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| 2016 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Nous ne voulons pas que les autres nous trompent : nous ne trouvons pas juste qu’ils veuillent être estimés de nous plus qu’ils ne méritent : il n’est donc pas juste aussi que nous les trompions et que nous voulions qu’ils nous estiment plus que nous ne méritons.
Ainsi, lorsqu’ils ne découvrent que des imperfecti…
lire la suiteNous ne voulons pas que les autres nous trompent : nous ne trouvons pas juste qu’ils veuillent être estimés de nous plus qu’ils ne méritent : il n’est donc pas juste aussi que nous les trompions et que nous voulions qu’ils nous estiment plus que nous ne méritons.Ainsi, lorsqu’ils ne découvrent que des imperfections et des vices que nous avons en effet, il est visible qu’ils ne nous font point de tort, puisque ce ne sont pas eux qui en sont cause, et qu’ils nous font un bien, puisqu’ils nous aident à nous délivrer d’un mal, qui est l’ignorance de ces imperfections. Nous ne devons pas être fâchés qu’ils les connaissent, et qu’ils nous méprisent, étant juste1, et qu’ils nous connaissent pour ce que nous sommes, et qu’ils nous méprisent, si nous sommes méprisables. Voilà les sentiments qui naîtraient d’un cœur qui serait plein d’équité et de justice. Que devons-nous donc dire du nôtre, en y voyant une disposition toute contraire ? Car n’est-il pas vrai que nous haïssons la vérité et ceux qui nous la disent, et que nous aimons qu’ils se trompent à notre avantage, et que nous voulons être estimés d’eux autres que2 nous ne sommes en effet ? PASCAL, Pensées (1670) 1 – étant juste : puisqu’il est juste 2 – autres que : comme étant autres que… notions : MORALE VÉRITÉ
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PASCAL |
| 2016 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Pouvons-nous nous passer de l'art?
notions : ART
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| 2016 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Toutes les croyances se valent-elles?
notions : CROYANCE
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| 2016 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Me voilà tuberculeux, par exemple. Ici apparaît la malédiction (et la grandeur). Cette maladie, qui m’infecte, m’affaiblit, me change, limite brusquement mes possibilités et mes horizons. J’étais acteur ou sportif ; avec mes deux pneumos1, je ne puis plus l’être. Ainsi négativement, je suis déchargé de toute r…
lire la suiteMe voilà tuberculeux, par exemple. Ici apparaît la malédiction (et la grandeur). Cette maladie, qui m’infecte, m’affaiblit, me change, limite brusquement mes possibilités et mes horizons. J’étais acteur ou sportif ; avec mes deux pneumos1, je ne puis plus l’être. Ainsi négativement, je suis déchargé de toute responsabilité touchant ces possibilités que le cours du monde vient de m’ôter. C’est ce que le langage populaire nomme être diminué. Et ce mot semble recouvrir une image correcte : j’étais un bouquet de possibilités, on ôte quelques fleurs, le bouquet reste dans le vase, diminué, réduit à quelques éléments. Mais en réalité il n’en est rien : cette image est mécanique. La situation nouvelle, quoique venue du dehors, doit être vécue, c’est-à-dire assumée, dans un dépassement. Il est vrai de dire qu’on m’ôte ces possibilités, mais il est aussi vrai de dire que j’y renonce ou que je m’y cramponne ou que je ne veux pas voir qu’elles me sont ôtées ou que je me soumets à un régime systématique pour les reconquérir. En un mot, ces possibilités sont, non pas supprimées, mais remplacées par un choix d’attitudes possibles envers la disparition de ces possibilités.SARTRE, Cahiers pour une morale (1947-1948) 1 « pneumo » : intervention médicale pratiquée pour traiter la tuberculose, maladie grave des poumons. 1. Déterminer la thèse du texte et la structure de son argumentation. 2. Expliquer : a) « ces possibilités que le cours du monde vient de m’ôter » ; b) « la situation nouvelle quoique venue du dehors doit être vécue » ; c) « ces possibilités sont, non pas supprimées, mais remplacées par un choix d’attitudes possibles envers la disparition de ces possibilités ». 3. Peut-on rester libre en toutes circonstances ? notions : LIBERTÉ
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SARTRE |
| 2016 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
L'hypothèse de l'inconscient a-t-elle une valeur scientifique?
