Banque de sujets de baccalauréat - philosophie

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2003 STI AA MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'existence des êtres finis est si pauvre et si bornée que, quand nous ne voyons que ce qui est, nous ne sommes jamais émus. Ce sont les chimères qui ornent les objets réels ; et si l'imagination n'ajoute un charme à ce qui nous frappe, le stérile plaisir qu'on y prend se borne à l'organe, et laisse toujours le coeur …
lire la suite L'existence des êtres finis est si pauvre et si bornée que, quand nous ne voyons que ce qui est, nous ne sommes jamais émus. Ce sont les chimères qui ornent les objets réels ; et si l'imagination n'ajoute un charme à ce qui nous frappe, le stérile plaisir qu'on y prend se borne à l'organe, et laisse toujours le coeur froid. La terre, parée des trésors de l'automne, étale une richesse que l'oeil admire mais cette admiration n'est point touchante ; elle vient plus de la réflexion que du sentiment. Au printemps, la campagne presque nue n'est encore couverte de rien, les bois n'offrent point d'ombre, la verdure ne fait que de poindre, et le coeur est touché à son aspect. En voyant renaître ainsi la nature, on se sent ranimer soi-même ; l'image du plaisir nous environne ; ces compagnes de la volupté, ces douces larmes, toujours prêtes à se joindre à tout sentiment délicieux, sont déjà sur le bord de nos paupières ; mais l'aspect des vendanges a beau être animé, vivant, agréable, on le voit toujours d'un oeil sec.
Pourquoi cette différence ? C'est qu'au spectacle du printemps l'imagination joint celui des saisons qui le doivent suivre ; à ces tendres bourgeons que l'oeil aperçoit, elle ajoute les fleurs, les fruits, les ombrages, quelquefois les mystères qu'ils peuvent couvrir. Elle réunit en un point des temps qui doivent se succéder, et voit moins les objets comme ils seront que comme elle les désire, parce qu'il dépend d'elle de les choisir. En automne, au contraire, on n'a plus à voir que ce qui est. Si l'on veut arriver au printemps, l'hiver nous arrête, et l'imagination glacée expire sur la neige et sur les frimas.

ROUSSEAU

1°
a) Dégagez la thèse de Rousseau et les étapes de son argumentation.
b) Précisez les éléments de la comparaison qu'il établit entre l'automne et le printemps.

2) Expliquez
a) "quand nous ne voyons que ce qui est, nous ne sommes jamais émus" et "[elle] voit moins les objets comme ils seront que comme elle les désire".
b) "elle vient plus de la réflexion que du sentiment".

3/ Qu'est-ce qui me touche dans ce que je perçois ?
notions : {IMAGINATION} PERCEPTION
ROUSSEAU
2003 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE Respecter la nature, est-ce renoncer à la transformer ?
notions : TECHNIQUE TRAVAIL
2003 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Les oeuvres d'art nous font-elles oublier le réel ?
notions : ART RÉEL
2003 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Suffit-il d'avoir raison pour convaincre ?
notions : RAISON
2003 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE L'homme cherche-t-il toujours à connaître la vérité ?
notions : VÉRITÉ
2003 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE Le premier et le plus grand intérêt public est toujours la justice. Tous veulent que les conditions soient égales pour tous, et la justice n'est que cette égalité. Le citoyen ne veut que les lois et que l'observation des lois. Chaque particulier (1) dans le peuple sait bien que s'il y a des exceptions, elles ne seront…
lire la suite Le premier et le plus grand intérêt public est toujours la justice. Tous veulent que les conditions soient égales pour tous, et la justice n'est que cette égalité. Le citoyen ne veut que les lois et que l'observation des lois. Chaque particulier (1) dans le peuple sait bien que s'il y a des exceptions, elles ne seront pas en sa faveur. Ainsi tous craignent les exceptions, et qui craint les exceptions aime la loi.
Chez les chefs c'est toute autre chose. (...) Ils cherchent des préférences partout. S'ils veulent des lois, ce n'est pas pour leur obéir, c'est pour en être les arbitres. Ils veulent des lois pour se mettre à leur place et pour se faire craindre en leur nom. Tout les favorise dans ce projet. Ils se servent des droits qu'ils ont pour usurper (2) sans risque ceux qu'ils n'ont pas.

ROUSSEAU

(1) particulier : individu, personne singulière.
(2) usurper : commettre un abus en prétendant avoir le droit pour soi.

