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| 1999 | S | MÉTROPOLE | NORMALE |
Trop souvent nous nous représentons encore l'expérience comme destinée à nous apporter des faits bruts : l'intelligence, s'emparant de ces faits, les rapprochant les uns des autres, s'élèverait ainsi à des lois de plus en plus hautes. Généraliser serait donc une fonction, observer en serait une autre. Rien de plus fau…
lire la suiteTrop souvent nous nous représentons encore l'expérience comme destinée à nous apporter des faits bruts : l'intelligence, s'emparant de ces faits, les rapprochant les uns des autres, s'élèverait ainsi à des lois de plus en plus hautes. Généraliser serait donc une fonction, observer en serait une autre. Rien de plus faux que cette conception du travail de synthèse, rien de plus dangereux pour la science et pour la philosophie. Elle a conduit à croire qu'il y avait un intérêt scientifique à assembler des faits pour rien, pour le plaisir, à les noter paresseusement et même passivement, en attendant la venue d'un esprit capable de les dominer et de les soumettre à des lois. Comme si une observation scientifique n'était pas toujours la réponse à une question, précise ou confuse ! Comme si des observations notées passivement à la suite les unes des autres étaient autre chose que des réponses décousues à des questions posées au hasard ! Comme si le travail de généralisation consistait à venir, après coup, trouver un sens plausible à ce discours incohérent.BERGSON notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} ESPRIT EXPÉRIENCE THÉORIE
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BERGSON |
| 1999 | S | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Dans la vie courante, on a coutume, il est vrai, de parler de belles couleurs, d'un beau ciel, d'un beau torrent, et encore de belles fleurs, de beaux animaux et même de beaux hommes. Nous ne voulons pas ici nous embarquer dans la question de savoir dans quelle mesure la qualité de beauté peut être attribuée légitimem…
lire la suiteDans la vie courante, on a coutume, il est vrai, de parler de belles couleurs, d'un beau ciel, d'un beau torrent, et encore de belles fleurs, de beaux animaux et même de beaux hommes. Nous ne voulons pas ici nous embarquer dans la question de savoir dans quelle mesure la qualité de beauté peut être attribuée légitimement à de tels objets et si en général le beau naturel peut être mis en parallèle avec le beau artistique. Mais il est permis de soutenir dès maintenant que le beau artistique est plus élevé que le beau dans la nature. Car la beauté artistique est la beauté (...) née de l'esprit. Or autant l'esprit et ses créations sont plus élevés que la nature et ses manifestations, autant le beau artistique est lui aussi plus élevé que la beauté de la nature. Même, abstraction faite du contenu, une mauvaise idée, comme il nous en passe par la tête, est plus élevée que n'importe quel produit naturel ; car en une telle idée sont présents toujours l'esprit et la liberté.HEGEL notions : {IDÉE} {NATURE} ART ESPRIT LIBERTÉ
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HEGEL |
| 1999 | STI AA | MÉTROPOLE | NORMALE |
Juge-t-on du beau ou le perçoit-on ?
notions : ART PERCEPTION
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| 1999 | STI AA | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
La justice peut-elle se passer d'institutions ?
notions : ÉTAT JUSTICE SOCIÉTÉ
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| 1999 | STI AA | MÉTROPOLE | NORMALE |
Le droit nous dit-il ce qu'il est juste de faire ?
notions : DROIT JUSTICE
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| 1999 | STI AA | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Peut-on être esclave de soi-même ?
