Banque de sujets de baccalauréat - philosophie

Filtres

Sélections multiples avec Ctrl et Maj.

Plusieurs mots : tous doivent figurer.
Les guillemets forcent une suite exacte, comme "état de nature".

tout effacer
AnnéeSérieLieuSession SujetAuteur
1999 S SPORTIFS HAUT NIVEAU NORMALE L'expérience instruit-elle ?
notions : EXPÉRIENCE
1999 S SPORTIFS HAUT NIVEAU NORMALE Le refus du travail a-t-il un sens ?
notions : TRAVAIL
1999 S SPORTIFS HAUT NIVEAU NORMALE Le véritable champ du génie est celui de l'imagination, parce qu'elle est créatrice et qu'elle se trouve moins que d'autres facultés sous la contrainte des règles ; ce qui la rend d'autant plus capable d'originalité. La démarche mécanique de l'enseignement, en forçant à toute heure l'élève à l'imitation, est assurémen…
lire la suite Le véritable champ du génie est celui de l'imagination, parce qu'elle est créatrice et qu'elle se trouve moins que d'autres facultés sous la contrainte des règles ; ce qui la rend d'autant plus capable d'originalité. La démarche mécanique de l'enseignement, en forçant à toute heure l'élève à l'imitation, est assurément préjudiciable à la levée de germe du génie, en son originalité. Tout art réclame cependant certaines règles mécaniques fondamentales, celle de l'adéquation de l'oeuvre à l'idée sous-jacente, c'est-à-dire la vérité dans la représentation de l'objet conçu en pensée. Cette exigence doit être apprise avec la rigueur de l'école, elle est à la vérité un effet de l'imitation. Quant à libérer l'imagination de cette contrainte et à laisser le talent hors du banal procéder sans règle et s'exalter jusqu'à contredire la nature, cela pourrait bien donner une folie originale qui ne serait tout de même pas exemplaire, et ne pourrait donc pas non plus être rangée dans le génie.

KANT
notions : {IMAGINATION} {NATURE} ART
KANT
1999 L TUNISIE SECOURS Peut-on être philosophe sans être savant ?
notions : {CONNAISSANCE} {PHILOSOPHIE}
1999 L TUNISIE SECOURS L'égalité des hommes est-elle un fait ou une idée ?
notions : {IDÉE} JUSTICE
1999 L TUNISIE SECOURS Les animaux peuvent aussi sentir à l'extérieur les objets corporels, grâce à leurs sens, et s'en souvenir après les avoir fixés dans leur mémoire, désirer parmi eux ceux qui leur conviennent et éviter ceux qui leur nuisent. Mais reconnaître ceux-ci, retenir non seulement les souvenirs amassés naturellement, mais aussi…
lire la suite Les animaux peuvent aussi sentir à l'extérieur les objets corporels, grâce à leurs sens, et s'en souvenir après les avoir fixés dans leur mémoire, désirer parmi eux ceux qui leur conviennent et éviter ceux qui leur nuisent. Mais reconnaître ceux-ci, retenir non seulement les souvenirs amassés naturellement, mais aussi ceux confiés volontairement à la mémoire, imprimer à nouveau en elle, par l'évocation et la pensée, ceux qui glissent peu à peu dans l'oubli (car, de même que la pensée se forme sur ce que contient la mémoire, de même ce qui est dans la mémoire est consolidé par la pensée) ; composer des visions imaginaires, en choisissant, et pour ainsi dire en cousant ensemble n'importe quels souvenirs ; voir comment, en ce genre de fictions, on peut distinguer le vraisemblable du vrai, tant dans le domaine spirituel que dans le domaine corporel ; tous ces phénomènes et ceux du même genre, même s'ils concernent et intéressent le sensible, et tout ce que l'âme tire des sens, font quand même appel à la raison, et ne sont pas le partage des bêtes comme le nôtre (1).

