Banque de sujets de baccalauréat - philosophie

Filtres

Sélections multiples avec Ctrl et Maj.

Plusieurs mots : tous doivent figurer.
Les guillemets forcent une suite exacte, comme "état de nature".

tout effacer
AnnéeSérieLieuSession SujetAuteur
1996 L INDE NORMALE Que des martyrs prouvent quelque chose quant à la vérité d'une cause, cela est si peu vrai que je veux montrer qu'aucun martyr n'eut jamais le moindre rapport avec la vérité. Dans la façon qu'a un martyr de jeter sa certitude à la face de l'univers s'exprime un si bas degré d'honnêteté intellectuelle, une telle fermet…
lire la suite Que des martyrs prouvent quelque chose quant à la vérité d'une cause, cela est si peu vrai que je veux montrer qu'aucun martyr n'eut jamais le moindre rapport avec la vérité. Dans la façon qu'a un martyr de jeter sa certitude à la face de l'univers s'exprime un si bas degré d'honnêteté intellectuelle, une telle fermeture d'esprit devant la question de la vérité, que cela ne vaut jamais la peine qu'on la réfute. La vérité n'est pas une chose que l'un posséderait et l'autre non (..). Plus on s'avance dans les choses de l'esprit, et plus la modestie, l'absence de prétentions sur ce point deviennent grandes : être compétent dans trois ou quatre domaines, avouer pour le reste son ignorance...
Les martyrs furent un grand malheur dans l'histoire : ils séduisirent. Déduire qu'une cause pour laquelle un homme accepte la mort doit bien avoir quelque chose pour elle - cette logique fut un frein inouï pour l'examen, l'esprit critique, la prudence intellectuelle. Les martyrs ont porté atteint à la vérité. Il suffit encore aujourd'hui d'une certaine cruauté dans la persécution pour donner à une secte sans aucun intérêt une bonne réputation. Comment ? Que l'on donne sa vie pour une cause, cela change-t-il quelque chose à sa valeur ? Ce fut précisément l'universelle stupidité historique de tous les persécuteurs qui donnèrent à la cause adverse l'apparence de la dignité.

NIETZSCHE
notions : ESPRIT HISTOIRE VÉRITÉ
NIETZSCHE
1996 S INDE NORMALE La démarche scientifique exclut-elle tout recours à l'imagination ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {IMAGINATION} EXPÉRIENCE THÉORIE
1996 S INDE NORMALE Le temps est-il essentiellement destructeur ?
notions : TEMPS
1996 S INDE NORMALE Un homme peut travailler avec autant d'art qu'il le veut à se représenter une action contraire à la loi qu'il se souvient avoir commise, comme une erreur faite sans intention, comme une simple imprévoyance qu'on ne peut jamais entièrement éviter, par conséquent comme quelque chose où il a été entraîné par le torrent d…
lire la suite Un homme peut travailler avec autant d'art qu'il le veut à se représenter une action contraire à la loi qu'il se souvient avoir commise, comme une erreur faite sans intention, comme une simple imprévoyance qu'on ne peut jamais entièrement éviter, par conséquent comme quelque chose où il a été entraîné par le torrent de la nécessité naturelle, et à se déclarer ainsi innocent, il trouve cependant que l'avocat qui parle en sa faveur ne peut réduire au silence l'accusateur qui est en lui s'il a conscience qu'au temps où il commettait l'injustice, il était dans son bon sens, c'est -à-dire qu'il avait l'usage de sa liberté. Quoiqu'il s'explique sa faute par quelque mauvaise habitude, qu'il a insensiblement contractée en négligeant de faire attention à lui-même et qui est arrivée à un tel degré de développement qu'il peut considérer la première comme une conséquence naturelle de cette habitude, il ne peut jamais néanmoins ainsi se mettre en sûreté cotre le blâme intérieur et le reproche qu'il se fait à lui-même. C'est là-dessus aussi que se fonde le repentir qui se produit à l'égard d'une action accomplie depuis longtemps, chaque fois que nous nous en souvenons.

