Banque de sujets de baccalauréat - philosophie

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1999 S INDE NORMALE La plupart des inventions humaines sont sujettes au changement. Elles dépendent de l'humeur et du caprice, sont à la mode pour un temps et sombrent ensuite dans l'oubli. On peut sans doute craindre qu'il faille placer la justice sur le même plan si l'on accorde qu'elle est une invention humaine. Mais les deux cas sont…
lire la suite La plupart des inventions humaines sont sujettes au changement. Elles dépendent de l'humeur et du caprice, sont à la mode pour un temps et sombrent ensuite dans l'oubli. On peut sans doute craindre qu'il faille placer la justice sur le même plan si l'on accorde qu'elle est une invention humaine. Mais les deux cas sont largement différents. L'intérêt sur lequel la justice se fonde est le plus grand que l'on puisse imaginer et il s'étend à tous les lieux et tous les temps ; il n'est pas possible qu'une autre invention puisse le servir ; c'est un intérêt évident, qui se révèle dès la toute première formation de la société : toutes ces causes font que les règles de justice sont constantes et immuables, au moins aussi immuables que la nature humaine.

HUME
notions : JUSTICE TEMPS
HUME
1999 TECHN. INDE NORMALE L'art doit-il s'intéresser à la laideur ?
notions : ART
1999 TECHN. INDE NORMALE La connaissance du passé est-elle toujours utile ?
notions : {CONNAISSANCE} HISTOIRE TEMPS
1999 TECHN. INDE NORMALE La force semble être l'injustice même  ; mais on parlerait mieux en disant que la force est étrangère à la justice  ; car on ne dit pas qu'un loup est injuste. Toutefois le loup raisonneur de la fable est injuste, car il veut être approuvé  ; ici se montre l'injustice, qui serait donc une prétention d'esprit. Le loup …
lire la suite La force semble être l'injustice même  ; mais on parlerait mieux en disant que la force est étrangère à la justice  ; car on ne dit pas qu'un loup est injuste. Toutefois le loup raisonneur de la fable est injuste, car il veut être approuvé  ; ici se montre l'injustice, qui serait donc une prétention d'esprit. Le loup voudrait que le mouton n'ait rien à répondre, ou tout au moins qu'un arbitre permette  ; et l'arbitre, c'est le loup lui-même. Ici les mots nous avertissent assez  ; il est clair que la justice relève du jugement, et que le succès n'y fait rien. Plaider, c'est argumenter. Rendre justice, c'est juger. Peser des raisons, non des forces. La première justice est donc une investigation d'esprit et un examen des raisons. Le parti pris est par lui-même injustice  ; et même celui qui se trouve favorisé, et qui de plus croit avoir raison, ne croira jamais qu'on lui a rendu bonne justice à lui tant qu'on n'a pas fait justice à l'autre, en examinant aussi ses raisons de bonne foi  ; de bonne foi, j'entends en leur cherchant toute la force possible, ce que l'institution des avocats réalise passablement.

ALAIN

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée principale du texte et les différentes étapes de l'argumentation.

2° Expliquez :
a) "la force est étrangère à la justice."
b) "le parti pris est par lui-même injustice."

