Banque de sujets de baccalauréat

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AnnéeSérieLieuSession SujetAuteur
2016 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Comment savoir ce qui est juste?
notions : JUSTICE
2016 ES MÉTROPOLE NORMALE Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l'histoire?
notions : HISTOIRE
2016 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Nos désirs expriment-ils ce que nous sommes?
notions : DÉSIR SUJET
2016 ES MÉTROPOLE NORMALE "(...) Parce que nous savons que l’erreur dépend de notre volonté, et que personne n’a la volonté de se tromper, on s’étonnera peut-être qu’il y ait de l’erreur en nos jugements. Mais il faut remarquer qu’il y a bien de la différence entre vouloir être trompé et vouloir donner son consentement à des opinions q…
lire la suite "(...) Parce que nous savons que l’erreur dépend de notre volonté, et que personne n’a la volonté de se tromper, on s’étonnera peut-être qu’il y ait de l’erreur en nos jugements. Mais il faut remarquer qu’il y a bien de la différence entre vouloir être trompé et vouloir donner son consentement à des opinions qui sont cause que nous nous trompons quelquefois. Car encore qu’il n’y ait personne qui veuille expressément se méprendre, il ne s’en trouve presque pas un qui ne veuille donner son consentement à des choses qu’il ne connaît pas distinctement : et même il arrive souvent que c’est le désir de connaître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l’ordre qu’il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent, à cause qu’il les incite à précipiter leurs jugements, et à prendre des choses pour vraies, desquelles ils n’ont pas assez de connaissance."

René DESCARTES, Principes de la philosophie (1644)
notions : VÉRITÉ
DESCARTES
2016 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Le menteur utilise les désignations pertinentes, les mots, pour faire paraître réel l’irréel ; il dit par exemple : "je suis riche", alors que pour qualifier son état c’est justement "pauvre" qui serait la désignation correcte. Il fait un mauvais usage des conventions établies en opérant des substitutions arbit…
lire la suite Le menteur utilise les désignations pertinentes, les mots, pour faire paraître réel l’irréel ; il dit par exemple : "je suis riche", alors que pour qualifier son état c’est justement "pauvre" qui serait la désignation correcte. Il fait un mauvais usage des conventions établies en opérant des substitutions arbitraires ou même en inversant les noms. S’il agit ainsi de façon intéressée et de plus préjudiciable, la société ne lui fera plus confiance et par là même l’exclura. En l’occurrence, les hommes fuient moins le mensonge que le préjudice provoqué par un mensonge. Fondamentalement, ils ne haïssent pas l’illusion mais les conséquences fâcheuses et néfastes de certains types d’illusions. C’est seulement dans ce sens ainsi restreint que l’homme veut la vérité. Il désire les suites favorables de la vérité, celles qui conservent l’existence ; mais il est indifférent à l’égard de la connaissance pure et sans conséquence, et il est même hostile aux vérités qui peuvent être préjudiciables ou destructrices.