KANT
notions : MORALE
KANT
1996 TECHN. INDE NORMALE Faut-il croire les historiens ?
notions : HISTOIRE
1996 TECHN. INDE NORMALE Peut-on forcer un homme à être libre ?
notions : LIBERTÉ
1996 TECHN. INDE NORMALE Le plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est (...) de veiller à l'observation des lois dont il est le ministre (1), et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S'il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui-même, (lui) qui jouit de tout…
lire la suite Le plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est (...) de veiller à l'observation des lois dont il est le ministre (1), et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S'il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui-même, (lui) qui jouit de toute leur faveur. Car son exemple est de telle force que, quand même le peuple voudrait bien souffrir (2) qu'il s'affranchît du joug de la loi, il devrait se garder de profiter d'une si dangereuse prérogative, que d'autres s'efforceraient bientôt d'usurper à leur tour, et souvent à son préjudice. Au fond, comme tous les engagements de la société sont réciproques par leur nature, il n'est pas possible de se mettre au-dessus de la loi sans renoncer à ses avantages, et personne ne doit rien à quiconque prétend ne rien devoir à personne.

ROUSSEAU

(1) "ministre" : (ici, au sens ancien du terme) serviteur.
(2) "souffrir" : accepter, supporter.

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée directrice et les étapes de l'argumentation de ce texte.

2° Expliquez :
a) "S'il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit -il les observer lui- même" ;
b) "les engagements de la société sont réciproques par nature".
.
3° Est-ce seulement par intérêt que le chef doit obéir à la loi ?
notions : ÉTAT  LOI POLITIQUE SOCIÉTÉ
ROUSSEAU
1996 ES JAPON NORMALE L'homme est-il libre par nature ?
notions : {HOMME} {NATURE} LIBERTÉ
1996 ES JAPON NORMALE Peut-on toujours dire la vérité ?
notions : LANGAGE VÉRITÉ
1996 ES JAPON NORMALE La méthode des mathématiciens dans la découverte et l'exposé des sciences - c'est-à-dire la démonstration des conclusions par définitions, postulats, et axiomes - est la meilleure et la plus sûre pour chercher la vérité et l'enseigner : voilà l'opinion unanime de tous ceux qui veulent s'élever au-dessus du vulgaire. A…
lire la suite La méthode des mathématiciens dans la découverte et l'exposé des sciences - c'est-à-dire la démonstration des conclusions par définitions, postulats, et axiomes - est la meilleure et la plus sûre pour chercher la vérité et l'enseigner : voilà l'opinion unanime de tous ceux qui veulent s'élever au-dessus du vulgaire. A juste titre d'ailleurs. Car on ne peut tirer une connaissance rigoureuse et ferme de ce qu'on ne connaît pas encore que de choses déjà connues avec certitude. Il est donc nécessaire de s'en servir comme d'un fondement stable sur lequel on puisse établir par la suite tout l'édifice de la connaissance humaine, sans risquer qu'il s'affaisse ou s'écroule au moindre choc. Or, que ce soit le cas des notions qui, sous le nom de définitions, postulats et axiomes, sont fréquemment utilisées par ceux qui cultivent les mathématiques, on n'en pourra douter si on a tant soit peu salué du seuil cette noble discipline. Car les définitions ne sont guère que des explications très larges de termes et noms qui désignent les objets dont il sera question. Et les postulats et les axiomes (...) sont des propositions si claires, si évidentes, que tous ceux qui ont simplement compris correctement les mots ne peuvent que donner leur assentiment.

SPINOZA
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {MATHÉMATIQUES} DÉMONSTRATION VÉRITÉ
SPINOZA
1996 L JAPON NORMALE L'imagination ne produit-elle qu'illusion ?
notions : {ILLUSION} {IMAGINATION}
1996 L JAPON NORMALE L'exercice du pouvoir est-il compatible avec le respect de la justice ?
notions : JUSTICE POLITIQUE
1996 L JAPON NORMALE Concevoir qu'un fait est la raison d'un autre fait, qu'une vérité procède d'une autre vérité, ce n'est autre chose que saisir des liens de dépendance et de subordination, c'est-à-dire saisir un ordre entre des objets divers, et cette dépendance ne nous frappe, n'est aperçue par nous, que parce que nous avons la facult…
lire la suite Concevoir qu'un fait est la raison d'un autre fait, qu'une vérité procède d'une autre vérité, ce n'est autre chose que saisir des liens de dépendance et de subordination, c'est-à-dire saisir un ordre entre des objets divers, et cette dépendance ne nous frappe, n'est aperçue par nous, que parce que nous avons la faculté de comparer et de préférer un arrangement à une autre, comme plus simple, plus régulier et par conséquent plus parfait ; en d'autres termes, parce que nous avons l'idée de ce qui constitue la perfection de l'ordre, et parce qu'il est de l'essence de notre nature raisonnable de croire que la nature a mis de l'ordre dans les choses, et de nous croire d'autant plus près de la véritable explication des choses, que l'ordre dans lequel nous sommes parvenus à les ranger nous semble mieux satisfaire aux conditions de simplicité, d'unité et d'harmonie qui, selon notre raison, constituent la perfection de l'ordre.

