dire renvoie nommément à un autre objet.
1 croupi: qui s’est décomposé
Qu’est-ce que la littérature? (1948)
source : 2025-general-japon-normale.pdf
Sartre
2025 HLP MÉTROPOLE NORMALE Je ne sais quelles gens fuyant je ne sais quelles autres. Dans un je ne sais quel pays sous le soleil et sous certains nuages. Ils laissent derrière eux leur je ne sais quel tout, champs labourés, je ne sais quelles poules, quels chiens, quels miroirs où des flammes se reflètent. Ils portent sur leurs dos cruche…
lire la suite Je ne sais quelles gens fuyant je ne sais quelles autres.

Dans un je ne sais quel pays sous le soleil

et sous certains nuages.

Ils laissent derrière eux leur je ne sais quel tout,

champs labourés, je ne sais quelles poules, quels chiens,

quels miroirs où des flammes se reflètent.

Ils portent sur leurs dos cruches et balluchons.

Plus ils sont vides et plus ils pèsent lourd.

S’accomplit en silence – je ne sais quel dénouement,

dans le tumulte, d’un quignon de pain – je ne sais quel dépouillement,

et puis, d’un enfant mort – je ne sais quel balancement.

Devant eux toujours la même route – pas par là,

le même pont – qu’il ne faut pas,

à travers une rivière bizarrement toute rose.

Autour sans cesse des tirs, une fois près, une fois loin,

au dessus un avion qui tourne un peu.

Il faudrait là un peu d’invisibilité,

de grisaillerie caillou,

ou, mieux encore, d’absence,

pour un très court instant, voire un tantinet plus long.

Il se passera sans doute, mais alors quoi et où ?

Quelqu’un les accueillera, mais alors qui et quand,

en combien de personnes, avec quelles intentions ?

S’il a encore le choix,

il voudra bien, peut-être, ne pas être leur ennemi,

et leur laisser une je ne sais quelle vie.

Lettres : Que dit ce poème des victimes de la guerre ?

Philosophie : Peut-on conserver son humanité dans des circonstances qui risquent de nous en dépouiller ?
Vue avec grain de sable (1996)
source : Base LaTeX Quesseveur
SZYMBORSKA
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE NORMALE Le développement de la technique nous empêche-t-il de penser?
source : 2025-technologique-metropole-normale-2.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Les croyances religieuses sont-elles un obstacle à la recherche de la vérité?
source : 2025-technologique-metropole-remplacement-2.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE NORMALE La justice doit-elle être au service des plus faibles?
source : 2025-technologique-metropole-normale-2.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Faut-il parfois préférer son intérêt à la justice?
source : 2025-technologique-metropole-remplacement-2.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE NORMALE Sommes-nous libres en toutes circonstances?
source : 2025-technologique-metropole-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE REMPLACEMENT La nature est-elle injuste?
source : 2025-technologique-metropole-remplacement.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE NORMALE Avons-nous besoin d’art?
source : 2025-technologique-metropole-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE REMPLACEMENT La technique peut-elle améliorer l’homme?
source : 2025-technologique-metropole-remplacement.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE NORMALE Une œuvre d’art, dit-on, étant un produit humain, est inférieure aux produits de la nature. Certes, une œuvre d’art n’est pas douée de sentiment, ne déborde pas de vie, est tout à fait superficielle, alors que les produits de la nature sont des produits vivants. Et c’est ainsi que les produits de la nature, étant l’œuv…
lire la suite Une œuvre d’art, dit-on, étant un produit humain, est inférieure aux produits de la nature. Certes, une œuvre d’art n’est pas douée de sentiment, ne déborde pas de vie, est tout à fait superficielle, alors que les produits de la nature sont des produits vivants. Et c’est ainsi que les produits de la nature, étant l’œuvre de Dieu, seraient supérieurs aux œuvres d’art qui sont des produits humains. En ce qui concerne cette opposition, on doit bien reconnaître qu’en tant qu’objet l’œuvre d’art est privée de vie, de vie extérieure, et peut en conséquence être considérée comme une chose morte. Ce qui est vraiment vivant présente une organisation dont le finalisme1 s’étend jusqu’aux moindres détails, alors que l’œuvre d’art ne présente une apparence de vie qu’à sa surface, et qu’intérieurement, elle n’est que pierre, bois ou toile vulgaires ou, comme dans la poésie, représentations traduites en mots et en discours. Mais, sous son aspect de chose, d’objet, l’œuvre d’art n’est justement pas une œuvre d’art: elle n’est œuvre d’art qu’en tant que spiritualité, qu’en tant qu’elle a reçu le baptême2 de l’esprit et représente quelque chose qui participe de l’esprit, qui est accordé à l’esprit. L’œuvre d’art vient donc de l’esprit et existe pour l’esprit, et sa supériorité consiste en ce que si le produit naturel est un produit doué de vie, il est périssable, tandis qu’une œuvre d’art est une œuvre qui dure. La durée présente un intérêt plus grand. Les événements arrivent, mais, aussitôt arrivés, ils s’évanouissent; l’œuvre d’art leur confère de la durée, les représente dans leur vérité impérissable.
1 finalisme: ordonnancement qui dispose harmonieusement l’ensemble des parties d’un tout.
2 baptême: sacrement de l’Église chrétienne, employé ici au sens imagé.