AUGUSTIN

(1) "ne sont pas le partage des bêtes comme le nôtre" : n'appartiennent pas aux bêtes comme aux hommes.
notions : {IMAGINATION} {MÉMOIRE} ESPRIT PERCEPTION RAISON VÉRITÉ
AUGUSTIN
1999 S TUNISIE SECOURS Y a-t-il une vérité en art ?
notions : ART VÉRITÉ
1999 S TUNISIE SECOURS L'obéissance à une loi commune à tous est-elle une servitude ?
notions : LIBERTÉ LOI
1999 S TUNISIE SECOURS L'esprit a une structure variable dès l'instant où la connaissance a une histoire. En effet, l'histoire humaine peut bien, dans ses passions, dans ses préjugés, dans tout ce qui relève des impulsions immédiates, être un éternel recommencement ; mais il y a des pensées qui ne recommencent pas ; ce sont les pensées qui …
lire la suite L'esprit a une structure variable dès l'instant où la connaissance a une histoire. En effet, l'histoire humaine peut bien, dans ses passions, dans ses préjugés, dans tout ce qui relève des impulsions immédiates, être un éternel recommencement ; mais il y a des pensées qui ne recommencent pas ; ce sont les pensées qui ont été rectifiées, élargies, complétées. Elles ne retournent pas à leur aire restreinte ou chancelante. Or l'esprit scientifique est essentiellement une rectification du savoir, un élargissement des cadres de la connaissance. Il juge son passé historique en le condamnant. Sa structure est la conscience de ses fautes historiques. Scientifiquement, on pense le vrai comme rectification historique d'une longue erreur, on pense l'expérience comme rectification de l'illusion commune et première.

BACHELARD
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {CONNAISSANCE} ESPRIT HISTOIRE VÉRITÉ
BACHELARD
1998 ES AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Peut-on dire des vérités scientifiques qu'elles sont provisoires ?
notions : VÉRITÉ
1998 ES AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Est-ce l'ignorance de ce que nous sommes qui fait la force de nos passions ?
notions : {PASSIONS} SUJET
1998 ES AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Il ne serait pas raisonnable de croire que les peuples se sont d'abord jetés entre les bras d'un maître absolu, sans conditions et sans retour, et que le premier moyen de pourvoir à la sûreté commune, qu'aient imaginé des hommes fiers et indomptés, a été de se précipiter dans l'esclavage. En effet, pourquoi se sont-il…
lire la suite Il ne serait pas raisonnable de croire que les peuples se sont d'abord jetés entre les bras d'un maître absolu, sans conditions et sans retour, et que le premier moyen de pourvoir à la sûreté commune, qu'aient imaginé des hommes fiers et indomptés, a été de se précipiter dans l'esclavage. En effet, pourquoi se sont-ils donné des supérieurs, si ce n'est pour les défendre contre l'oppression, et protéger leurs biens, leurs libertés et leurs vies, qui sont, pour ainsi dire, les éléments constitutifs de leur être ? Or, dans les relations d'homme à homme, le pis qui puisse arriver à l'un étant de se voir à la discrétion de l'autre, n'eût-il pas été contre le bon sens de commencer par se dépouiller entre les mains d'un chef des seules choses, pour la conservation desquelles ils avaient besoin de son secours ? Quel équivalent eût-il pu leur offrir pour la concession d'un si beau droit ? et s'il eût osé l'exiger sous le prétexte de les défendre, n'eût-il pas aussitôt reçu la réponse de l'apologue (1) : "Que nous fera de plus l'ennemi ?" Il est donc incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté, et non pour les asservir.

ROUSSEAU

(1) apologue : petite fable visant à illustrer une leçon morale
notions : DROIT ÉTAT  LIBERTÉ POLITIQUE
ROUSSEAU
1998 L AMÉRIQUE DU NORD Qu'est-ce qui, en moi, me dit ce que je dois faire ?
1998 L AMÉRIQUE DU NORD Ce qui appartient à l'histoire est-il, par là même, inactuel ?
1998 S AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Qu'est-ce qu'un État libre ?
notions : ÉTAT LIBERTÉ
1998 S AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Doit-on apprendre à devenir soi -même ?
notions : SUJET
1998 S AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Quand se présente un objet ou un événement naturels, toute notre sagacité et toute notre pénétration sont impuissantes à découvrir ou même à conjecturer sans expérience quel événement en résultera ou à porter nos prévisions au-delà de l'objet immédiatement présent à la mémoire et aux sens. Même après un cas ou une exp…
lire la suite Quand se présente un objet ou un événement naturels, toute notre sagacité et toute notre pénétration sont impuissantes à découvrir ou même à conjecturer sans expérience quel événement en résultera ou à porter nos prévisions au-delà de l'objet immédiatement présent à la mémoire et aux sens. Même après un cas ou une expérience unique où nous avons observé qu'un événement en suivait un autre, nous ne sommes pas autorisés à former une règle générale ou à prédire ce qui arrivera dans des cas analogues ; car on tiendrait justement pour une impardonnable témérité de juger du cours entier de la nature par une expérience isolée, même précise ou certaine. Mais quand une espèce particulière d'événements a toujours, dans tous les cas, été conjointe à une autre, nous n'hésitons pas plus longtemps à prédire l'une à l'apparition de l'autre et à employer ce raisonnement qui peut seul nous apporter la certitude sur une question de fait ou d'existence. Nous appelons alors l'un des objets cause et l'autre effet. Nous supposons qu'il y a une connexion entre eux, et un pouvoir dans l'un qui lui fait infailliblement produire l'autre et le fait agir avec la plus grande certitude et la plus puissante nécessité.

