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| 2024 | Voie générale | MÉTROPOLE | NORMALE |
L’État nous doit-il quelque chose?
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| 2024 | Voie générale | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Peut-on s’arrêter de travailler?
source : 2024-general-metropole-remplacement.pdf
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| 2024 | Voie générale | MÉTROPOLE | NORMALE |
Toute action humaine exige un mobile1 qui fournisse l’énergie nécessaire pour l’accomplir, et elle est bonne ou mauvaise selon que le mobile est élevé ou bas. Pour se plier à la passivité épuisante qu’exige l’usine, il faut chercher des mobiles en soi-même, car il n’y a pas de fouets, pas de chaînes; des fouets, des ch…
lire la suiteToute action humaine exige un mobile1 qui fournisse l’énergie nécessaire pour l’accomplir, et elle est bonne ou mauvaise selon que le mobile est élevé ou bas. Pour se plier à la passivité épuisante qu’exige l’usine, il faut chercher des mobiles en soi-même, car il n’y a pas de fouets, pas de chaînes; des fouets, des chaînes rendraient peut-être la transformation plus facile. Les conditions même du travail empêchent que puissent intervenir d’autres mobiles que la crainte des réprimandes et du renvoi, le désir avide d’accumuler des sous, et, dans une certaine mesure, le goût des records de vitesse. Tout concourt pour rappeler ces mobiles à la pensée et les transformer en obsessions; il n’est jamais fait appel à rien de plus élevé; d’ailleurs ils doivent devenir obsédants pour être assez efficaces. En même temps que ces mobiles occupent l’âme, la pensée se rétracte sur un point du temps pour éviter la souffrance, et la conscience s’éteint autant que les nécessités du travail le permettent. Une force presque irrésistible, comparable à la pesanteur, empêche alors de sentir la présence d’autres êtres humains qui peinent eux aussi tout près; il est presque impossible de ne pas devenir indifférent et brutal comme le système dans lequel on est pris; et réciproquement la brutalité du système est reflétée et rendue sensible par les gestes, les regards, les paroles de ceux qu’on a autour de soi. Après une journée ainsi passée, un ouvrier n’a qu’une plainte, plainte qui ne parvient pas aux oreilles des hommes étrangers à cette condition et ne leur dirait rien si elle y parvenait; il a trouvé le temps long.1 « mobile »: motivation, ce qui pousse à agir. Page: 2/2 La Condition ouvrière (1943)
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WEIL |
| 2024 | Voie générale | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Nous n'avons pas le sentiment que de nouveaux exemples accroissent notre certitude que deux et deux font quatre, parce que dès que la vérité de cette proposition est comprise, notre certitude est si grande qu'elle n'est pas susceptible d'augmenter. De plus, nous éprouvons concernant la proposition « deux et deux font q…
lire la suiteNous n'avons pas le sentiment que de nouveaux exemples accroissent notre certitude que deux et deux font quatre, parce que dès que la vérité de cette proposition est comprise, notre certitude est si grande qu'elle n'est pas susceptible d'augmenter. De plus, nous éprouvons concernant la proposition « deux et deux font quatre » un sentiment de nécessité qui est absent même dans le cas des généralisations empiriques1 les mieux attestées. C'est que de telles généralisations restent de simples faits: nous sentons qu'un monde où elles seraient fausses est possible, même s'il se trouve qu'elles sont vraies dans le monde réel. Dans tous les mondes possibles, au contraire, nous éprouvons le sentiment que deux et deux feraient toujours quatre: ce n'est plus un simple fait, mais une nécessité à laquelle tout monde, réel ou possible, doit se conformer. Pour éclaircir ce point, prenons une vraie généralisation empirique, comme « Tous les hommes sont mortels ». Nous croyons à cette proposition, d'abord parce qu'il n'y a pas d'exemple connu d'homme ayant vécu au-delà d'un certain âge, ensuite parce que des raisons tirées de la physiologie2 nous font penser qu'un organisme comme le corps humain doit tôt ou tard se défaire. Laissons de côté le second point, et considérons seulement notre expérience du caractère mortel de l'homme: il est clair que nous ne pouvons nous satisfaire d'un seul exemple, fût-il clairement attesté, de mort d'homme, alors qu'avec « deux et deux font quatre », un seul cas bien compris suffit à nous persuader qu'il en sera toujours de même. Enfin nous devons admettre qu'il peut à la réflexion surgir quelque doute sur la question de savoir si vraiment tous les hommes sont mortels. Imaginons, pour voir clairement la différence, deux mondes, l'un où certains hommes ne meurent pas, l'autre où deux et deux font cinq. Quand Swift3 nous parle de la race immortelle des Struldbrugs4, nous pouvons le suivre par l'imagination. Mais un monde où deux et deux feraient cinq semble d'un tout autre niveau. Nous l'éprouverions comme un bouleversement de tout l'édifice de la connaissance, réduit à un état d'incertitude complète. RUSSELL, Problèmes de philosophie (1912)1 « empiriques »: issus de l’expérience. 2 « physiologie »: science qui étudie les fonctions et propriétés des organismes vivants. 4 « Struldbrugs »: individus fantastiques, dotés d’immortalité, qui subissent le vieillissement mais ne meurent pas. Page: 2/2 auteur en langue anglaise des Voyages de Gulliver (1735)
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satiriste |
| 2024 | HLP | POLYNÉSIE | NORMALE |
Durant les deux guerres mondiales, le poète Louis Aragon fut mobilisé comme médecin auxiliaire sur la ligne de front. Il évoque ici la figure de ses camarades morts pour la patrie.
[…]
Tu n'en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu
Quand j'ai déchiré ta chemise …
lire la suiteDurant les deux guerres mondiales, le poète Louis Aragon fut mobilisé comme médecin auxiliaire sur la ligne de front. Il évoque ici la figure de ses camarades morts pour la patrie.[…] Tu n'en reviendras pas toi qui courais les filles Jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu Quand j'ai déchiré ta chemise et toi non plus Tu n'en reviendras pas vieux joueur de manille (La manille est un jeu de cartes d'origine espagnole.) Qu'un obus a coupé par le travers en deux Pour une fois qu'il avait un jeu du tonnerre Et toi le tatoué l'ancien Légionnaire Tu survivras longtemps sans visage sans yeux Roule au loin roule train des dernières lueurs Les soldats assoupis que ta danse secoue Laissent pencher leur front et fléchissent le cou Cela sent le tabac la laine et la sueur Comment vous regarder sans voir vos destinées Fiancés de la terre et promis des douleurs La veilleuse (Une veilleuse est une petite lampe qu'on laisse allumée durant la nuit.) vous fait de la couleur des pleurs Vous bougez vaguement vos jambes condamnées Vous étirez vos bras vous retrouvez le jour Arrêt brusque et quelqu'un crie Au jus là-dedans (Argot militaire : par cette expression, le caporal appelle les soldats à venir boire le café.) Vous bâillez vous avez une bouche et des dents Et le caporal chante Au pont de Minaucourt (Au pont de Minaucourt est une chanson militaire qui évoque une violente bataille de la Première Guerre mondiale.) Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places Déjà le souvenir de vos amours s'efface Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri Lettres : Quelle image le poète donne-t-il de ses camarades disparus ? Philosophie : La violence efface-t-elle toute trace d'humanité ? Le Roman inachevé (1956)
source : Base LaTeX Quesseveur
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ARAGON |
| 2024 | STMG-STI2D-ST2S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Connaître la vérité nous rend-il plus libres?