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée centrale du texte et les étapes du raisonnement.

2° Expliquez
a) "le plus grand intérêt public est toujours la justice" ;
b) "qui craint les exceptions aime la loi".

3° Pourquoi l'égalité est-elle essentielle au droit ?
notions : ÉTAT  JUSTICE LOI POLITIQUE
ROUSSEAU
2003 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Chacun sent bien que la force ne peut rien contre le droit ; mais beaucoup sont disposés à reconnaître que la force peut quelque chose pour le droit [...]. Je suis bien loin de mépriser cet ordre ancien et vénérable que l'agent (1) au carrefour représente si bien. Et je veux remarquer d'abord ceci, c'est que l'autorit…
lire la suite Chacun sent bien que la force ne peut rien contre le droit ; mais beaucoup sont disposés à reconnaître que la force peut quelque chose pour le droit [...]. Je suis bien loin de mépriser cet ordre ancien et vénérable que l'agent (1) au carrefour représente si bien. Et je veux remarquer d'abord ceci, c'est que l'autorité de l'agent est reconnue plutôt que subie. Je suis pressé ; le bâton levé produit en moi un mouvement d'impatience et même de colère ; mais enfin je veux cet ordre au carrefour et non pas une lutte de force entre les voitures ; et le bâton de l'agent me rappelle cette volonté mienne, que la passion allait me faire oublier. Ce que j'exprime en disant qu'il y a un ordre de droit entre l'agent et moi, entre les autres voyageurs et moi ; ou bien, si l'on veut dire autrement, un état de paix véritable. Si cet ordre n'est point reconnu et voulu par moi, si je cède seulement à une force évidemment supérieure, il n'y a ni paix ni droit, mais seulement un vainqueur, qui est l'agent, et un vaincu, qui est moi.

ALAIN

(1) agent : agent de police.

QUESTIONS :

1° Dégagez la thèse du texte et les étapes du raisonnement.

2° Expliquez
a) "Et je veux remarquer d'abord ceci, c'est que l'autorité de l'agent est reconnue plutôt que subie" ;
b) "ce que j'exprime en disant qu'il y a un ordre de droit entre l'agent et moi, entre les autres voyageurs et moi".

3° N'obéit-on à la loi que par peur de la sanction ?
notions : DROIT
ALAIN
2003 TMD MÉTROPOLE NORMALE La passion nous sépare-t-elle d'autrui ?
notions : AUTRUI
2003 TMD MÉTROPOLE REMPLACEMENT Faut-il se méfier de l'imagination ?
notions : RAISON RÉEL
2003 TMD MÉTROPOLE NORMALE La compréhension du présent suppose-t-elle une connaissance du passé ?
notions : HISTOIRE TEMPS
2003 TMD MÉTROPOLE REMPLACEMENT Peut-on se rendre maître du temps ?
notions : TEMPS
2003 TMD MÉTROPOLE NORMALE - Maintenant considère ceci. Quel but se propose la peinture relativement à chaque objet ? Est-ce de représenter ce qui est tel qu'il est, ou ce qui paraît tel qu'il paraît ; est-ce l'imitation de l'apparence ou de la réalité ? - De l'apparence, à mon avis. - L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai, et, s'il …
lire la suite - Maintenant considère ceci. Quel but se propose la peinture relativement à chaque objet ? Est-ce de représenter ce qui est tel qu'il est, ou ce qui paraît tel qu'il paraît ; est-ce l'imitation de l'apparence ou de la réalité ?
- De l'apparence, à mon avis.
- L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai, et, s'il peut tout exécuter, c'est, semble-t-il, qu'il ne touche qu'une petite partie de chaque chose, et cette partie n'est qu'une image. Nous pouvons dire par exemple que le peintre nous peindra un cordonnier, un charpentier ou tout autre artisan sans connaître le métier d'aucun d'eux ; il n'en fera pas moins, s'il est bon peintre, illusion aux enfants et aux ignorants, en peignant un charpentier et en le montrant de loin parce qu'il lui aura donné l'apparence d'un charpentier véritable.
- Assurément.
- Mais voici, mon ami, ce qu'il faut, selon moi, penser de tout cela : quand quelqu'un vient nous dire qu'il a rencontré un homme au courant de tous les métiers et qui connaît mieux tous les détails de chaque art que n'importe quel spécialiste, il faut lui répondre qu'il est naïf et qu'il est tombé sans doute sur un charlatan ou un imitateur qui lui a jeté de la poudre aux yeux, et que, s'il l'a pris pour un savant universel, c'est qu'il n'est pas capable de distinguer la science, l'ignorance et l'imitation.