3° Le droit exige-t-il qu'aucun jugement ne soit rendu sans examen des arguments des deux parties ?
notions : {JUGEMENT} ESPRIT JUSTICE
ALAIN
1999 ES JAPON NORMALE L'État doit-il reconnaître des limites à sa puissance ?
notions : ÉTAT  
1999 ES JAPON NORMALE Le respect d'autrui exclut-il toute passion ?
notions : {PASSIONS} AUTRUI MORALE
1999 ES JAPON NORMALE Cette considération fait encore connaître qu'il y une Lumière née avec nous. Car puisque les sens et les inductions (1) ne nous sauraient jamais apprendre des vérités tout à fait universelles, ni ce qui est absolument nécessaire, mais seulement ce qui est, et ce qui se trouve dans des exemples particuliers, et puisque…
lire la suite Cette considération fait encore connaître qu'il y une Lumière née avec nous. Car puisque les sens et les inductions (1) ne nous sauraient jamais apprendre des vérités tout à fait universelles, ni ce qui est absolument nécessaire, mais seulement ce qui est, et ce qui se trouve dans des exemples particuliers, et puisque nous connaissons cependant des vérités nécessaires et universelles des sciences, en quoi nous sommes privilégiés au-dessus des bêtes : il s'ensuit que nous avons tiré ces vérités en partie de ce qui est en nous. Ainsi peut-on y mener un enfant par de simples interrogations à la manière de Socrate, sans lui rien dire, et sans le rien faire expérimenter sur la vérité de ce qu'on lui demande. Et cela se pourrait pratiquer fort aisément dans les nombres, et autres matières approchantes.
Je demeure cependant d'accord que, dans le présent état, les sens externes nous sont nécessaires pour penser, et que, si nous n'en avions eu aucun, nous ne penserions pas. Mais ce qui est nécessaire pour quelque chose, n'en fait point l'essence pour cela. L'air nous est nécessaire pour la vie, mais notre vie est autre chose que l'air. Les sens nous fournissent de la matière pour le raisonnement, et nous n'avons jamais des pensées si abstraites, que quelque chose de sensible ne s'y mêle ; mais le raisonnement demande encore autre chose que ce qui est sensible.

LEIBNIZ

(1) induction : passage du particulier au général
notions : EXPÉRIENCE PERCEPTION RAISON VÉRITÉ
LEIBNIZ
1999 L JAPON NORMALE Une société peut-elle être objet de connaissance ?
notions : {CONNAISSANCE} {SCIENCE_DE_L'HOMME.} SOCIÉTÉ
1999 L JAPON REMPLACEMENT Le progrès technique peut-il combler toutes les attentes de l'humanité ?
notions : BONHEUR TECHNIQUE
1999 L JAPON NORMALE Peut-on échapper à son temps ?
notions : TEMPS
1999 L JAPON REMPLACEMENT Pourquoi tenons-nous à être reconnus ?
notions : {PERSONNE}
1999 L JAPON NORMALE La volonté qui ne se décide pas n'est pas une volonté effective. L'homme sans caractère ne parvient jamais à se décider. La cause de l'indécision peut également résider dans une certaine délicatesse de l'âme, laquelle sait qu'en se déterminant, elle s'engage dans la finitude, se donne des limites en abandonne ainsi l'…
lire la suite La volonté qui ne se décide pas n'est pas une volonté effective. L'homme sans caractère ne parvient jamais à se décider. La cause de l'indécision peut également résider dans une certaine délicatesse de l'âme, laquelle sait qu'en se déterminant, elle s'engage dans la finitude, se donne des limites en abandonne ainsi l'infinité ; mais elle ne veut pas renoncer à la totalité qu'elle a en vue. Une telle âme est une âme morte, même si elle veut être une belle âme. Goethe dit (...) que celui qui veut accomplir quelque chose de grand doit savoir se limiter. Ce n'est que par la décision que l'homme entre dans la réalité effective, même s'il doit lui en coûter beaucoup. L'inertie reste absorbée dans ses pensées et n'en veut pas sortir, car elle se ménage ainsi une possibilité universelle. C'est pourquoi la volonté sûre d'elle-même ne va pas à sa perte en se déterminant.

HEGEL
notions : {VOLONTÉ} ESPRIT LIBERTÉ RÉEL
HEGEL
1999 L JAPON REMPLACEMENT Rien n'est plus certain : les hommes sont en grande part gouvernés par l'intérêt, et même lorsqu'ils portent leur préoccupation au-delà d'eux-mêmes, cela ne va pas très loin ; dans la vie courante, il ne leur est pas habituel de regarder plus loin que leurs amis et leurs relations les plus proches. Il n'est pas moins …
lire la suite Rien n'est plus certain : les hommes sont en grande part gouvernés par l'intérêt, et même lorsqu'ils portent leur préoccupation au-delà d'eux-mêmes, cela ne va pas très loin ; dans la vie courante, il ne leur est pas habituel de regarder plus loin que leurs amis et leurs relations les plus proches. Il n'est pas moins certain qu'il leur est impossible de servir leur intérêt d'une manière aussi efficace qu'au moyen d'une observance universelle et inflexible des règles de justice, qui seules leur permettent de maintenir la société et de s'empêcher de tomber dans cette condition misérable et sauvage que l'on représente couramment comme l'état de nature. De même que l'intérêt qu'ont tous les hommes à soutenir l'édifice de la société et à observer les règles de justice est grand, de même il est tangible et manifeste, y compris pour ceux qui sont les plus primitifs et les moins cultivés de la race humaine, et il est presque impossible que celui qui a fait l'expérience de la société se méprenne sur ce point.