COURNOT
notions : {LOGIQUE} RAISON
COURNOT
1996 S JAPON NORMALE La désobéissance rend-elle plus libre ?
notions : LIBERTÉ
1996 S JAPON NORMALE Pourquoi cherchons-nous à connaître notre passé ?
notions : EXISTENCE HISTOIRE TEMPS
1996 S JAPON NORMALE Peut-on sortir de sa culture ?
notions : CULTURE
1996 S JAPON NORMALE Les sciences peuvent-elles nous éclairer sur le bien et le mal ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {CONNAISSANCE} MORALE
1996 S JAPON NORMALE Pourquoi l'homme veut-il s'affliger en contemplant des aventures tragiques et lamentables, qu'il ne voudrait pas lui-même souffrir ? Et cependant, spectateur, il veut de ce spectacle ressentir l'affliction, et en cette affliction consiste son plaisir. Qu'est-ce là, sinon une pitoyable folie ? Car nous sommes d'autant …
lire la suite Pourquoi l'homme veut-il s'affliger en contemplant des aventures tragiques et lamentables, qu'il ne voudrait pas lui-même souffrir ? Et cependant, spectateur, il veut de ce spectacle ressentir l'affliction, et en cette affliction consiste son plaisir. Qu'est-ce là, sinon une pitoyable folie ? Car nous sommes d'autant plus émus que nous sommes moins guéris de ces passions. Quand on souffre soi-même, on nomme ordinairement cela misère, et quand on partage les souffrances d'autrui, pitié. Mais quelle est cette pitié inspirée par les fictions de la scène ? Ce n'est pas à aider autrui que le spectateur est incité, mais seulement à s'affliger, et il aime l'auteur de ces fictions dans la mesure où elles l'affligent. Si le spectacle de ces malheurs antiques ou fabuleux ne l'attriste pas, il se retire avec des paroles de mépris et de critique. S'il éprouve de la tristesse, il demeure là, attentif et joyeux.
Ce sont donc les larmes et les impressions douloureuses que nous aimons. Sans doute tout homme cherche la joie. Il ne plaît à personne d'être malheureux, mais on aime éprouver de la pitié, et, comme la pitié ne va pas sans douleur, n'est-ce pas pour cette seule raison que la douleur est aimée ? Ce phénomène a sa source dans l'amitié que les hommes ont les uns pour les autres.

AUGUSTIN, Confessions
notions : {PASSIONS} ART
AUGUSTIN
1996 S JAPON NORMALE Maintenant considère ceci. Quel but se propose la peinture relativement à chaque objet ? Est-ce de représenter ce qui est tel qu'il est, ou ce qui paraît tel qu'il paraît ; est-ce l'imitation de l'apparence ou de la réalité ? De l'apparence dit-il. L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai, et, s'il peut tout…
lire la suite Maintenant considère ceci.
Quel but se propose la peinture relativement à chaque objet ? Est-ce de représenter ce qui est tel qu'il est, ou ce qui paraît tel qu'il paraît ; est-ce l'imitation de l'apparence ou de la réalité ?
De l'apparence dit-il.
L'art d'imiter est donc bien éloigné du vrai, et, s'il peut tout exécuter, c'est, semble-t-il, qu'il ne touche qu'une petite partie de chaque chose, et cette partie n'est qu'un fantôme. Nous pouvons dire par exemple que le peintre nous peindra un cordonnier, un charpentier ou tout autre artisan sans connaître le métier d'aucun d'eux ; il n'en fera pas moins, s'il est bon peintre, illusion aux enfants et aux ignorants, en peignant un charpentier et en le montrant de loin, parce qu'il lui aura donné l'apparence d'un charpentier véritable.
Assurément.
Mais voici, mon ami, ce qu'il faut, selon moi, penser de tout cela : quand quelqu'un vient nous dire qu'il a rencontré un homme au courant de tous les métiers et qui connaît mieux tous les détails de chaque art que n'importe quel spécialiste, il faut lui répondre qu'il est naïf et qu'il est tombé sans doute sur un charlatan ou un imitateur qui lui a jeté de la poudre aux yeux, et que, s'il l'a pris pour un savant universel, c'est qu'il n'est pas capable de distinguer la science, l'ignorance et l'imitation.