Friedrich NIETZSCHE, Vérité et mensonge au sens extra-moral (1873)
notions : VÉRITÉ
NIETZSCHE
2016 L MÉTROPOLE NORMALE Nos convictions morales sont-elles fondées sur l'expérience?
notions : EXPÉRIENCE MORALE
2016 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Faut-il toujours dire la vérité?
notions : VÉRITÉ
2016 L MÉTROPOLE NORMALE le désir est-il par nature illimité?
notions : DÉSIR
2016 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT A-t-on raison de redouter le progrès technique?
notions : TECHNIQUE
2016 L MÉTROPOLE NORMALE Est-ce qu’il existe aucun fait qui soit indépendant de l’opinion et de l’interprétation ? Des générations d’historiens et de philosophes de l’histoire n’ont-elles pas démontré l’impossibilité de constater des faits sans les interpréter, puisque ceux-ci doivent d’abord être extraits d’un chaos de purs événeme…
lire la suite Est-ce qu’il existe aucun fait qui soit indépendant de l’opinion et de l’interprétation ? Des générations d’historiens et de philosophes de l’histoire n’ont-elles pas démontré l’impossibilité de constater des faits sans les interpréter, puisque ceux-ci doivent d’abord être extraits d’un chaos de purs événements (et les principes du choix ne sont assurément pas des données de fait), puis être arrangés en une histoire qui ne peut être racontée que dans une certaine perspective, qui n’a rien à voir avec ce qui a eu lieu à l’origine ? Il ne fait pas de doute que ces difficultés, et bien d’autres encore, inhérentes (1) aux sciences historiques, soient réelles, mais elles ne constituent pas une preuve contre l’existence de la matière factuelle, pas plus qu’elles ne peuvent servir de justification à l’effacement des lignes de démarcation entre le fait, l’opinion et l’interprétation, ni d’excuse à l’historien pour manipuler les faits comme il lui plaît. Même si nous admettons que chaque génération ait le droit d’écrire sa propre histoire, nous refusons d’admettre qu’elle ait le droit de remanier les faits en harmonie avec sa perspective propre ; nous n’admettons pas le droit de porter atteinte à la matière factuelle elle-même. Pour illustrer ce point, et nous excuser de ne pas pousser la question plus loin : durant les années vingt (2). Clémenceau, peu avant sa mort, se trouvait engagé dans une conversation amicale avec un représentant de la République de Weimar (3) au sujet des responsabilités quant au déclenchement de la Première Guerre mondiale. On demanda à Clémenceau : "À votre avis, qu’est-ce que les historiens futurs penseront de ce problème embarrassant et controversé ?" Il répondit : "Ça, je n’en sais rien, mais ce dont je suis sûr, c’est qu’ils ne diront pas que la Belgique a envahi l’Allemagne."

Hannah ARENDT, "Vérité et politique", 1964.

1 Inhérent : qui appartient essentiellement à quelque chose.
2 Années vingt : période de 1920 à 1929.
3 République de Weimar : régime politique de l’Allemagne de 1919 à 1933.
notions : HISTOIRE INTERPRÉTATION POLITIQUE
ARENDT
2016 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Pour avoir un autre individu sous son pouvoir, on peut recourir à différents procédés. On peut l’avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s’enfuir. On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l’être attaché par des bienfaits…
lire la suite Pour avoir un autre individu sous son pouvoir, on peut recourir à différents procédés. On peut l’avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s’enfuir. On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l’être attaché par des bienfaits, au point qu’il préfère exécuter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de son maître qu’au sien propre. Lorsqu’on impose sa puissance de la première ou de la seconde manière, on domine le corps seulement et non l’esprit de l’individu soumis. Mais si l’on pratique la troisième ou la quatrième manière, on tient sous sa dépendance l’esprit aussi bien que le corps de celui-ci. Du moins aussi longtemps que dure en lui le sentiment de crainte ou d’espoir. Aussitôt que cet individu cesse de les éprouver, il redevient indépendant.

Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d’un autre, dans la mesure où un esprit peut être dupé par un autre. Il s’ensuit qu’un esprit ne jouit d’une pleine indépendance, que s’il est capable de raisonnement correct. On ira plus loin. Comme la puissance humaine doit être appréciée d’après la force non tant du corps que de l’esprit, les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s’affirme davantage et qui se laissent davantage guider par la raison. En d’autres termes, je déclare l’homme d’autant plus en possession d’une pleine liberté, qu’il se laisse guider par la raison.

SPINOZA, Traité de l’autorité politique, 1677.
notions : LIBERTÉ
SPINOZA
2016 S MÉTROPOLE NORMALE Travailler moins, est-ce vivre mieux?
notions : BONHEUR LIBERTÉ TRAVAIL
2016 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'inconscient nous empêche-t-il d'être nous-mêmes?
notions : INCONSCIENT
2016 S MÉTROPOLE NORMALE Faut-il démontrer pour savoir?
notions : DÉMONSTRATION RAISON
2016 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Une religion peut-elle se fonder sur la raison?
notions : RELIGION
2016 S MÉTROPOLE NORMALE Je n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune (1), et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer …
lire la suite Je n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune (1), et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, à notre époque, un certain crédit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu prédire. J’ai moi-même été tenté en certaines circonstances de penser de cette manière.
Néanmoins, afin que notre libre arbitre (2) ne soit pas complètement anéanti, j’estime que la fortune peut déterminer la moitié de nos actions mais que pour l’autre moitié les événements dépendent de nous. Je compare la fortune à l’un de ces fleuves dévastateurs qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, détruisent les arbres et les édifices, enlèvent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde cède à la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre résistance. Bien que les choses se déroulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilité, pendant les périodes de calme, de se prémunir en préparant des abris et en bâtissant des digues de façon à ce que, si le niveau des eaux devient menaçant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas déchaînées et nuisibles.
Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister et tourne ses assauts là où il n’y a ni abris ni digues pour la contenir.

