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| 2002 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Reconnaît-on l'artiste à son savoir-faire ?
notions : ART TECHNIQUE
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| 2002 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Le gouvernement arbitraire d'un prince juste et éclairé est toujours mauvais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des séductions : elles accoutument insensiblement un peuple à aimer, à respecter, à servir son successeur, quel qu'il soit, méchant et stupide. II enlève au peuple le droit de délibérer, de …
lire la suiteLe gouvernement arbitraire d'un prince juste et éclairé est toujours mauvais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des séductions : elles accoutument insensiblement un peuple à aimer, à respecter, à servir son successeur, quel qu'il soit, méchant et stupide. II enlève au peuple le droit de délibérer, de vouloir ou ne vouloir pas, de s'opposer même à sa volonté, lorsqu'il ordonne le bien ; cependant ce droit d'opposition, tout insensé qu'il est, est sacré : sans quoi les sujets ressemblent à un troupeau dont on méprise la réclamation, sous prétexte qu'on le conduit dans de gras pâturages. En gouvernant selon son bon plaisir, le tyran commet le plus grand des forfaits. Qu'est-ce qui caractérise le despote ? Est-ce la bonté ou la méchanceté ? Nullement. Ces deux notions n'entrent seulement pas dans sa définition. C'est l'étendue et non l'usage de l'autorité qu'il s'arroge. Un des plus grands malheurs qui pût arriver à une nation, ce seraient deux ou trois règnes d'une puissance juste, douce, éclairée, mais arbitraire : les peuples seraient conduits par le bonheur à l'oubli complet de leurs privilèges, au plus parfait esclavage.DIDEROT, Lettre à Helvétius notions : ÉTAT LIBERTÉ MORALE POLITIQUE
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DIDEROT |
| 2002 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Le bonheur consiste-t-il à ne plus rien désirer ?
notions : BONHEUR DÉSIR
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| 2002 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
L'homme est-il un objet de connaissance comme un autre ?
notions : {CONNAISSANCE} {HOMME} {SCIENCE_DE_L\'HOMME.}
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| 2002 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Une doctrine inconciliable avec la société civile, c'est que chaque fois qu'un homme agit contre sa conscience c'est une faute. Cette doctrine repose sur la présomption par laquelle on se fait soi-même juge du bien et du mal. En effet, la conscience d'un homme, et son jugement, c'est tout un. Et la conscience, comme l…
lire la suiteUne doctrine inconciliable avec la société civile, c'est que chaque fois qu'un homme agit contre sa conscience c'est une faute. Cette doctrine repose sur la présomption par laquelle on se fait soi-même juge du bien et du mal. En effet, la conscience d'un homme, et son jugement, c'est tout un. Et la conscience, comme le jugement, peut être erronée. En conséquence, encore que celui qui n'est pas assujetti à la loi civile commette une faute chaque fois qu'il agit contre sa conscience (puisqu'il n'a pas d'autre règle à suivre que sa propre raison), il n'en va pas de même de celui qui vit dans une République, car la loi est alors la conscience publique, par laquelle il a antérieurement accepté d'être guidé. S'il n'en est pas ainsi, étant donné la diversité des consciences privées, qui ne sont rien d'autre que des opinions privées, la République sera nécessairement divisée, et nul ne s'aventurera à obéir au pouvoir souverain au-delà de ce qui aura trouvé grâce à ses propres yeux.HOBBES, Léviathan notions : CONSCIENCE LOI MORALE POLITIQUE
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HOBBES |
| 2002 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Ne désire-t-on que ce dont on manque ?
notions : DÉSIR
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| 2002 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Qu'est-ce qu'une parole vraie ?