PLATON

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée directrice et les principaux moments du texte.

2° Expliquez :
a) "il ne touche qu'une petite partie de chaque chose, et cette partie n'est qu'une image"
b) "s'il l'a pris pour un savant universel, c'est qu'il n'est pas capable de distinguer la science, l'ignorance et l'imitation".

3° Le but de l'art est-il la vérité ?
notions : ART RÉEL
PLATON
2003 TMD MÉTROPOLE REMPLACEMENT Le principe du devoir envers soi-même est d'un tout autre ordre et n'a aucun rapport avec notre bien-être et notre bonheur terrestre. Loin d'occuper le dernier rang, ces devoirs envers soi viennent en premier et sont les plus importants de tous, car - sans encore expliquer de quoi ils retournent - il est évident qu'on…
lire la suite Le principe du devoir envers soi-même est d'un tout autre ordre et n'a aucun rapport avec notre bien-être et notre bonheur terrestre. Loin d'occuper le dernier rang, ces devoirs envers soi viennent en premier et sont les plus importants de tous, car - sans encore expliquer de quoi ils retournent - il est évident qu'on ne peut rien attendre d'un homme qui déshonore sa propre personne.
Celui qui contrevient aux devoirs qu'il a envers lui-même rejette du même coup l'humanité et n'est plus en état de s'acquitter de ses devoirs envers les autres. L'homme qui a mal accompli ses devoirs envers autrui, en manquant de générosité, de bonté et de compassion à son endroit, mais qui a observé les devoirs qu'il a envers lui-même en vivant comme il convient, peut encore posséder une certaine valeur intrinsèque. Celui qui au contraire a transgressé ces devoirs envers soi ne possède aucune valeur intrinsèque. Par conséquent la violation des devoirs envers soi-même enlève toute valeur à l'homme, tandis que la violation de ses devoirs envers les autres lui ôte sa valeur de manière simplement relative.
Aussi les devoirs envers soi sont-ils la condition première sous laquelle les devoirs envers autrui pourront être observés [...]. Un ivrogne ne fait de mal à personne, et s'il est de forte constitution, il peut bien ne pas se nuire à lui-même en abusant de la boisson, et pourtant il est un objet de mépris.

KANT

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée principale du texte et ses articulations.

2° Expliquez l'expression suivante : "La violation des devoirs envers soi-même enlève toute valeur à l'homme, tandis que la violation de ses devoirs envers les autres lui ôte sa valeur de manière simplement relative".

3° Le respect d'autrui suppose-t-il le respect de soi ?
notions : AUTRUI BONHEUR DEVOIR SUJET
KANT
2003 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE La conscience peut-elle être un obstacle pour l'action ?
notions : CONSCIENCE MORALE
2003 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Est-il raisonnable d'opposer théorie et expérience ?
notions : EXPÉRIENCE RAISON THÉORIE
2003 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE La justice, parmi les autres vertus, a pour fonction propre d'ordonner l'homme en ce qui est relatif à autrui. En effet, elle implique une certaine égalité, comme son nom lui-même l'indique : ce qui s'égale "s'ajuste", dit-on communément ; or l'égalité se définit par rapport à autrui. Les autres vertus au contraire ne…
lire la suite La justice, parmi les autres vertus, a pour fonction propre d'ordonner l'homme en ce qui est relatif à autrui. En effet, elle implique une certaine égalité, comme son nom lui-même l'indique : ce qui s'égale "s'ajuste", dit-on communément ; or l'égalité se définit par rapport à autrui. Les autres vertus au contraire ne perfectionnent l'homme que dans ce qui le concerne personnellement.
Ainsi donc, ce qui est droit dans les oeuvres de ces vertus, et à quoi tend l'intention vertueuse comme à son objet propre, ne se définit que par rapport au sujet vertueux, tandis que le droit, dans les oeuvres de justice, est constitué par son rapport avec autrui, même abstraction faite du sujet ; en effet, nous appelons juste dans notre action ce qui correspond à autre chose selon une certaine égalité, par exemple le paiement du salaire qui est dû en raison d'un service.
En conséquence, on appelle juste, avec toute la rectitude de justice que cela comporte, le terme auquel aboutit l'acte de la vertu de justice, sans même considérer la façon dont le sujet l'accomplit, alors que, pour les autres vertus, c'est au contraire la façon dont le sujet agit qui sert à déterminer la rectitude de ce qu'il fait. C'est pourquoi l'objet de la justice, contrairement à celui des autres vertus, se détermine en lui-même, spécialement, et porte le nom de juste. Et c'est précisément le droit. Celui-ci est donc bien l'objet de la justice.