HUME
notions : EXPÉRIENCE RAISON TEMPS
HUME
1998 ES AMÉRIQUE DU SUD NORMALE Obéir me dégage-t-il de toute responsabilité ?
notions : DEVOIR MORALE
1998 ES AMÉRIQUE DU SUD NORMALE Faut-il recourir à la notion d'inspiration pour rendre compte de la production artistique ?
notions : ART
1998 ES AMÉRIQUE DU SUD NORMALE L'arithmétique n'est pas plus que la géométrie une promotion naturelle d'une raison immuable. L'arithmétique n'est pas fondée sur la raison. C'est la doctrine de la raison qui est fondée sur l'arithmétique élémentaire. Avant de savoir compter, je ne savais guère ce qu'était la raison. En général, l'esprit doit se plie…
lire la suite L'arithmétique n'est pas plus que la géométrie une promotion naturelle d'une raison immuable. L'arithmétique n'est pas fondée sur la raison. C'est la doctrine de la raison qui est fondée sur l'arithmétique élémentaire. Avant de savoir compter, je ne savais guère ce qu'était la raison. En général, l'esprit doit se plier aux conditions du savoir. Il doit créer en lui une structure correspondant à la structure du savoir. Il doit se mobiliser autour d'articulations qui correspondent aux dialectiques du savoir. Que serait une fonction sans des occasions de fonctionner ? Que serait une raison sans des occasions de raisonner ? La pédagogie de la raison doit donc profiter de toutes les occasions de raisonner. Elle doit chercher la variété des raisonnements, ou mieux du raisonnement [...]. La raison, encore une fois, doit obéir à la science.

BACHELARD
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {MATHÉMATIQUES} RAISON
BACHELARD
1998 L AMÉRIQUE DU SUD NORMALE Prendre son temps est-ce le perdre ?
notions : EXISTENCE TEMPS
1998 L AMÉRIQUE DU SUD NORMALE N'y a-t-il de science que de ce qui est mathématisable ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {CONNAISSANCE} {MATHÉMATIQUES}
1998 L AMÉRIQUE DU SUD NORMALE S'il était découvert que l'espèce humaine, considérée dans sa totalité, a avancé et a été en train de progresser même aussi longtemps que l'on voudra, personne ne pourrait pourtant assurer que n'intervienne désormais, à cet instant précis, en raison des dispositions physiques de notre espèce, l'époque de son recul ; e…
lire la suite S'il était découvert que l'espèce humaine, considérée dans sa totalité, a avancé et a été en train de progresser même aussi longtemps que l'on voudra, personne ne pourrait pourtant assurer que n'intervienne désormais, à cet instant précis, en raison des dispositions physiques de notre espèce, l'époque de son recul ; et inversement, si l'on marche à reculons et vers le pire en une chute accélérée, on ne doit pas écarter l'espoir de pouvoir rencontrer le point d'inflexion, précisément là où, en raison des dispositions morales de notre espèce, le cours de celle -ci se retournerait vers le mieux. Car nous avons affaire à des êtres agissant librement, auxquels certes se peut à l'avance dicter ce qu'ils doivent faire, mais ne se peut prédire ce qu'ils feront, et qui, du sentiment des maux qu'ils s'infligèrent à eux -mêmes, savent, si cela empire vraiment, retirer un motif renforcé de faire désormais mieux que ce n'était en tout cas avant cette situation.