MACHIAVEL, Le Prince (1532).

1 "fortune" : le cours des choses.
2 "arbitre" : capacité de juger et de choisir.
notions : LIBERTÉ POLITIQUE RAISON
MACHIAVEL
2016 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Parmi les choses qu'on ne rencontre pas dans la nature, mais seulement dans le monde fabriqué par l'homme, on distingue entre objets d'usage et œuvres d'art ; tous deux possèdent une certaine permanence qui va de la durée ordinaire à une immortalité potentielle dans le cas de l'œuvre d'art. En tant que tels, ils s…
lire la suite Parmi les choses qu'on ne rencontre pas dans la nature, mais seulement dans le monde fabriqué par l'homme, on distingue entre objets d'usage et œuvres d'art ; tous deux possèdent une certaine permanence qui va de la durée ordinaire à une immortalité potentielle dans le cas de l'œuvre d'art. En tant que tels, ils se distinguent d'une part des produits de consommation, dont la durée au monde excède à peine le temps nécessaire à les préparer, et d'autre part, des produits de l'action, comme les événements, les actes et les mots, tous en eux-mêmes si transitoires qu'ils survivraient à peine à l'heure ou au jour où ils apparaissent au monde, s'ils n'étaient conservés d'abord par la mémoire de l'homme, qui les tisse en récits, et puis par ses facultés de fabrication. Du point de vue de la durée pure, les œuvres d'art sont clairement supérieures à toutes les autres choses ; comme elles durent plus longtemps au monde que n'importe quoi d'autre, elles sont les plus mondaines des choses. Davantage, elles sont les seules choses à n'avoir aucune fonction dans le processus vital de la société ; à proprement parler, elles ne sont pas fabriquées pour les hommes, mais pour le monde, qui est destiné à survivre à la vie limitée des mortels, au va-et-vient des générations. Non seulement elles ne sont pas consommées comme des biens de consommation ni usées comme des objets d'usage, mais elles sont délibérément écartées des procès de consommation et d'utilisation, et isolées loin de la sphère des nécessités de la vie humaine. Cette mise à distance peut se réaliser par une infinité de voies. Et c'est seulement quand elle est accomplie que la culture, au sens spécifique du terme, vient à l'être.

ARENDT, La Crise de la culture (1961).
notions : ART
ARENDT
2016 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE Pour être juste, suffit-il d'obéir aux lois?
2016 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Peut-on ne pas vouloir rechercger la vérité?
notions : VÉRITÉ
2016 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE Pouvons-nous justifier nos croyances?
2016 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Pour être vraiment heureux, faut-il être juste?
notions : BONHEUR JUSTICE
2016 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE Même quand les peintres travaillent sur des objets réels, leur but n’est jamais d’évoquer l’objet même, mais de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit. La distinction souvent faite entre le sujet du tableau et la manière1 du peintre n’est pas légitime parce que, pour l’expérience esthétique, tout le …
lire la suite Même quand les peintres travaillent sur des objets réels, leur but n’est jamais d’évoquer l’objet même, mais de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit. La distinction souvent faite entre le sujet du tableau et la manière1 du peintre n’est pas légitime parce que, pour l’expérience esthétique, tout le sujet est dans la manière dont le raisin, la pipe ou le paquet de tabac est constitué par le peintre sur la toile. Voulons-nous dire qu’en art la forme seule importe, et non ce qu’on dit ? Nullement. Nous voulons dire que la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part. Nous nous bornons en somme à constater cette évidence que, si je peux me représenter d’une manière suffisante, d’après sa fonction, un objet ou un outil que je n’ai jamais vu, au moins dans ses traits généraux, par contre les meilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinture dont je n’ai jamais vu aucun exemplaire. Il ne s’agit donc pas, en présence d’un tableau, de multiplier les références au sujet, à la circonstance historique, s’il en est une, qui est à l’origine du tableau.