THOMAS D'AQUIN, Somme théologique.
notions : AUTRUI DROIT JUSTICE
THOMAS D'AQUIN
2003 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Peut-on être immoral sans le savoir ?
notions : CONSCIENCE MORALE
2003 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Une société sans conflits est-elle souhaitable ?
notions : SOCIÉTÉ
2003 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Chacun de nous a sa manière d'aimer et de haïr, et cet amour, cette haine, reflètent sa personnalité tout entière. Cependant le langage désigne ces états par les mêmes mots chez tous les hommes ; aussi n'a-t-il pu fixer que l'aspect objectif et impersonnel de l'amour, de la haine, et des mille sentiments qui agitent l…
lire la suite Chacun de nous a sa manière d'aimer et de haïr, et cet amour, cette haine, reflètent sa personnalité tout entière. Cependant le langage désigne ces états par les mêmes mots chez tous les hommes ; aussi n'a-t-il pu fixer que l'aspect objectif et impersonnel de l'amour, de la haine, et des mille sentiments qui agitent l'âme. Nous jugeons du talent d'un romancier à la puissance avec laquelle il tire du domaine public, où le langage les avait ainsi fait descendre, des sentiments et des idées auxquels il essaie de rendre, par une multiplicité de détails qui se juxtaposent, leur primitive et vivante individualité. Mais de même qu'on pourra intercaler indéfiniment des points entre deux positions d'un mobile sans jamais combler l'espace parcouru, ainsi, par cela seul que nous parlons, par cela seul que nous associons des idées les unes aux autres et que ces idées se juxtaposent au lieu de se pénétrer, nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage.

BERGSON, Essai sur les données immédiates de la conscience.
notions : ART ESPRIT LANGAGE
BERGSON
2003 S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Répondre à un désir, est-ce nécessairement le satisfaire ?
notions : DÉSIR
2003 S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Peut-on opposer le théoricien et l'observateur ?
notions : EXPÉRIENCE THÉORIE
2003 S NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Puisqu'il est évident que l'inspiration ne forme rien sans matière, il faut donc à l'artiste, à l'origine des arts et toujours, quelque premier objet ou quelque première contrainte de fait, sur quoi il exerce d'abord sa perception, comme l'emplacement et les pierres pour l'architecte, un bloc de marbre pour le sculpte…
lire la suite Puisqu'il est évident que l'inspiration ne forme rien sans matière, il faut donc à l'artiste, à l'origine des arts et toujours, quelque premier objet ou quelque première contrainte de fait, sur quoi il exerce d'abord sa perception, comme l'emplacement et les pierres pour l'architecte, un bloc de marbre pour le sculpteur, un cri pour le musicien, une thèse pour l'orateur, une idée pour l'écrivain, pour tous des coutumes acceptées d'abord. Par quoi se trouve défini l'artiste, tout à fait autrement que d'après la fantaisie. Car tout artiste est percevant et actif, artisan toujours en cela. Plutôt attentif à l'objet qu'à ses propres passions ; on dirait presque passionné contre les passions, j'entends impatient surtout à l'égard de la rêverie oisive : ce trait est commun aux artistes, et les fait passer pour difficiles. [...] Mais si l'on revient aux principes jusqu'ici exposés, on se détournera de penser que quelque objet beau soit jamais créé hors de l'action. Ainsi la méditation de l'artiste serait plutôt observation que rêverie, et encore mieux observation de ce qu'il a fait comme source et règle de ce qu'il va faire. Bref, la loi suprême de l'invention humaine est que l'on n'invente qu'en travaillant. Artisan d'abord.