notions : LIBERTÉ
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| 1999 | STI AA | MÉTROPOLE | NORMALE |
Qu'est-ce qu'un jugement vrai ? Nous appelons vraie l'affirmation qui concorde avec la réalité. Mais en quoi peut consister cette concordance. Nous aimons à y voir quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle : l'affirmation vraie serait celle qui copierait la réalité. Réfléchissons-y cependant : nous ver…
lire la suiteQu'est-ce qu'un jugement vrai ? Nous appelons vraie l'affirmation qui concorde avec la réalité. Mais en quoi peut consister cette concordance. Nous aimons à y voir quelque chose comme la ressemblance du portrait au modèle : l'affirmation vraie serait celle qui copierait la réalité. Réfléchissons-y cependant : nous verrons que c'est seulement dans des cas rares, exceptionnels, que cette définition du vrai trouve son application. Ce qui est réel, c'est tel ou tel fait déterminé s'accomplissant en tel ou tel point de l'espace et du temps, c'est du singulier, c'est du changeant. Au contraire, la plupart de nos affirmations sont générales et impliquent une certaine stabilité de leur objet. Prenons une vérité aussi voisine que possible de l'expérience, celle-ci par exemple : "La chaleur dilate les corps". De quoi pourrait-elle bien être la copie ? II est possible, en un certain sens, de copier la dilatation d'un corps déterminé, en la photographiant dans ses diverses phases (...). Mais une vérité qui s'applique à tous les corps, sans concerner spécialement aucun de ceux que j'ai vus, ne copie rien, ne reproduit rien.BERGSON QUESTIONS 1° a) Formuler la thèse critiquée par Bergson b) Quel argument lui oppose-t-il ? 2° Expliquer a) "ce qui est réel, c'est du singulier, c'est du changeant" ; b) "nos affirmations sont générales et impliquent une certaine stabilité de leur objet". 3° Faut-il renoncer à connaître ce qui est changeant ? notions : EXPÉRIENCE RÉEL VÉRITÉ
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BERGSON |
| 1999 | STI AA | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Les premiers mouvements naturels de l'homme étant de se mesurer avec tout ce qui l'environne, et d'éprouver dans chaque objet qu'il aperçoit toutes les qualités sensibles qui peuvent se rapporter à lui, sa première étude est une sorte de physique expérimentale relative à sa propre conservation, et dont on le détourne …
lire la suiteLes premiers mouvements naturels de l'homme étant de se mesurer avec tout ce qui l'environne, et d'éprouver dans chaque objet qu'il aperçoit toutes les qualités sensibles qui peuvent se rapporter à lui, sa première étude est une sorte de physique expérimentale relative à sa propre conservation, et dont on le détourne par des études spéculatives (1) avant qu'il ait reconnu sa place ici-bas. Tandis que ses organes délicats et flexibles peuvent s'ajuster aux corps sur lesquels ils doivent agir, tandis que ses sens encore purs sont exempts d'illusion, c'est le temps d'exercer les uns et les autres aux fonctions qui leur sont propres ; c'est le temps d'apprendre à connaître les rapports sensibles que les choses ont avec nous. Comme tout ce qui entre dans l'entendement (2) y vient par les sens, la première raison de l'homme est une raison sensitive ; c'est elle qui sert de base à la raison intellectuelle : nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres à tout cela, ce n'est pas nous apprendre à raisonner, c'est nous apprendre à nous servir de la raison d'autrui ; c'est nous apprendre à beaucoup croire, et à ne jamais rien savoir.ROUSSEAU (1) études spéculatives : qui ne s'appuient sur aucune expérience sensible (2) entendement : ici, faculté de raisonner QUESTIONS : 1° Dégager la thèse du texte et son argumentation. 2° a) Pourquoi la perception de l'enfant constitue-t-elle, selon Rousseau, une forme de "physique expérimentale relative à sa propre conservation" ? b) Expliquez la distinction entre "raison sensitive" et "raison intellectuelle". 3° La perception suffit-elle à fonder un savoir ? notions : EXISTENCE EXPÉRIENCE PERCEPTION RAISON
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ROUSSEAU |
| 1999 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Toute vérité a-t-elle besoin d'être prouvée ?
notions : DÉMONSTRATION VÉRITÉ
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| 1999 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
Peut-il y avoir savoir-faire sans savoir ?
notions : {CONNAISSANCE} {PRATIQUE}
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| 1999 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Être libre, est-ce ne se soumettre à rien ?
notions : LIBERTÉ
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| 1999 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
Faire régner la justice, est-ce seulement appliquer le droit ?