PLATON
notions : {ILLUSION} ART TECHNIQUE
PLATON
1996 ES LA RÉUNION NORMALE Pourquoi le travail est-il spécifiquement humain ?
notions : {HOMME} TRAVAIL
1996 ES LA RÉUNION NORMALE Nos obligations portent-elles atteinte à notre liberté ?
notions : DEVOIR LIBERTÉ
1996 ES LA RÉUNION NORMALE Il faut un hasard heureux, une chance exceptionnelle, pour que nous notions justement, dans la réalité présente, ce qui aura le plus d'intérêt pour l'historien à venir. Quand cet historien considérera notre présent à nous, il cherchera surtout l'explication de son présent à lui, et plus particulièrement de ce que son …
lire la suite Il faut un hasard heureux, une chance exceptionnelle, pour que nous notions justement, dans la réalité présente, ce qui aura le plus d'intérêt pour l'historien à venir. Quand cet historien considérera notre présent à nous, il cherchera surtout l'explication de son présent à lui, et plus particulièrement de ce que son présent contiendra de nouveau. Cette nouveauté, nous ne pouvons en avoir aucune idée aujourd'hui, si ce doit être une création. Comment donc nous réglerions-nous aujourd'hui sur elle pour choisir parmi les faits ceux qu'il faut enregistrer, ou plutôt pour fabriquer des faits en découpant selon cette indication la réalité présente ? Le fait capital des temps modernes est l'avènement de la démocratie. Que dans le passé, tel qu'il fut décrit par les contemporains, nous en trouvions des signes avant-coureurs, c'est incontestable ; mais les indications peut-être les plus intéressantes n'auraient été notées par eux que s'ils avaient su que l'humanité marchait dans cette direction ; or cette direction de trajet n'était pas plus marquée alors qu'une autre, ou plutôt elle n'existait pas encore, ayant été créée par le trajet lui-même, je veux dire par le mouvement en avant des hommes qui ont progressivement conçu et réalisé la démocratie. Les signes avant-coureurs ne sont donc à nos yeux des signes que parce que nous connaissons maintenant la course, parce que la course a été effectuée. Ni la course, ni la direction, ni par conséquent son terme n'étaient donnés quand ces faits se produisaient : donc ces faits n'étaient pas encore des signes.

BERGSON
notions : HISTOIRE TEMPS
BERGSON
1996 L LA RÉUNION NORMALE Peut-on ne pas savoir ce que l'on dit ?
notions : CONSCIENCE LANGAGE
1996 L LA RÉUNION NORMALE N'y a-t-il de foi que religieuse ?
notions : CROYANCE RELIGION
1996 L LA RÉUNION NORMALE Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel, qui, modérant dans chaque individu l'amour de soi même, concourt à la conservation mutuelle de toute l'espèce. C'est elle qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir, c'est elle qui, dans l'état de nature, tient lieu de lois,…
lire la suite Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel, qui, modérant dans chaque individu l'amour de soi même, concourt à la conservation mutuelle de toute l'espèce. C'est elle qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir, c'est elle qui, dans l'état de nature, tient lieu de lois, de moeurs et de vertu, avec cet avantage que nul n'est tenté de désobéir à sa douce voix : c'est elle qui détournera tout sauvage robuste d'enlever à un faible enfant ou à un vieillard infirme sa subsistance acquise avec peine, si lui-même espère pouvoir trouver la sienne ailleurs : c'est elle qui, au lieu de cette maxime sublime de justice raisonnée, Fais à autrui comme tu veux qu'on te fasse, inspire à tous les hommes cette autre maxime de bonté naturelle, bien moins parfaite, mais plus utile peut être que la précédente : Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible. C'est en un mot, dans ce sentiment naturel, plutôt que dans des arguments subtils, qu'il faut chercher la cause de la répugnance que tout homme éprouverait à mal faire, même indépendamment des maximes de l'éducation. Quoiqu'il puisse appartenir à Socrate et aux esprits de sa trempe d'acquérir de la vertu par raison, il y a longtemps que le genre humain ne serait plus si sa conservation n'eût dépendu que des raisonnements de ceux qui le composent.