notions : INCONSCIENT
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| 2016 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Le travail éduque-t-il?
notions : TRAVAIL
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| 2016 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
On ne peut, à mon sens, proposer une règle morale sans reconnaître à chacun le droit d’en demander la raison, ce qui serait parfaitement ridicule et absurde si ces principes étaient innés, ou au moins évidents ; tout principe inné doit en effet être nécessairement évident, il ne doit exiger aucune preuve pou…
lire la suiteOn ne peut, à mon sens, proposer une règle morale sans reconnaître à chacun le droit d’en demander la raison, ce qui serait parfaitement ridicule et absurde si ces principes étaient innés, ou au moins évidents ; tout principe inné doit en effet être nécessairement évident, il ne doit exiger aucune preuve pour authentifier sa vérité, ni avoir besoin d’un motif pour emporter la conviction. Qui demanderait ou chercherait des raisons pour lesquelles Il est impossible pour la même chose d’être et de ne pas être serait dénué de bon sens, pense-t-on ; ce principe porte en lui sa propre lumière, sa propre évidence et n’a besoin d’aucune autre preuve : en comprendre les termes c’est l’accepter pour lui-même, et rien d’autre ne pourra jamais le convaincre de le faire. Si, en revanche, quelqu’un n’ayant jamais entendu auparavant la règle la moins contestée de la morale, le fondement de toute vertu sociale, dont il peut comprendre pourtant le sens : Fais à autrui ce que tu voudrais qu’on te fasse, ne pourrait-il pas sans absurdité en demander la raison ? Et celui qui la propose ne serait-il pas obligé de lui en montrer la vérité et la sagesse ? Et ceci manifeste que ce principe n’est pas inné ; car s’il l’était, il n’aurait pas besoin de preuve, on ne pourrait lui en donner et on devrait au contraire le reconnaître et lui donner son assentiment (au moins dès qu’on l’entend et le comprend), comme une vérité assurée et absolument indubitable. Ainsi, la vérité de toutes ces règles morales dépend d’une autre vérité antérieure dont on doit la déduire, ce qui ne pourrait se produire, si ces principes étaient innés ou seulement évidents.LOCKE, Essai sur l’entendement humain, 1689. notions : MORALE
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LOCKE |
| 2016 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Faut-il toujours chercher à gagner du temps?
notions : TEMPS
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| 2016 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Être libre, est-ce ne ressentir aucune contraine?
notions : LIBERTÉ
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| 2016 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
De tous les arguments qui nous persuadent que les bêtes sont dénuées de pensée, le principal, à mon avis, est que bien que les unes soient plus parfaites que les autres dans une même espèce, tout de même (1) que chez les hommes, comme on peut voir chez les chevaux et chez les chiens, dont les uns apprennent bea…
lire la suiteDe tous les arguments qui nous persuadent que les bêtes sont dénuées de pensée, le principal, à mon avis, est que bien que les unes soient plus parfaites que les autres dans une même espèce, tout de même (1) que chez les hommes, comme on peut voir chez les chevaux et chez les chiens, dont les uns apprennent beaucoup plus aisément que d’autres ce qu’on leur enseigne ; et bien que toutes nous signifient très facilement leurs impulsions naturelles, telles que la colère, la crainte, la faim, ou autres états semblables, par la voix ou par d’autres mouvements du corps, jamais cependant jusqu’à ce jour on n’a pu observer qu’aucun animal en soit venu à ce point de perfection d’user d’un véritable langage, c’est-à-dire d’exprimer soit par la voix, soit par les gestes quelque chose qui puisse se rapporter à la seule pensée et non à l’impulsion naturelle. Ce langage est en effet le seul signe certain d’une pensée latente (2) dans le corps ; tous les hommes en usent, même ceux qui sont stupides ou privés d’esprit, ceux auxquels manquent la langue et les organes de la voix, mais aucune bête ne peut en user ; c’est pourquoi il est permis de prendre le langage pour la vraie différence entre les hommes et les bêtes.Les autres arguments qui retirent la pensée aux bêtes, je les passe sous silence, pour être bref. Je voudrais cependant indiquer que je parle de la pensée, non de la vie ou de la sensibilité : je ne refuse la vie à aucun animal, car je crois qu’elle consiste dans la seule chaleur du cœur ; je ne lui refuse même pas la sensibilité, dans la mesure où elle dépend d’un organe corporel. DESCARTES, Lettre à Morus, 1649. notions : LANGAGE RAISON VIVANT
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DESCARTES |
| 2016 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Peut-on comprendre une oeuvre d'art sans l'aimer?