notions : DROIT JUSTICE
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| 1999 | TECHN. | MÉTROPOLE | REMPLACEMENT |
Pour connaître les hommes, il faut les voir agir. Dans le monde on les entend parler ; ils montrent leurs discours et cachent leurs actions : mais dans l'histoire elles sont dévoilées, et on les juge sur les faits. Leurs propos même aident à les apprécier ; car, comparant ce qu'ils font à ce qu'ils disent, on voit à l…
lire la suitePour connaître les hommes, il faut les voir agir. Dans le monde on les entend parler ; ils montrent leurs discours et cachent leurs actions : mais dans l'histoire elles sont dévoilées, et on les juge sur les faits. Leurs propos même aident à les apprécier ; car, comparant ce qu'ils font à ce qu'ils disent, on voit à la fois ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent paraître : plus ils se déguisent, mieux on les connaît.Malheureusement cette étude a ses dangers, ses inconvénients de plus d'une espèce. II est difficile de se mettre dans un point de vue (1) d'où l'on puisse juger ses semblables avec équité. Un des grands vices de l'histoire est qu'elle peint beaucoup plus les hommes par leurs mauvais côtés que par les bons ; comme elle n'est intéressante que par les révolutions, les catastrophes, tant qu'un peuple croît et prospère dans le calme d'un paisible gouvernement, elle n'en dit rien ; elle ne commence à en parler que quand, ne pouvant plus se suffire à lui-même, il prend part aux affaires de ses voisins, ou les laisse prendre part aux siennes ; elle ne l'illustre que quand il est déjà sur son déclin : toutes nos histoires commencent où elles devraient finir. ROUSSEAU (1) Par "se mettre dans un point de vue", il faut entendre "se placer à un point de vue" (2) Par "avec équité", il faut entendre "avec justice" QUESTIONS 1° Dégager l'idée générale du texte et les étapes de son argumentation 2° Expliquer a) "Pour connaître les hommes, il faut les voir agir" ; b) "II est difficile de se mettre dans un point de vue d'où l'on puisse juger ses semblables avec équité" ; c) "Un des grands vices de l'histoire est qu'elle peint beaucoup plus les hommes par leurs mauvais côtés que par les bons". 3° L'histoire nous conduit-elle à désespérer des hommes ? notions : {ANTHROPOLOGIE} HISTOIRE
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ROUSSEAU |
| 1999 | TECHN. | MÉTROPOLE | NORMALE |
Le seul qui fait sa volonté est celui qui n'a pas besoin pour la faire de mettre les bras d'un autre au bout des siens (1) : d'où il suit que le premier de tous les biens n'est pas l'autorité mais la liberté. L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut et fait ce qu'il lui plaît. (...)
La société a fait l'homme…
lire la suiteLe seul qui fait sa volonté est celui qui n'a pas besoin pour la faire de mettre les bras d'un autre au bout des siens (1) : d'où il suit que le premier de tous les biens n'est pas l'autorité mais la liberté. L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut et fait ce qu'il lui plaît. (...)La société a fait l'homme plus faible, non seulement en lui ôtant le droit qu'il avait sur ses propres forces, mais surtout en les lui rendant insuffisantes. Voilà pourquoi ses désirs se multiplient avec sa faiblesse, et voilà ce qui fait celle de l'enfance comparée à l'âge d'homme. Si l'homme est un être fort et si l'enfant est un être faible, ce n'est pas parce que le premier a plus de force absolue que le second, mais c'est parce que le premier peut naturellement se suffire à lui-même et que l'autre ne le peut. ROUSSEAU (1) Par "mettre les bras d'un autre au bout des siens", il faut entendre : "solliciter l'aide d'autrui" QUESTIONS : 1° Dégager l'idée générale du texte et les étapes de son argumentation. 2° Expliquer a) "Le premier de tous les biens n'est pas l'autorité mais la liberté" ; b) "L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut et fait ce qu'il lui plaît" ; c) "La société a fait l'homme plus faible". 3° Être libre, est-ce ne dépendre que de soi ? notions : AUTRUI LIBERTÉ SOCIÉTÉ
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ROUSSEAU |
| 1999 | L | MÉTROPOLE + LA RÉUNION | NORMALE |
La philosophie peut-elle se passer d'une réflexion sur les sciences ?
notions : {CONNAISSANCE} {PHILOSOPHIE}
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| 1999 | L | MÉTROPOLE + LA RÉUNION | NORMALE |
Peut-on convaincre autrui qu'une oeuvre d'art est belle ?
notions : ART AUTRUI
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| 1999 | L | MÉTROPOLE + LA RÉUNION | NORMALE |
Le choix n'est certainement pas la même chose que le souhait, bien qu'il en soit visiblement fort voisin. Il n'y a pas de choix, en effet, des choses impossibles, et si on prétendait faire porter son choix sur elles on passerait pour insensé ; au contraire, il peut y avoir souhait des choses impossibles, par exemple d…
lire la suiteLe choix n'est certainement pas la même chose que le souhait, bien qu'il en soit visiblement fort voisin. Il n'y a pas de choix, en effet, des choses impossibles, et si on prétendait faire porter son choix sur elles on passerait pour insensé ; au contraire, il peut y avoir souhait des choses impossibles, par exemple de l'immortalité. D'autre part, le souhait peut porter sur des choses qu'on ne saurait d'aucune manière mener à bonne fin par soi-même, par exemple faire que tel acteur ou tel athlète remporte la victoire ; au contraire, le choix ne s'exerce jamais sur de pareilles choses, mais seulement sur celles qu'on pense pouvoir produire par ses propres moyens. En outre, le souhait porte plutôt sur la fin, et le choix sur les moyens pour parvenir à la fin : par exemple, nous souhaitons être en bonne santé, mais nous choisissons les moyens qui nous feront être en bonne santé ; nous pouvons dire encore que nous souhaitons d'être heureux, mais il inexact de dire que nous choisissons de l'être : car, d'une façon générale, le choix porte, selon toute apparence, sur les choses qui dépendent de nous.ARISTOTE notions : {FINS} LIBERTÉ
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ARISTOTE |
| 1999 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
La force de notre volonté est-elle autre chose que celle de nos désirs ?
notions : {VOLONTÉ} DÉSIR LIBERTÉ
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| 1999 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Faut-il une méthode pour découvrir la vérité ?
notions : VÉRITÉ
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| 1999 | L | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Je change donc sans cesse. Mais ce n'est pas assez dire. Le changement est bien plus radical qu'on ne le croirait d'abord.