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| 2024 | STMG-STI2D-ST2S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Peut-on préférer la justice à son bonheur personnel?
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| 2024 | STMG-STI2D-ST2S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Personne ne s’abuse au point de croire que la nature est dès à présent domptée; rares sont ceux qui osent espérer qu’un jour elle sera tout entière soumise à l’homme. Il y a les éléments, qui semblent se rire de toute contrainte humaine, la terre qui tremble, démolit, ensevelit tout ce qui est humanité et œuvre humaine…
lire la suitePersonne ne s’abuse au point de croire que la nature est dès à présent domptée; rares sont ceux qui osent espérer qu’un jour elle sera tout entière soumise à l’homme. Il y a les éléments, qui semblent se rire de toute contrainte humaine, la terre qui tremble, démolit, ensevelit tout ce qui est humanité et œuvre humaine; l’eau qui, déchaînée, submerge et noie tout, et la tempête qui l’emporte d’un souffle; il y a les maladies, dont nous n’avons compris que récemment qu’elles sont les agressions d’autres êtres vivants, enfin il y a la douloureuse énigme de la mort, contre laquelle on n’a pas trouvé de remède à ce jour et l’on n’en trouvera vraisemblablement pas. Avec ces forces, la nature se dresse contre nous, elle nous remet sous les yeux notre faiblesse désemparée, à laquelle nous pensions pouvoir nous soustraire par le travail de civilisation. C’est l’une des rares impressions réjouissantes et édifiantes1 qu’on puisse avoir de l’humanité, lorsque, face à l’une de ces catastrophes naturelles, elle oublie tous les imbroglios2 de la civilisation, toutes ses difficultés et hostilités internes, et se rappelle la grande tâche commune: se maintenir face à la puissance écrasante de la nature.1 « édifiantes »: hautement instructive, qui exerce une influence morale positive, qui donne du courage et de la confiance. 2 « imbroglio »: situation confuse ou embrouillée. Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut: - soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n° 1); - soit suivre le développement de son choix (option n° 2). Il indique son option de rédaction (option n° 1 ou option n° 2) au début de sa copie. Questions de l’option n° 1 A. Éléments d’analyse 1. En vous appuyant sur le texte, dites pourquoi « rares sont ceux qui osent espérer qu’un jour elle (la nature) sera tout entière soumise à l’homme ». 2. Selon Freud, qu’est-ce que « le travail de civilisation »? Permet-il de surmonter notre faiblesse? 3. Selon l’auteur, quelles raisons peut-on trouver de se réjouir face aux catastrophes naturelles? B. Éléments de synthèse 1. À quelle question ce texte apporte t-il une réponse? 2. Dégagez les étapes du raisonnement de l’auteur. 3. Quelle thèse Freud soutient-il dans ce texte? C. Commentaire 1. La grande tâche de la civilisation est-elle seulement de « se maintenir face à la puissance écrasante de la nature »? 2. Qu’est-ce que le combat contre les forces de la nature révèle de l’être humain? L’avenir d’une illusion (1927)
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Freud |
| 2024 | Voie générale | POLYNÉSIE | NORMALE |
Décide-t-on d’être heureux?
source : 2024-general-polynesie-normale.pdf
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| 2024 | Voie générale | POLYNÉSIE | NORMALE |
Le savoir nous rend-il égaux?
source : 2024-general-polynesie-normale.pdf
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| 2024 | Voie générale | POLYNÉSIE | NORMALE |
On dit que le temps passe ou s’écoule. On parle du cours du temps. L’eau que je vois passer s’est préparée, il y a quelques jours, dans les montagnes, lorsque le glacier a fondu; elle est devant moi, à présent, elle va vers la mer où elle se jettera. Si le temps est semblable à une rivière, il coule du passé vers le pr…
lire la suiteOn dit que le temps passe ou s’écoule. On parle du cours du temps. L’eau que je vois passer s’est préparée, il y a quelques jours, dans les montagnes, lorsque le glacier a fondu; elle est devant moi, à présent, elle va vers la mer où elle se jettera. Si le temps est semblable à une rivière, il coule du passé vers le présent et l’avenir. Le présent est la conséquence du passé et l’avenir la conséquence du présent. Cette célèbre métaphore est en réalité très confuse. Car, à considérer les choses ellesmêmes, la fonte des neiges et ce qui en résulte ne sont pas des événements successifs, ou plutôt la notion même d’événement n’a pas de place dans le monde objectif. Quand je dis qu’avant-hier le glacier a produit l’eau qui passe à présent, je sous-entends un témoin assujetti à une certaine place dans le monde et je compare ses vues successives: il a assisté là-bas à la fonte des neiges et il a suivi l’eau dans son décours (1), ou bien, du bord de la rivière, il voit passer après deux jours d’attente les morceaux de bois qu’il avait jetés à la source. Les « événements » sont découpés par un observateur fini (2) dans la totalité spatio-temporelle du monde objectif. Mais, si je considère ce monde lui-même, il n’y a qu’un seul être indivisible et qui ne change pas. Le changement suppose un certain poste où je me place et d’où je vois défiler des choses; il n’y a pas d’événements sans quelqu’un à qui ils adviennent et dont la perspective finie fonde leur individualité. Le temps suppose une vue sur le temps. Il n’est donc pas comme un ruisseau, il n’est pas une substance fluente (3). (1) « décours »: écoulement (2) « fini »: limité, par opposition à infini (3) « fluente »: qui s’écoule, qui passe Page: 2/2Phénoménologie de la perception (1945)
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MERLEAU-PONTY |
| 2023 | HLP | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Imaginons, au prix d'une
certaine exagération, une société où les hommes ne se rencontrent
jamais face à face, où les affaires sont traitées par des individus
isolés communiquant entre eux par lettres ou par télégrammes, se
déplaçant en voiture fermée et se reproduisant par insémination
artificielle : pareille société …
lire la suiteImaginons, au prix d'unecertaine exagération, une société où les hommes ne se rencontrent jamais face à face, où les affaires sont traitées par des individus isolés communiquant entre eux par lettres ou par télégrammes, se déplaçant en voiture fermée et se reproduisant par insémination artificielle : pareille société serait totalement abstraite et dépersonnalisée. Or la société moderne lui ressemble déjà sur bien des points. Dans une ville, les piétons se croisent mais s'ignorent, les membres d'un syndicat portent une carte et paient une cotisation mais peuvent ne jamais se connaître. Beaucoup d'individus ont peu ou pas de contacts humains et vivent dans l'anonymat et l'isolement. Ils y sont malheureux, car, si la société tend à devenir abstraite, le tissu biologique de l'homme n'a guère changé, et il a des besoins sociaux que celle-ci est incapable de satisfaire. Certes, il n'y aura jamais de société complètement abstraite, pas plus, d'ailleurs, qu'on n'en connaîtra entièrement ou d'essentiellement rationnelle. Les hommes continuent à former des groupes concrets et à maintenir entre eux divers rapports sociaux. Mais, à l'exception de ce qui se passe dans certaines cellules familiales, la plupart de ces groupes ne s'ouvrent sur aucune vie commune et beaucoup ne jouent aucun rôle sur le plan social. Il faut cependant être juste. L'évolution de la société présente aussi des aspects positifs. Les rapports personnels, n'étant plus déterminés par le hasard de la naissance, peuvent s'épanouir librement en une nouvelle forme d'individualisme. De même, les liens spirituels peuvent jouer un rôle d'autant plus important que les liens physiques ou biologiques sont affaiblis. Philosophie : Pensez-vous que Popper démontre ici que la société contemporaine est déshumanisante ? Lettres : La littérature peut-elle nous aider à bien vivre en société ? La société ouverte et ses ennemis (1962)
source : Base LaTeX Quesseveur
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POPPER |
| 2023 | HLP | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Dans ce roman qui se
déroule pendant la Première guerre mondiale, l'auteur nous libre sa
propre expérience du front.