ALAIN, Système des beaux-arts.
notions : ART PERCEPTION TRAVAIL
ALAIN
2003 TECHN. NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Est-il impossible aux historiens d'être objectifs ?
notions : HISTOIRE VÉRITÉ
2003 TECHN. NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Un homme peut-il renoncer à sa liberté ?
notions : {HOMME} LIBERTÉ
2003 TECHN. NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Le sensible dans l'art ne concerne que ceux de nos sens qui sont intellectualisés : la vue et l'ouïe, à l'exclusion de l'odorat, du goût et du toucher. Car l'odorat, le goût et le toucher n'ont affaire qu'à des éléments matériels et à leurs qualités immédiatement sensibles, l'odorat à l'évaporation de particules matér…
lire la suite Le sensible dans l'art ne concerne que ceux de nos sens qui sont intellectualisés : la vue et l'ouïe, à l'exclusion de l'odorat, du goût et du toucher. Car l'odorat, le goût et le toucher n'ont affaire qu'à des éléments matériels et à leurs qualités immédiatement sensibles, l'odorat à l'évaporation de particules matérielles dans l'air, le goût à la dissolution de particules matérielles, le toucher au froid, au chaud, au lisse, etc. Ces sens n'ont rien à faire avec les objets de l'art qui doivent se maintenir dans une réelle indépendance et ne pas se borner à offrir des relations sensibles. Ce que ces sens trouvent agréable n'est pas le beau que connaît l'art. C'est donc à dessein que l'art crée un royaume d'ombres, de formes, de tonalités, d'intuitions ; ces formes et ces tonalités sensibles, l'art ne les fait pas seulement intervenir pour elles-mêmes et sous leur apparence immédiate, mais encore afin de satisfaire des intérêts spirituels supérieurs, parce qu'ils sont capables de faire naître une résonance dans les profondeurs de la conscience, un écho dans l'esprit.

HEGEL

QUESTIONS :

1° Dégager l'idée principale du texte et les étapes de son argumentation.

2° Répondre aux questions suivantes en prenant appui sur le texte
a) Pourquoi les sens "non intellectualisés" n'ont-ils rien à faire avec l'art ?
b) En quoi le beau nous élève-t-il au-dessus de l'agréable ?

3° Qu'est-ce qui nous plaît dans une oeuvre d'art ?
notions : ART ESPRIT MATIÈRE PERCEPTION
HEGEL
2003 ES POLYNÉSIE NORMALE Peut-on refuser d'être libre ?
notions : LIBERTÉ
2003 ES POLYNÉSIE REMPLACEMENT Dialoguer, n'est-ce que débattre ?
notions : AUTRUI ÉCHANGES LANGAGE
2003 ES POLYNÉSIE REMPLACEMENT L'originalité suffit-elle à faire la valeur d'une oeuvre d'art ?
notions : ART
2003 ES POLYNÉSIE NORMALE Y a-t-il un sens à parler de désirs inconscients ?
notions : DÉSIR INCONSCIENT
2003 ES POLYNÉSIE NORMALE Les poètes sont des hommes qui refusent d'utiliser le langage. Or, comme c'est dans et par le langage conçu comme une certaine espèce d'instrument que s'opère la recherche de la vérité, il ne faut pas s'imaginer qu'ils visent à discerner le vrai ni à l'exposer. Ils ne songent pas non plus à nommer le monde et, par le …
lire la suite Les poètes sont des hommes qui refusent d'utiliser le langage. Or, comme c'est dans et par le langage conçu comme une certaine espèce d'instrument que s'opère la recherche de la vérité, il ne faut pas s'imaginer qu'ils visent à discerner le vrai ni à l'exposer. Ils ne songent pas non plus à nommer le monde et, par le fait, ils ne nomment rien du tout, car la nomination implique un perpétuel sacrifice du nom à l'objet nommé : le nom s'y révèle l'inessentiel, en face de la chose qui est essentielle. Ils ne parlent pas ; ils ne se taisent pas non plus : c'est autre chose. En fait, le poète s'est retiré d'un seul coup du langage-instrument ; il a choisi une fois pour toutes l'attitude poétique qui considère les mots comme des choses et non comme des signes. Car l'ambiguïté du signe implique qu'on puisse à son gré le traverser comme une vitre et poursuivre à travers lui la chose signifiée ou tourner son regard vers sa réalité et le considérer comme objet. L'homme qui parle est au-delà des mots, près de l'objet ; le poète est en deçà. Pour le premier, ils sont domestiques ; pour le second, ils restent à l'état sauvage. Pour celui-là, ce sont des conventions utiles, des outils qui s'usent peu à peu et qu'on jette quand ils ne peuvent plus servir ; pour le second, ce sont des choses naturelles qui croissent naturellement sur la terre comme l'herbe et les arbres.