Je parle en effet de chacun de mes états comme s'il formait un bloc. Je dis bien que je change, mais le changement m'a l'air de résider dans le passage d'un état à l'état suivant : de chaque éta…
lire la suiteJe change donc sans cesse. Mais ce n'est pas assez dire. Le changement est bien plus radical qu'on ne le croirait d'abord.Je parle en effet de chacun de mes états comme s'il formait un bloc. Je dis bien que je change, mais le changement m'a l'air de résider dans le passage d'un état à l'état suivant : de chaque état, pris à part, J'aime à croire qu'il reste ce qu'il est pendant tout le temps qu'il se produit. Pourtant, un léger effort d'attention me révélerait qu'il n'y a pas d'affection, pas de représentation, pas de volition (1) qui ne se modifie à tout moment ; si un état d'âme cessait de varier, sa durée cesserait de couler. Prenons le plus stable des états internes, la perception visuelle d'un objet extérieur immobile. L'objet a beau rester le même, j'ai beau le regarder du même côté, sous le même angle, au même jour : la vision que j'ai n'en diffère pas moins de celle que je viens d'avoir, quand ce ne serait que parce qu'elle a vieilli d'un instant. Ma mémoire est là, qui pousse quelque chose de ce passé dans ce présent. Mon état d'âme, en avançant sur la route du temps, s'enfle continuellement de la durée qu'il ramasse ; il fait, pour ainsi dire, boule de neige avec lui-même. A plus forte raison en est-il ainsi des états plus profondément intérieurs, sensations, affections, désirs, etc., qui ne correspondent pas, comme une simple perception visuelle, à un objet extérieur invariable. Mais il est commode de ne pas faire attention à ce changement ininterrompu, et de ne le remarquer que lorsqu'il devient assez gros pour imprimer au corps une nouvelle attitude, à l'attention une direction nouvelle. A ce moment précis on trouve qu'on a changé d'état. La vérité est qu'on change sans cesse, et que l'état lui-même est déjà du changement. BERGSON (1) volition : acte de vouloir notions : CONSCIENCE PERCEPTION SUJET TEMPS
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BERGSON |
| 1999 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Peut-on juger autrui ?
notions : {JUGEMENT} AUTRUI
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| 1999 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Dans quelle mesure les énoncés scientifiques peuvent-ils être considérés comme des vérités ?
notions : {CONNAISSANCE} VÉRITÉ
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| 1999 | S | NOUVELLE-CALÉDONIE | NORMALE |
Tous ces coureurs se donnent bien de la peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la peine. On lit partout que les hommes cherchent le plaisir ; mais cela n'est pas évident ; il semble plutôt qu'ils cherchent la peine et qu'ils aiment la peine. Le vieux Diogène …
lire la suiteTous ces coureurs se donnent bien de la peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la peine. On lit partout que les hommes cherchent le plaisir ; mais cela n'est pas évident ; il semble plutôt qu'ils cherchent la peine et qu'ils aiment la peine. Le vieux Diogène (1) disait : "Ce qu'il y a de meilleur c'est la peine". On dira là-dessus qu'ils trouvent tous leur plaisir dans cette peine qu'ils cherchent ; mais c'est jouer sur les mots ; c'est bonheur et non plaisir qu'il faudrait dire ; et ce sont deux choses très différentes, aussi différentes que l'esclavage et la liberté.On veut agir, on ne veut pas subir. Tous ces hommes qui se donnent tant de peine n'aiment sans doute pas le travail forcé ; personne n'aime le travail forcé ; personne n'aime les maux qui tombent ; personne n'aime sentir la nécessité. Mais aussitôt que je me donne librement de la peine, me voilà content. ALAIN (1) Philosophe grec de l'Antiquité notions : BONHEUR LIBERTÉ TRAVAIL
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ALAIN |
| 1999 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
L'abus de pouvoir est-il inévitable ?
notions : ÉTAT POLITIQUE
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| 1999 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Si la technique est libératrice, de quoi nous libère-t-elle ?