HUME
notions : JUSTICE SOCIÉTÉ
HUME
1999 S JAPON NORMALE Promettre, est-ce renoncer à sa liberté ?
notions : LIBERTÉ
1999 S JAPON NORMALE Qu'est-ce que penser avec rigueur ?
notions : {LOGIQUE} ESPRIT
1999 S JAPON NORMALE Tous ces particuliers mercenaires, que le peuple appelle sophistes et regarde comme ses rivaux, n'enseignent pas d'autres maximes que celles que le peuple lui-même professe dans les assemblées, et c'est là ce qu'ils appellent sagesse. On dirait un homme qui, après avoir observé les mouvements instinctifs et les appéti…
lire la suite Tous ces particuliers mercenaires, que le peuple appelle sophistes et regarde comme ses rivaux, n'enseignent pas d'autres maximes que celles que le peuple lui-même professe dans les assemblées, et c'est là ce qu'ils appellent sagesse. On dirait un homme qui, après avoir observé les mouvements instinctifs et les appétits d'un animal grand et robuste, par où il faut l'approcher et par où le toucher, quand et pourquoi il s'irrite ou s'apaise, quels cris il a coutume de pousser en chaque occasion, et quel ton de voix l'adoucit ou l'effarouche, après avoir appris tout cela par une longue expérience, l'appellerait sagesse, et l'ayant systématisé en une sorte d'art, se mettrait à l'enseigner, bien qu'il ne sache vraiment ce qui, de ces habitudes et de ces appétits, est beau ou laid, bon ou mauvais, juste ou injuste ; se conformant dans l'emploi de ces termes aux instincts du grand animal ; appelant bon ce qui le réjouit, et mauvais ce qui l'importune, sans pouvoir légitimer autrement ces qualifications ; nommant juste et beau le nécessaire, parce qu'il n'a pas vu et n'est point capable de montrer aux autres combien la nature du nécessaire diffère, en réalité, de celle du bon. Un tel homme, par Zeus ! ne te semblerait-il pas un étrange éducateur ?

PLATON
notions : MORALE POLITIQUE
PLATON
1999 ES LA RÉUNION NORMALE Pourquoi veut-on être libre ?
notions : LIBERTÉ
1999 ES LA RÉUNION NORMALE Est-ce aux sciences qu'il faut demander la vérité sur l'homme ?
notions : {ANTHROPOLOGIE} {CONNAISSANCE} {HOMME} {SCIENCE_DE_L'HOMME.} VÉRITÉ
1999 ES LA RÉUNION NORMALE Il y a une estime publique attachée aux différents arts (1) en raison inverse de leur utilité réelle. Cette estime se mesure directement sur leur inutilité même, et cela doit être. Les arts les plus utiles sont ceux qui gagnent le moins, parce que le nombre des ouvriers se proportionne au besoin des hommes, et que le …
lire la suite Il y a une estime publique attachée aux différents arts (1) en raison inverse de leur utilité réelle. Cette estime se mesure directement sur leur inutilité même, et cela doit être. Les arts les plus utiles sont ceux qui gagnent le moins, parce que le nombre des ouvriers se proportionne au besoin des hommes, et que le travail nécessaire à tout le monde reste forcément à un prix que le pauvre peut payer. Au contraire, ces importants qu'on n'appelle pas artisans, mais artistes, travaillant uniquement pour les oisifs et les riches, mettent un prix arbitraire à leurs babioles ; et, comme le mérite de ces vains travaux n'est que dans l'opinion, leur prix même fait partie de ce mérite, et on les estime à proportion de ce qu'ils coûtent. Le cas qu'en fait le riche ne vient pas de leur usage, mais de ce que le pauvre ne les peut payer.