KANT
notions : {ANTHROPOLOGIE} HISTOIRE LIBERTÉ MORALE
KANT
1998 S AMÉRIQUE DU SUD NORMALE La vérité est-elle soumise au temps ?
notions : TEMPS VÉRITÉ
1998 S AMÉRIQUE DU SUD NORMALE Expliquer, est-ce justifier ?
notions : {CONNAISSANCE}
1998 S AMÉRIQUE DU SUD NORMALE Comment nous comportons-nous vis-à-vis des actes d'un homme de notre entourage ? Tout d'abord nous considérons ce qu'il en résulte pour nous, nous ne les considérons que sous ce point de vue. Cet effet causé sur nous, nous y voyons l'intention de l'acte et pour finir nous attribuons à cet homme comme un caractère perm…
lire la suite Comment nous comportons-nous vis-à-vis des actes d'un homme de notre entourage ? Tout d'abord nous considérons ce qu'il en résulte pour nous, nous ne les considérons que sous ce point de vue. Cet effet causé sur nous, nous y voyons l'intention de l'acte et pour finir nous attribuons à cet homme comme un caractère permanent le fait d'avoir eu de telles intentions, et désormais nous le qualifions, par exemple, d'"homme nuisible". Triple erreur ! Triple méprise, vieille comme le monde ! [...]. Ne faut-il pas chercher l'origine de toute morale dans ces horribles petites conclusions : "ce qui me nuit est quelque chose de mauvais (de nuisible en soi) ; ce qui m'est utile est quelque chose de bon (de bienfaisant et d'utile en soi), ce qui me nuit une ou plusieurs fois est hostile en soi et foncièrement ; ce qui m'est utile une ou plusieurs fois est amical en soi et foncièrement. "O pudenda origo" (1) ! Cela ne revient-il pas à interpréter les misérables relations occasionnelles et souvent fortuites d'un autre à nous comme si ces relations étaient l'essence et le fond de son être, et prétendre qu'envers tout le monde et envers soi-même il n'est capable que de relations semblables à celles dont nous avons fait une ou plusieurs fois l'expérience ? Et derrière cette véritable folie n'y a-t-il pas la plus immodeste de toutes les arrière-pensées : croire qu'il faut que nous soyons nous-mêmes le principe du bien puisque le bien et le mal se mesurent d'après nous ?

NIETZSCHE

(1) Ô honteuse origine
notions : MORALE
NIETZSCHE
1998 ES ANTILLES NORMALE Peut-on se connaître soi-même ?
notions : CONSCIENCE SUJET
1998 ES ANTILLES REMPLACEMENT De quoi pouvons-nous être sûrs ?
notions : CROYANCE
1998 ES ANTILLES NORMALE Parler, n'est-ce pas toujours en un sens donner sa parole ?
notions : LANGAGE MORALE
1998 ES ANTILLES REMPLACEMENT Faut-il préférer l'injustice au désordre ?
notions : JUSTICE
1998 ES ANTILLES NORMALE L'homme sauvage, quand il a dîné, est en paix avec toute la nature, et l'ami de tous ses semblables. S'agit-il quelquefois de disputer son repas ? Il n'en vient jamais aux coups sans avoir auparavant comparé la difficulté de vaincre avec celle de trouver ailleurs sa subsistance et comme l'orgueil ne se mêle pas du com…
lire la suite L'homme sauvage, quand il a dîné, est en paix avec toute la nature, et l'ami de tous ses semblables. S'agit-il quelquefois de disputer son repas ? Il n'en vient jamais aux coups sans avoir auparavant comparé la difficulté de vaincre avec celle de trouver ailleurs sa subsistance et comme l'orgueil ne se mêle pas du combat, il se termine par quelques coups de poing. Le vainqueur mange, le vaincu va chercher fortune, et tout est pacifié, mais chez l'homme en société, ce sont bien d'autres affaires ; il s'agit premièrement de pourvoir au nécessaire, et puis au superflu ; ensuite viennent les délices, et puis les immenses richesses, et puis des sujets, et puis des esclaves ; il n'a pas un moment de relâche. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que moins les besoins sont naturels et pressants, plus les passions augmentent, et, qui pis est, le pouvoir de les satisfaire ; de sorte qu'après de longues prospérités, après avoir englouti bien des trésors et désolé bien des hommes, mon héros finira par tout égorger jusqu'à ce qu'il soit l'unique maître de l'univers. Tel est en abrégé le tableau moral, sinon de la vie humaine, au moins des prétentions secrètes du coeur de tout homme civilisé.