SARTRE, Qu'est-ce que la Littérature ?
notions : ART LANGAGE RÉEL VÉRITÉ
SARTRE
2003 ES POLYNÉSIE REMPLACEMENT L'expérience paraît enseigner que dans l'intérêt de la paix et de la concorde, il convient que tout le pouvoir appartienne à un seul. Nul État en effet n'est demeuré aussi longtemps sans aucun changement notable que celui des Turcs et en revanche nulles cités n'ont été moins durables que les Cités populaires ou démocr…
lire la suite L'expérience paraît enseigner que dans l'intérêt de la paix et de la concorde, il convient que tout le pouvoir appartienne à un seul. Nul État en effet n'est demeuré aussi longtemps sans aucun changement notable que celui des Turcs et en revanche nulles cités n'ont été moins durables que les Cités populaires ou démocratiques, et il n'en est pas où se soient élevées plus de séditions. Mais si la paix doit porter le nom de servitude, de barbarie et de solitude, il n'est rien pour les hommes de si lamentable que la paix. Entre les parents et les enfants il y a certes plus de querelles et des discussions plus âpres qu'entre maîtres et esclaves, et cependant il n'est pas de l'intérêt de la famille ni de son gouvernement que l'autorité paternelle se change en une domination et que les enfants soient tels que des esclaves. C'est donc la servitude, non la paix, qui demande que tout le pouvoir soit, aux mains d'un seul : ainsi que nous l'avons déjà dit, la paix ne consiste pas dans l'absence de guerre, mais dans l'union des âmes, c'est-à-dire dans la concorde.

SPINOZA, Traité politique.
notions : ÉTAT  LIBERTÉ POLITIQUE
SPINOZA
2003 L POLYNÉSIE NORMALE Faut-il considérer les lois comme un mal nécessaire ?
notions : LOI
2003 L POLYNÉSIE REMPLACEMENT D'où viennent nos connaissances ?
notions : EXPÉRIENCE THÉORIE
2003 L POLYNÉSIE NORMALE Obéir à la raison suffit-il à rendre heureux ?
notions : BONHEUR RAISON
2003 L POLYNÉSIE REMPLACEMENT Pour se libérer du passé faut-il l'oublier ?
notions : LIBERTÉ TEMPS
2003 L POLYNÉSIE NORMALE Chaque mot de notre langue a beau être conventionnel, le langage n'est pas une convention, et il est aussi naturel à l'homme de parler que de marcher. Or, quelle est la fonction primitive du langage ? C'est d'établir une communication en vue d'une coopération. Le langage transmet des ordres ou des avertissements. Il p…
lire la suite Chaque mot de notre langue a beau être conventionnel, le langage n'est pas une convention, et il est aussi naturel à l'homme de parler que de marcher. Or, quelle est la fonction primitive du langage ? C'est d'établir une communication en vue d'une coopération. Le langage transmet des ordres ou des avertissements. Il prescrit ou il décrit. Dans le premier cas, c'est l'appel à l'action immédiate ; dans le second, c'est le signalement de la chose ou de quelqu'une de ses propriétés, en vue de l'action future. Mais, dans un cas comme dans l'autre, la fonction est industrielle, commerciale, militaire, toujours sociale. Les choses que le langage décrit ont été découpées dans le réel par la perception humaine en vue du travail humain. Les propriétés qu'il signale sont les appels de la chose à une activité humaine. Le mot sera donc le même, comme nous le disions, quand la démarche suggérée sera la même, et notre esprit attribuera à des choses diverses la même propriété, se les représentera de la même manière, les groupera enfin sous la même idée, partout où la suggestion du même parti à tirer, de la même action à faire, suscitera le même mot. Telles sont les origines du mot et de l'idée.