ROUSSEAU
notions : {NATURE} {PASSIONS} JUSTICE MORALE RAISON
ROUSSEAU
1996 S LA RÉUNION NORMALE Pourquoi faire son devoir ?
notions : DEVOIR MORALE
1996 S LA RÉUNION NORMALE De quelle liberté l'art témoigne-t-il ?
notions : ART LIBERTÉ
1996 S LA RÉUNION NORMALE La vie quotidienne, pour ses fins variables et relatives, peut se contenter d'évidences et de vérités relatives. La science, elle, veut des vérités variables une fois pour toutes et pour tous, définitives, et donc des vérifications nouvelles et ultimes. Si, en fait, comme elle-même doit finir par s'en convaincre, la s…
lire la suite La vie quotidienne, pour ses fins variables et relatives, peut se contenter d'évidences et de vérités relatives. La science, elle, veut des vérités variables une fois pour toutes et pour tous, définitives, et donc des vérifications nouvelles et ultimes. Si, en fait, comme elle-même doit finir par s'en convaincre, la science ne réussit pas à édifier un système de vérités absolues, si elle doit sans arrêt modifier les vérités acquises, elle obéit cependant à l'idée de vérité absolue, de vérité scientifique, et elle tend par là vers un horizon infini d'approximations qui convergent toutes vers cette idée. A l'aide de ces approximations, elle croit pouvoir dépasser la conscience naïve et aussi se dépasser infiniment elle-même. Elle croit le pouvoir aussi par la fin qu'elle se pose, à savoir l'universalité systématique de la connaissance.

HUSSERL
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} VÉRITÉ
HUSSERL
1996 TECHN. LA RÉUNION NORMALE La culture est-elle la négation de la nature, ou son accomplissement ?
notions : {NATURE} CULTURE
1996 TECHN. LA RÉUNION NORMALE Ma liberté exclut-elle celle des autres, ou bien la suppose-t-elle ?
notions : AUTRUI LIBERTÉ
1996 TECHN. LA RÉUNION NORMALE Il semble que [...] le but de celui qui fait des lois soit d'amener les hommes à se conduire moralement. Or n'importe quel homme peut en amener un autre à se conduire moralement. Donc n'importe quel homme [...] peut établir la loi [...]. (Mais à ce raisonnement), il faut répondre qu'une personne privée ne peut efficac…
lire la suite Il semble que [...] le but de celui qui fait des lois soit d'amener les hommes à se conduire moralement. Or n'importe quel homme peut en amener un autre à se conduire moralement. Donc n'importe quel homme [...] peut établir la loi [...]. (Mais à ce raisonnement), il faut répondre qu'une personne privée ne peut efficacement amener les gens à se conduire moralement, elle ne peut que donner des conseils, et si ses conseils ne sont pas entendus, cette personne n'a aucune force contraignante. La loi au contraire doit avoir cette force contraignante, afin d'amener avec efficacité les gens à se conduire moralement. [...] Et ce pouvoir contraignant appartient au peuple (ou personne publique) : c'est à lui d'infliger des peines [...], et c'est donc à lui seul qu'il revient de faire les lois.

THOMAS D'AQUIN

QUESTIONS :

1° Dégagez l'idée directrice et les étapes de l'argumentation de ce texte.

2° Expliquez :
a) "une personne privée... ne peut que donner des conseils" ;
b) "Ce pouvoir contraignant appartient au peuple (ou personne publique)".

3° Quand les élus font des lois, diriez-vous que c'est le peuple lui-même qui les fait ?
notions : LOI MORALE POLITIQUE
THOMAS D'AQUIN
1996 ES MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Y a-t-il une servitude volontaire ?
notions : {VOLONTÉ} LIBERTÉ
1996 ES MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Est-ce parce qu'ils sont ignorants que les hommes ont des croyances ?
notions : {CONNAISSANCE} CROYANCE
1996 ES MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Quand les enfants commencent à parler, ils pleurent moins. Ce progrès est naturel : un langage est substitué à l'autre. Sitôt qu'ils peuvent dire qu'ils souffrent avec des paroles, pourquoi le diraient-ils avec des cris, si ce n'est quand la douleur est trop vive pour que la parole puisse l'exprimer ? S'ils continuent…
lire la suite Quand les enfants commencent à parler, ils pleurent moins. Ce progrès est naturel : un langage est substitué à l'autre. Sitôt qu'ils peuvent dire qu'ils souffrent avec des paroles, pourquoi le diraient-ils avec des cris, si ce n'est quand la douleur est trop vive pour que la parole puisse l'exprimer ? S'ils continuent alors à pleurer, c'est la faute des gens qui sont autour d'eux. Dès qu'une fois Emile* aura dit : J'ai mal, il faudra des douleurs biens vives pour le forcer de pleurer.
Un autre progrès rend aux enfants la plainte moins nécessaire : c'est celui de leurs forces. Pouvant plus par eux-mêmes, ils ont un besoin moins fréquent de recourir à autrui. Avec leur force se développe la connaissance qui les met en état de la diriger. C'est à ce second degré que commence proprement la vie de l'individu ; c'est alors qu'il prend la conscience de lui-même.