notions : ART
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| 2016 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Peut-on comprendre une oeuvre d'art sans l'aimer?
notions : ART
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| 2016 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Ce qui est vrai est-il toujours vérifiable?
notions : VÉRITÉ
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| 2016 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Ce qui est vrai est-il toujours vérifiable?
notions : VÉRITÉ
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| 2016 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
On connaît facilement quelle est la condition d’un État quelconque en considérant la fin en vue de laquelle un état civil se fonde ; cette fin n’est autre que la paix et la sécurité de la vie. Par suite, le gouvernement le meilleur est celui sous lequel les hommes passent leur vie dans la concorde et celui dont l…
lire la suiteOn connaît facilement quelle est la condition d’un État quelconque en considérant la fin en vue de laquelle un état civil se fonde ; cette fin n’est autre que la paix et la sécurité de la vie. Par suite, le gouvernement le meilleur est celui sous lequel les hommes passent leur vie dans la concorde et celui dont les lois sont observées sans violation. Il est certain en effet que les séditions, les guerres et le mépris ou la violation des lois sont imputables, non tant à la méchanceté des sujets qu’à un vice du régime institué. Les hommes, en effet, ne naissent pas citoyens, mais le deviennent. Les affections1 naturelles qui se rencontrent sont en outre les mêmes en tout pays ; si, donc, une méchanceté plus grande règne dans une cité et s’il s’y commet des fautes en plus grand nombre que dans d’autres, cela provient de ce qu’elle n’a pas assez pourvu à la concorde, que ses institutions ne sont pas assez prudentes et qu’elle n’a pas, en conséquence, établi absolument un droit civil. Un état civil, en effet, qui n’a pas supprimé les causes de sédition et où la guerre est constamment à craindre, où les lois sont fréquemment violées, ne diffère pas beaucoup de l’état de nature où chacun, au plus grand péril de sa vie, agit selon son tempérament propre.SPINOZA, Traité politique (1675) notions : ÉTAT SOCIÉTÉ
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SPINOZA |
| 2016 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
On connaît facilement quelle est la condition d’un État quelconque en considérant la fin en vue de laquelle un état civil se fonde ; cette fin n’est autre que la paix et la sécurité de la vie. Par suite, le gouvernement le meilleur est celui sous lequel les hommes passent leur vie dans la concorde et celui dont l…
lire la suiteOn connaît facilement quelle est la condition d’un État quelconque en considérant la fin en vue de laquelle un état civil se fonde ; cette fin n’est autre que la paix et la sécurité de la vie. Par suite, le gouvernement le meilleur est celui sous lequel les hommes passent leur vie dans la concorde et celui dont les lois sont observées sans violation. Il est certain en effet que les séditions, les guerres et le mépris ou la violation des lois sont imputables, non tant à la méchanceté des sujets qu’à un vice du régime institué. Les hommes, en effet, ne naissent pas citoyens, mais le deviennent. Les affections (1) naturelles qui se rencontrent sont en outre les mêmes en tout pays ; si, donc, une méchanceté plus grande règne dans une cité et s’il s’y commet des fautes en plus grand nombre que dans d’autres, cela provient de ce qu’elle n’a pas assez pourvu à la concorde, que ses institutions ne sont pas assez prudentes et qu’elle n’a pas, en conséquence, établi absolument un droit civil. Un état civil, en effet, qui n’a pas supprimé les causes de sédition et où la guerre est constamment à craindre, où les lois sont fréquemment violées, ne diffère pas beaucoup de l’état de nature où chacun, au plus grand péril de sa vie, agit selon son tempérament propre.SPINOZA, Traité politique (1675) (1): "affections": passions. notions : ÉTAT
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SPINOZA |
| 2016 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Les techniques aident-elles à améliorer l'homme?
notions : TECHNIQUE
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| 2016 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
L'expérience est-elle toujours un bon guide?