ROUSSEAU

(1) arts : les arts et les métiers
notions : ART TECHNIQUE TRAVAIL
ROUSSEAU
1999 L LA RÉUNION NORMALE L'État n'est-il nécessaire que parce que les hommes manquent de morale ?
notions : DROIT ÉTAT  MORALE
1999 L LA RÉUNION NORMALE Les historiens refont-ils l'histoire ?
notions : HISTOIRE
1999 L LA RÉUNION NORMALE Qu'elle (la science moderne) ait créé la méthode expérimentale, c'est certain ; mais cela ne veut pas dire qu'elle ait élargi de tous côtés le champ d'expériences où l'on travaillait avant elle. Bien au contraire, elle l'a rétréci sur plus d'un point ; et c'est d'ailleurs ce qui a fait sa force. Les anciens avaient be…
lire la suite Qu'elle (la science moderne) ait créé la méthode expérimentale, c'est certain ; mais cela ne veut pas dire qu'elle ait élargi de tous côtés le champ d'expériences où l'on travaillait avant elle. Bien au contraire, elle l'a rétréci sur plus d'un point ; et c'est d'ailleurs ce qui a fait sa force. Les anciens avaient beaucoup observé, et même expérimenté. Mais ils observaient au hasard, dans n'importe quelle direction. En quoi consista la création de la "méthode expérimentale" ? A prendre des procédés d'observation et d'expérimentation qu'on pratiquait déjà, et, plutôt que de les appliquer dans toutes les directions possibles, à les faire converger sur un seul point, la mesure, - la mesure de telle ou telle grandeur variable qu'on soupçonnait être fonction de telles ou telles autres grandeurs variables, également à mesurer. La "loi", au sens moderne du mot, est justement l'expression d'une relation constante entre des grandeurs qui varient. La science moderne est donc fille des mathématiques ; elle est née le jour où l'algèbre eut acquis assez de force et de souplesse pour enlacer la réalité et la prendre dans le filet de ses calculs.

BERGSON
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {MATHÉMATIQUES} EXPÉRIENCE LOI RÉEL THÉORIE
BERGSON
1999 S LA RÉUNION NORMALE Peut-on tout prévoir ?
notions : HISTOIRE TEMPS
1999 S LA RÉUNION NORMALE Les devoirs sont-ils seulement des contraintes ?
notions : DEVOIR LIBERTÉ
1999 S LA RÉUNION NORMALE Le monde sensible n'est pas un objet donné directement de toute éternité et sans cesse semblable à lui-même, mais le produit de l'industrie et de l'état de la société, et cela en ce sens qu'il est un produit historique, le résultat de l'activité de toute une série de générations dont chacune se hissait sur les épaules…
lire la suite Le monde sensible n'est pas un objet donné directement de toute éternité et sans cesse semblable à lui-même, mais le produit de l'industrie et de l'état de la société, et cela en ce sens qu'il est un produit historique, le résultat de l'activité de toute une série de générations dont chacune se hissait sur les épaules de la précédente, perfectionnait son industrie et son commerce et modifiait son régime social en fonction de la transformation des besoins.
Les objets de la certitude sensible la plus simple ne sont eux-mêmes donnés que par le développement social, l'industrie et les échanges commerciaux. On sait que le cerisier, comme presque tous les arbres fruitiers, a été transplanté sous nos latitudes par le commerce, il y a peu de siècles seulement, et ce n'est donc que grâce à cette action d'une société déterminée à une époque déterminée qu'il fut donnée à la certitude sensible.