On se remet en marche, parsemés sur la route maintenant grisâtre, très
lentement, très pesamment, avec des geignements (Geignements
: petits cris plaintifs.) et de sourdes malédictions que l'effort
étra…
lire la suiteDans ce roman qui sedéroule pendant la Première guerre mondiale, l'auteur nous libre sa propre expérience du front. On se remet en marche, parsemés sur la route maintenant grisâtre, très lentement, très pesamment, avec des geignements (Geignements : petits cris plaintifs.) et de sourdes malédictions que l'effort étrangle dans les gorges. Au bout de cent mètres, les deux hommes formant équipe échangent leurs fardeaux, de sorte qu'au bout de deux cents mètres, malgré la bise aigre (Bise aigre : vent glacial.) et blanchissante du petit matin, tout le monde, sauf les gradés, ruisselle de sueur. Tout à coup une étoile intense s'épanouit là-bas, vers les lieux vagues où nous allons : une fusée. Elle éclaire toute une portion du firmament de son halo (Halo : cercle lumineux.) laiteux, en effaçant les constellations, et elle descend gracieusement, avec des airs de fée. Une rapide lumière en face de nous, là-bas ; un éclair, une détonation. C'est un obus ! Au reflet horizontal que l'explosion a instantanément répandu dans le bas du ciel, on voit nettement que, devant nous, à un kilomètre peut-être, se profile, de l'est à l'ouest, une crête. Cette crête est à nous dans toute la partie visible d'ici, jusqu'au sommet, que nos troupes occupent. Sur l'autre versant, à cent mètres de notre première ligne, est la première ligne allemande. L'obus est tombé sur le sommet, dans nos lignes. Ce sont eux qui tirent. Un autre obus. Un autre, un autre, plantent, vers le haut de la colline, des arbres de lumière violacée dont chacun illumine sourdement tout l'horizon. Et bientôt, il y a un scintillement d'étoiles éclatantes et une forêt subite de panaches phosphorescents sur la colline : un mirage de féerie bleu et blanc se suspend légèrement à nos yeux dans le gouffre entier de la nuit. Ceux d'entre nous qui consacrent toutes les forces arc-boutées de leurs bras et de leurs jambes à empêcher leurs vaseux (Vaseux : recouverts de vase, de boue.) fardeaux trop lourds de leur glisser du dos et à s'empêcher eux-mêmes de glisser par terre, ne voient rien et ne disent rien. Les autres, tout en frissonnant de froid, en grelottant, en reniflant, en s'épongeant le nez avec des mouchoirs mouillés (Mouchoirs mouillés : à cause du manque de masques à gaz, les soldats français avaient reçu l'ordre de se protéger le nez et la bouche avec des mouchoirs humides.) qui pendent de l'aile, en maudissant les obstacles de la route en lambeaux, regardent et commentent. — C'est comme si tu vois un feu d'artifice, disent-ils. Complétant l'illusion de grand décor d'opéra féerique et sinistre devant lequel rampe, grouille et clapote notre troupe basse, toute noire, voici une étoile rouge, une verte ; une gerbe rouge, beaucoup plus lente. On ne peut s'empêcher, dans nos rangs, de murmurer avec un confus accent d'admiration populaire, pendant que la moitié disponible des paires d'yeux regardent : — Oh ! une rouge !… Oh ! une verte !… Lettres : Quelle vision paradoxale de la guerre se dégage de cet extrait ? Philosophie : Peut-on donner une description objective de la guerre ? Le Feu (1916)
source : Base LaTeX Quesseveur
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BARBUSSE |
| 2023 | Voie générale | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Que nous font connaître les religions?
source : 2023-general-amerique-du-nord-normale.pdf
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| 2023 | Voie générale | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Toute vérité se prouve-t-elle?
source : 2023-general-amerique-du-nord-normale.pdf
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| 2023 | Voie générale | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Il n’y a pas d’opposition entre ces deux exigences de l’action, à savoir que l’agent soit libre et que le monde dans lequel il agit soit déterminé. Car ce n’est pas du même point de vue et à propos des mêmes réalités que l’on réclame l’une et l’autre chose: la liberté est une structure de l’acte humain et ne paraît que…
lire la suiteIl n’y a pas d’opposition entre ces deux exigences de l’action, à savoir que l’agent soit libre et que le monde dans lequel il agit soit déterminé. Car ce n’est pas du même point de vue et à propos des mêmes réalités que l’on réclame l’une et l’autre chose: la liberté est une structure de l’acte humain et ne paraît que dans l’engagement; le déterminisme est la loi du monde. Encore l’acte n’exige-t-il que des enchaînements partiels et des constantes locales. De la même façon, il n’est pas vrai qu’un homme libre ne puisse souhaiter d’être libéré. Car ce n’est pas sous le même rapport qu’il est libre et enchaîné. Sa liberté est comme l’éclairage de la situation où il est jeté. Mais les libertés des autres peuvent lui rendre sa situation intenable, l’acculer1 à la révolte ou à la mort. Si le travail des esclaves manifeste leur liberté, il n’en reste pas moins que ce travail est imposé, dirimant2 et rongeur; qu’on leur en subtilise les produits; qu’ils sont isolés par lui, exclus d’une société qui les exploite et dont ils ne sont pas solidaires, appliqués [et poussés] contre la matière; il est vrai qu’ils sont le maillon d’une chaîne dont ils ne connaissent ni le commencement ni la fin; il est vrai que le regard du maître, son idéologie et ses commandements tendent à leur refuser toute autre existence que l’existence matérielle. C’est précisément en devenant révolutionnaires, c’est-à-dire en s’organisant avec d’autres membres de leur classe pour rejeter la tyrannie de leurs maîtres, qu’ils manifesteront le mieux leur liberté: l’oppression ne leur laisse pas d’autre choix que la résignation ou la révolution. Mais dans les deux cas ils manifestent leur liberté de choisir.1 « acculer »: pousser dans une impasse 2 « dirimant »: ce qui empêche absolument Situations III (1946)
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SARTRE |
| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ANTILLES GUYANE | REMPLACEMENT |
Y a-t-il des vérités définitives?