notions : LANGAGE VÉRITÉ
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| 2002 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
La liberté des sujets ne consiste pas en ce qu'ils soient exempts des lois de l'État, ou que les souverains ne puissent pas établir telles lois que bon leur semble. Mais, parce que tous les mouvements et toutes les actions des particuliers ne peuvent jamais être tellement réglés, ni leur variété si limitée, qu'il n'en…
lire la suiteLa liberté des sujets ne consiste pas en ce qu'ils soient exempts des lois de l'État, ou que les souverains ne puissent pas établir telles lois que bon leur semble. Mais, parce que tous les mouvements et toutes les actions des particuliers ne peuvent jamais être tellement réglés, ni leur variété si limitée, qu'il n'en demeure presque une infinité qui ne sont ni commandées, ni défendues et que les lois laissent au franc arbitre (1) des hommes, chacun est libre à leur égard. (...) Car les lois n'ont pas été inventées pour empêcher toutes les actions des hommes, mais afin de les conduire, de même que la nature n'a pas donné des bords aux rivières pour en arrêter, mais pour en diriger la course. La mesure de cette liberté doit être prise sur le bien des sujets et sur l'intérêt de l'État (2). C'est pourquoi j'estime que c'est une chose particulièrement contraire au devoir des souverains et de tous ceux qui ont droit de donner des lois, d'en établir plus qu'il n'en est absolument de besoin pour l'intérêt des particuliers, et pour celui de la république.HOBBES, Du Citoyen (1) libre arbitre (2) cette liberté doit être mesurée d'après le bien des sujets et l'intérêt de l'État. notions : ÉTAT LIBERTÉ LOI
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HOBBES |
| 2002 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
La science peut-elle produire des croyances ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} CROYANCE RAISON
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| 2002 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
La force et le droit s'opposent-ils nécessairement ?
notions : DROIT
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| 2002 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples (1) plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d'eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu'ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire …
lire la suiteLorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples (1) plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d'eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu'ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n'aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d'eux à la prospérité de tous. Il n'est pas besoin d'arracher à de tels citoyens les droits qu'ils possèdent : ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes. L'exercice de leurs devoirs politiques leur paraît un contre-temps fâcheux qui les distrait de leur industrie (2). S'agit-il de choisir leurs représentants, de prêter main-forte à l'autorité, de traiter en commun la chose commune, le temps leur manque ; ils ne sauraient dissiper ce temps si précieux en travaux inutiles. Ce sont là jeux d'oisifs qui ne conviennent point à des hommes graves et occupés des intérêts sérieux de la vie. Ces gens-là croient suivre la doctrine de l'intérêt, mais ils ne s'en font qu'une idée grossière, et, pour mieux veiller à ce qu'ils nomment leurs affaires, ils négligent la principale qui est de rester maîtres d'eux-mêmes.TOCQUEVILLE, De la Démocratie en Amérique (1) ces peuples : les peuples démocratiques. (2) industrie : au sens large, ensemble des activités notamment économiques. notions : DEVOIR POLITIQUE
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TOCQUEVILLE |
| 2002 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Peut-on penser sans douter ?
notions : CONSCIENCE ESPRIT
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| 2002 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Sommes-nous responsables de notre histoire ?
notions : HISTOIRE
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| 2002 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
L'influence du langage sur la sensation est plus profonde qu'on ne le pense généralement. Non seulement le langage nous fait croire à l'invariabilité de nos sensations, mais il nous trompera parfois sur le caractère de la sensation éprouvée. Ainsi, quand je mange d'un mets réputé exquis, le nom qu'il porte, gros de l'…
lire la suiteL'influence du langage sur la sensation est plus profonde qu'on ne le pense généralement. Non seulement le langage nous fait croire à l'invariabilité de nos sensations, mais il nous trompera parfois sur le caractère de la sensation éprouvée. Ainsi, quand je mange d'un mets réputé exquis, le nom qu'il porte, gros de l'approbation qu'on lui donne, s'interpose entre ma sensation et ma conscience ; je pourrai croire que la saveur me plaît, alors qu'un léger effort d'attention me prouverait le contraire. Bref, le mot aux contours bien arrêtés, le mot brutal, qui emmagasine ce qu'il y a de stable, de commun et par conséquent d'impersonnel dans les impressions de l'humanité, écrase ou tout au moins recouvre les impressions délicates et fugitives de notre conscience individuelle. Pour lutter à armes égales, celles-ci devraient s'exprimer par des mots précis ; mais ces mots, à peine formés, se retourneraient contre la sensation qui leur donna naissance, et inventés pour témoigner que la sensation est instable, ils lui imposeraient leur propre stabilité.BERGSON, Essai sur les données immédiates de la conscience notions : CONSCIENCE LANGAGE PERCEPTION
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BERGSON |
| 2002 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Un choix peut-il être rationnel ?