ROUSSEAU
notions : AUTRUI CONSCIENCE LANGAGE
ROUSSEAU
1996 L MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Est-ce par amour de la vérité que l'homme recherche le savoir ?
notions : VÉRITÉ
1996 L MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Suis-je dans le même temps qu'autrui ?
notions : AUTRUI TEMPS
1996 L MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Chacun sent bien que la force ne peut rien contre le droit ; mais beaucoup sont disposés à reconnaître que la force peut quelque chose pour le droit. Ici se présente une difficulté (1) qui paraît insurmontable à beaucoup et qui les jette dans le dégoût de leur propre pensée, sur quoi compte le politique. Ce qui égare …
lire la suite Chacun sent bien que la force ne peut rien contre le droit ; mais beaucoup sont disposés à reconnaître que la force peut quelque chose pour le droit. Ici se présente une difficulté (1) qui paraît insurmontable à beaucoup et qui les jette dans le dégoût de leur propre pensée, sur quoi compte le politique. Ce qui égare d'abord l'esprit, c'est que les règles du droit sont souvent appliquées par la force, avec l'approbation des spectateurs. L'arrestation, l'emprisonnement, la déportation (1), la mort sont des exemples qui frappent. Comment nier que le droit ait besoin de la force ? (...) Je suis bien loin de mépriser cet ordre ancien et vénérable que l'agent au carrefour représente si bien. Et je veux remarquer d'abord ceci, c'est que l'autorité de l'agent est reconnue plutôt que subie. Je suis pressé, le bâton levé produit en moi un mouvement d'impatience et même de colère, mais enfin je veux cet ordre au carrefour, et non pas une lutte de force entre les voitures, et le bâton de l'agent me rappelle cette volonté mienne, que la passion allait me faire oublier. Ce que j'exprime en disant qu'il y a un ordre de droit entre l'agent et moi, entre les autres voyageurs et moi, ou bien, si l'on veut dire autrement, un état de paix véritable. Si cet ordre n'est point reconnu et voulu par moi, si je cède seulement à une force évidemment supérieure, il n'y a ni paix ni droit, mais seulement un vainqueur, qui est l'agent, et un vaincu, qui est moi.

ALAIN

(1) L'auteur pense ici au bagne de Cayenne.
notions : {VIOLENCE} DROIT
ALAIN
1996 S MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT La science nous livre-t-elle le réel tel qu'il est ?
notions : {CONCEPTS_SCIENTIFIQUES} {CONNAISSANCE} RÉEL
1996 S MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Qu'ai-je le droit d'exiger des autres ?
notions : AUTRUI DROIT
1996 S MÉTROPOLE + LA RÉUNION REMPLACEMENT Tant que l'homme est plongé dans la situation historique, il lui arrive de ne même pas concevoir les défauts et les manques d'une organisation politique ou économique déterminée, non comme on dit sottement parce qu'il en "a l'habitude", mais parce qu'il la saisit dans la plénitude d'être et qu'il ne peut même imaginer…
lire la suite Tant que l'homme est plongé dans la situation historique, il lui arrive de ne même pas concevoir les défauts et les manques d'une organisation politique ou économique déterminée, non comme on dit sottement parce qu'il en "a l'habitude", mais parce qu'il la saisit dans la plénitude d'être et qu'il ne peut même imaginer qu'il puisse en être autrement. Car il faut ici inverser l'opinion générale et convenir de ce que ce n'est pas la dureté d'une situation ou les souffrances qu'elle impose qui sont motifs pour qu'on conçoive un autre état de choses où il en irait mieux pour tout le monde, au contraire, c'est à partir du jour où l'on peut concevoir un autre état des choses qu'une lumière neuve tombe sur nos peines et sur nos souffrances et que nous décidons qu'elles sont insupportables. L'ouvrier de 1830 est capable de se révolter si l'on baisse les salaires, car il conçoit facilement une situation où son misérable niveau de vie serait moins bas cependant que celui qu'on veut lui imposer. Mais il ne se représente pas ses souffrances comme intolérables, il s'en accommode, non par résignation, mais parce qu'il manque de la culture et de la réflexion nécessaires pour lui faire concevoir un état social où ces souffrances n'existeraient pas. Aussi n'agit-il pas.