source : 2023-technologique-antilles-guyane-remplacement.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ANTILLES GUYANE | REMPLACEMENT |
Au nom de quoi devrions-nous préserver la nature?
source : 2023-technologique-antilles-guyane-remplacement.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ANTILLES GUYANE | REMPLACEMENT |
Croyance à l’inspiration. - Les artistes ont un intérêt à ce qu’on croie aux intuitions soudaines, aux soi-disant inspirations; comme si l’idée de l’œuvre d’art, du poème, la pensée fondamentale d’une philosophie, tombait du ciel comme un rayon de la grâce1. En réalité, l’imagination du bon artiste ou penseur produit c…
lire la suiteCroyance à l’inspiration. - Les artistes ont un intérêt à ce qu’on croie aux intuitions soudaines, aux soi-disant inspirations; comme si l’idée de l’œuvre d’art, du poème, la pensée fondamentale d’une philosophie, tombait du ciel comme un rayon de la grâce1. En réalité, l’imagination du bon artiste ou penseur produit constamment du bon, du médiocre et du mauvais, mais son jugement, extrêmement aiguisé, exercé, rejette, choisit, combine; ainsi, l’on se rend compte aujourd’hui d’après les Carnets de Beethoven2 qu’il a composé peu à peu ses plus magnifiques mélodies et les a en quelque sorte tirées d’ébauches 3 multiples. Celui qui discerne moins sévèrement et s’abandonne volontiers à la mémoire reproductrice pourra, dans certaines conditions, devenir un grand improvisateur; mais l’improvisation artistique est à un niveau fort bas en comparaison des idées d’art choisies sérieusement et avec peine. Tous les grands hommes sont de grands travailleurs, infatigables non seulement à inventer, mais encore à rejeter, passer au crible, modifier, arranger.1 « grâce »: ce que les dieux offrent généreusement aux hommes 2 Beethoven: musicien allemand (1770 - 1827) 3 « ébauches »: esquisses, brouillons Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut: - soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1); - soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie. Questions de l’option n°1 A. Éléments d’analyse 1. Pourquoi les artistes ont-ils « intérêt » à ce qu’on croie aux « soi-disant inspirations »? 2. Comment, chez le « bon artiste ou penseur », l’imagination et le jugement sont-ils complémentaires? 3. Pourquoi l’improvisation ne suffit-elle pas pour faire une bonne œuvre d’art? B. Éléments de synthèse 1. Quelle est la question examinée par l’auteur dans ce texte? 2. Dégagez les différentes étapes du raisonnement de l’auteur. 3. Dégagez l’idée principale du texte. C. Commentaire 1. L’artiste est-il un travailleur comme les autres? 2. À partir de ce texte, vous vous demanderez ce qu’il faut apprécier dans une œuvre d’art. Humain trop humain, (1878)
source : 2023-technologique-antilles-guyane-remplacement.pdf
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NIETZSCHE |
| 2023 | Voie générale | ANTILLES GUYANE | NORMALE |
Ce qui est vrai peut-il être réfuté?
source : 2023-general-antilles-guyane-normale.pdf
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| 2023 | Voie générale | ANTILLES GUYANE | REMPLACEMENT |
Quelle vérité l’artiste recherche-t-il?
source : 2023-general-antilles-guyane-remplacement.pdf
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| 2023 | Voie générale | ANTILLES GUYANE | NORMALE |
Les artistes nous rendent-ils heureux?
source : 2023-general-antilles-guyane-normale.pdf
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| 2023 | Voie générale | ANTILLES GUYANE | REMPLACEMENT |
L’État est-il source de liberté?
source : 2023-general-antilles-guyane-remplacement.pdf
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| 2023 | Voie générale | ANTILLES GUYANE | NORMALE |
Rien n’est plus important que de concevoir clairement que nous sommes nés pour la justice, et que le droit n’est pas fondé sur l’opinion mais sur la nature. Cela sera évident dès que l’on aura considéré la société et la conjonction des hommes entre eux. Il n’est aucun être qui ne soit si semblable, si égal que nous tou…
lire la suiteRien n’est plus important que de concevoir clairement que nous sommes nés pour la justice, et que le droit n’est pas fondé sur l’opinion mais sur la nature. Cela sera évident dès que l’on aura considéré la société et la conjonction des hommes entre eux. Il n’est aucun être qui ne soit si semblable, si égal que nous tous lorsque nous nous comparons entre nous: que si la dépravation des coutumes, la vanité des opinions ne tordait pas et n’infléchissait pas l’imbécilité de nos esprits, nul homme ne serait aussi semblable à lui-même que tous le sont à tous. C’est pourquoi n’importe quelle définition de l’homme vaut uniment pour tous. Cet argument suffit à montrer qu’il n’y a pas de dissemblance dans le genre humain, car s’il y en avait, une seule définition ne les embrasserait pas tous. Et en effet la raison par laquelle seule nous l’emportons sur les bêtes sauvages, par laquelle nous évaluons les conjectures, argumentons, réfutons, dissertons, enchaînons, concluons, est certes commune: et quoique la philosophie soit différente, la faculté d’apprendre est partout égale. Car par les sens toutes choses sont comprises de la même façon, émeuvent les sens de tous les autres: et les choses qui sont imprimées dans les âmes (…) une fois ébauchées dans nos intellects, produisent des empreintes semblables. Le discours, interprète de l’âme, diffère par les paroles, mais s’accorde par les jugements. Il n’est personne, quelle que soit sa nation, qui, conduit par la nature, ne puisse parvenir à la vertu.Les Lois (1er siècle av. J.-C.)