notions : EXPÉRIENCE
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| 2016 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
L'intelligence et la force d'un homme seul sont si insuffisantes, que ce soit pour éviter les maux ou pour se procurer les bienfaits de l'existence, et, de plus, les volontés des divers individus sont tellement portées à se contredire et à se contrarier mutuellement, qu'il est absolument nécessaire que plusieurs …
lire la suiteL'intelligence et la force d'un homme seul sont si insuffisantes, que ce soit pour éviter les maux ou pour se procurer les bienfaits de l'existence, et, de plus, les volontés des divers individus sont tellement portées à se contredire et à se contrarier mutuellement, qu'il est absolument nécessaire que plusieurs puissances indépendantes s'unissent ensemble sous la direction (si je puis m'exprimer ainsi) d'une seule et même volonté, je veux dire la loi de la société. Sans elle, point de civilité, point d'ordre, point de paix parmi les hommes ; sans elle, le monde n'est qu'un immense amas de misère et de désordre ; le fort comme le faible, le sage comme l'insensé, sont exposés de tous côtés à toutes les calamités auxquelles l'homme peut être sujet dans un état où la seule sécurité réside dans le fait de ne rien posséder qui fasse naître l'envie ou le désir chez autrui : état encore plus inacceptable que celui des bêtes, puisqu'une créature raisonnable possède une aptitude supérieure à la leur de réflexion et de prévision des souffrances.BERKELEY, De l'Obéissance passive (1712) 1. Dégager l'idée principale du texte et les étapes de son argumentation. 2. Expliquer : a) "les volontés des divers individus sont tellement portées à se contredire et à se contrarier mutuellement" ; b) "une seule et même volonté, je veux dire la loi de la société" ; c) "(un) état encore plus inacceptable que celui des bêtes". 3. Les hommes ont-ils besoin d'être soumis aux lois ? notions : LOI
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BERKELEY |
| 2016 | ES | INDE | NORMALE |
Y a-t-il des vérités indiscutables?
notions : VÉRITÉ
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| 2016 | ES | INDE | NORMALE |
Le bonheur est-il le but de l'existence?
notions : BONHEUR EXISTENCE
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| 2016 | ES | INDE | NORMALE |
La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d’agir ou de …
lire la suiteLa seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d’agir ou de s’abstenir sous prétexte que ce serait meilleur pour lui, que cela le rendrait plus heureux ou que, dans l’opinion des autres, agir ainsi serait sage ou même juste. Ce sont certes de bonnes raisons pour lui faire des remontrances, le raisonner, le persuader ou le supplier, mais non pour le contraindre ou lui causer du tort s’il agit autrement. La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu’un d’autre. Le seul aspect de la conduite d’un individu qui soit du ressort de la société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, l’individu est souverain.MILL, De la liberté, 1859. notions : LIBERTÉ
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MILL |
| 2016 | L | INDE | NORMALE |
Faut-il des connaissances pour apprécier une oeuvre d'art?
notions : ART
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| 2016 | L | INDE | NORMALE |
L'autorité de l'état s'oppose-t-elle à la liberté des individus?
notions : ÉTAT LIBERTÉ
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| 2016 | L | INDE | NORMALE |
Concernant la partie des créatures qui est vivante, bien que dépourvue de raison, un traitement violent et en même temps cruel des animaux est (...) intimement opposé au devoir de l’homme envers lui-même, parce qu’ainsi la sympathie à l’égard de leurs souffrances se trouve émoussée en l’homme et que cela affai…
lire la suiteConcernant la partie des créatures qui est vivante, bien que dépourvue de raison, un traitement violent et en même temps cruel des animaux est (...) intimement opposé au devoir de l’homme envers lui-même, parce qu’ainsi la sympathie à l’égard de leurs souffrances se trouve émoussée en l’homme et que cela affaiblit et peu à peu anéantit une disposition naturelle très profitable à la moralité dans la relation avec les autres hommes – quand bien même, dans ce qui est permis à l’homme, s’inscrit le fait de tuer rapidement (d’une manière qui évite de les torturer) les animaux, ou encore de les astreindre à un travail (ce à quoi, il est vrai, les hommes eux aussi doivent se soumettre), à condition simplement qu’il n’excède pas leurs forces ; à l’inverse, il faut avoir en horreur les expériences physiques qui les martyrisent pour le simple bénéfice de la spéculation, alors que, même sans elles, le but pourrait être atteint. Même la reconnaissance pour les services longtemps rendus par un vieux cheval ou un vieux chien (comme s’ils étaient des personnes de la maison) appartient indirectement aux devoirs de l’homme, à savoir au devoir conçu en considération de ces animaux, mais cette reconnaissance, envisagée directement, n’est jamais qu’un devoir de l’homme envers lui-même.KANT, Doctrine de la vertu, 1797. NB: les termes "indirectement", "considération" et "directement" sont en italiques. notions : RAISON VIVANT
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KANT |
| 2016 | S | INDE | NORMALE |
La religion n'est-elle qu'un fait de culture?