notions : LIBERTÉ RAISON
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| 2002 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Les vérités scientifiques sont-elles indiscutables ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} VÉRITÉ
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| 2002 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Socrate : La rhétorique qui s'adresse au peuple d'Athènes et à celui des autres cités, c'est-à-dire des assemblées d'hommes libres, qu'en devons-nous penser ? Es-tu d'avis que les orateurs parlent toujours en vue du plus grand bien, avec la constante préoccupation de rendre les citoyens meilleurs par leurs discours, o…
lire la suiteSocrate : La rhétorique qui s'adresse au peuple d'Athènes et à celui des autres cités, c'est-à-dire des assemblées d'hommes libres, qu'en devons-nous penser ? Es-tu d'avis que les orateurs parlent toujours en vue du plus grand bien, avec la constante préoccupation de rendre les citoyens meilleurs par leurs discours, ou bien estimes-tu qu'ils courent après la faveur populaire, qu'ils sacrifient l'intérêt public à leur intérêt privé, et qu'ils traitent les peuples comme des enfants auxquels ils veulent plaire avant tout, sans s'inquiéter de savoir s'ils les rendent meilleurs ou pires par ces procédés ?Calliclès : Cette question est plus complexe : il y a des orateurs dont les discours s'inspirent de l'intérêt public, et d'autres qui font comme tu le dis. Socrate : il suffit : s'il y a deux sortes d'éloquence politique, l'une des deux est une flatterie et une vilaine chose ; l'autre seule est belle, celle qui travaille à améliorer les âmes des citoyens et qui s'efforce toujours vers le meilleur, que cela plaise ou non à l'auditoire. PLATON, Gorgias notions : LANGAGE POLITIQUE
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PLATON |
| 2002 | ES | ANTILLES | NORMALE |
La liberté des échanges est-elle une condition de la liberté politique ?
notions : ÉCHANGES LIBERTÉ POLITIQUE
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| 2002 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Comment peut-on savoir que l'on a raison ?
notions : RAISON VÉRITÉ
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| 2002 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Peut-on contredire l'expérience ?
notions : EXPÉRIENCE
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| 2002 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Sans les mots, que saurions-nous des choses ?