SARTRE
notions : HISTOIRE POLITIQUE SOCIÉTÉ
SARTRE
1996 TECHN. MÉTROPOLE + LA RÉUNION NORMALE Pourquoi l'homme transforme-t-il la nature ?
notions : {NATURE} TECHNIQUE TRAVAIL
1996 TECHN. MÉTROPOLE + LA RÉUNION NORMALE En art, tout s'apprend-il ?
notions : ART
1996 TECHN. MÉTROPOLE + LA RÉUNION NORMALE L'être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d'outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C'est donc à l'être capable d'acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a…
lire la suite L'être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d'outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C'est donc à l'être capable d'acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l'outil de loin le plus utile, la main.
Aussi, ceux qui disent que l'homme n'est pas bien constitué et qu'il est le moins bien partagé (1) des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et n'a pas d'armes pour combattre) sont dans l'erreur. Car les autres animaux n'ont chacun qu'un seul moyen de défense et il ne leur est pas possible de le changer pour un autre. L'homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours loisible (2) d'en changer et même d'avoir l'arme qu'il veut et quand il veut. Car la main devient griffe, serre, corne, ou lance ou épée ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela, parce qu'elle est capable de tout saisir et tout tenir.

ARISTOTE

(1) "le moins bien partagé" : le moins bien pourvu
(2) "il lui est toujours loisible" : il a toujours la possibilité de

QUESTIONS :

1° Dégagez la thèse du texte et les principales étapes de l'argumentation.

2° Expliquez : "la main semble bien être non pas un outil mais plusieurs".

3° Traitez la question suivante sous forme de développement argumenté : la supériorité de l'homme consiste-t-elle dans sa capacité d'acquérir le plus grand nombre de techniques ?
notions : {NATURE} ESPRIT TECHNIQUE
ARISTOTE
1996 ES Nouméa Un peuple est-il responsable de son histoire ?
1996 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Peut-on faire l'éloge de la passion ?
notions : {PASSIONS}
1996 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Un peuple est-il responsable de son histoire ?
notions : HISTOIRE
1996 ES NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE L'état de nature, cette guerre de tous contre tous, a pour conséquence que rien ne peut être injuste. Les notions de droit et de tort, de justice et d'injustice n'ont dans cette situation aucune place. Là où il n'y a pas de pouvoir commun il n'y a pas de loi ; là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas d'injustice : forc…
lire la suite L'état de nature, cette guerre de tous contre tous, a pour conséquence que rien ne peut être injuste. Les notions de droit et de tort, de justice et d'injustice n'ont dans cette situation aucune place. Là où il n'y a pas de pouvoir commun il n'y a pas de loi ; là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas d'injustice : force et ruse sont à la guerre les vertus cardinales. Justice et injustice n'appartiennent pas à la liste des facultés naturelles de l'esprit ou du corps ; car dans ce cas elles pourraient se trouver chez un homme qui serait seul au monde (au même titre que ses sens ou ses passions). En réalité la justice et l'injustice sont des qualités qui se rapportent aux hommes en société, non à l'homme solitaire. La même situation de guerre a aussi pour conséquence qu'il n'y existe ni propriété (...) ni distinction du mien et du tien, mais seulement qu'à chacun appartient ce qu'il peut s'approprier et juste aussi longtemps qu'il est capable de le garder.

HOBBES
notions : DROIT JUSTICE LOI SOCIÉTÉ
HOBBES
1996 L NOUVELLE-CALÉDONIE L'exercice de la philosophie contribue-t-elle au développement de la raison ?
1996 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE Qu'est-ce qu'un fait de culture ?
notions : CULTURE
1996 L NOUVELLE-CALÉDONIE NORMALE L'exercice de la philosophie contribue-t-il au développement de la démocratie ?
notions : {PHILOSOPHIE} POLITIQUE

1 … 79 80 81 82 83 … 137