MARX
notions : HISTOIRE SOCIÉTÉ
MARX
1999 TECHN. LA RÉUNION NORMALE Comment peut-on distinguer l'histoire de la fiction ?
notions : {IMAGINATION} HISTOIRE
1999 TECHN. LA RÉUNION NORMALE De quoi la technique nous libère-t-elle ?
notions : LIBERTÉ TECHNIQUE
1999 TECHN. LA RÉUNION NORMALE II est certain qu'il n'est personne qui n'aime mieux gouverner qu'être gouverné ; personne ne cède volontairement le commandement à un autre. (...) II est évident par suite que la masse de la population ne transférerait jamais son droit à un petit nombre d'hommes ou à un seul si elle pouvait s'accorder avec elle-même,…
lire la suite II est certain qu'il n'est personne qui n'aime mieux gouverner qu'être gouverné ; personne ne cède volontairement le commandement à un autre. (...) II est évident par suite que la masse de la population ne transférerait jamais son droit à un petit nombre d'hommes ou à un seul si elle pouvait s'accorder avec elle-même, et si les discussions qui s'engagent le plus souvent dans les grandes assemblées n'engendraient pas des rébellions. D'après cela la masse de la population ne transférera jamais librement à un roi que ce qu'il lui est absolument impossible de garder en son pouvoir, c'est-à-dire le droit de mettre fin aux discussions et de prendre une décision rapide. S II arrive souvent en effet, qu'on élise un roi à cause de la guerre, parce que les rois font la guerre plus efficacement, on consent à la servitude dans la paix, en admettant que la paix règne dans un État où le souverain pouvoir a été confié à un seul [...], tandis qu'au contraire un État démocratique a cela surtout de remarquable que sa valeur est beaucoup plus grande en temps de paix qu'en temps de guerre.

SPINOZA

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée centrale du texte et les principales étapes de l'argumentation

2°
a) Pourquoi, selon Spinoza, une population se soumet-elle à un commandement ?
b) Quels sont les arguments qui permettent à Spinoza d'associer la guerre et la monarchie, la paix et la démocratie ?

3° Y a-t-il des conditions qui légitiment qu'on renonce à sa liberté ?
notions : ÉTAT  LIBERTÉ POLITIQUE
SPINOZA
1999 ES LIBAN NORMALE Pourquoi est-il nécessaire de bien parler ?
notions : LANGAGE
1999 ES LIBAN NORMALE Doit-on se soucier du passé ?
notions : TEMPS
1999 ES LIBAN NORMALE Est libre l'homme qui ne rencontre pas d'obstacles et qui a tout à sa disposition comme il veut. L'homme qui peut être arrêté, contraint, entravé ou jeté malgré lui dans quelque entreprise est un esclave. Mais quel est celui qui ne rencontre pas d'obstacles ? C'est celui qui ne désire rien qui lui soit étranger. Et qu…
lire la suite Est libre l'homme qui ne rencontre pas d'obstacles et qui a tout à sa disposition comme il veut. L'homme qui peut être arrêté, contraint, entravé ou jeté malgré lui dans quelque entreprise est un esclave. Mais quel est celui qui ne rencontre pas d'obstacles ? C'est celui qui ne désire rien qui lui soit étranger. Et qu'est-ce qui nous est étranger ? C'est ce qu'il ne dépend pas de nous d'avoir ou de ne pas avoir, ni d'avoir avec telle qualité dans telles conditions. Ainsi le corps nous est-il étranger, étrangères ses parties, étrangère notre fortune ; si tu t'attaches à l'une de ces choses comme à ton bien propre, tu subiras le châtiment que mérite celui qui convoite des choses étrangères. Telle est la route qui conduit à la liberté, le seul moyen de nous affranchir de l'esclavage.