notions : CULTURE RELIGION
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| 2016 | S | INDE | NORMALE |
Choisit-on d'être artiste?
notions : ART LIBERTÉ
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| 2016 | S | INDE | NORMALE |
"Tout ce qui est bon est louable ; or, tout ce qui est louable est honnête ; donc tout ce qui est bon est honnête." La conséquence te paraît-elle bien tirée ? Certes ; car tu vois bien que la conséquence est dans ce qui résulte des deux propositions prises pour prémisses(1). De ces deux propositions, on a l’hab…
lire la suite"Tout ce qui est bon est louable ; or, tout ce qui est louable est honnête ; donc tout ce qui est bon est honnête." La conséquence te paraît-elle bien tirée ? Certes ; car tu vois bien que la conséquence est dans ce qui résulte des deux propositions prises pour prémisses(1). De ces deux propositions, on a l’habitude de contester la première en disant qu’il n’est pas vrai que tout bien est louable ; car on accorde que tout ce qui est louable est honnête ; mais il est tout à fait absurde qu’il y ait un bien qui ne soit pas une chose à rechercher, ou une chose à rechercher qui n’agrée pas, ou une chose qui agrée qui ne soit pas digne d’être aimée, donc aussi digne d’être approuvée, par conséquent aussi louable ; or le louable est honnête ; il en résulte que ce qui est bien est aussi honnête. Je demande aussi qui pourrait se glorifier d’une vie malheureuse ou d’une vie qui n’est pas heureuse ? On ne peut tirer gloire que d’une vie heureuse : d’où il résulte que la vie heureuse est digne d’être glorifiée, qualité qui ne peut appartenir à bon droit qu’à une vie honnête : et de là vient qu’une vie heureuse est une vie honnête... Et puisque l’homme qui mérite d’être loué est désigné pour l’honneur et pour la gloire par des avantages si grands qu’il mérite aussi d’être appelé heureux, on aura le droit de dire de sa vie ce qu’on dit de lui- même. Ainsi, puisque l’honnêteté détermine la vie heureuse, ce qui est honnête doit être tenu pour le seul bien.CICÉRON, Des Biens et des maux (1er siècle avant J.C.) (1) Prémisse : point de départ d’un raisonnement notions : BONHEUR MORALE
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CICÉRON |
| 2016 | TECHN. | INDE | NORMALE |
Tous les échanges sont-ils profitables?
notions : ÉCHANGES
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| 2016 | TECHN. | INDE | NORMALE |
Et-on d'autant plu sheureux qu'on est plus cultivé?
notions : BONHEUR
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| 2016 | TECHN. | INDE | NORMALE |
Pourquoi l’homme est-il perfectible et pourquoi l’animal ne l'est-il pas ? L’animal ne l'est pas, parce que sa raison, s’il en a une, est dominée par un sens despote (1) qui la subjugue (2). Toute l’âme du chien est au bout de son nez, et il va toujours flairant. Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle v…
lire la suitePourquoi l’homme est-il perfectible et pourquoi l’animal ne l'est-il pas ? L’animal ne l'est pas, parce que sa raison, s’il en a une, est dominée par un sens despote (1) qui la subjugue (2). Toute l’âme du chien est au bout de son nez, et il va toujours flairant. Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours regardant. Toute l’âme de la taupe est dans son oreille, et elle va toujours écoutant.Mais il n’en est pas ainsi de l’homme. Il est (3) entre ses sens une telle harmonie qu’aucun ne prédomine assez sur les autres pour donner la loi à son entendement ; c'est son entendement au contraire, ou l’organe de sa raison qui est le plus fort. C'est un juge qui n'est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins ; il conserve toute son autorité, et il en use pour se perfectionner : il combine toutes sortes d’idées et de sensations, parce qu’il ne sent rien fortement. 1 "despote" : tyran 2 "subjuguer" : dominer totalement 3 «il est»:il existe DIDEROT, Réfutation d’Helvétius (1786) 1. Dégager l’idée principale de ce texte et les étapes de son argumentation. 2. Expliquer les expressions suivantes : a) L’homme est "perfectible" ; b) "Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours regardant" ; c) "C'est un juge qui n'est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins". 3. La raison est-elle indépendante des sens ? notions : RAISON
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DIDEROT |
| 2016 | ES | JAPON | NORMALE |
La culture est-elle une seconde nature?