notions : LANGAGE RÉEL
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| 2002 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Un peuple composé uniquement de paysans découvrirait et inventerait peu de choses ; au contraire, les mains oisives font les têtes actives. Les arts et les sciences sont eux-mêmes enfants du luxe, et ils lui paient leur dette. Leur oeuvre est ce perfectionnement de la technologie, dans toutes ses branches, mécaniques,…
lire la suiteUn peuple composé uniquement de paysans découvrirait et inventerait peu de choses ; au contraire, les mains oisives font les têtes actives. Les arts et les sciences sont eux-mêmes enfants du luxe, et ils lui paient leur dette. Leur oeuvre est ce perfectionnement de la technologie, dans toutes ses branches, mécaniques, chimiques et physiques, qui, de nos jours, a porté le machinisme à une hauteur qu'on n'aurait jamais soupçonnée, et qui, notamment par la vapeur et l'électricité, accomplit des merveilles que les temps antérieurs auraient attribuées à l'intervention du diable. Dans les fabriques et manufactures de tout genre, et jusqu'à un certain point dans l'agriculture, les machines accomplissent mille fois plus de travail que n'auraient jamais pu en accomplir les mains de tous les gens à l'aise, des lettrés et des intellectuels devenus oisifs, et qu'il n'aurait pu s'en accomplir par l'abolition du luxe et par la pratique universelle de la vie campagnarde. Ce ne sont pas les riches seuls, mais tous, qui bénéficient de ces industries.SCHOPENHAUER, Éthique et politique notions : ART TECHNIQUE TRAVAIL
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SCHOPENHAUER |
| 2002 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Supposons que, si je savais jouer au tennis, l'un d'entre vous, me voyant jouer, me dise : "Vous jouez bien mal" et que je lui réponde : "Je sais que je joue mal, mais je ne veux pas jouer mieux", tout ce que mon interlocuteur pourrait dire serait : "Ah bon, dans ce cas, tout va bien." Mais supposez que j'aie raconté …
lire la suiteSupposons que, si je savais jouer au tennis, l'un d'entre vous, me voyant jouer, me dise : "Vous jouez bien mal" et que je lui réponde : "Je sais que je joue mal, mais je ne veux pas jouer mieux", tout ce que mon interlocuteur pourrait dire serait : "Ah bon, dans ce cas, tout va bien." Mais supposez que j'aie raconté à l'un d'entre vous un mensonge extravagant, qu'il vienne me dire : "Vous vous conduisez en goujat" et que je réponde : "Je sais que je me conduis mal, mais de toute façon, je ne veux aucunement mieux me conduire", pourrait-il dire alors : "Ah bon, dans ce cas tout va bien"? Certainement pas ; il dirait : "Eh bien, vous devez vouloir mieux vous conduire." Là, vous avez un jugement de valeur absolu, alors que celui de l'exemple antérieur était un jugement relatif. Dans son essence, la différence entre ces deux types de jugements semble manifestement consister en ceci : tout jugement de valeur relative est un simple énoncé de faits et peut par conséquent être formulé de telle façon qu'il perd toute apparence de jugement de valeur. [...] Ce que je veux soutenir maintenant, bien que l'on puisse montrer que tout jugement de valeur relative se ramène à un simple énoncé de faits, c'est qu'aucun énoncé de faits ne peut être ou ne peut impliquer un jugement de valeur absolue.WITTGENSTEIN, Conférence sur l'éthique notions : MORALE
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WITTGENSTEIN |
| 2002 | L | ANTILLES | NORMALE |
La science est-elle une croyance justifiée ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} CROYANCE RAISON
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| 2002 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Peut-on reprocher à l'art d'être mensonger ?
notions : ART VÉRITÉ
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| 2002 | L | ANTILLES | NORMALE |
Le temps nous appartient-il ?
notions : TEMPS
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| 2002 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La limitation du pouvoir de l'État garantit-elle la liberté des individus ?