ROUSSEAU
notions : {NATURE} SOCIÉTÉ
ROUSSEAU
1998 ES ANTILLES REMPLACEMENT Il y a un objet culturel qui va jouer un rôle essentiel dans la perception d'autrui : c'est le langage. Dans l'expérience du dialogue, il se constitue entre autrui et moi un terrain commun, ma pensée et la sienne ne font qu'un seul tissu, mes propos et ceux de l'interlocuteur sont appelés par l'état de la discussion, …
lire la suite Il y a un objet culturel qui va jouer un rôle essentiel dans la perception d'autrui : c'est le langage. Dans l'expérience du dialogue, il se constitue entre autrui et moi un terrain commun, ma pensée et la sienne ne font qu'un seul tissu, mes propos et ceux de l'interlocuteur sont appelés par l'état de la discussion, ils s'insèrent dans une opération commune dont aucun de nous n'est le créateur. [...] Nous sommes l'un pour l'autre collaborateurs dans une réciprocité parfaite, nos perspectives glissent l'une dans l'autre, nous coexistons à travers un même monde. Dans le dialogue présent, je suis libéré de moi-même, les pensées d'autrui sont bien des pensées siennes, ce n'est pas moi qui les forme, bien que je les saisisse aussitôt nées ou que je les devance, et même, l'objection que me fait l'interlocuteur m'arrache des pensées que je ne savais pas posséder, de sorte que si je lui prête des pensées, il me fait penser en retour.

MERLEAU-PONTY
notions : AUTRUI LANGAGE
MERLEAU-PONTY
1998 L ANTILLES NORMALE Est-il juste de dire que seul le présent existe ?
notions : EXISTENCE TEMPS
1998 L ANTILLES REMPLACEMENT Est-il insensé de vouloir transformer l'homme ?
notions : {HOMME} HISTOIRE
1998 L ANTILLES NORMALE L'amitié est-elle la forme idéale du rapport à autrui ?
notions : AUTRUI
1998 L ANTILLES REMPLACEMENT À quoi reconnaît-on un jugement vrai ?
notions : {JUGEMENT} VÉRITÉ
1998 L ANTILLES NORMALE L'expérience paraît enseigner cependant que, dans l'intérêt de la paix et de la concorde, il convient que tout le pouvoir appartienne à un seul. Nul État en effet n'est demeuré aussi longtemps sans aucun changement notable que celui des Turcs (1) et en revanche nulles cités n'ont été moins durables que les Cités popul…
lire la suite L'expérience paraît enseigner cependant que, dans l'intérêt de la paix et de la concorde, il convient que tout le pouvoir appartienne à un seul. Nul État en effet n'est demeuré aussi longtemps sans aucun changement notable que celui des Turcs (1) et en revanche nulles cités n'ont été moins durables que les Cités populaires ou démocratiques, et il n'en est pas où se soient élevées plus de séditions. Mais si la paix doit porter le nom de servitude, de barbarie et de solitude, il n'est rien pour les hommes de si lamentable que la paix. Entre les parents et les enfants il y a certes plus de querelles et des discussions plus âpres qu'entre maîtres et esclaves, et cependant il n'est pas de l'intérêt de la famille ni de son gouvernement que l'autorité paternelle se change en une domination et que les enfants soient tels que des esclaves. C'est donc la servitude, non la paix, qui demande que tout le pouvoir soit aux mains d'un seul : ainsi que nous l'avons déjà dit, la paix ne consiste pas dans l'absence de guerre, mais dans l'union des âmes, c'est-à-dire dans la concorde.

SPINOZA

(1) allusion à l'empire ottoman
notions : ÉTAT  LIBERTÉ POLITIQUE
SPINOZA
1998 L ANTILLES REMPLACEMENT Le corps politique, aussi bien que le corps de l'homme, commence à mourir dès sa naissance et porte en lui-même les causes de sa destruction. Mais l'un et l'autre peut avoir une constitution plus ou moins robuste et propre à le conserver plus ou moins longtemps. La constitution de l'homme est l'ouvrage de la nature, c…
lire la suite Le corps politique, aussi bien que le corps de l'homme, commence à mourir dès sa naissance et porte en lui-même les causes de sa destruction. Mais l'un et l'autre peut avoir une constitution plus ou moins robuste et propre à le conserver plus ou moins longtemps. La constitution de l'homme est l'ouvrage de la nature, celle de l'État est l'ouvrage de l'art. Il ne dépend pas des hommes de prolonger leur vie, il dépend d'eux de prolonger celle de l'État aussi loin qu'il est possible, en lui donnant la meilleure constitution qu'il puisse avoir. Le mieux constitué finira, mais plus tard qu'un autre, si nul accident imprévu n'amène sa perte avant le temps.
Le principe de la vie politique est dans l'autorité souveraine. La puissance législative est le coeur de l'État, la puissance exécutive en est le cerveau, qui donne le mouvement à toutes les parties. Le cerveau peut tomber en paralysie et l'individu vivre encore. Un homme reste imbécile et vit : mais sitôt que le coeur a cessé ses fonctions, l'animal est mort.
Ce n'est point par les lois que l'État subsiste, c'est par le pouvoir législatif.