notions : CULTURE
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| 2016 | ES | JAPON | NORMALE |
Le but de l'état est-il de limiter la violence?
notions : ÉTAT
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| 2016 | ES | JAPON | NORMALE |
Y a-t-il un homme, même moyennement honnête, à qui il ne soit parfois arrivé de renoncer à un mensonge, par ailleurs inoffensif, par lequel il pouvait se tirer lui-même d'un mauvais pas, ou bien même rendre service à un ami cher et méritant, uniquement pour pouvoir ne pas se rendre secrètement méprisable à …
lire la suiteY a-t-il un homme, même moyennement honnête, à qui il ne soit parfois arrivé de renoncer à un mensonge, par ailleurs inoffensif, par lequel il pouvait se tirer lui-même d'un mauvais pas, ou bien même rendre service à un ami cher et méritant, uniquement pour pouvoir ne pas se rendre secrètement méprisable à ses propres yeux ? L'honnête homme frappé par un grand malheur qu'il aurait pu éviter, s'il avait seulement pu manquer à son devoir, n'est- il pas soutenu par la conscience d'avoir maintenu et honoré en sa personne la dignité propre à l'humanité, de n'avoir pas à rougir de lui-même et de ne pas redouter le regard interne de l'examen de conscience ? Cette consolation n'est pas le bonheur, elle n'en est pas même la plus petite partie. Nul, en effet, ne souhaitera l'occasion de l'éprouver, ni peut-être même ne désirerait la vie à ces conditions ; mais il vit, et ne peut supporter d'être à ses propres yeux indigne de la vie. Cet apaisement intérieur est donc purement négatif, par rapport à tout ce qui peut rendre la vie agréable ; il consiste en effet à écarter le danger de décliner en valeur personnelle, alors qu'on a déjà renoncé entièrement à celle de sa situation. Il est l'effet d'un respect pour quelque chose de bien différent de la vie, et auprès duquel au contraire la vie, avec tout ce qu'elle a d'agréable, n'a en comparaison et en opposition aucune valeur. L'homme dont nous parlions ne vit plus que par devoir, et non parce qu'il trouve le moindre goût à la vie.KANT, Critique de la raison pratique, 1788. notions : MORALE
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KANT |
| 2016 | L | JAPON | NORMALE |
Une langue universelle est-elle souhaitable?
notions : LANGAGE
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| 2016 | L | JAPON | NORMALE |
Peut-on concevoir une soxiété sans violence?
notions : ÉTAT SOCIÉTÉ
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| 2016 | L | JAPON | NORMALE |
Je m’étonne souvent de voir des gens réclamer à d’autres de leur temps, et de voir leur demande si facilement accordée par ceux qui en sont l’objet ; les uns comme les autres songent à la raison pour laquelle on demande ce temps ; ni les uns ni les autres ne songent au temps lui-même. On le demande comme si ce n’…
lire la suiteJe m’étonne souvent de voir des gens réclamer à d’autres de leur temps, et de voir leur demande si facilement accordée par ceux qui en sont l’objet ; les uns comme les autres songent à la raison pour laquelle on demande ce temps ; ni les uns ni les autres ne songent au temps lui-même. On le demande comme si ce n’était rien, on l’accorde comme si ce n’était rien ; on joue avec la chose la plus précieuse qui soit. Ce qui trompe, c’est que cette chose est incorporelle, et qu’elle ne tombe pas sous les regards ; aussi paraît-elle de très peu de valeur, et même absolument sans valeur. Les hommes reçoivent très volontiers des pensions et des présents, et ils louent pour les obtenir leur travail, leur peine et leurs soins : personne ne met le temps à prix ; on use de lui avec largesse comme si on l’avait gratis. Mais ces gens, regarde-les s’ils sont malades, si le danger de mort s’approche, ils embrassent les genoux des médecins ; s’ils ont à craindre le supplice capital, ils sont prêts à dépenser tout leur avoir1 pour vivre : si grand est chez eux le désaccord entre les passions ! Si le nombre de leurs années futures pouvait leur être donné comme l’est celui de leurs années passées, combien trembleraient ceux qui verraient qu’il leur en reste peu, et combien ils les épargneraient ! D’ailleurs il est facile de bien gérer ce que l’on est sûr de posséder, si peu que ce soit ; il faut beaucoup plus de soin pour veiller à ce qui peut nous faire défaut à un moment que nous ignorons.SÉNÈQUE, De la brièveté de la vie (49 ap. J.-C.) notions : TEMPS
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SÉNÈQUE |
| 2016 | S | JAPON | NORMALE |
Apprendre à vivre, est-ce appendre à désirer?