notions : LIBERTÉ TECHNIQUE
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| 1999 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Le passé peut-il faire l'objet d'une connaissance scientifique ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {CONNAISSANCE} HISTOIRE TEMPS
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| 1999 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Puis-je invoquer l'inconscient sans ruiner la morale ?
notions : INCONSCIENT MORALE
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| 1999 | ES | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Mais il me semble que la différence qui est entre les plus grandes âmes et celles qui sont basses et vulgaires, consiste, principalement, en ce que les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses, que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes ;…
lire la suiteMais il me semble que la différence qui est entre les plus grandes âmes et celles qui sont basses et vulgaires, consiste, principalement, en ce que les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses, que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes ; au lieu que les autres ont des raisonnements si forts et si puissants que, bien qu'elles aient aussi des passions et même souvent de plus violentes que celles du commun, leur raison demeure néanmoins toujours la maîtresse, et fait que les afflictions même leur servent, et contribuent à la parfaite félicité dont elles jouissent dès cette vie. Car, d'une part, se considérant comme immortelles et capables de recevoir de très grands contentements, puis, d'autre part, considérant qu'elles sont jointes à des corps mortels et fragiles, qui sont sujets à beaucoup d'infirmités, et qui ne peuvent manquer de périr dans peu d'années, elles font bien tout ce qui est en leur pouvoir pour se rendre la fortune (1) favorable en cette vie, mais néanmoins elles l'estiment si peu, au regard de l'éternité, qu'elles n'en considèrent quasi les événements que comme nous faisons ceux des comédies. Et comme les histoires tristes et lamentables, que nous voyons représenter sur un théâtre, nous donnent souvent autant de récréation que les gaies, bien qu'elles tirent des larmes de nos yeux ; ainsi ces plus grandes âmes, dont je parle, ont de la satisfaction en elles-mêmes, de toutes les choses qui leur arrivent, même les plus fâcheuses et insupportables.DESCARTES (1) la fortune : le sort notions : {PASSIONS} BONHEUR ESPRIT MATIÈRE RAISON
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DESCARTES |
| 1999 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Le problème d'une constitution, fût-ce pour un peuple de démons (qu'on me pardonne ce qu'il y a de choquant dans l'expression) n'est pas impossible à résoudre, pourvu que ce peuple soit doué d'entendement : "une multitude d'êtres raisonnables souhaitent tous pour leur conservation des lois universelles, quoique chacun…
lire la suiteLe problème d'une constitution, fût-ce pour un peuple de démons (qu'on me pardonne ce qu'il y a de choquant dans l'expression) n'est pas impossible à résoudre, pourvu que ce peuple soit doué d'entendement : "une multitude d'êtres raisonnables souhaitent tous pour leur conservation des lois universelles, quoique chacun d'eux ait un penchant secret à s'en excepter soi-même. Il s'agit de leur donner une constitution qui enchaîne tellement leurs passions personnelles l'une par l'autre, que, dans leur conduite extérieure, l'effet en soit aussi insensible que s'ils n'avaient pas du tout ces dispositions hostiles". Pourquoi ce problème serait-il insoluble ? Il n'exige pas qu'on obtienne l'effet désiré d'une réforme morale des hommes. Il demande uniquement comment on pourrait tirer parti du mécanisme de la nature, pour diriger tellement la contrariété des intérêts personnels, que tous les individus, qui composent un peuple, se contraignissent eux-mêmes les uns les autres à se ranger sous le pouvoir coercitif d'une législation, et amenassent ainsi un état pacifique de législation.KANT notions : {PASSIONS} LOI RAISON
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KANT |
| 1999 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
À quoi servent les preuves ?
notions : {LOGIQUE} DÉMONSTRATION RAISON
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| 1999 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Y a-t-il un droit au travail ?