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l’option n°1

A. Éléments d’analyse
1. Pourquoi dit-on qu’un « produit humain » est inférieur aux « produits de la nature »?
2. Quelles sont les raisons qui peuvent faire penser que l’œuvre d’art est une « chose morte »?
3. Expliquer pourquoi il ne faut pas envisager l’œuvre d’art « sous son aspect de chose », mais « en tant que spiritualité ». Donner un exemple.
4. D’après ce texte, qu’est-ce qui fait en dernier lieu la « supériorité » de l’œuvre d’art?

B. Éléments de synthèse
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce texte?
2. Dégager les différents moments de l’argumentation.
3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.

C. Commentaire
1. Que nous apprend la comparaison entre l’art et la nature?
2. En quel sens l’œuvre d’art est-elle porteuse de vérité?
Esthétique, 1835
source : 2025-technologique-metropole-normale-2.pdf
G.W.F.
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE NORMALE La société peut se maintenir entre différents hommes comme entre différents marchands, à partir du sens de son utilité, sans aucun lien réciproque d’amour ou d’affection. Et quoique l’homme qui en est membre ne soit lié par aucune obligation, ni par aucune forme de gratitude vis-à-vis d’autrui, la société peut toujours…
lire la suite La société peut se maintenir entre différents hommes comme entre différents marchands, à partir du sens de son utilité, sans aucun lien réciproque d’amour ou d’affection. Et quoique l’homme qui en est membre ne soit lié par aucune obligation, ni par aucune forme de gratitude vis-à-vis d’autrui, la société peut toujours être soutenue par l’échange mercenaire1 de bons services selon des valeurs convenues. La société, toutefois, ne peut subsister entre ceux qui sont toujours prêts à se nuire et à se causer du tort. Dès que surviennent les préjudices2, dès que s’installent le ressentiment réciproque et l’animosité3, tous les liens de la société sont déchirés, et les différents membres en quoi elle consistait sont, en quelque sorte, disséminés et dispersés à l’entour par la violence et l’opposition de leurs sentiments discordants. S’il y a une société entre des brigands et des assassins, ils doivent au moins, selon l’observation commune, s’abstenir de se voler ou de s’assassiner les uns les autres. La bienfaisance est donc moins essentielle à l’existence de la société que la justice. La société peut se maintenir sans bienfaisance, quoique dans un état qui ne soit pas le plus confortable; mais la prédominance de l’injustice la détruira absolument.
1 mercenaire: qui se fait payer.
2 préjudices: perte, dommage ou atteinte causée par l’action de quelqu’un.
3 animosité: sentiment hostile.

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l’option n°1

A. Éléments d’analyse
1. En quoi les rapports entre les hommes en société peuvent-ils être comparés à des rapports « entre différents marchands »?
2. En prenant appui sur l’exemple d’une association de brigands et d’assassins, expliquer quelle est la condition pour que la société puisse « subsister ».
3. Quelle différence peut-on faire entre la bienfaisance et la justice? Quelle est leur importance respective en société?

B. Éléments de synthèse
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce texte?
2. Dégager les différents moments de l’argumentation.
3. En prenant appui sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.