ÉPICTÈTE
notions : DÉSIR LIBERTÉ
ÉPICTÈTE
1999 L LIBAN NORMALE Le réel se réduit-il à ce que l'on perçoit ?
notions : PERCEPTION RÉEL
1999 L LIBAN NORMALE Le travail est-il en lui-même aliénation ?
notions : LIBERTÉ TRAVAIL
1999 L LIBAN NORMALE Le droit ne dépend en rien de la disposition d'esprit dans laquelle un acte est accompli. Il arrive très souvent qu'on agisse de façon correcte par simple crainte de la punition, ou parce qu'on a peur de n'importe quelle autre conséquence désagréable, telle que perdre sa réputation ou son crédit. Il se peut aussi qu'e…
lire la suite Le droit ne dépend en rien de la disposition d'esprit dans laquelle un acte est accompli. Il arrive très souvent qu'on agisse de façon correcte par simple crainte de la punition, ou parce qu'on a peur de n'importe quelle autre conséquence désagréable, telle que perdre sa réputation ou son crédit. Il se peut aussi qu'en agissant selon le droit on songe à la récompense qu'on obtiendra ainsi dans une autre vie. Le droit comme tel est indépendant de ces dispositions d'esprit.
Il faut distinguer droit et morale. Le droit peut très bien permettre une action qu'interdise la morale. Le droit, par exemple, m'autorise à disposer de mon bien de façon tout à fait inconditionnelle, mais la morale contient des déterminations qui limitent ce droit de disposition. Il peut sembler que la morale permette bien des actions que le droit interdit, mais la morale n'exige pas seulement l'observation du droit à l'égard d'autrui, elle ajoute de plus au droit la disposition d'esprit qui consiste à respecter le droit pour lui-même. C'est la morale elle-même qui impose que, d'abord, le droit soit respecté, et que, là où cesse le domaine du droit, interviennent des déterminations morales. Pour qu'une conduite ait une valeur morale, il est nécessaire de discerner si cette conduite est juste ou injuste, bonne ou méchante.

HEGEL
notions : DROIT MORALE
HEGEL
1999 S LIBAN NORMALE L'usage de la force par l'État est-il légitime ?
notions : DROIT ÉTAT 
1999 S LIBAN NORMALE La philosophie change-t-elle le monde ?
notions : {PHILOSOPHIE}
1999 S LIBAN NORMALE En histoire des sciences, il faut nécessairement comprendre, mais juger (1). Là est vraie plus qu'ailleurs cette opinion : "Ce n'est que par la plus grande force du présent que doit être interprété le passé". L'histoire des empires et des peuples a pour idéal, à juste titre, le récit objectif des faits ; elle demand…
lire la suite En histoire des sciences, il faut nécessairement comprendre, mais juger (1). Là est vraie plus qu'ailleurs cette opinion : "Ce n'est que par la plus grande force du présent que doit être interprété le passé".
L'histoire des empires et des peuples a pour idéal, à juste titre, le récit objectif des faits ; elle demande à l'historien de ne pas juger et si l'historien impose les valeurs de son temps à la détermination des valeurs des temps disparus, on l'accuse, avec raison, de suivre le "mythe du progrès".
Mais voici une différence évidente : pour la pensée scientifique, le progrès est démontré, il est démontrable, sa démonstration est même un élément pédagogique indispensable pour le développement de la culture scientifique. Autrement dit, le progrès est la dynamique même de la culture scientifique, et c'est cette dynamique que l'histoire des sciences doit écrire. Elle doit décrire en jugeant, en valorisant, en enlevant toute possibilité à un retour vers des notions erronées. L'histoire des sciences ne peut insister sur les erreurs du passé qu'à titre de repoussoir.

BACHELARD

(1) "il faut nécessairement comprendre, mais juger", lire : il faut nécessairement comprendre, mais aussi juger".
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {JUGEMENT} CULTURE HISTOIRE
BACHELARD
1999 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT À quoi peut-on reconnaître la liberté de l'esprit ?
notions : ESPRIT LIBERTÉ
1999 ES MÉTROPOLE NORMALE Peut-on se mentir à soi-même ?
notions : CONSCIENCE VÉRITÉ
1999 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Quel rôle joue l'hypothèse dans la recherche de la vérité ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} VÉRITÉ
1999 ES MÉTROPOLE NORMALE À quelles conditions une activité est-elle un travail ?
notions : TRAVAIL
1999 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'idée essentielle qu'il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l'artiste comportent un moment naturel (1), ce moment n'en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu'il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu'un savoir-faire exercé et ass…
lire la suite L'idée essentielle qu'il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l'artiste comportent un moment naturel (1), ce moment n'en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu'il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu'un savoir-faire exercé et assuré dans l'exécution. Car l'un des aspects principaux de cette production est malgré tout un travail extérieur, dès lors que l'oeuvre d'art a un côté purement technique qui confine à l'artisanal, surtout en architecture et en sculpture, un peu moins en peinture et en musique, et dans une faible mesure encore en poésie. Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n'est pas l'inspiration qui peut être d'un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l'application et une pratique assidue. Or il se trouve qu'un tel savoir-faire est indispensable à l'artiste s'il veut se rendre maître du matériau extérieur et ne pas être gêné par son âpre résistance.