notions : ÉTAT LIBERTÉ
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| 2002 | L | ANTILLES | NORMALE |
L'adversité, la douleur, la pauvreté sont de grandes tentations menant l'homme à violer son devoir. L'aisance, la force, la santé et la prospérité en général, qui s'opposent à cette influence, peuvent donc aussi, semble-t-il, être considérées comme des fins qui sont en même temps des devoirs, je veux dire le devoir de…
lire la suiteL'adversité, la douleur, la pauvreté sont de grandes tentations menant l'homme à violer son devoir. L'aisance, la force, la santé et la prospérité en général, qui s'opposent à cette influence, peuvent donc aussi, semble-t-il, être considérées comme des fins qui sont en même temps des devoirs, je veux dire le devoir de travailler à son propre bonheur et de ne pas s'appliquer seulement à celui d'autrui. - Mais alors ce n'est pas le bonheur qui est la fin, mais la moralité du sujet et le bonheur n'est que le moyen légitime d'écarter les obstacles qui s'opposent à cette fin ; aussi personne n'a ainsi le droit d'exiger de moi le sacrifice de mes fins qui ne sont pas immorales. Ce n'est pas directement un devoir que de chercher pour elle-même l'aisance, mais indirectement ce peut bien en être un, à savoir écarter la misère comme étant une forte tentation de mal agir. Mais alors ce n'est pas de mon bonheur, mais de ma moralité que j'ai comme fin et aussi comme devoir de conserver l'intégrité.KANT, Doctrine de la vertu notions : BONHEUR DEVOIR MORALE
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KANT |
| 2002 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Un poète a dit qu'il n'est pas possible de discerner ce qui est juste de ce qui est injuste. Un philosophe a dit que c'est une faiblesse que d'avoir de la honte et de la pudeur pour des actions infâmes. On dit souvent de semblables paradoxes par une fougue d'imagination, ou dans l'emportement de ses passions. Mais pou…
lire la suiteUn poète a dit qu'il n'est pas possible de discerner ce qui est juste de ce qui est injuste. Un philosophe a dit que c'est une faiblesse que d'avoir de la honte et de la pudeur pour des actions infâmes. On dit souvent de semblables paradoxes par une fougue d'imagination, ou dans l'emportement de ses passions. Mais pourquoi condamnera-t-on ces sentiments, s'il n'y a un ordre, une règle, une raison universelle et nécessaire, qui se présente toujours à ceux qui savent rentrer dans eux-mêmes ? Nous ne craignons point de juger les autres ou de nous juger nous-mêmes en bien des rencontres (1) ; mais par quelle autorité le faisons-nous, si la Raison qui juge en nous, lorsqu'il nous semble que nous prononçons des jugements contre nous-mêmes et contre les autres, n'est notre souveraine et celle de tous les hommes ?MALEBRANCHE, De la Recherche de la vérité (1) en bien des rencontres : en bien des occasions. notions : {JUGEMENT} MORALE RAISON
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MALEBRANCHE |
| 2002 | S | ANTILLES | NORMALE |
L'histoire est-elle ce que nous ferons ?
notions : HISTOIRE
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| 2002 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La société peut-elle être rendue responsable des illusions de notre conscience ?
notions : {ILLUSION} CONSCIENCE SOCIÉTÉ
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| 2002 | S | ANTILLES | NORMALE |
Peut-on s'accorder sur des vérités morales ?
notions : MORALE VÉRITÉ
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| 2002 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Faire quelque chose pour son bien, est-ce toujours faire le bien ?
notions : MORALE
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| 2002 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La valeur de la philosophie doit en réalité surtout résider dans son caractère incertain même. Celui qui n'a aucune teinture de philosophie traverse l'existence, prisonnier de préjugés dérivés du sens commun, des croyances habituelles à son temps ou à son pays et de convictions qui ont grandi en lui sans la coopératio…