C. Commentaire
1. Si les hommes sont égoïstes, une société juste est-elle impossible?
2. L’injustice détruit-elle nécessairement la société?
Théorie des sentiments moraux, 1759
source : 2025-technologique-metropole-normale.pdf
Smith
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE REMPLACEMENT En ce qui concerne tout d’abord sa racine biologique, on peut dire que la liberté de l’homme, en tant qu’elle est un attribut du genre humain, a son fondement dans l’équipement organique1 du corps, lequel se caractérise par la station debout, la disponibilité de la main pour la manipulation des choses, le regard fronta…
lire la suite En ce qui concerne tout d’abord sa racine biologique, on peut dire que la liberté de l’homme, en tant qu’elle est un attribut du genre humain, a son fondement dans l’équipement organique1 du corps, lequel se caractérise par la station debout, la disponibilité de la main pour la manipulation des choses, le regard frontal, la voix modulable à l’infini et, par-dessus tout, par cet extraordinaire cerveau, qui dispose de façon centrale de ces capacités. Or, la puissance de disposer du cerveau consiste déjà en ce que la faculté d’imagination peut façonner à volonté les images des choses dont on se souvient, celles que nos yeux nous ont proposées, et en ébaucher de nouvelles, autrement dit, elle peut se représenter le possible. Ensuite, la main, qui est au service de la volonté, peut traduire de façon extérieure l’image intérieure et la remanier en conformité avec les choses elles-mêmes, par exemple en fabriquant des outils destinés à une nouvelle transformation. Et la voix, qui est également au service de la volonté, façonne la langue, ce moyen sensible et souverain2 de la liberté. D’un point de vue extérieur, elle rend possible la société en tant que sujet durable d’une connaissance qui ne fait que s’accroître et, d’un point de vue intérieur, elle rend possible la pensée, qui s’élève à partir de la représentation sensible. Équipé d’une double liberté, tant spirituelle que corporelle, l’homme s’engage sur sa voie et il déploie son monde d’artefacts3 en tant qu’il est l’œuvre de cette liberté dans le monde de la nature. Ainsi le veut sa propre nature et le reste de la nature doit le supporter.
1 organique: relatif à la constitution biologique du corps.
2 souverain: supérieur.
3 artefacts: objets fabriqués par l’homme.

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l’option n°1

A. Éléments d’analyse
1. Comment se caractérise « l’équipement organique du corps » selon le texte?
2. Expliquer comment le cerveau, la main, et la voix rendent possible la liberté humaine.
3. En quoi notre « monde d’artefacts » est-il l’œuvre de la liberté humaine dans la nature?
4. Comment interpréter l’affirmation de l’auteur selon laquelle « le reste de la nature doit supporter » cette liberté?

B. Éléments de synthèse
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce texte?
2. Dégager les différents moments de l’argumentation.
3. En prenant appui sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.

C. Commentaire
1. Dans quelle mesure ce texte reconnaît-il l’homme comme une exception dans la nature?
2. La capacité de l’homme à transformer la nature le rend-elle plus libre?
Une éthique pour la nature, 1987
source : 2025-technologique-metropole-remplacement-2.pdf
Jonas
2025 STMG-STI2D-ST2S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Imposer de façon forcée des opinions empêche les hommes de s’apaiser à leur propos; cela entretient des querelles interminables parce que cette façon de faire est accusée de ne pas servir à la promotion de la vérité, tandis que ceux qui font des convertis par contrainte sont accusés de chercher surtout à satisfaire leu…
lire la suite Imposer de façon forcée des opinions empêche les hommes de s’apaiser à leur propos; cela entretient des querelles interminables parce que cette façon de faire est accusée de ne pas servir à la promotion de la vérité, tandis que ceux qui font des convertis par contrainte sont accusés de chercher surtout à satisfaire leur intérêt et leur pouvoir. Qui, en effet, emploierait de tels moyens pour convertir autrui à la vérité de certaines propositions de mathématique? Mais, dira-t-on, c’est sans doute parce qu’il s’agit là de vérités qui n’engagent pas notre bonheur. Je vous l’accorde, et je suis très reconnaissant à quiconque se soucie de mon bonheur. Mais j’ai du mal à croire que ce qui occasionne tant de mauvais traitements infligés à mon corps est issu d’un pur souci de charité à l’égard de mon âme, ou que celui qui prend plaisir à me rendre misérable dans ce monde-ci se soucie que je sois heureux dans l’autre! Je me demande pourquoi ceux qui se préoccupent tant du bien d’autrui ne s’emploient pas un peu plus à soulager la misère des pauvres et pourquoi ils ne s’estiment pas plus concernés par la défense des biens des riches; pourtant, il s’agit certainement là de choses bonnes, et elles font partie de notre bonheur, s’il faut en croire la manière dont vivent ceux qui nous parlent des joies du ciel, tout en s’efforçant autant que n’importe qui d’autre de se procurer les plus grandes richesses terrestres.