HEGEL

(1) moment naturel : don
notions : ART ESPRIT MATIÈRE TECHNIQUE
HEGEL
1999 ES MÉTROPOLE NORMALE Aussi longtemps que nous ne nous sentons pas dépendre de quoi que ce soit, nous nous estimons indépendants : sophisme qui montre combien l'homme est orgueilleux et despotique. Car il admet ici qu'en toutes circonstances il remarquerait et reconnaîtrait sa dépendance dès qu'il la subirait, son postulat étant qu'il vit …
lire la suite Aussi longtemps que nous ne nous sentons pas dépendre de quoi que ce soit, nous nous estimons indépendants : sophisme qui montre combien l'homme est orgueilleux et despotique. Car il admet ici qu'en toutes circonstances il remarquerait et reconnaîtrait sa dépendance dès qu'il la subirait, son postulat étant qu'il vit habituellement dans l'indépendance et qu'il éprouverait aussitôt une contradiction dans ses sentiments s'il venait exceptionnellement à la perdre. - Mais si c'était l'inverse qui était vrai, savoir qu'il constamment dans une dépendance multiforme, mais s'estime libre quand il cesse de sentir la pression de ses chaînes du fait d'une longue accoutumance ? S'il souffre encore, ce n'est plus que de ses chaînes nouvelles : - le "libre arbitre" ne veut proprement rien dire d'autre que ne pas sentir ses nouvelles chaînes.

NIETZSCHE
notions : CONSCIENCE LIBERTÉ
NIETZSCHE
1999 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Peut-on considérer l'histoire tout à la fois comme un savoir indispensable et comme une science impossible ?
notions : {CONNAISSANCE} {SCIENCE_DE_L'HOMME.} HISTOIRE
1999 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Un bonheur sans illusion est-il concevable ?
notions : {ILLUSION} BONHEUR
1999 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Il y a une liaison dans les perceptions des animaux qui a quelque ressemblance avec la raison ; mais elle n'est fondée que dans la mémoire des faits, et nullement dans la connaissance des causes. C'est ainsi qu'un chien fuit le bâton dont il a été frappé parce que la mémoire lui représente la douleur que ce bâton lui …
lire la suite Il y a une liaison dans les perceptions des animaux qui a quelque ressemblance avec la raison ; mais elle n'est fondée que dans la mémoire des faits, et nullement dans la connaissance des causes. C'est ainsi qu'un chien fuit le bâton dont il a été frappé parce que la mémoire lui représente la douleur que ce bâton lui a causée. Et les hommes en tant qu'ils sont empiriques, c'est-à-dire dans les trois quarts de leurs actions, n'agissent que comme des bêtes ; par exemple, on s'attend qu'il fera jour demain parce que l'on a toujours expérimenté ainsi. Il n'y a qu'un astronome qui le prévoie par raison ; et même cette prédiction manquera enfin, quand la cause du jour, qui n'est point éternelle, cessera. Mais le raisonnement véritable dépend des vérités nécessaires ou éternelles ; comme sont celles de la logique, des nombres, de la géométrie, qui font la connexion indubitable des idées et les conséquences immanquables. Les animaux où ces conséquences ne se remarquent point sont appelés bêtes ; mais ceux qui connaissent ces vérités nécessaires sont proprement ceux qu'on appelle animaux raisonnables.

LEIBNIZ
notions : EXPÉRIENCE PERCEPTION RAISON
LEIBNIZ
1999 S MÉTROPOLE NORMALE À quoi reconnaît-on qu'un événement est historique ?
notions : HISTOIRE TEMPS
1999 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Le malheur donne-t-il le droit d'être injuste ?
notions : BONHEUR JUSTICE
1999 S MÉTROPOLE NORMALE La liberté humaine est-elle limitée par la nécessité de travailler ?
notions : LIBERTÉ TRAVAIL
1999 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT La force de l'État est-elle nécessaire à la liberté des citoyens ?
notions : ÉTAT  LIBERTÉ

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