MERLEAU-PONTY, Causeries (1948)

1 "manière" : la façon dont le peintre peint, son style propre.

1. Dégager la thèse du texte et les étapes de son argumentation.

2. Expliquer :

a) "un spectacle qui se suffit" ;

b) "la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part" ;

c) "les meilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinture dont je n’ai jamais vu aucun exemplaire".

3. Une œuvre d’art a-t-elle pour but de représenter la réalité ?
notions : ART
MERLEAU-PONTY
2016 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Tout le monde déclare approuver et admirer nombre de grandes victoires de l’art sur la nature : joindre par des ponts les rives que la nature avait séparées, assécher des marais naturels, creuser des puits, amener à la lumière du jour ce que la nature avait enfoui à des profondeurs immenses dans la terre, détou…
lire la suite Tout le monde déclare approuver et admirer nombre de grandes victoires de l’art sur la nature : joindre par des ponts les rives que la nature avait séparées, assécher des marais naturels, creuser des puits, amener à la lumière du jour ce que la nature avait enfoui à des profondeurs immenses dans la terre, détourner sa foudre par des paratonnerres, ses inondations par des digues, son océan par des jetées. Mais louer ces exploits et d’autres similaires, c’est admettre qu’il faut soumettre les voies de la nature et non pas leur obéir ; c’est reconnaître que les puissances de la nature sont souvent en position d’ennemi face à l’homme, qui doit user de force et d’ingéniosité afin de lui arracher pour son propre usage le peu dont il est capable, et c’est avouer que l’homme mérite d’être applaudi quand ce peu qu’il obtient dépasse ce qu’on pouvait espérer de sa faiblesse physique comparée à ces forces gigantesques. Tout éloge de la civilisation, de l’art ou de l’invention revient à critiquer la nature, à admettre qu’elle comporte des imperfections, et que la tâche et le mérite de l’homme sont de chercher en permanence à les corriger ou les atténuer.

MILL, De la Nature (1874)

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l'idée principale du texte et les étapes de sa construction.

2. Expliquer :

a) « c’est admettre qu’il faut soumettre les voies de la nature et non pas leur obéir » ;

b) « ce peu qu’il obtient dépasse ce qu’on pouvait espérer de sa faiblesse physique » ;

c) « Tout éloge de la civilisation, de l’art ou de l’invention revient à critiquer la nature ».

3. La technique est-elle nécessairement une lutte de l’homme contre la nature ?
notions : TECHNIQUE
MILL
2016 TMD MÉTROPOLE NORMALE La conscience fait-elle obstacle à notre bonheur?
notions : CONSCIENCE
2016 TMD MÉTROPOLE REMPLACEMENT Peut-on être esclave de soi-même?
notions : LIBERTÉ SUJET
2016 TMD MÉTROPOLE NORMALE L'art est-il indifférent à la vérité?
notions : ART VÉRITÉ
2016 TMD MÉTROPOLE REMPLACEMENT être juste, est-ce être neutre?
notions : JUSTICE
2016 TMD MÉTROPOLE NORMALE La mission de confiance, le pouvoir et l'autorité qui appartiennent au magistrat* ne lui sont accordés que pour qu'il en fasse usage pour le bien, la préservation et la paix de ceux qui sont membres de la société à la tête de laquelle il est placé ; c'est donc cela, et cela seul, qui est et qui doit être la no…
lire la suite La mission de confiance, le pouvoir et l'autorité qui appartiennent au magistrat* ne lui sont accordés que pour qu'il en fasse usage pour le bien, la préservation et la paix de ceux qui sont membres de la société à la tête de laquelle il est placé ; c'est donc cela, et cela seul, qui est et qui doit être la norme et la mesure sur laquelle il doit se régler pour établir ses lois, pour concevoir et pour instituer son gouvernement. Car si les hommes pouvaient vivre ensemble dans la paix et la sûreté sans s'unir sous des lois et sans se former en corps de république**, ils n'auraient nul besoin de magistrats et de politique ; ceux-ci n'ont été établis dans ce monde que pour préserver les hommes des fraudes et des violences qu'ils peuvent commettre les uns à l'égard des autres, en sorte que c'est la fin pour laquelle on a institué le gouvernement qui doit être l'unique règle de ses actions.