lire la suiteLa valeur de la philosophie doit en réalité surtout résider dans son caractère incertain même. Celui qui n'a aucune teinture de philosophie traverse l'existence, prisonnier de préjugés dérivés du sens commun, des croyances habituelles à son temps ou à son pays et de convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison.Pour un tel individu, le monde tend à devenir défini, fini, évident ; les objets ordinaires ne font pas naître de questions et les possibilités peu familières sont rejetées avec mépris. Dès que nous commençons à penser conformément à la philosophie, au contraire, nous voyons [...] que même les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne posent des problèmes auxquels on ne trouve que des réponses très incomplètes. La philosophie, bien qu'elle ne soit pas en mesure de nous donner avec certitude la réponse aux doutes qui nous assiègent, peut tout de même suggérer des possibilités qui élargissent le champ de notre pensée et délivre celle-ci de la tyrannie de l'habitude. Tout en ébranlant notre certitude concernant la nature de ce qui nous entoure, elle accroît énormément notre connaissance d'une réalité possible et différente ; elle fait disparaître le dogmatisme quelque peu arrogant de ceux qui n'ont jamais parcouru la région du doute libérateur, et elle garde intact notre sentiment d'émerveillement en nous faisant voir les choses familières sous un aspect nouveau. RUSSELL, Problèmes de philosophie notions : {CONNAISSANCE} {PHILOSOPHIE} CROYANCE LIBERTÉ
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RUSSELL |
| 2002 | S | ANTILLES | NORMALE |
Acceptons, pour un instant, l'hypothèse que le jugement pût être réprimé et les hommes tenus si étroitement en bride, qu'ils n'osent prononcer un mot que sur l'ordre de la souveraine Puissance (1). Jamais, en revanche, on n'obtiendra que toutes leurs pensées soient conformes aux volontés politiques officielles. Que se…
lire la suiteAcceptons, pour un instant, l'hypothèse que le jugement pût être réprimé et les hommes tenus si étroitement en bride, qu'ils n'osent prononcer un mot que sur l'ordre de la souveraine Puissance (1). Jamais, en revanche, on n'obtiendra que toutes leurs pensées soient conformes aux volontés politiques officielles. Que se produirait-il donc ? Les sujets poursuivraient quotidiennement des pensées sans rapport aucun avec leurs paroles ; la bonne foi, si indispensable à la communauté publique, se corromprait, tandis que, sur les traces détestables de l'adulation (2) et de la perfidie, la fourberie, la déchéance des meilleures coutumes de vie seraient encouragées. Au surplus, il faudrait entretenir de singulières illusions pour escompter des hommes une si parfaite docilité, fût-ce en leurs paroles ; plus, au contraire, on s'efforce de les priver de leur liberté d'expression, et plus leur résistance est acharnée. Or les sujets qu'on réduit ainsi à la lutte ne sont point de ces individus cupides, flatteurs ni de ces lâches, pour qui le sort le plus beau consiste à contempler des pièces d'or dans une cassette et à avoir le ventre bien rempli ; ce sont des hommes qui ont trouvé, en leur éducation, en la pureté de leur vie et la noblesse de leur caractère, une haute libération intérieure.SPINOZA, Traité des autorités théologique et politique (1) souveraine Puissance : pouvoir politique. (2) adulation : flatterie, louange excessive. notions : ESPRIT ÉTAT LANGAGE LIBERTÉ POLITIQUE
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SPINOZA |
| 2002 | STI AA | ANTILLES | NORMALE |
L'égalité des droits est-elle une condition de la liberté ?
notions : DROIT LIBERTÉ SOCIÉTÉ
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| 2002 | STI AA | ANTILLES | NORMALE |
L'imagination peut-elle se passer de modèles ?
notions : {IMAGINATION} ART
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| 2002 | STI AA | ANTILLES | NORMALE |
SOCRATE : Y a-t-il quelque chose que tu appelles savoir ?
GORGIAS : Oui.