notions : DROIT TRAVAIL
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| 1999 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
En ce moment je cause avec vous, je prononce le mot "causerie". Il est clair que ma conscience se représente ce mot tout d'un coup (1) ; sinon, elle n'y verrait pas un mot unique, elle ne lui attribuerait pas un sens. Pourtant, lorsque j'articule la dernière syllabe du mot, les deux premières ont été articulées déjà ;…
lire la suiteEn ce moment je cause avec vous, je prononce le mot "causerie". Il est clair que ma conscience se représente ce mot tout d'un coup (1) ; sinon, elle n'y verrait pas un mot unique, elle ne lui attribuerait pas un sens. Pourtant, lorsque j'articule la dernière syllabe du mot, les deux premières ont été articulées déjà ; elles sont du passé par rapport à celle-là, qui devrait alors s'appeler du présent. Mais cette dernière syllabe "rie", je ne l'ai pas prononcée instantanément ; le temps, si court soit-il, pendant lequel je l'ai émise, est décomposable en parties, et ces parties sont du passé par rapport à la dernière d'entre elles, qui serait, elle, du présent définitif si elle n'était décomposable à son tour : de sorte que vous aurez beau faire, vous ne pourrez tracer une ligne de démarcation entre le passé et le présent, ni par conséquent entre la mémoire et la conscience. A vrai dire, quand j'articule le mot "causerie", j'ai présents à l'esprit non seulement le commencement, le milieu et la fin du mot, mais encore les mots qui ont précédé, mais encore tout ce que j'ai déjà prononcé de la phrase ; sinon, j'aurais perdu le fil de mon discours. Maintenant, si la ponctuation du discours eût été différente, ma phrase eût pu commencer plus tôt ; elle eût englobé, par exemple, la phrase précédente, et mon "présent" se fût dilaté encore davantage dans le passé. Poussons ce raisonnement jusqu'au bout : supposons que mon discours dure depuis des années, depuis le premier éveil de ma conscience, qu'il se poursuive en une phrase unique, et que ma conscience soit assez détachée de l'avenir, assez désintéressée de l'action, pour s'employer exclusivement à embrasser le sens de la phrase : je ne chercherais pas plus d'explication, alors, à la conservation intégrale de cette phrase que je n'en cherche à la survivance des deux premières syllabes du mot "causerie" quand je prononce la dernière. Or, je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience, phrase semée de virgules, mais nulle part coupée par des points.BERGSON (1) "tout d'un coup" : d'un seul coup notions : {MÉMOIRE} CONSCIENCE LANGAGE TEMPS
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BERGSON |
| 1999 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
La notion de vie a-t-elle un statut scientifique ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} VIVANT
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| 1999 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Le bien s'impose-t-il à nous de la même manière que le vrai ?
notions : MORALE VÉRITÉ
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| 1999 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Faut-il chercher en toute chose l'efficacité ?
notions : {FINS} {PRATIQUE}
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| 1999 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Travailler est-ce seulement produire ?
notions : TRAVAIL
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| 1999 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
S'écoulant dans le lit assuré du bon sens, la philosophie naturelle (1) produit au mieux une rhétorique de vérités triviales. Lui reproche-t-on l'insignifiance de ce qu'elle présente, elle assure en réplique que le sens et le contenu sont présents dans son coeur et doivent être aussi dans le coeur des autres ; elle a …
lire la suiteS'écoulant dans le lit assuré du bon sens, la philosophie naturelle (1) produit au mieux une rhétorique de vérités triviales. Lui reproche-t-on l'insignifiance de ce qu'elle présente, elle assure en réplique que le sens et le contenu sont présents dans son coeur et doivent être aussi dans le coeur des autres ; elle a en effet, à son avis, prononcé l'ultime parole en parlant de l'innocence du coeur et de la pureté de la conscience morale, à quoi on ne peut rien objecter, et au-delà de quoi on ne peut rien demander. Cependant, ce qu'il fallait faire c'était ne pas laisser le meilleur au fond du coeur, mais le tirer du puits pour l'exposer à la lumière du jour. (...) Puisque le sens commun fait appel au sentiment, son oracle intérieur, il rompt tout contact avec qui n'est pas de son avis, il est ainsi contraint d'expliquer qu'il n'a rien d'autre à dire à celui qui ne trouve pas et ne sent pas en soi-même la même vérité ; en d'autres termes, il foule aux pieds la racine de l'humanité, car la nature de l'humanité, c'est de tendre à l'accord mutuel ; son existence est seulement dans la communauté instituée des consciences.HEGEL (1) "philosophie naturelle" : façon de penser du sens commun notions : {SENS} CONSCIENCE ÉCHANGES MORALE VÉRITÉ
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HEGEL |
| 1999 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
La persuasion commune du vulgaire semble être différente. La plupart en effet semblent croire qu'ils sont libres dans la mesure où il leur est permis d'obéir à l'appétit sensuel et qu'ils renoncent à leurs droits dans la mesure où ils sont astreints à vivre suivant les prescriptions de la loi divine. La moralité donc …
lire la suiteLa persuasion commune du vulgaire semble être différente. La plupart en effet semblent croire qu'ils sont libres dans la mesure où il leur est permis d'obéir à l'appétit sensuel et qu'ils renoncent à leurs droits dans la mesure où ils sont astreints à vivre suivant les prescriptions de la loi divine. La moralité donc et la religion, et absolument parlant tout ce qui se rapporte à la force d'âme, ils croient que ce sont des fardeaux dont ils espèrent être déchargés après la mort pour recevoir le prix de la servitude, c'est-à-dire de la moralité et de la religion, et ce n'est pas seulement cet espoir, c'est aussi et principalement la crainte d'être punis d'affreux supplices après la mort qui les induit à vivre suivant les prescriptions de la loi divine autant que leur petitesse et leur impuissance intérieure le permettent. Et, si les hommes n'avaient pas cet espoir et cette crainte, s'ils croyaient au contraire que les âmes périssent avec le corps et que les malheureux, épuisés par le fardeau de la moralité, n'ont devant eux aucune vie à venir, ils reviendraient à leur complexion (1) et voudraient tout gouverner suivant leur appétit sensuel et obéir à la fortune plutôt qu'à eux-mêmes. Ce qui ne me paraît pas moins absurde que si quelqu'un, parce qu'il ne croit pas pouvoir nourrir son corps de bons aliments dans l'éternité, aimait mieux se saturer de poisons et de substances mortifères, ou parce qu'on croit que l'âme n'est pas éternelle ou immortelle, on aimait mieux être dément et vivre sans raison ; absurdités telles qu'elles méritent à peine d'être relevées.SPINOZA notions : {MORT} ESPRIT LIBERTÉ MATIÈRE RELIGION
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SPINOZA |
| 1999 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Est-ce l'égalité des droits qui assure l'égalité des hommes ?