LOCKE, Traité sur la tolérance, 1667. * magistrat : celui qui exerce un pouvoir politique.

** corps de république : communauté de citoyens.
QUESTIONS
1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2. Expliquez :

a) "la norme et la mesure sur laquelle il doit se régler pour établir ses lois" ;

b) "si les hommes pouvaient vivre ensemble dans la paix et la sûreté (...) ils

n’auraient nul besoin de magistrats et de politique".

3. Le pouvoir politique n’est-il légitime qu’à la condition de se limiter à la préservation et à la paix des citoyens ?
notions : LOI SOCIÉTÉ
LOCKE
2016 TMD MÉTROPOLE REMPLACEMENT n peut bien apprendre tout ce que Newton* a exposé dans son œuvre immortelle, les Principes de la philosophie de la nature, si puissant qu’ait dû être le cerveau nécessaire pour ces découvertes ; en revanche, on ne peut apprendre à composer des poèmes d’une manière pleine d’esprit, si précis que puissent être…
lire la suite n peut bien apprendre tout ce que Newton* a exposé dans son œuvre immortelle, les Principes de la philosophie de la nature, si puissant qu’ait dû être le cerveau nécessaire pour ces découvertes ; en revanche, on ne peut apprendre à composer des poèmes d’une manière pleine d’esprit, si précis que puissent être tous les préceptes pour l’art poétique, et si excellents que soient les modèles. La raison en est que Newton pouvait rendre parfaitement clair et déterminé non seulement pour lui-même, mais aussi pour tout autre et pour ses successeurs tous les moments de la démarche qu’il dut accomplir, depuis les premiers éléments de la géométrie jusqu’à ses découvertes les plus importantes et les plus profondes ; mais aucun Homère** ou aucun Wieland*** ne peut montrer comment ses idées riches de poésie et toutefois en même temps grosses de pensée surgissent et s’assemblent dans son cerveau, parce qu’il ne le sait pas lui-même et aussi ne peut l’enseigner à personne. Dans le domaine scientifique ainsi, le plus remarquable auteur de découvertes ne se distingue que par le degré de l’imitateur et de l’écolier le plus laborieux, tandis qu’il est spécifiquement différent de celui que la nature a doué pour les beaux-arts.

KANT, Critique de la faculté de juger, 1790.

* Newton : mathématicien, physicien et astronome (1642-1727).
** Homère : poète de l’Antiquité grecque à qui l’on attribue L’Iliade et L’Odyssée. *** Wieland : poète et romancier allemand (1733-1813).

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. a) Quelle est l’idée directrice du texte ?
b) Dégagez les éléments de la confrontation entre l’exemple de Newton et celui de Homère et Wieland.

2. En vous appuyant sur ces exemples ou d’autres que vous choisirez, expliquez:

a) « si précis que puissent être tous les préceptes pour l’art poétique, et si excellents que soient les modèles » ;

b) « non seulement pour lui-même, mais aussi pour tout autre et pour ses successeurs » ;

c) « le plus remarquable auteur de découvertes ne se distingue que par le degré de l’imitateur et de l’écolier le plus laborieux ».