ROUSSEAU
notions : {NATURE} ART ÉTAT  POLITIQUE VIVANT
ROUSSEAU
1998 S ANTILLES NORMALE Faut-il accorder de l'importance aux mots ?
notions : LANGAGE
1998 S ANTILLES REMPLACEMENT La spontanéité est-elle une marque de liberté ?
notions : LIBERTÉ
1998 S ANTILLES NORMALE Dans quelle mesure une connaissance scientifique donne-t-elle du pouvoir sur l'avenir ?
notions : {CONNAISSANCE} EXISTENCE TEMPS
1998 S ANTILLES REMPLACEMENT Les vérités mathématiques constituent-elles le modèle de toute vérité ?
notions : {MATHÉMATIQUES} VÉRITÉ
1998 S ANTILLES NORMALE Pour éviter de heurter, je dois faire ici remarquer que, lorsque je nie que la justice soit une vertu naturelle, je fais usage du mot naturel uniquement en tant qu'opposé à artificiel. Dans un autre sens du mot, comme il n'y a pas de principe de l'esprit humain qui soit plus naturel qu'un sens de la vertu, de même il …
lire la suite Pour éviter de heurter, je dois faire ici remarquer que, lorsque je nie que la justice soit une vertu naturelle, je fais usage du mot naturel uniquement en tant qu'opposé à artificiel. Dans un autre sens du mot, comme il n'y a pas de principe de l'esprit humain qui soit plus naturel qu'un sens de la vertu, de même il n'y a pas de vertu plus naturelle que la justice. L'espèce humaine est une espèce inventive et quand une invention est évidente et absolument nécessaire, on peut la dire naturelle tout aussi justement qu'on le dit de toute chose qui procède de principes originels immédiatement et sans l'intervention de la pensée et de la réflexion. Bien que les lois de la justice soient artificielles, elles ne sont pas arbitraires. Et elle n'est pas impropre, l'expression qui les appelle des lois de nature, si par naturel nous entendons ce qui est commun à une espèce, ou même si nous en limitons le sens à ce qui est inséparable de l'espèce.

HUME
notions : {NATURE} JUSTICE
HUME
1998 S ANTILLES REMPLACEMENT Rien ne peut s'opposer à une impulsion passionnelle, rien ne peut retarder une impulsion passionnelle qu'une impulsion contraire ; si cette impulsion contraire naissait parfois de la raison, cette faculté devrait avoir une influence primitive sur la volonté et elle devrait être capable de produire, aussi bien que d'em…
lire la suite Rien ne peut s'opposer à une impulsion passionnelle, rien ne peut retarder une impulsion passionnelle qu'une impulsion contraire ; si cette impulsion contraire naissait parfois de la raison, cette faculté devrait avoir une influence primitive sur la volonté et elle devrait être capable de produire, aussi bien que d'empêcher, un acte de volition. Mais, si la raison n'a pas d'influence primitive, il est impossible qu'elle puisse contrebalancer un principe qui a ce pouvoir ou qu'elle puisse faire hésiter l'esprit un moment. Il apparaît ainsi que le principe, qui s'oppose à notre passion, ne peut s'identifier à la raison et que c'est improprement qu'on l'appelle de ce nom. Nous ne parlons ni avec rigueur ni philosophiquement lorsque nous parlons du combat de la passion et de la raison.