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l’option n°1

A. Éléments d’analyse
1. Pourquoi la vérité ne peut-elle être imposée « par contrainte »?
2. Expliquer et illustrer par des exemples la différence entre les « vérités qui n’engagent pas notre bonheur » et celles qui l’engageraient.
3. Qui sont « ceux qui nous parlent des joies du ciel »? Quelles contradictions Locke dénonce-t-il dans leur attitude?

B. Éléments de synthèse
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce texte?
2. Dégager les différents moments de l’argumentation.
3. En prenant appui sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.

C. Commentaire
1. Peut-on contraindre quelqu’un en prétendant agir pour son bien?
2. A partir de l’étude du texte, expliquer pourquoi il faut défendre la liberté de penser.
Essai sur la tolérance,1689
source : 2025-technologique-metropole-remplacement.pdf
Locke
2025 Voie générale MÉTROPOLE NORMALE Devons-nous lutter contre le temps?
source : 2025-general-metropole-normale-2.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE REMPLACEMENT Y a-t-il des choses dont il ne faudrait pas avoir conscience?
source : 2025-general-metropole-remplacement-2.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE NORMALE Faut-il suivre sa raison pour agir moralement?
source : 2025-general-metropole-normale-2.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE REMPLACEMENT Est-il utile d’être juste?
source : 2025-general-metropole-remplacement-2.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE NORMALE Notre avenir dépend-il de la technique?
source : 2025-general-metropole-normale.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE REMPLACEMENT Faut-il opposer l'art et la nature?
source : 2025-general-metropole-remplacement.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE NORMALE La vérité est-elle toujours convaincante?
source : 2025-general-metropole-normale.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE REMPLACEMENT La science doit-elle tout remettre en question?
source : 2025-general-metropole-remplacement.pdf
2025 Voie générale MÉTROPOLE NORMALE Si tous les hommes moins un partageaient la même opinion, ils n’en auraient pas pour autant le droit d’imposer silence à cette personne, pas plus que celle-ci, d’imposer silence aux hommes si elle en avait le pouvoir. Si une opinion n’était qu’une possession personnelle, sans valeur pour d’autres que son possesseur; si…
lire la suite Si tous les hommes moins un partageaient la même opinion, ils n’en auraient pas pour autant le droit d’imposer silence à cette personne, pas plus que celle-ci, d’imposer silence aux hommes si elle en avait le pouvoir. Si une opinion n’était qu’une possession personnelle, sans valeur pour d’autres que son possesseur; si d’être gêné dans la jouissance1 de cette possession n’était qu’un dommage2 privé, il y aurait une différence à ce que ce dommage fût infligé à peu ou à beaucoup de personnes. Mais ce qu’il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l’expression d’une opinion, c’est que cela revient à voler l’humanité: tant la postérité que la génération présente, les adversaires de cette opinion davantage encore que ses défenseurs. Si l’opinion est juste, on les prive de l’occasion d’échanger l’erreur pour la vérité; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable: une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l’erreur. Il est nécessaire de considérer séparément ces deux hypothèses, à chacune desquelles correspond une branche distincte de l'argument. On ne peut jamais être sûr que l’opinion qu’on s'efforce d’étouffer est fausse; et si nous l’étions, ce serait encore un mal.
1 Jouissance: usage.
2 Dommage: nuisance, mal. Page: 2/2
De la liberté (1859)
source : 2025-general-metropole-normale-2.pdf
MILL
2025 Voie générale MÉTROPOLE NORMALE Tous les citoyens devraient avoir les moyens d’être informés des questions politiques. Ils devraient pouvoir juger de la façon dont les projets affectent leur bien-être et quels sont les programmes politiques qui favorisent leur conception du bien public. De plus, ils devraient avoir une juste possibilité de proposer d…