source : 2023-general-antilles-guyane-normale.pdf
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CICÉRON |
| 2023 | Voie générale | ANTILLES GUYANE | REMPLACEMENT |
Pourquoi l’homme est-il perfectible et pourquoi l’animal ne l’est-il pas? L’animal ne l’est pas, parce que sa raison, s’il en a une, est dominée par un sens despote qui la subjugue. Toute l’âme du chien est au bout de son nez; et il va toujours flairant. Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours r…
lire la suitePourquoi l’homme est-il perfectible et pourquoi l’animal ne l’est-il pas? L’animal ne l’est pas, parce que sa raison, s’il en a une, est dominée par un sens despote qui la subjugue. Toute l’âme du chien est au bout de son nez; et il va toujours flairant. Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours regardant. Toute l’âme de la taupe est dans son oreille, et elle va toujours écoutant. Mais il n’en est pas ainsi de l’homme. Il est entre ses sens une telle harmonie qu’aucun ne prédomine assez les autres pour donner la loi à son entendement; c’est son entendement au contraire, ou l’organe de sa raison qui est le plus fort. C’est un juge qui n’est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins. Il conserve toute son autorité; et il en use pour se perfectionner. Il combine toutes sortes d’idées et de sensations; parce qu’il ne sent rien fortement. Ainsi, l’homme en qui l’ouïe prédominerait les autres sens, à un extrême degré, ne leur laisserait qu’autant d’exercice que la propagation de l’espèce et la conservation de l’individu en exigeraient. Dans tous les autres instants, il serait comme la taupe dont l’antre retentit du moindre petit bruit, un être écoutant, et toujours écoutant. D’où il s’ensuit que l’homme de génie et la bête se touchent; parce qu’il y a dans l’un et l’autre un organe prédominant qui les entraîne invinciblement à une seule sorte d’occupation, qu’ils exécutent parfaitement.Réfutation suivie de l’ouvrage d’Helvétius intitulé « L’homme » (1773-1774)
source : 2023-general-antilles-guyane-remplacement.pdf
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Diderot |
| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ASIE | NORMALE |
Pourrions-nous vivre sans art?
source : 2023-technologique-asie-normale.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ASIE | NORMALE |
La recherche de la vérité rassemble-t-elle les hommes?
source : 2023-technologique-asie-normale.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ASIE | NORMALE |
Pour parvenir à garder un autre individu en sa puissance, on peut avoir recours à différents procédés. On peut l'avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s'enfuir. On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l'être attaché par des bienf…
lire la suitePour parvenir à garder un autre individu en sa puissance, on peut avoir recours à différents procédés. On peut l'avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s'enfuir. On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l'être attaché par des bienfaits, au point qu'il préfère exécuter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de son maître [plutôt] qu'au sien propre. Lorsqu'on impose sa puissance de la première ou de la seconde manière, on domine le corps seulement et non l'esprit de l'individu soumis. Mais si l'on pratique la troisième ou la quatrième manière, on tient sous sa dépendance l'esprit aussi bien que le corps de celui-ci. Du moins aussi longtemps que dure en lui le sentiment de crainte ou d'espoir. Aussitôt que cet individu cesse de les éprouver, il redevient indépendant. Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre, dans la mesure où un esprit peut être trompé par un autre. Il s'ensuit qu'un esprit ne jouit d'une pleine indépendance que s'il est capable de raisonnement correct. On ira plus loin. Comme la puissance humaine doit être appréciée d'après la force non tant du corps que de l'esprit, les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s'affirme davantage et qui se laissent davantage guider par la raison. En d'autres termes, je déclare l'homme d'autant plus en possession d'une pleine liberté, qu'il se laisse guider par la raison.Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut: - soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1); - soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie. Question de l’option n°1 A. Éléments d’analyse 1. Expliquez les quatre moyens qui selon Spinoza permettent de dominer un individu. 2. Expliquez: « Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d’un autre ». 3. Pourquoi la raison est-elle selon Spinoza la condition d’une « pleine indépendance »? B. Éléments de synthèse 1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici? 2. Dégagez les différents moments de l’argumentation. 3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte. C. Commentaire 1. Pourquoi l’espoir et la crainte nous rendent-ils vulnérables à la domination d’autrui? 2. À quelles conditions est-on vraiment libre? Traité de l’autorité politique (1677)
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SPINOZA |
| 2023 | HLP | CENTRES ÉTRANGERS | NORMALE |
Dans ce roman paru en 1943, l'auteur imagine une société dans laquelle
l'électricité disparaît, ce qui plonge le pays dans le chaos.
La foule se serra autour de la voiture à bras. Elle se sentait
rassurée par la présence de cet homme qui connaissait les secrets de
la nature. Chacun avait l'impression de se retrouver p…
lire la suiteDans ce roman paru en 1943, l'auteur imagine une société dans laquellel'électricité disparaît, ce qui plonge le pays dans le chaos. La foule se serra autour de la voiture à bras. Elle se sentait rassurée par la présence de cet homme qui connaissait les secrets de la nature. Chacun avait l'impression de se retrouver près de la Science elle-même, la Science qui explique tout et peut tout. Un monsieur maigre s'empara d'un seau en fer que portait une ménagère, le posa à terre, renversé, grimpa dessus, et, d'une voix de coq enroué, parla : — Messieurs, mesdames, citoyens… — Hou… hou…, répondit la foule. — Je ne veux pas vous faire de discours, je me propose seulement de demander en votre nom à l'éminent savant qui se retrouve en ce moment parmi nous de nous donner des éclaircissements sur le phénomène qui vient de bouleverser notre vie. Je… — Vive Portin ! La parole à Portin. Portin ! Portin ! Portin ! Le savant tremblait d'émotion dans son fauteuil et faisait avec la main des gestes de dénégation. Alors un gigantesque ouvrier fendit les groupes et parvint jusqu'à la charrette. C'était un métallurgiste, un ancien du métier, à la peau recuite, un vieux compagnon qui avait résisté à trente ans d'usine. Sa main droite, avec laquelle, à l'atelier, il donnait toutes les deux secondes le même coup de marteau sur des rivets toujours pareils, restait fermée autour d'un manche imaginaire. — Écoutez, m'sieur Portin, nous, on est là, on sait pas, et on veut savoir. Vous, vous savez, la Science… Il faut nous dire. Qu'est-ce qui se passe ? Quand est-ce que ça va finir ? Le vieillard, péniblement, se leva de son fauteuil. Il tremblait. — Mes bons amis… dit-il Sa voix aigrelette ne portait pas à plus de dix mètres. — Mes bons amis, je ne peux rien vous dire, je ne sais rien. On n'a jamais vu ça. Notre science est une science expérimentale. Or, le phénomène qui vient de se produire ne correspond à rien de ce que nous savons. C'est en violant toutes les lois de la Nature et la logique que l'électricité a disparu. Et, l'électricité morte, il est encore plus invraisemblable que nous soyons vivants. Tout cela est fou. C'est un cauchemar antiscientifique, antirationnel. Toutes nos théories, toutes nos lois sont renversées. Voir cela au terme de ma vie de savant… Il se laissa retomber lourdement dans son fauteuil. Les premiers rangs de la foule virent de grosses larmes couler de ses yeux dans sa moustache blanche. Mais les gens qui se trouvaient plus loin, inquiets, curieux, voulurent aussi entendre. Les grands se haussaient sur la pointe des pieds, les petits se cramponnaient aux grands. Des gamins grimpaient aux fûts des lampadaires. On se passait de rang à rang des fragments de phrase : — Il a dit que l'électricité était morte. — Ma pauvre, il a dit qu'il y comprenait rien. — Il a dit que c'était la guerre. — Il a dit qu'il allait tout arranger. La multitude voulut en savoir davantage. De partout à la fois elle poussa vers le centre. Dix mille poitrines firent pression. La foule ne fut plus qu'une masse compacte, un seul muscle contracté. Il y eut des remous, des tourbillons, des vêtements arrachés, des côtes fracturées, des caleçons souillés. La voiture de M. Paul Portin fit trois tours sur elle-même, craqua et disparut. Le vieux savant se trouva projeté en l'air et retomba sur des épaules. Il y flotta quelques instants, puis sombra. Lettres : Quelle image de la science cet extrait propose-t-il ? Philosophie : Doit-on attendre de la science qu'elle réponde à toutes nos questions ? Ravage (1943)
source : Base LaTeX Quesseveur
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BARJAVEL |
| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
La religion implique-t-elle de renoncer à la raison?