notions : DROIT JUSTICE
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| 1999 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Dire que l'art qu'il n'est pas utilitaire, est-ce dire qu'il est inutile ?
notions : ART
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| 1999 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Faut-il être raisonnable pour être libre ?
notions : LIBERTÉ RAISON
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| 1999 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Puis-je, au nom de ma conscience, refuser de me soumettre aux lois ?
notions : CONSCIENCE LOI
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| 1999 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
On a rappelé que l'homme avait toujours inventé des machines, que l'antiquité en avait connu de remarquable, que des dispositifs ingénieux furent imaginés bien avant l'éclosion de la science moderne et ensuite, très souvent, indépendamment d'elle : aujourd'hui encore de simples ouvriers, sans culture scientifique, tro…
lire la suiteOn a rappelé que l'homme avait toujours inventé des machines, que l'antiquité en avait connu de remarquable, que des dispositifs ingénieux furent imaginés bien avant l'éclosion de la science moderne et ensuite, très souvent, indépendamment d'elle : aujourd'hui encore de simples ouvriers, sans culture scientifique, trouvent des perfectionnements auxquels de savants ingénieurs n'avaient pas pensé. L'invention mécanique est un don naturel. Sans doute elle a été limitée dans ses effets tant qu'elle s'est bornée à utiliser des énergies actuelles et, en quelque sorte, visibles : effort musculaire, force du vent ou d'une chute d'eau. La machine n'a donné tout son rendement que du jour où l'on a su mettre à son service, par un simple déclenchement, des énergies potentielles emmagasinées pendant des millions d'années, empruntées au soleil, disposées dans la houille, le pétrole, etc. Mais ce jour fut celui de l'invention de la machine à vapeur, et l'on sait qu'elle n'est pas sortie de considérations théoriques (1). Hâtons-nous d'ajouter que le progrès, d'abord lent, s'est effectué à pas de géant lorsque la science se fut mise de la partie. II n'en est pas moins vrai que l'esprit d'invention mécanique, qui coule dans un lit étroit tant qu'il est laissé à lui-même, qui s'élargit indéfiniment quand il a rencontré la science, en reste distinct et pourrait à la rigueur s'en séparer. Tel, le Rhône entre dans le lac de Genève, paraît y mêler ses eaux, et montre à sa sortie qu'il avait conservé son indépendance.BERGSON (1) Les premières machines à vapeur furent réalisées vers 1690. La théorie scientifique qui explique leur fonctionnement date, elle, de 1824. QUESTIONS : 1° Dégager I'idée directrice de ce texte et les étapes de son argumentation. 2° a) Expliquer : "l'invention mécanique est un don naturel" ; b) Que signifie l'image du fleuve à la fin du texte ? 3° Les techniques ne sont-elles qu'une application des sciences ? notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} TECHNIQUE
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BERGSON |
| 1999 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de leur propre mouvement, ni dans des conditions choisies par eux seuls, mais bien dans les conditions qu'ils trouvent directement et qui leur sont données et transmises. La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau d…
lire la suiteLes hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de leur propre mouvement, ni dans des conditions choisies par eux seuls, mais bien dans les conditions qu'ils trouvent directement et qui leur sont données et transmises. La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c'est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu'ils appellent craintivement les esprits du passé à leur rescousse, qu'ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d'ordre, leurs costumes, pour jouer une nouvelle scène de l'Histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage d'emprunt. C'est ainsi que la Révolution de 1789 à 1814 se drapa successivement dans le costume de la République romaine, puis dans celui de l'Empire romain. C'est ainsi que le débutant, qui a appris une nouvelle langue la retraduit toujours dans sa langue maternelle, mais il ne se sera approprié l'esprit de cette nouvelle langue et ne sera en mesure de s'en servir pour créer librement, que lorsqu'il saura se mouvoir dans celle-ci en oubliant en elle sa langue d'origine.MARX QUESTIONS : 1° Dégager l'idée directrice du texte et les étapes de son argumentation. 2° a) Expliquer : "pour jouer une nouvelle scène de l'Histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage d'emprunt". b) Que signifie la comparaison finale avec l'apprentissage d'une nouvelle langue, et qu'apporte-t-elle à l'argumentation ? 3° Les hommes font-ils librement leur histoire ? notions : HISTOIRE
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MARX |
| 1999 | ES | SPORTIFS HAUT NIVEAU | NORMALE |
Peut-on être juste avec les autres sans les aimer ?