3. Ya-t-il une différence de nature entre l'artiste qui crée et le savant qui découvre?
notions : ART RAISON
KANT
2016 TECHN. POLYNÉSIE NORMALE Puis-je perdre ma liberté de penser?
notions : LIBERTÉ
2016 TECHN. POLYNÉSIE REMPLACEMENT La vérité est-elle ce sur quoi tous s’accordent ?
notions : VÉRITÉ
2016 TECHN. POLYNÉSIE NORMALE Pour apprécier une oeuvre d\'art, suffit-il qu\'elle nous plaise?
notions : ART
2016 TECHN. POLYNÉSIE REMPLACEMENT Que nous apportent les oeuvrs d'art?
notions : ART
2016 TECHN. POLYNÉSIE REMPLACEMENT L’homme libre, c’est celui à qui tout advient selon sa volonté, celui à qui personne ne peut faire obstacle. Quoi ? la liberté serait-elle déraison ? Bien loin de là ! Folie et liberté ne vont pas ensemble. « Mais je veux qu’il arrive tout ce qui me paraît bon, quelle que soit la chose qui me paraît telle. » T…
lire la suite L’homme libre, c’est celui à qui tout advient selon sa volonté, celui à qui personne ne peut faire obstacle. Quoi ? la liberté serait-elle déraison ? Bien loin de là ! Folie et liberté ne vont pas ensemble. « Mais je veux qu’il arrive tout ce qui me paraît bon, quelle que soit la chose qui me paraît telle. » Tu es fou, tu déraisonnes. Ne sais-tu pas que la liberté est chose belle et estimable ? Vouloir au hasard qu’adviennent les choses qu’un hasard me fait croire bonnes, voilà qui risque de ne pas être une belle chose et même d’être la plus laide de toutes. Comment procédons-nous dans l’écriture des lettres ? Est-ce que je veux écrire à ma fantaisie le nom de Dion ? Non pas ; mais on m’apprend à vouloir l’écrire comme il doit l’être. Et en musique ? c’est la même chose. Que faisons-nous en général, dès qu’il y a un art ou une science ? La même chose ; et le savoir n’aurait aucun prix, si les choses se pliaient à nos caprices. Et ici, où il s’agit de la chose la plus importante, de la chose capitale, de la liberté, me serait-il donc permis de vouloir au hasard ? Nullement ; s’instruire, c’est apprendre à vouloir chaque événement tel qu’il se produit.

ÉPICTÈTE, Entretiens (vers 130 après J.C.)

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager la thèse du texte ainsi que les étapes de son argumentation.
2. a) Expliquer pourquoi ce serait folie de vouloir qu’il arrive tout ce qui me paraît bon.

b) Que permettent d’établir les exemples de l’écriture et de la musique ?

c) Pourquoi ne m’est-il donc pas permis de vouloir au hasard ?

3. Être libre, est-ce accepter et vouloir les événements tels qu’ils se produisent ?
notions : LIBERTÉ
ÉPICTÈTE
2016 TECHN. POLYNÉSIE NORMALE La science commence dès que le savoir, quel qu'il soit, est recherché pour lui-même. Sans doute, le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d'être utilisées. Il peut même se faire qu'il dirige de préférence ses recherches sur tel ou tel point parce qu'il pressent qu'elles ser…
lire la suite La science commence dès que le savoir, quel qu'il soit, est recherché pour lui-même. Sans doute, le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d'être utilisées. Il peut même se faire qu'il dirige de préférence ses recherches sur tel ou tel point parce qu'il pressent qu'elles seront ainsi plus profitables, qu'elles permettront de satisfaire à des besoins urgents. Mais en tant qu'il se livre à l'investigation scientifique, il se désintéresse des conséquences pratiques. Il dit ce qui est ; il constate ce que sont les choses, et il s'en tient là. Il ne se préoccupe pas de savoir si les vérités qu'il découvre seront agréables ou déconcertantes, s'il est bon que les rapports qu'il établit restent ce qu'ils sont, ou s'il vaudrait mieux qu'ils fussent autrement. Son rôle est d'exprimer le réel et non de le juger.

DURKHEIM, Education et sociologie (1922)

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d'abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l'idée principale du texte et les étapes de sa construction.

2. Expliquer :

a) «le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d'être utilisées"

b) "pressent qu'elles seront ainsi plus profitables"

c) "il se désintéresse des conséquences pratiques."