S. : Et quelque chose que tu appelles croire ?
G. : Certainement.
S. : Te semble-t-il que savoir et croire, la science et la croyance, soient choses identiques ou différentes ?
G. : Pour moi, Socrate, je les tiens pour différentes.
S.…
lire la suiteSOCRATE : Y a-t-il quelque chose que tu appelles savoir ?GORGIAS : Oui. S. : Et quelque chose que tu appelles croire ? G. : Certainement. S. : Te semble-t-il que savoir et croire, la science et la croyance, soient choses identiques ou différentes ? G. : Pour moi, Socrate, je les tiens pour différentes. S. : Tu as raison, et je vais t'en donner la preuve. Si l'on te demandait : "Y a-t-il, Gorgias, une croyance fausse et une vraie ?" tu dirais oui, je suppose. G. : Oui. S. : Mais y a-t-il de même une science fausse et une vraie ? G. : Pas du tout. S. : II est donc évident que savoir et croire ne sont pas la même chose. G. : C'est juste. S. : Cependant, ceux qui croient sont persuadés aussi bien que ceux qui savent. G. : C'est vrai. S. : Alors veux-tu que nous admettions deux sortes de persuasion, l'une qui produit la croyance sans la science, et l'autre qui produit la science ? G. : Parfaitement. PLATON QUESTIONS : 1° a) Ce texte établit une distinction : laquelle ? b) Analysez la manière dont cette distinction est produite. 2° a) Pourquoi n'y a-t-il pas "une science fausse et une science vraie" ? b) En quel sens "ceux qui croient sont [-ils] persuadés aussi bien que ceux qui savent" ? Appuyer votre réponse sur l'analyse d'un ou plusieurs exemples. 3° S'accorder sur la vérité exclut-il toute forme de persuasion ? notions : {CONNAISSANCE} CROYANCE VÉRITÉ
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PLATON |
| 2002 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Le droit peut-il s'opposer aux traditions ?
notions : DROIT SOCIÉTÉ TEMPS
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| 2002 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
L'histoire est-elle dépourvue de sens ?
notions : {SENS} HISTOIRE
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| 2002 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
La formule "à chacun sa vérité" fait-elle problème ?
notions : VÉRITÉ
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| 2002 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Toute vérité est-elle vérifiable ?
notions : VÉRITÉ
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| 2002 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Inventer est tout autre chose que découvrir. Car ce qu'on découvre est considéré comme déjà existant sans être révélé, par exemple l'Amérique avant Colomb ; mais ce que l'on invente, la poudre à canon par exemple, n'était pas connu avant l'artisan qui l'a fabriqué. Les deux choses peuvent avoir leur mérite. On peut tr…
lire la suiteInventer est tout autre chose que découvrir. Car ce qu'on découvre est considéré comme déjà existant sans être révélé, par exemple l'Amérique avant Colomb ; mais ce que l'on invente, la poudre à canon par exemple, n'était pas connu avant l'artisan qui l'a fabriqué. Les deux choses peuvent avoir leur mérite. On peut trouver quelque chose que l'on ne cherche pas (comme l'alchimiste le phosphore) et ce n'est pas un mérite. - Le talent d'inventeur s'appelle le génie, mais on n'applique jamais ce nom qu'à un créateur, c'est-à-dire à celui qui s'entend à faire quelque chose et non pas à celui qui se contente de connaître et de savoir beaucoup de choses ; on ne l'applique pas à qui se contente d'imiter, mais à qui est capable de faire dans ses ouvrages une production originale ; en somme à un créateur, à cette condition seulement que son oeuvre soit un modèle.KANT 1° Dégagez la thèse du texte et la manière dont le texte est construit. 2° a) Qu'est-ce qui distingue l'invention de la découverte ? b) Quels sont leurs mérites respectifs ? 3° Pourquoi le génie ne se contente-t-il pas d'imiter ? 4° La technique peut-elle donner lieu à des productions originales ? notions : ART ESPRIT TECHNIQUE
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KANT |
| 2002 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Si tu veux bien réfléchir, Socrate, à l'effet visé par la punition du coupable, la réalité elle-même te montrera que les hommes considèrent la vertu comme une chose qui s'acquiert. Personne, en effet, en punissant un coupable, n'a en vue ni ne prend pour mobile le fait même de la faute commise, à moins de s'abandonner…
lire la suiteSi tu veux bien réfléchir, Socrate, à l'effet visé par la punition du coupable, la réalité elle-même te montrera que les hommes considèrent la vertu comme une chose qui s'acquiert. Personne, en effet, en punissant un coupable, n'a en vue ni ne prend pour mobile le fait même de la faute commise, à moins de s'abandonner comme une bête féroce à une vengeance dénuée de raison : celui qui a souci de punir intelligemment ne frappe pas â cause du passé - car ce qui est fait est fait - mais en prévision de l'avenir, afin que ni le coupable ni les témoins de sa punition ne soient tentés de recommencer. Penser ainsi, c'est penser que la vertu peut s'enseigner, s'il est vrai que le châtiment a pour fin l'intimidation.PLATON 1° Dégagez l'idée principale du texte et les étapes de son argumentation. 2° Qu'est-ce qui montre que "les hommes considèrent la vertu comme une chose qui s'acquiert" ? 3° Comment le texte permet-il de distinguer "punition" et a vengeance" ? 4° Le châtiment peut-il être le moyen d'une éducation véritable ? notions : JUSTICE MORALE
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PLATON |
| 2002 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Si les hommes créent les valeurs, peuvent-ils encore y croire ?