notions : AUTRUI JUSTICE
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| 1999 | ES | SPORTIFS HAUT NIVEAU | NORMALE |
La technique accroît-elle notre liberté ?
notions : LIBERTÉ TECHNIQUE
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| 1999 | ES | SPORTIFS HAUT NIVEAU | NORMALE |
Devant le réel le plus complexe, si nous étions livrés à nous-mêmes, c'est du côté du pittoresque, du pouvoir évocateur que nous chercherions la connaissance : le monde serait notre représentation. Par contre, si nous étions livrés tout entiers à la société, c'est du côté du général, de l'utile, du convenu, que nous c…
lire la suiteDevant le réel le plus complexe, si nous étions livrés à nous-mêmes, c'est du côté du pittoresque, du pouvoir évocateur que nous chercherions la connaissance : le monde serait notre représentation. Par contre, si nous étions livrés tout entiers à la société, c'est du côté du général, de l'utile, du convenu, que nous chercherions la connaissance : le monde serait notre convention. En fait, la vérité scientifique est une prédiction, mieux, une prédication. Nous appelons les esprits à la convergence en annonçant la nouvelle scientifique, en transmettant du même coup une pensée et une expérience, liant la pensée à l'expérience dans une vérification : le monde scientifique est donc notre vérification.BACHELARD notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} RÉEL SOCIÉTÉ VÉRITÉ
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BACHELARD |
| 1999 | L | SPORTIFS HAUT NIVEAU | NORMALE |
Peut-on résister à la vérité ?
notions : VÉRITÉ
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| 1999 | L | SPORTIFS HAUT NIVEAU | NORMALE |
Travailler, est-ce seulement mettre en oeuvre une technique ?
notions : TECHNIQUE TRAVAIL
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| 1999 | L | SPORTIFS HAUT NIVEAU | NORMALE |
La différence qui est entre les plus grandes âmes et celles qui sont basses et vulgaires, consiste, principalement, en ce que les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses, que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes ; au lieu que les autre…
lire la suiteLa différence qui est entre les plus grandes âmes et celles qui sont basses et vulgaires, consiste, principalement, en ce que les âmes vulgaires se laissent aller à leurs passions, et ne sont heureuses ou malheureuses, que selon que les choses qui leur surviennent sont agréables ou déplaisantes ; au lieu que les autres ont des raisonnements si forts et si puissants que, bien qu'elles aient aussi des passions, et même souvent de plus violentes que celles du commun, leur raison demeure néanmoins toujours la maîtresse, et fait que les afflictions (1) même les servent, et contribuent à la parfaite félicité dont elles jouissent dès cette vie. (...). Ainsi, ressentant de la douleur en leur corps, elles s'exercent à la supporter patiemment, et cette épreuve qu'elles font de leur force, leur est agréable ; ainsi, voyant leurs amis en quelque grande affliction, elles compatissent à leur mal, et font tout leur possible pour les en délivrer, et ne craignent pas même de s'exposer à la mort pour ce sujet, s'il en est besoin. Mais, cependant, le témoignage que leur donne leur conscience, de ce qu'elles s'acquittent en cela de leur devoir, et font une action louable et vertueuse, les rend plus heureuses, que toute la tristesse, que leur donne la compassion, ne les afflige.DESCARTES (1) littéralement ce qui les afflige : événements malheureux qui seraient susceptibles de les plonger dans la tristesse. notions : {PASSIONS} BONHEUR DEVOIR ESPRIT RAISON
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DESCARTES |