3. Peut-on rechercher la vérité seulement pour elle-même ?
notions : VÉRITÉ
DURKHEIM
2015 S AFRIQUE NORMALE Le bonheur de l'humanité pourrait-il venir du progrès technique?
notions : TECHNIQUE
2015 S AFRIQUE NORMALE La vérité ne peut-elle être établie que par la démonstration?
notions : VERITE DEMOnSTRATION
2015 S AFRIQUE NORMALE Pour ce qui est de nos propres désirs, la plupart des gens croient que nous pouvons les connaître par une institution immédiate, qui ne dépend pas de l\'observation de nos actes. Si, cependant, il en était ainsi, comment expliquerait-on qu\'il y ait tant de gens qui ne savent pas ce qu\'ils désirent ou qui se trompent …
lire la suite Pour ce qui est de nos propres désirs, la plupart des gens croient que nous pouvons les connaître par une institution immédiate, qui ne dépend pas de l\'observation de nos actes. Si, cependant, il en était ainsi, comment expliquerait-on qu\'il y ait tant de gens qui ne savent pas ce qu\'ils désirent ou qui se trompent sur la nature de leurs désirs? C\'est un fait d\'observation courante qu\'\"Untel ignore ses propres mobiles\" ou que: \"A est jaloux de B et malveillant à son égard, mais sans en être conscient\". On dit de ces gens qu\'ils se trompent eux-mêmes et l\'on suppose qu\'ils se sont livrés à un travail plus ou moins compliqué, ayant pour but de dissimuler à eux-mêmes des choses dont l\'évidence, sans cela, sauterait aux yeux. C\'est là, à mon avis, une manière de voir tout à fait fausse. Je crois que la découverte de nos propres mobiles ne peut se faire que de la même manière que celle dont nous découvrons les mobiles des autres, à savoir par l\'observation de nos actions, celles-ci nous permettant ensuite de conclure aux désirs qui les inspirent. Un désir est conscient [italiques], lorsque nous nous sommes dits à nous-mêmes que nous l\'éprouvons. Un homme ayant faim peut se dire: \"je voudrais bien déjeuner\". Alors son désir est *conscient*. Il ne diffère d\'un désir *inconscient* que parce qu\'il est formulé à l\'aide de mots appropriés; mais cette différence est loin d\'être fondamentale.
RUSSELL, l\'Analyse de l\'esprit, 1921
notions : INCONSCIENt CONSCIENCE DESIR
RUSSELL
2015 ES AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Sommes-nous maîtres de nos désirs?
notions : DESIR
2015 ES AMÉRIQUE DU NORD NORMALE A quoi reconnaît-on qu'une théorie est scientifique?
2015 ES AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Il est particulièrement décourageant pour un individu, et plus encore pour une classe1, d’être laissé hors de la constitution2 ; d’en être réduit à plaider sa cause à la porte des arbitres de sa destinée, sans pouvoir participer à la consultation. L’effet dynamisant de la liberté sur le caractère n’atteint son niveau m…
lire la suite Il est particulièrement décourageant pour un individu, et plus encore pour une classe1, d’être laissé hors de la constitution2 ; d’en être réduit à plaider sa cause à la porte des arbitres de sa destinée, sans pouvoir participer à la consultation. L’effet dynamisant de la liberté sur le caractère n’atteint son niveau maximal que lorsque la personne en question est soit dotée des mêmes privilèges de la citoyenneté que les autres, soit en passe de l’être. Est même plus importante encore que cette question de sentiment la discipline pratique que les citoyens acquièrent, au niveau de leur caractère, lorsqu’ils sont appelés occasionnellement, pour un temps et chacun à leur tour, à exercer quelque fonction sociale. On ne prend pas suffisamment en compte que, dans la vie ordinaire de la plupart des hommes, rares sont les occasions d’élargir leurs visions et leurs sentiments. Leur travail n’est que routine ; commandé non par l’amour mais par la forme la plus élémentaire de l’intérêt personnel, soit la satisfaction des besoins quotidiens ; ni l’objet de ce travail ni le processus lui-même n’ouvrent l’esprit sur des pensées ou des sentiments qui les portent au-delà d’eux- mêmes. S’ils ont à portée de main des livres instructifs, rien ne les conduit à les lire ; et le plus souvent, l’individu n’a pas accès à quelque personne ayant une culture supérieure à la sienne. Lui donner une tâche à accomplir pour le public corrige dans une certaine mesure toutes ces déficiences. Si les circonstances permettent que soit considérable la somme des devoirs publics qui lui sont assignés, cela fera de lui un homme éduqué.
John Stuart MILL, Considérations sur le gouvernent représentatif, 1861.
1 Classe : groupe d’individus ayant des intérêts communs.
2 Être laissé hors de la constitution : ne pas être associé à la vie politique.
MILL
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lire la suite Le plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est de veiller à l’observation des lois dont il est le ministre1 ; et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S’il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui- même qui jouit de toute leur faveur. Car son exemple est de telle force, que quand même le peuple voudrait bien souffrir2 qu’il s’affranchît du joug de la loi, il devrait se garder de profiter d’une si dangereuse prérogative, que d’autres s’efforceraient bientôt d’usurper à leur tour, et souvent à son préjudice. Au fond, comme tous les engagements de la société sont réciproques par leur nature, il n’est pas possible de se mettre au-dessus de la loi sans renoncer à ses avantages, et personne ne doit rien à quiconque prétend ne rien devoir à personne. Par la même raison, nulle exemption de la loi ne sera jamais accordée à quelque titre que ce puisse être dans un gouvernement bien policé3. Les citoyens mêmes qui ont bien mérité de la patrie doivent être récompensés par des honneurs et jamais par des privilèges : car la république est à la veille de sa ruine, sitôt que quelqu’un peut penser qu’il est beau de ne pas obéir aux lois.