BERGSON, La Pensée et le mouvant.
notions : ÉCHANGES ESPRIT LANGAGE SOCIÉTÉ
BERGSON
2003 L POLYNÉSIE REMPLACEMENT Sitôt que les hommes sont en société, ils perdent le sentiment de leur faiblesse ; l'égalité, qui était entre eux, cesse, et l'état de guerre commence. Chaque société particulière vient à sentir sa force ; ce qui produit un état de guerre de nation à nation. Les particuliers, dans chaque société, commencent à sentir…
lire la suite Sitôt que les hommes sont en société, ils perdent le sentiment de leur faiblesse ; l'égalité, qui était entre eux, cesse, et l'état de guerre commence.
Chaque société particulière vient à sentir sa force ; ce qui produit un état de guerre de nation à nation. Les particuliers, dans chaque société, commencent à sentir leur force ; ils cherchent à tourner en leur faveur les principaux avantages de cette société ; ce qui fait entre eux un état de guerre.
Ces deux sortes d'état de guerre font établir les lois parmi les hommes. Considérés comme habitants d'une si grande planète, qu'il est nécessaire qu'il y ait différents peuples, ils ont des lois dans le rapport que ces peuples ont entre eux ; et c'est le DROIT DES GENS (1) (...).
Le droit des gens est naturellement fondé sur ce principe, que les diverses nations doivent se faire, dans la paix, le plus de bien, et, dans la guerre, le moins de mal qu'il est possible, sans nuire à leurs véritables intérêts.
L'objet de la guerre, c'est la victoire ; celui de la victoire, la conquête ; celui de la conquête, la conservation. De ce principe et du précédent doivent dériver toutes les lois qui forment le droit des gens.

MONTESQUIEU, De l'Esprit des lois.

(1) "gens" est pris ici au sens de peuple.
notions : LOI SOCIÉTÉ
MONTESQUIEU
2003 S POLYNÉSIE NORMALE Sommes-nous démunis face à ce dont nous n'avons jamais fait l'expérience ?
notions : EXPÉRIENCE
2003 S POLYNÉSIE REMPLACEMENT L'interdit est-il une condition de la liberté ?
notions : LIBERTÉ MORALE
2003 S POLYNÉSIE NORMALE Faut-il séparer la beauté et la vérité ?
notions : ART VÉRITÉ
2003 S POLYNÉSIE REMPLACEMENT Connaître est-ce nécessairement expliquer ?
notions : RAISON RÉEL
2003 S POLYNÉSIE NORMALE La morale est étroitement liée à la politique : elle est une tentative pour imposer à des individus les désirs collectifs d'un groupe ; ou, inversement, elle est une tentative faite par un individu pour que ses désirs deviennent ceux de son groupe. Ceci n'est possible, bien entendu, que si ses désirs ne sont pas trop …
lire la suite La morale est étroitement liée à la politique : elle est une tentative pour imposer à des individus les désirs collectifs d'un groupe ; ou, inversement, elle est une tentative faite par un individu pour que ses désirs deviennent ceux de son groupe. Ceci n'est possible, bien entendu, que si ses désirs ne sont pas trop visiblement contraires à l'intérêt général : le cambrioleur peut difficilement tenter de persuader les gens qu'il leur fait du bien, quoique des ploutocrates (1) fassent des tentatives de ce genre, et réussissent même souvent. Quand l'objet de nos désirs peut bénéficier à tous, il ne paraît pas déraisonnable d'espérer que d'autres se joindront à nous ; ainsi le philosophe qui fait grand cas de la Vérité, de la Bonté et de la Beauté est persuadé qu'il n'exprime pas seulement ses propres désirs, mais qu'il montre la voie du bonheur à toute l'humanité. Contrairement au cambrioleur, il peut croire que l'objet de ses désirs a une valeur impersonnelle.
La morale est une tentative pour donner une importance universelle, et non simplement personnelle, à certains de nos désirs. Je dis "certains" de nos désirs, parce que c'est manifestement impossible dans certains cas, comme nous l'avons vu pour le cambrioleur. L'homme qui s'enrichit à la Bourse au moyen de renseignements secrets ne souhaite pas que les autres soient également bien informés : la Vérité (dans la mesure où il en fait cas) est pour lui une possession privée, et non le bien universel qu'elle est pour le philosophe.

RUSSELL, Science et religion.

(1) un ploutocrate : celui qui tire sa puissance de sa richesse
notions : DÉSIR MORALE POLITIQUE
RUSSELL
2003 S POLYNÉSIE REMPLACEMENT L'homme est destiné par sa raison à exister en société avec des hommes et à se cultiver, se civiliser, se moraliser, dans cette société, par l'art et les sciences, si grand que puisse être son penchant animal à s'abandonner passivement aux séductions du confort et du bien-vivre qu'il appelle félicité : bien plutôt est…
lire la suite L'homme est destiné par sa raison à exister en société avec des hommes et à se cultiver, se civiliser, se moraliser, dans cette société, par l'art et les sciences, si grand que puisse être son penchant animal à s'abandonner passivement aux séductions du confort et du bien-vivre qu'il appelle félicité : bien plutôt est-il destiné à se rendre activement digne de l'humanité, en luttant contre les obstacles dont l'accable la grossièreté de sa nature.
L'homme doit donc nécessairement être éduqué en vue du bien ; mais celui qui a le devoir de l'éduquer est à son tour un homme qui est encore plongé dans la grossièreté de la nature et doit pourtant produire ce dont lui-même a besoin. De là vient le constant écart de l'être humain par rapport à sa destination, avec toujours des tentatives répétées pour y revenir.