source : 2023-technologique-centres-etrangers-normale.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Sommes-nous vraiment sensibles à l’injustice?
source : 2023-technologique-centres-etrangers-normale.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Mais quelle ingratitude, quelle courte vision que d’aspirer à l’abolition de la culture! Ce qui resterait alors serait l’état de nature, et celui-ci est de beaucoup plus difficile à supporter. Il est vrai, la nature ne nous demande pas de restreindre nos instincts, elle leur laisse toute liberté, mais elle a sa manière…
lire la suiteMais quelle ingratitude, quelle courte vision que d’aspirer à l’abolition de la culture! Ce qui resterait alors serait l’état de nature, et celui-ci est de beaucoup plus difficile à supporter. Il est vrai, la nature ne nous demande pas de restreindre nos instincts, elle leur laisse toute liberté, mais elle a sa manière, et particulièrement efficace, de nous restreindre: elle nous détruit froidement, cruellement, brutalement, à ce qu’il nous semble, et ceci justement parfois à l’occasion de nos satisfactions. C’est précisément à cause de ces dangers dont la nature nous menace que nous nous sommes rapprochés et avons créé la culture qui, entre autres raisons d’être, doit nous permettre de vivre en commun. A la vérité, la tâche principale de la culture, sa raison d’être essentielle est de nous protéger contre la nature. On le sait, dans bien des domaines, elle s’acquitte déjà fort bien de cette tâche, et dans l’avenir elle s’en acquittera évidemment encore bien mieux. Mais personne ne nourrit l’illusion que la nature soit déjà domptée, et bien peu osent espérer qu’elle soit un jour tout entière soumise à l’homme. Voici les éléments, qui semblent se moquer de toute contrainte que chercherait à leur imposer l’homme: la terre, qui tremble, qui se fend, qui engloutit l’homme et son œuvre, l’eau, qui se soulève, et inonde et noie toute chose, la tempête qui emporte tout devant soi; voici les maladies, que nous savons depuis peu seulement être dues aux attaques d’autres êtres vivants, et enfin l’énigme douloureuse de la mort, à laquelle aucun remède n’a jusqu’ici été trouvé et ne le sera sans doute jamais. Avec ces forces, la nature se dresse contre nous, sublime, cruelle, inexorable; ainsi elle nous rappelle notre faiblesse, notre détresse, auxquelles nous espérions nous soustraire grâce au travail de notre culture. C’est un des rares spectacles nobles et exaltants que les hommes puissent offrir que de les voir, en présence d’une catastrophe due aux éléments, oublier leurs désaccords, les querelles et hostilités qui les divisent pour se souvenir de leur grande tâche commune: le maintien de l’humanité face aux forces supérieures de la nature.Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut: - soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1); - soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie. Questions de l’option n° 1 A. Éléments d’analyse 1. Expliquer: « la nature ne nous demande pas de restreindre nos instincts, elle leur laisse toute liberté ». 2. Montrer en quoi l’état de nature est cependant difficile à supporter selon Freud. 3. En quoi est-il illusoire de croire que la nature puisse être domptée. 4. Expliquer en quoi le spectacle qu’offre l’homme dans sa lutte contre la nature est « noble et exaltant ». B. Éléments de synthèse 1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente ici de répondre? 2. Dégager les différents moments de l’argumentation. 3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte. C. Commentaire 1. Diriez-vous avec Freud, que « la tâche principale de la culture (…) est de nous protéger contre la nature »? 2. Que gagne l’humanité à lutter contre la nature? L’avenir d’une illusion (1927)
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FREUD |
| 2023 | Voie générale | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Peut-on s’accorder sur ce qui est juste?
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| 2023 | Voie générale | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Le langage déforme-t-il la pensée?
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| 2023 | Voie générale | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Il est évident que, dans la matière, c’est la nécessité qui domine. Dans le monde matériel tout arrive fatalement. Le monde matériel, comme la science nous le présente, est une immense machine, une sorte d’horloge, dont les pièces s’ajustent parfaitement les unes aux autres; tout en elle est mécanisme. Et lorsque, avec…
lire la suiteIl est évident que, dans la matière, c’est la nécessité qui domine. Dans le monde matériel tout arrive fatalement. Le monde matériel, comme la science nous le présente, est une immense machine, une sorte d’horloge, dont les pièces s’ajustent parfaitement les unes aux autres; tout en elle est mécanisme. Et lorsque, avec les habitudes scientifiques, nous considérons l’homme, nous sommes forcément poussés à le voir comme un mécanisme au milieu d’autres mécanismes, comme un être qui fonctionne automatiquement. Toute liberté semble impossible. Bien sûr, le sens commun proteste et a toujours protesté contre cette idée que l’homme serait une sorte d’automate. Il nous semble évident que la volonté jouisse du pouvoir de choisir. En ce moment, je suis libre, apparemment, de me tourner vers la droite ou vers la gauche. Vers la droite? Ou vers la gauche? Je me décide pour la droite. Voilà, selon les apparences, quelque chose d’incalculable, quelque chose de totalement imprévisible; et l’on aura beau dire et répéter que la science, si elle disposait de données suffisantes, pourrait calculer d’avance tout ce qui arrive dans ce monde, cet acte semble écarter absolument le calcul et la prévision; comme il serait également impossible de calculer une éclipse de Soleil si la Lune, au moment de se glisser entre le Soleil et la Terre, pouvait se dire: « Que vais-je faire? Et si je faisais une farce à l’astronome qui est là, à me guetter? » La liberté, si elle existe, est précisément cela: la faculté de tromper la science.Conférence de Madrid sur l’âme humaine, 1916
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Bergson |
| 2023 | Voie générale | JAPON | NORMALE |
Est-il raisonnable de lutter contre le temps?