notions : DÉSIR
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| 2016 | S | JAPON | NORMALE |
Un monde sans injustice est-il possible?
notions : JUSTICE
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| 2016 | S | JAPON | NORMALE |
Je voudrais [...] opposer au relativisme une idée presque toujours confondue avec celui-ci mais qui lui est pourtant profondément étrangère. J’ai souvent désigné cette position sous le nom de pluralisme, mais cela n’a pas été sans ambiguïté. C’est pourquoi je veux ici la qualifier de pluralisme critique. Tand…
lire la suiteJe voudrais [...] opposer au relativisme une idée presque toujours confondue avec celui-ci mais qui lui est pourtant profondément étrangère. J’ai souvent désigné cette position sous le nom de pluralisme, mais cela n’a pas été sans ambiguïté. C’est pourquoi je veux ici la qualifier de pluralisme critique. Tandis que le relativisme, qui ressort d’une tolérance laxiste, conduit au règne de la violence, le pluralisme critique, lui, peut contribuer à la maîtrise de la violence. Pour ce qui est de la construction du relativisme et du pluralisme critique, le concept de vérité est d’une importance décisive. Le relativisme est la position selon laquelle on peut tout affirmer ou presque tout, et par conséquent rien. Tout est vrai, ou rien ne l’est. La vérité est alors sans signification. Le pluralisme critique est la position selon laquelle, dans l’intérêt de la vérité, chaque théorie – tant mieux si elles sont nombreuses – doit entrer en concurrence avec d’autres. Cette concurrence consiste dans la discussion rationnelle des théories et leur examen critique. La discussion est rationnelle, cela signifie que l’enjeu est la vérité des théories en concurrence : la théorie qui semble se rapprocher le plus de la vérité dans la discussion critique est la meilleure ; et la meilleure théorie évince les plus mauvaises. L’enjeu est ici la vérité. L’idée d’une vérité objective et l’idée d’une recherche de la vérité sont ici d’une importance décisive.POPPER, Tolérance et responsabilité intellectuelle (1981) notions : RAISON VÉRITÉ
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POPPER |
| 2016 | L | LIBAN | NORMALE |
Est-on prisonnier de la langue dans laquelle on parle?
notions : LANGAGE
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| 2016 | L | LIBAN | NORMALE |
L'esprit doit-il quelque chose au corps?
notions : ESPRIT MATIÈRE
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| 2016 | L | LIBAN | NORMALE |
On décrit souvent l’état de nature comme un état parfait de l’homme, en ce qui concerne, tant le bonheur que la bonté morale. Il faut d’abord noter que l’innocence est dépourvue, comme telle, de toute valeur morale, dans la mesure où elle est ignorance du mal et tient à l’absence des besoins d’où peut naître l…
lire la suiteOn décrit souvent l’état de nature comme un état parfait de l’homme, en ce qui concerne, tant le bonheur que la bonté morale. Il faut d’abord noter que l’innocence est dépourvue, comme telle, de toute valeur morale, dans la mesure où elle est ignorance du mal et tient à l’absence des besoins d’où peut naître la méchanceté. D’autre part, cet état est bien plutôt celui où règnent la violence et l’injustice, précisément parce que les hommes ne s’y considèrent que du seul point de vue de la nature. Or, de ce point de vue-là, ils sont inégaux tout à la fois quant aux forces du corps et quant aux dispositions de l’esprit, et c’est par la violence et la ruse qu’ils font valoir l’un contre l’autre leur différence. Sans doute, la raison appartient aussi à l’état de nature, mais c’est l’élément naturel qui a en lui prééminence. Il est donc indispensable que les hommes échappent à cet état pour accéder à un autre état, où prédomine le vouloir raisonnable.HEGEL, Propédeutique philosophique (1808) notions : BONHEUR MORALE
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HEGEL |
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Sait-on ce qu'on désire?