notions : CROYANCE MORALE
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| 2002 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Peut-on désirer autre chose que l'impossible ?
notions : DÉSIR
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| 2002 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
- Socrate : Quelle réponse probante pourrait-on faire à qui poserait cette question : dormons-nous et rêvons-nous ce que nous pensons, ou sommes-nous éveillés et conversons-nous réellement ensemble ?
- Théétète : On est bien embarrassé, Socrate, de trouver une preuve pour s'y reconnaître ; car tout est pareil et se …
lire la suite- Socrate : Quelle réponse probante pourrait-on faire à qui poserait cette question : dormons-nous et rêvons-nous ce que nous pensons, ou sommes-nous éveillés et conversons-nous réellement ensemble ?- Théétète : On est bien embarrassé, Socrate, de trouver une preuve pour s'y reconnaître ; car tout est pareil et se correspond exactement dans les deux états. Prenons, par exemple, la conversation que nous venons de tenir : rien ne nous empêche de croire que nous la tenons aussi en dormant, et lorsqu'en rêvant nous croyons conter des rêves, la ressemblance est singulière avec ce qui se passe à l'état de veille. - Socrate : Tu vois donc qu'il n'est pas difficile de soulever une controverse là-dessus, alors qu'on se demande même si nous sommes éveillés ou si nous rêvons. De plus, comme le temps où nous dormons est égal à celui où nous sommes éveillés, dans chacun de ces deux états notre âme soutient que les idées qu'elle a successivement sont absolument vraies, en sorte que, pendant une moitié du temps, ce sont les unes que nous tenons pour vraies et, pendant l'autre moitié, les autres, et nous les affirmons les unes et les autres avec la même assurance. - Théétète : Cela est certain. - Socrate : N'en faut-il pas dire autant des maladies et de la folie, sauf pour la durée, qui n'est plus égale ? - Théétète : C'est juste. - Socrate : Mais quoi ? est-ce par la longueur et par la brièveté du temps qu'on définira le vrai ? - Théétète : Ce serait ridicule à beaucoup d'égards. - Socrate Mais peux-tu faire voir par quelque autre indice clair lesquelles de ces croyances sont vraies ? - Théétète : Je ne crois pas. PLATON, Théétète notions : CROYANCE VÉRITÉ
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PLATON |
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La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l'empêcher de nuire aux autres. Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d'agir ou de s'ab…
lire la suiteLa seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l'empêcher de nuire aux autres. Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d'agir ou de s'abstenir sous prétexte que ce serait meilleur pour lui, que cela le rendrait plus heureux ou que, dans l'opinion des autres, agir ainsi serait sage ou même juste. Ce sont certes de bonnes raisons pour lui faire des remontrances, le raisonner, le persuader ou le supplier, mais non pour le contraindre ou lui causer du tort s'il agit autrement. La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu'un d'autre. Le seul aspect de la conduite d'un individu qui soit du ressort de !a société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, l'individu est souverain.MILL, De la Liberté notions : LIBERTÉ SOCIÉTÉ
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MILL |