lire la suite Tous les citoyens devraient avoir les moyens d’être informés des questions politiques. Ils devraient pouvoir juger de la façon dont les projets affectent leur bien-être et quels sont les programmes politiques qui favorisent leur conception du bien public. De plus, ils devraient avoir une juste possibilité de proposer des solutions nouvelles dans le débat politique. Les libertés qui sont protégées par le principe de la participation perdent une bonne partie de leur valeur quand ceux qui possèdent de plus grands moyens privés ont le droit d’utiliser leurs avantages pour contrôler le cours du débat public. Car, finalement, ces inégalités rendront les plus favorisés capables d’exercer une plus grande influence sur le développement de la législation. Au bout d’un certain temps, ils risquent d’acquérir un poids prépondérant1 dans le règlement des problèmes sociaux, du moins en ce qui concerne les questions sur lesquelles ils sont habituellement d’accord, c’est-à-dire celles qui renforcent leur position privilégiée. Il faut alors prendre des mesures de compensation pour préserver la juste valeur des libertés politiques égales pour tous. On peut pour cela utiliser divers moyens. Par exemple, dans une société qui autorise la propriété privée des moyens de production 2, on doit maintenir une large répartition de la propriété et de la richesse, et les subventions gouvernementales doivent être régulièrement distribuées pour développer les moyens d’un débat public libre. 1 Ils risquent de peser beaucoup, d'avoir une très grande importance. 2 Une société dans laquelle certains peuvent posséder des éléments qui produisent de la richesse, comme des usines, des machines, des médias, etc… Page: 2/2
source : 2025-general-metropole-normale.pdf
RAWLS
2025 Voie générale MÉTROPOLE REMPLACEMENT Dans la science, les convictions n’ont pas droit de cité, voilà ce que l’on dit à juste titre: c’est seulement lorsqu’elles s’abaissent au rang modeste d’une hypothèse, d’un point de vue expérimental provisoire, d’une fiction régulatrice1, que l’on a le droit de leur accorder l’accès au royaume de la connaissance et de…
lire la suite Dans la science, les convictions n’ont pas droit de cité, voilà ce que l’on dit à juste titre: c’est seulement lorsqu’elles s’abaissent au rang modeste d’une hypothèse, d’un point de vue expérimental provisoire, d’une fiction régulatrice1, que l’on a le droit de leur accorder l’accès au royaume de la connaissance et de leur y reconnaître même une certaine valeur, toujours avec cette restriction de demeurer soumises à la surveillance policière2, à la police de la méfiance. Mais si l’on y regarde de plus près, cela ne signifie-t-il pas que c’est seulement lorsque la conviction cesse d’être conviction qu’elle peut parvenir à accéder à la science? La discipline de l’esprit scientifique ne commencerait-elle pas par le fait de ne plus s’autoriser de convictions? C’est vraisemblablement le cas. Il reste seulement à se demander s’il ne faut pas, pour que cette discipline puisse commencer, qu’existe déjà une conviction, et une conviction si impérative et inconditionnée qu’elle sacrifie à son profit toutes les autres convictions. On voit que la science aussi repose sur une croyance, qu’il n’y a absolument pas de science « sans présupposés ». Il ne faut pas seulement avoir déjà au préalable répondu oui à la question de savoir si la vérité est nécessaire, mais encore y avoir répondu oui à un degré tel que s’y expriment le principe, la croyance, la conviction qu’« il n’y a rien de plus nécessaire que la vérité, et que par rapport à elle, tout le reste n’a qu’une valeur de second ordre ».
1 Fiction régulatrice: idée qui permet de guider la recherche.
2 Surveillance policière: à prendre dans le sens figuré d’une vigilance intérieure. Page: 2/2
Le gai savoir (1882)
source : 2025-general-metropole-remplacement-2.pdf
NIETZSCHE
2025 Voie générale MÉTROPOLE REMPLACEMENT Il est indiscutable que nous pouvons nous passer du bonheur; c'est ce que font sans le vouloir les dix-neuf vingtièmes de l'humanité, même dans les parties du monde qui sont le moins plongées dans la barbarie; et c'est ce qu'a souvent fait volontairement le héros ou le martyr par souci de quelque chose ayant pour lui p…
lire la suite Il est indiscutable que nous pouvons nous passer du bonheur; c'est ce que font sans le vouloir les dix-neuf vingtièmes de l'humanité, même dans les parties du monde qui sont le moins plongées dans la barbarie; et c'est ce qu'a souvent fait volontairement le héros ou le martyr par souci de quelque chose ayant pour lui plus de valeur que son bonheur individuel. Mais ce quelque chose, qu'est-ce sinon le bonheur des autres ou certaines des conditions du bonheur? Il est noble d'être capable de renoncer entièrement à sa propre part de bonheur ou aux chances de l'atteindre, mais après tout, le sacrifice de soi doit avoir quelque fin, il n'est pas à lui-même sa propre fin; et si l'on nous dit que cette fin n'est pas le bonheur, mais la vertu qui est meilleure que le bonheur, je demande: le héros ou le martyr se sacrifierait-il s'il ne croyait mettre autrui à l'abri de pareils sacrifices? Se sacrifierait-il s'il pensait que ce renoncement à son bonheur ne produirait aucun fruit pour ses semblables, qu'il leur ferait connaître le même sort, et les mettrait aussi dans la condition de personnes qui ont renoncé au bonheur? Honneur à ceux qui peuvent renoncer aux jouissances personnelles de la vie quand cette renonciation contribue avec dignité à augmenter la somme de bonheur dans le monde; mais celui qui le ferait ou prétendrait le faire dans un autre but n'est pas plus digne d'admiration que l'ascète en haut de sa colonne 1. Il est peut-être une preuve stimulante de ce que les hommes peuvent faire, non un exemple de ce qu'ils devraient faire. 1Allusion à Siméon le Stylite, un saint chrétien syrien, qui aurait vécu 37 ans au sommet d'une colonne (au 4e siècle après Jésus-Christ). Page: 2/2
L'utilitarisme (1863)
source : 2025-general-metropole-remplacement.pdf
J.S.
2025 STMG-STI2D-ST2S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Faut-il s’interdire certaines techniques?
source : 2025-technologique-nouvelle-caledonie-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Cherchons-nous toujours à connaître la vérité?
source : 2025-technologique-nouvelle-caledonie-normale.pdf
2025 STMG-STI2D-ST2S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Si l'on pouvait concevoir une injustice commise qui n'eût pas pour corrélatif1 une injustice soufferte, l'État n'aurait logiquement pas à l'interdire. Á l’inverse, aux yeux de la morale, l'objet à considérer, c'est la volonté, l'intention; il n'y a pour elle que cela de réel; selon elle, la volonté bien déterminée de c…
lire la suite Si l'on pouvait concevoir une injustice commise qui n'eût pas pour corrélatif1 une injustice soufferte, l'État n'aurait logiquement pas à l'interdire. Á l’inverse, aux yeux de la morale, l'objet à considérer, c'est la volonté, l'intention; il n'y a pour elle que cela de réel; selon elle, la volonté bien déterminée de commettre l'injustice, fût-elle arrêtée et mise à néant, si elle ne l'est que par une puissance extérieure, équivaut entièrement à l'injustice accomplie; celui qui l'a conçue, la morale le condamne du haut de son tribunal comme un être injuste. Au contraire, l'État n'a nullement à se soucier de la volonté, ni de l'intention en elle-même; il n'a affaire qu'au fait (soit accompli, soit tenté), et il le considère chez l'autre terme de la corrélation, chez la victime; pour lui donc il n'y a de réel que le fait, l'événement. Si parfois il s'enquiert de l'intention, du but, c'est uniquement pour expliquer la signification du fait. Aussi l'État ne nous interdit pas de nourrir contre un homme des projets incessants d'assassinat, d'empoisonnement, pourvu que la peur du glaive2 et de la roue3 nous retienne non moins incessamment et tout à fait sûrement de passer à l'exécution. L'État n'a pas non plus la folle prétention de détruire le penchant des gens à l'injustice, ni les pensées malfaisantes; il se borne à placer, à côté de chaque tentation possible, propre à nous entraîner vers l'injustice, un motif plus fort encore, propre à nous en détourner; et ce second motif, c'est un châtiment4 inévitable.
1 corrélatif: complément nécessaire.
2 glaive: épée.
3 roue: moyen de torture utilisé comme châtiment.
4 châtiment: peine sévère infligée pour une faute commise.

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut:
- soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l’option n°1

A. Éléments d’analyse
1. D’un point de vue moral, pourquoi peut-on dire que l’intention de commettre l’injustice « équivaut entièrement à l'injustice accomplie »?
2. En quoi le point de vue de l’État s’oppose-t-il à celui de la morale?
3. D’après le texte, à quoi se limite le rôle de l’État pour garantir la justice?

B. Éléments de synthèse
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce texte?
2. Dégager les différents moments de l’argumentation.
3. En prenant appui sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.

C. Commentaire
1. À quoi mesure-t-on l’injustice, d’après le texte: l’intention du coupable ou le préjudice subi par la victime?
2. Une punition juste doit-elle chercher à rendre les hommes meilleurs?
Le Monde comme volonté et comme représentation,1819
source : 2025-technologique-nouvelle-caledonie-normale.pdf
Schopenhauer
2025 Voie générale NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE L’art n’est-il qu’un loisir?
source : 2025-general-nouvelle-caledonie-normale.pdf

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