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| 2023 | Voie générale | JAPON | NORMALE |
Le langage peut-il être fidèle à la réalité?
source : 2023-general-japon-normale.pdf
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| 2023 | Voie générale | JAPON | NORMALE |
Je ne puis accepter les formes de subordination où l’intelligence, l’ingéniosité, la volonté, la conscience professionnelle n’ont à intervenir que dans l’élaboration des ordres par le chef, et où l’exécution exige seulement une soumission passive dans laquelle ni l’esprit ni le cœur n’ont part; de sorte que le subordon…
lire la suiteJe ne puis accepter les formes de subordination où l’intelligence, l’ingéniosité, la volonté, la conscience professionnelle n’ont à intervenir que dans l’élaboration des ordres par le chef, et où l’exécution exige seulement une soumission passive dans laquelle ni l’esprit ni le cœur n’ont part; de sorte que le subordonné joue presque le rôle d’une chose maniée par l’intelligence d’autrui. Telle était ma situation comme ouvrière. Au contraire quand les ordres confèrent une responsabilité à celui qui les exécute, exigent de sa part les vertus de courage, de volonté, de conscience et d’intelligence qui définissent la valeur humaine, impliquent une certaine confiance mutuelle entre le chef et le subordonné, et ne comportent que dans une faible mesure un pouvoir arbitraire entre les mains du chef, la subordination est une chose belle et honorable. Soit dit en passant, j’aurais été reconnaissante à un chef qui aurait bien voulu m’assigner un jour quelque tâche, même pénible, malpropre, dangereuse et mal rétribuée, mais qui aurait impliqué de sa part une certaine confiance en moi; et j’aurais obéi, ce jour-là, de tout mon cœur. Et je suis sûre que beaucoup d’ouvriers sont comme moi. Il y a là une ressource morale qu’on n’utilise pas.La Condition ouvrière, 1951
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Weil |
| 2023 | HLP | MÉTROPOLE | NORMALE |
À la ligne est un roman qui présente l'allure d'un poème. Il évoque l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui, pour se rapprocher de sa femme, trouve un emploi dans les conserveries de poissons.
Le matin c'est la nuit
L'après-midi c'est la nuit
La nuit c'est encore pire
Dès qu'on rentre dans l'usine c'est la nuit
Le…
lire la suiteÀ la ligne est un roman qui présente l'allure d'un poème. Il évoque l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui, pour se rapprocher de sa femme, trouve un emploi dans les conserveries de poissons.Le matin c'est la nuit L'après-midi c'est la nuit La nuit c'est encore pire Dès qu'on rentre dans l'usine c'est la nuit Les néons L'absence de fenêtres dans tous nos immenses cubes d'ateliers Une nuit qui va durer nos huit heures de travail minimum On sort du sommeil encore marqué de rêves d'usine Pour replonger dans une autre nuit Artificielle froide et éclairée de néons Dès lors C'est comme si On continuait sa nuit Entre la nuit de la maison et celle de l'embauche Le réveil Deux heures de transition Yeux embrumés et cafés serrés Ce serait donc ça le matin Tous les matins du monde Au vestiaire avant l'embauche Encore cinq minutes avant de replonger dans la nuit J'admire sincèrement toutes les ouvrières et tous les ouvriers qui ont pris leur douche et se sont parfumés Moi je ne peux pas La douche c'est le soir Enfin en rentrant du boulot Certains se pomponnent vraiment Doivent s'affairer devant leur miroir Les miroirs à l'usine Il y en a aux intersections et aux virages à angle droit dans les couloirs sans fin de sorte que l'on voie les transpalettes arriver et ainsi ne pas se faire rouler dessus On ne se regarde pas dedans De toute façon on sait à quoi l'on ressemble Une tenue blanche maculée de sang comme celle de tout le monde Des corps fatigués Des yeux qui continuent Pas moi L'usine c'est une tenue que je garde une semaine et qui se cradifie et pue de plus en plus au fil des jours Machine le vendredi ou le samedi J'imagine que pour elles et pour eux Ce doit être affaire de dignité ou d'une certaine forme de noblesse Que d'arriver propre et sentant bon à l'abattoir Malgré ce qu'il y aura à faire Le matin Entre mes deux nuits Je suis là sans y être Comme si J'étais en transition La vraie vie sera à la débauche (la débauche : sens 1 : usage excessif ou déréglé de tous les plaisirs des sens, notamment ceux de l'amour et de la table sens 2 : par opposition à l'embauche, moment où l'on cesse le travail --- débauchage) Lettres : « Je suis là sans y être. », dit le poète. En quoi cette phrase rend-elle compte du travail à l'usine tel qu'il est décrit dans ce texte ? Philosophie : Le travail menace-t-il notre dignité ? À la ligne, Feuillets d'usine (2019)
source : Base LaTeX Quesseveur
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PONTHUS |
| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | MÉTROPOLE | NORMALE |
L’art nous apprend-il quelque chose?
source : 2023-technologique-metropole-normale.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Est-il possible d’être trop libre?
source : 2023-technologique-metropole-remplacement.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | MÉTROPOLE | NORMALE |
Transformer la nature, est-ce gagner en liberté?
source : 2023-technologique-metropole-normale.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
La religion permet-elle de mieux vivre?