ROUSSEAU, Discours sur l’économie politique (1755)

1 ministre: sreviteur
2 souffrir: accepter
3 policé: réglé
notions : DROIT JUSTICE LOI
ROUSSEAU
2015 L AMÉRIQUE DU NORD NORMALE Le plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est donc de veiller à l'observation des lois dont il est le ministre, et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S'il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui-même qui jouit de toute leur faveur…
lire la suite Le plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est donc de veiller à l'observation des lois dont il est le ministre, et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S'il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui-même qui jouit de toute leur faveur. Car son exemple est de telle force, que quand même le peuple voudrait bien souffrir qu'il s'affranchît du joug de la loi, il devrait se garder de profiter d'une si dangereuse prérogative, que d'autres s'efforceraient bientôt d'usurper à leur tour, et souvent à son préjudice. Au fond, comme tous les engagements de la société sont réciproques par leur nature, il n'est pas possible de se mettre au-dessus de la loi sans renoncer à ses avantages, et personne ne doit rien à quiconque prétend ne rien devoir à personne. Par la même raison nulle exemption de la loi ne sera jamais accordée à quelque titre que ce paisse être dans un gouvernement bien policé. Les citoyens mêmes qui ont bien mérité de la patrie doivent être récompenses par des honneurs et jamais par des privilèges: car la république est à la veille de sa ruine, si tôt que quelqu'un peut penser qu'il est beau de ne pas obéir aux lois.
ROUSSEAU, Discours sur l’économie politique, 1755.
ROUSSEAU
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lire la suite Celui qui est puni ne mérite pas la punition : on ne se sert de lui que comme d’un moyen d’intimidation pour empêcher à l’avenir certains actes; celui que l’on récompense ne mérite pas davantage sa récompense : il ne pouvait en effet agir autrement qu’il n’a agi. Ainsi la récompense n’a d’autre sens que d’être un encouragement pour lui et pour les autres, elle a donc pour fin de fournir un motif à de futures actions ; on acclame celui qui est en train de courir sur la piste, non pas celui qui est au but. Ni la peine ni la récompense ne sont choses qui reviennent à l’individu comme lui appartenant en propre ; elles lui sont données pour des raisons d’utilité, sans qu’il ait à y prétendre avec justice. Il faut dire « le sage ne récompense pas parce qu’on a bien agi » de la même manière que l’on a dit « le sage ne punit pas parce qu’on a mal agi, mais pour empêcher que l’on agisse mal ». Si peine et récompense disparaissaient, du même coup disparaîtraient les motifs les plus puissants qui détournent de certaines actions et poussent à certaines autres ; l’intérêt de l’humanité en exige la perpetuation (1).
NIETZSCHE, Humain, trop humain (1878)
(1) Perpétuation : mainen.
NIETZSCHE

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