KANT, Anthropologie du point de vue pragmatique.
notions : CULTURE MORALE RAISON SOCIÉTÉ
KANT
2003 TECHN. POLYNÉSIE NORMALE Peut-on avoir de bonnes raisons de ne pas dire la vérité ?
notions : RAISON VÉRITÉ
2003 TECHN. POLYNÉSIE REMPLACEMENT L'art n'a-t-il pour but que le plaisir ?
notions : ART
2003 TECHN. POLYNÉSIE REMPLACEMENT La technique est-elle moralement neutre ?
notions : MORALE TECHNIQUE
2003 TECHN. POLYNÉSIE NORMALE Peut-on exercer sa liberté sans prendre de risques ?
notions : LIBERTÉ
2003 TECHN. POLYNÉSIE NORMALE Ce qui est bien et conforme à l'ordre est tel par la nature des choses et indépendamment des conventions humaines. Toute justice vient de Dieu, lui seul en est la source ; mais si nous savions la recevoir de si haut nous n'aurions besoin ni de gouvernement ni de lois. Sans doute il est une justice universelle émanée d…
lire la suite Ce qui est bien et conforme à l'ordre est tel par la nature des choses et indépendamment des conventions humaines. Toute justice vient de Dieu, lui seul en est la source ; mais si nous savions la recevoir de si haut nous n'aurions besoin ni de gouvernement ni de lois. Sans doute il est une justice universelle émanée de la raison seule ; mais cette justice pour être admise entre nous doit être réciproque. A considérer humainement les choses, faute de sanction naturelle les lois de la justice sont vaines parmi les hommes ; elles ne font que le bien du méchant et le mal du juste, quand celui-ci les observe avec tout le monde sans que personne les observe avec lui. Il faut donc des conventions et des lois pour unir les droits aux devoirs et ramener la justice à son objet. Dans l'état de nature, où tout est commun, je ne dois rien à ceux à qui je n'ai rien promis, je ne reconnais pour être à autrui que ce qui m'est inutile. Il n'en est pas ainsi dans l'état civil (1) où tous les droits sont fixés par la loi.

ROUSSEAU

(1) état civil : état de société

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée centrale du texte et les étapes de l'argumentation.

2° Expliquez
a) "il est une justice universelle émanée de la raison seule" ;
b) "faute de sanction naturelle les lois de la justice sont vaines parmi les hommes" ;
c) "dans l'état civil où tous les droits sont fixés par la loi".

3° Faut-il des lois pour que la justice se réalise ?
notions : DEVOIR DROIT JUSTICE LOI RAISON
ROUSSEAU
2003 TECHN. POLYNÉSIE REMPLACEMENT On pense que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n'est pas absolument vrai, car en réalité être captif (1) de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c'est le pire esclavage, et la liberté n'est qu'à ce…
lire la suite On pense que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n'est pas absolument vrai, car en réalité être captif (1) de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c'est le pire esclavage, et la liberté n'est qu'à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison. Quant à l'action par commandement, c'est-à-dire à l'obéissance, elle ôte bien en quelque manière la liberté, elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave. Si la fin (2) de l'action n'est pas l'utilité de l'agent (3) lui-même, mais de celui qui la commande, alors l'agent est un esclave, inutile à lui-même ; au contraire, dans un État et sous un commandement pour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit un esclave inutile à lui même, mais un sujet.

SPINOZA

(1) être captif : être prisonnier
(2) la fin : le but
(3) l'agent : celui qui agit

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée principale du texte et les étapes de son argumentation.

2°
a) Expliquez "être captif de son plaisir est le pire esclavage" ;
b) expliquez "la liberté n'est qu'à celui qui, de son entier consentement, vit sous la seule conduite de la raison" ;
c) que signifie l'opposition entre un esclave et un sujet ?

3° L'obéissance est-elle nécessairement contraire à la liberté ?
notions : ÉTAT  LIBERTÉ RAISON
SPINOZA
2002 ES AMÉRIQUE DU NORD NORMALE N'exprime-t-on que ce dont on a conscience ?
notions : CONSCIENCE

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