source : 2023-technologique-metropole-remplacement.pdf
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| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | MÉTROPOLE | NORMALE |
Il est un degré de négligence qui paraîtrait mériter une punition quoique cette négligence n’occasionne aucun dommage à personne. Si une personne jetait une grosse pierre dans une voie publique du haut d’un mur sans en avertir les passants, et sans regarder où elle pourrait tomber, elle mériterait certainement une puni…
lire la suiteIl est un degré de négligence qui paraîtrait mériter une punition quoique cette négligence n’occasionne aucun dommage à personne. Si une personne jetait une grosse pierre dans une voie publique du haut d’un mur sans en avertir les passants, et sans regarder où elle pourrait tomber, elle mériterait certainement une punition. Une police vraiment exacte châtierait une action si absurde, même si elle n’avait fait aucun mal. La personne qui s’en rend coupable fait preuve d’un mépris insolent envers le bonheur et la sécurité des autres. Il y a une injustice réelle dans cette conduite. Cette personne expose inconsidérément son prochain à ce qu’aucun homme de bon sens ne voudrait risquer; de toute évidence elle manque du sens de ce qui est dû à ses semblables, et qui est la base de la justice et de la société. Une négligence grossière est donc, selon la loi, presque l’équivalent d’un dessein1 malveillant. Quand des conséquences malheureuses découlent d’une telle insouciance, la personne qui en est coupable est souvent châtiée comme si ces conséquences avaient réellement été dans son intention; sa conduite qui était seulement insouciante et insolente, et qui méritait punition, est considérée comme atroce et passible du châtiment le plus sévère. Si une personne en tue accidentellement une autre par l’action imprudente mentionnée ci-dessus, elle est, selon les lois de nombreux pays, et notamment selon la vieille loi d’Écosse, passible du châtiment suprême. Bien que ce soit sans nul doute excessivement sévère, ce n’est pas du tout contraire à nos sentiments naturels. Notre juste indignation contre la folie et l’inhumanité de cette conduite est exaspérée 2 par notre sympathie avec l’infortuné qui en souffre. Rien, pourtant, ne choquerait plus notre sens naturel de l’équité3 que de mener un homme à l’échafaud simplement pour avoir jeté avec insouciance une pierre dans la rue, sans faire de mal à personne.1 « dessein »: projet 2 « exaspérée »: renforcée 3 « équité »: justice Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut: - soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1); - soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie. Question de l’option n°1 A. Éléments d’analyse 1. À partir de l’exemple du début du texte, expliquez pourquoi une conduite négligente peut être, aux yeux de la loi, « presque l’équivalent d’un dessein malveillant ». 2. En quoi la situation est-elle différente lorsque la négligence tue « accidentellement »? 3. D’après le texte, quels facteurs influencent naturellement notre évaluation de la gravité d’un acte? B. Éléments de synthèse 1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici? 2. Dégagez les différents moments de l’argumentation. 3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte. C. Commentaire 1. Qu’est-ce qui fait l’injustice d’une action: l’intention ou les conséquences? 2. Peut-on rendre la justice sans faire intervenir les sentiments? Théorie des sentiments moraux (1759)
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Smith |
| 2023 | STMG-STI2D-ST2S | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Ouvrons, d'autre part, un recueil d'anecdotes sur l'intelligence des animaux. Nous verrons qu'à côté de beaucoup d'actes explicables par l'imitation, ou par l'association automatique des images, il en est que nous n'hésitons pas à déclarer intelligents; en première ligne figurent ceux qui témoignent d'une pensée de fab…
lire la suiteOuvrons, d'autre part, un recueil d'anecdotes sur l'intelligence des animaux. Nous verrons qu'à côté de beaucoup d'actes explicables par l'imitation, ou par l'association automatique des images, il en est que nous n'hésitons pas à déclarer intelligents; en première ligne figurent ceux qui témoignent d'une pensée de fabrication, soit que l'animal arrive à façonner lui-même un instrument grossier, soit qu'il utilise à son profit un objet fabriqué par l'homme. Les animaux qu'on classe tout de suite après l'homme au point de vue de l'intelligence, les Singes et les Éléphants, sont ceux qui savent employer, à l'occasion, un instrument artificiel. Au-dessous d'eux, mais non pas très loin d'eux, on mettra ceux qui reconnaissent un objet fabriqué: par exemple le Renard, qui sait fort bien qu'un piège est un piège. Sans doute, il y a intelligence partout où il y a inférence1; mais l'inférence, qui consiste en un fléchissement 2 de l'expérience passée dans le sens de l'expérience présente, est déjà un commencement d'invention. L'invention devient complète quand elle se matérialise en un instrument fabriqué. C'est là que tend l'intelligence des animaux, comme à un idéal.1 « inférence »: raisonnement qui tire un élément d’un autre 2 « fléchissement »: action de courber Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut: - soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1); - soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie. Question de l’option n°1 A. Éléments d’analyse 1. Qu’est-ce qui distingue, dans ce texte, un acte sans intelligence d’un acte intelligent? Donnez des exemples. 2. Quels sont les différents niveaux d’intelligence décrits dans le texte? 3. Expliquez: « L'invention devient complète quand elle se matérialise en un instrument fabriqué ». B. Éléments de synthèse 1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici? 2. Dégagez les différents moments de l’argumentation. 3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte. C. Commentaire 1. En quoi la fabrication est-elle une marque d’intelligence? 2. Est-ce par sa technique que l’homme se distingue de l’animal? L’Évolution créatrice (1907)
source : 2023-technologique-metropole-remplacement.pdf
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BERGSON |
| 2023 | Voie générale | MÉTROPOLE | NORMALE |
Le bonheur est-il affaire de raison?
source : 2023-general-metropole-normale.pdf
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| 2023 | Voie générale | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Pouvons-nous vraiment connaître la nature?
source : 2023-general-metropole-remplacement.pdf
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| 2023 | Voie générale | MÉTROPOLE | NORMALE |
Vouloir la paix, est-ce vouloir la justice?
source : 2023-general-metropole-normale.pdf
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| 2023 | Voie générale | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Être heureux, cela requiert-il d’être seul?
source : 2023-general-metropole-remplacement.pdf
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| 2023 | Voie générale | MÉTROPOLE | NORMALE |
Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées; mais, à la différence de l’ingénieur, il ne subordonne pas chacune d’elles à l’obtention de matières premières et d’outils, conçus et procurés à la mesure de son projet: son univers instrumental est clos, et la règle de son jeu est de toujours s’a…
lire la suiteLe bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâches diversifiées; mais, à la différence de l’ingénieur, il ne subordonne pas chacune d’elles à l’obtention de matières premières et d’outils, conçus et procurés à la mesure de son projet: son univers instrumental est clos, et la règle de son jeu est de toujours s’arranger avec les « moyens du bord », c’est-à-dire un ensemble à chaque instant fini d’outils et de matériaux, hétéroclites au surplus, parce que la composition de l’ensemble n’est pas en rapport avec le projet du moment, ni d’ailleurs avec aucun projet particulier, mais est le résultat contingent de toutes les occasions qui se sont présentées de renouveler ou d’enrichir le stock, ou de l’entretenir avec les résidus de constructions et de destructions antérieures. L’ensemble des moyens du bricoleur n’est donc pas définissable par un projet (ce qui supposerait d’ailleurs, comme chez l’ingénieur, l’existence d’autant d’ensembles instrumentaux que de genres de projets, au moins en théorie); il se définit seulement par son instrumentalité, autrement dit et pour employer le langage même du bricoleur, parce que les éléments sont recueillis ou conservés en vertu du principe que « ça peut toujours servir ». De tels éléments sont donc à demi particularisés: suffisamment pour que le bricoleur n’ait pas besoin de l’équipement et du savoir de tous les corps d’état1; mais pas assez pour que chaque élément soit astreint à un emploi précis et déterminé. Chaque élément représente un ensemble de relations, à la fois concrètes et virtuelles; ce sont des opérateurs, mais utilisables en vue d’opérations quelconques au sein d’un type.1 « corps d’état »: corps de métiers La Pensée sauvage (1962)
source : 2023-general-metropole-normale.pdf
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Lévi-Strauss |