notions : DÉSIR
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Sait-on ce qu'on désire?
notions : DÉSIR
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L'esprit dépend-il de la matière?
notions : ESPRIT MATIÈRE
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L'esprit dépend-il de la matière?
notions : ESPRIT MATIÈRE
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Tout ce qui donne sa valeur à notre existence repose sur les restrictions posées aux actions d’autrui. Il est donc nécessaire d’imposer certaines règles de conduite, par la loi d’abord ; puis, pour les nombreuses questions qui ne sont pas de son ressort, par l’opinion. Ce que doivent être ces règles est le proble…
lire la suiteTout ce qui donne sa valeur à notre existence repose sur les restrictions posées aux actions d’autrui. Il est donc nécessaire d’imposer certaines règles de conduite, par la loi d’abord ; puis, pour les nombreuses questions qui ne sont pas de son ressort, par l’opinion. Ce que doivent être ces règles est le problème majeur des sociétés humaines. C’est un problème qui n’a pas encore trouvé de solution véritable. Il n’y a pas deux époques, voire deux pays, qui l’aient tranché de la même façon ; et la solution adoptée par une époque ou un pays donné a toujours été une source d’étonnement pour les autres. Pourtant, l’humanité n’a jamais accordé à ce problème qu’une attention limitée, comme s’il y avait toujours eu consensus sur la question. Les règles qui ont cours dans les différents pays sont si évidentes pour leurs habitants qu’elles semblent naturelles. Cette illusion universelle est un exemple de l’influence magique de l’habitude qui (...), non seulement devient une seconde nature, mais se confond constamment avec la première. La coutume, qui neutralise toute critique éventuelle des règles de conduite que l’humanité s’impose à elle- même, est une arme d’autant plus efficace que nul n’éprouve généralement le besoin de la remettre en question, que ce soit collectivement ou individuellement.MILL, De la liberté (1859) notions : SOCIÉTÉ
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MILL |
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Tout ce qui donne sa valeur à notre existence repose sur les restrictions posées aux actions d’autrui. Il est donc nécessaire d’imposer certaines règles de conduite, par la loi d’abord ; puis, pour les nombreuses questions qui ne sont pas de son ressort, par l’opinion. Ce que doivent être ces règles est le proble…
lire la suiteTout ce qui donne sa valeur à notre existence repose sur les restrictions posées aux actions d’autrui. Il est donc nécessaire d’imposer certaines règles de conduite, par la loi d’abord ; puis, pour les nombreuses questions qui ne sont pas de son ressort, par l’opinion. Ce que doivent être ces règles est le problème majeur des sociétés humaines. C’est un problème qui n’a pas encore trouvé de solution véritable. Il n’y a pas deux époques, voire deux pays, qui l’aient tranché de la même façon ; et la solution adoptée par une époque ou un pays donné a toujours été une source d’étonnement pour les autres. Pourtant, l’humanité n’a jamais accordé à ce problème qu’une attention limitée, comme s’il y avait toujours eu consensus sur la question. Les règles qui ont cours dans les différents pays sont si évidentes pour leurs habitants qu’elles semblent naturelles. Cette illusion universelle est un exemple de l’influence magique de l’habitude qui (...), non seulement devient une seconde nature, mais se confond constamment avec la première. La coutume, qui neutralise toute critique éventuelle des règles de conduite que l’humanité s’impose à elle- même, est une arme d’autant plus efficace que nul n’éprouve généralement le besoin de la remettre en question, que ce soit collectivement ou individuellement.MILL, De la liberté (1859) notions : LIBERTÉ LOI MORALE
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MILL |
| 2016 | ES | MÉTROPOLE | NORMALE |
Savons-nous toujours ce que nous désirons?
notions : DÉSIR
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