HUME
notions : {PASSIONS} RAISON
HUME
1998 TECHN. ANTILLES NORMALE Toutes les contraintes sociales sont-elles des oppressions ?
notions : LIBERTÉ SOCIÉTÉ
1998 TECHN. ANTILLES REMPLACEMENT Y a-t-il un progrès dans l'art ?
notions : ART
1998 TECHN. ANTILLES NORMALE La nature nous fournit-elle des outils ?
notions : {NATURE} TECHNIQUE
1998 TECHN. ANTILLES REMPLACEMENT Sommes-nous conscients ou avons-nous à nous rendre conscients ?
notions : CONSCIENCE
1998 TECHN. ANTILLES NORMALE Afin de ne pas perdre courage et de ne pas succomber au dégoût, parmi des oisifs débiles (1) et incorrigibles, ou parmi des compagnons qui ne sont actifs qu'en apparence mais en réalité seulement agités et frétillants, l'homme d'action jette un regard en arrière et interrompt un moment sa course, ne fût-ce que pour re…
lire la suite Afin de ne pas perdre courage et de ne pas succomber au dégoût, parmi des oisifs débiles (1) et incorrigibles, ou parmi des compagnons qui ne sont actifs qu'en apparence mais en réalité seulement agités et frétillants, l'homme d'action jette un regard en arrière et interrompt un moment sa course, ne fût-ce que pour reprendre haleine. Mais son but est toujours un bonheur, pas nécessairement son propre bonheur, mais celui d'une nation ou de l'humanité tout entière. Il répugne à la résignation et il use de l'histoire comme d'un remède à la résignation. Il ne peut le plus souvent compter sur aucune récompense, si ce n'est la gloire, c'est-à-dire le droit d'occuper une place d'honneur dans le temple de l'histoire (2), où il pourra servir de maître, de consolateur ou d'avertissement pour la postérité (3). Car la loi qu'il reconnaît, c'est que tout ce qui a jamais été capable d'élargir et d'embellir la notion de "l'homme" doit rester éternellement présent, afin de maintenir éternellement présente cette possibilité.

NIETZSCHE

(1) débiles : sans (véritable) énergie
(2) temple de l'histoire : ce que retient l'histoire
(3) postérité : les générations futures

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée principale du texte en analysant la valeur originale que l'auteur accorde à l'histoire.

2°
a) expliquez : "il use de l'histoire comme d'un remède à la résignation" ;
b) expliquez la dernière phrase.

3° À quoi l'histoire peut-elle servir ?
notions : BONHEUR HISTOIRE
NIETZSCHE
1998 TECHN. ANTILLES REMPLACEMENT Pufendorf (1) dit que, tout de même qu'on transfère son bien à autrui par des conventions et des contrats, on peut aussi se dépouiller de sa liberté en faveur de quelqu'un. C'est là, ce me semble, un fort mauvais raisonnement ; car premièrement le bien que j'aliène (2) me devient une chose tout à fait étrangère, et do…
lire la suite Pufendorf (1) dit que, tout de même qu'on transfère son bien à autrui par des conventions et des contrats, on peut aussi se dépouiller de sa liberté en faveur de quelqu'un. C'est là, ce me semble, un fort mauvais raisonnement ; car premièrement le bien que j'aliène (2) me devient une chose tout à fait étrangère, et dont l'abus m'est indifférent, mais il m'importe qu'on n'abuse point de ma liberté, et je ne puis sans me rendre coupable du mal qu'on me forcera de faire, m'exposer à devenir l'instrument du crime. De plus, le droit de propriété n'étant que de convention et d'institution humaine, tout homme peut à son gré disposer de ce qu'il possède : mais il n'en est pas de même des dons essentiels de la nature, tels que la vie et la liberté, dont il est permis à chacun de jouir... En s'ôtant l'une on dégrade son être ; en s'ôtant l'autre on l'anéantit autant qu'il est en soi ; et comme nul bien temporel ne peut dédommager de l'une et de l'autre, ce serait offenser à la fois la nature et la raison que d'y renoncer à quelque prix que ce fût.

ROUSSEAU

(1) Juriste du 17e siècle
(2) aliéner : donner ou vendre

QUESTIONS :

1° Quelle est l'idée générale de ce texte et quelles sont les étapes de l'argumentation ?

2°
a) Expliquez : "le bien que j'aliène me devient une chose tout à fait étrangère et dont l'abus m'est indifférent" ;
b) comment "puis-je me rendre coupable du mal" qu'on me forcerait de faire ?
c) qu'est-ce qu'"offenser à la fois la nature et la raison" ?

3° La liberté est-elle un bien comme un autre ?
notions : LIBERTÉ
ROUSSEAU

1 … 67 68 69 70 71 … 137