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| 2017 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
N'y a-t-il de vérité que dans les sciences?
notions : VÉRITÉ
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| 2017 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Peut-on travailler pour rien?
notions : TRAVAIL
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| 2017 | ES | POLYNÉSIE | NORMALE |
Les affections sociales ne se développent en nous qu’avec nos lumières. La pitié, bien que naturelle au cœur de l’homme resterait éternellement inactive sans l’imagination qui la met en jeu. Comment nous laissons-nous émouvoir à la pitié ? En nous transportant hors de nous-mêmes ; en nous identifiant avec l’êt…
lire la suiteLes affections sociales ne se développent en nous qu’avec nos lumières. La pitié, bien que naturelle au cœur de l’homme resterait éternellement inactive sans l’imagination qui la met en jeu. Comment nous laissons-nous émouvoir à la pitié ? En nous transportant hors de nous-mêmes ; en nous identifiant avec l’être souffrant. Nous ne souffrons qu’autant que nous jugeons qu’il souffre ; ce n’est pas dans nous, c’est dans lui que nous souffrons. Qu’on songe combien ce transport suppose de connaissances acquises ! Comment imaginerais-je des maux dont je n’ai nulle idée ? Comment souffrirais-je en voyant souffrir un autre si je ne sais pas même qu’il souffre, si j’ignore ce qu’il y a de commun entre lui et moi ? Celui qui n’a jamais réfléchi ne peut être ni clément ni juste ni pitoyable ; il ne peut pas non plus être méchant et vindicatif. Celui qui n’imagine rien ne sent que lui-même ; il est seul au milieu du genre humain.ROUSSEAU, Essai sur l’origine des langues (1781) notions : MORALE
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ROUSSEAU |
| 2017 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Suis-je le mieux placé pour me connaître?
notions : CONSCIENCE
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| 2017 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Peut-on être moral par intérêt?
notions : MORALE
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| 2017 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Les sens, quoique nécessaires pour toutes nos connaissances actuelles, ne sont point suffisants pour nous les donner toutes, puisque les sens ne donnent jamais que des exemples, c'est-à-dire des vérités particulières ou individuelles. Or tous les exemples qui confirment une vérité générale, de quelque nombre q…
lire la suiteLes sens, quoique nécessaires pour toutes nos connaissances actuelles, ne sont point suffisants pour nous les donner toutes, puisque les sens ne donnent jamais que des exemples, c'est-à-dire des vérités particulières ou individuelles. Or tous les exemples qui confirment une vérité générale, de quelque nombre qu'ils soient, ne suffisent pas pour établir la nécessité universelle de cette même vérité, car il ne suit pas que ce qui est arrivé arrivera toujours de même. Par exemple, les Grecs et Romains et tous les autres peuples de la terre ont toujours remarqué qu'avant le décours (1) de 24 heures, le jour se change en nuit, et la nuit en jour. Mais on se serait trompé, si l'on avait cru que la même règle s'observe partout, puisque on a vu le contraire dans le séjour de Nova Zembla (2). Et celui-là se tromperait encore qui croirait que c’est dans nos climats au moins une vérité nécessaire et éternelle, puisqu'on doit juger que la terre et le soleil même n'existent pas nécessairement, et qu'il y aura peut-être un temps où ce bel astre ne sera plus, au moins dans sa présente forme, ni tout son système. D'où il paraît que les vérités nécessaires, telles qu'on les trouve dans les mathématiques pures et particulièrement dans l'arithmétique et dans la géométrie, doivent avoir des principes dont la preuve ne dépende point des exemples, ni par conséquence du témoignage des sens.LEIBNIZ, Nouveaux essais sur l’entendement humain, 1704. 1. Le décours: l'écoulement. 2. Nova Zembla : archipel de l'océan glacial arctique. notions : PERCEPTION
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LEIBNIZ |
| 2017 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Faut-il préférer la connaissance à la croyance?
notions : RAISON
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| 2017 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
L'homme est-il un être vivant comme les autres?
notions : VIVANT
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| 2017 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Il ne suffit pas que le peuple ait du pain et vive dans sa condition ; il faut qu’il y vive agréablement, afin qu’il en remplisse mieux les devoirs, qu’il se tourmente moins pour en sortir, et que l’ordre public soit mieux établi. Les bonnes mœurs tiennent plus qu’on ne pense à ce que chacun se plaise dans son état…
lire la suiteIl ne suffit pas que le peuple ait du pain et vive dans sa condition ; il faut qu’il y vive agréablement, afin qu’il en remplisse mieux les devoirs, qu’il se tourmente moins pour en sortir, et que l’ordre public soit mieux établi. Les bonnes mœurs tiennent plus qu’on ne pense à ce que chacun se plaise dans son état. Le manège (1) et l’esprit d’intrigue (2) viennent d’inquiétude et de mécontentement ; tout va mal quand l’un aspire à l’emploi d’un autre ; il faut aimer son métier pour le bien faire ; l’assiette (3) de l’État n’est bonne et solide que quand, tous se sentant à leur place, les forces particulières se réunissent et concourent au bien public, au lieu de s’user l’une contre l’autre, comme elles font dans tout État mal constitué. Cela posé, que doit-on penser de ceux qui voudraient ôter au peuple les fêtes, les plaisirs, et toute espèce d’amusement, comme autant de distractions qui le détournent de son travail ? Cette maxime est barbare et fausse. Tant pis, si le peuple n’a de temps que pour gagner son pain, il lui en faut encore pour le manger avec joie, autrement il ne le gagnera pas longtemps. Ce Dieu juste et bienfaisant, qui veut qu’il s’occupe, veut aussi qu’il se délasse, la nature lui impose également l’exercice et le repos, le plaisir et la peine. Le dégoût du travail accable plus les malheureux que le travail même. Voulez-vous donc rendre un peuple actif et laborieux ? Donnez-lui des fêtes ; offrez-lui des amusements qui lui fassent aimer son état, et l’empêchent d’en envier un plus doux. Des jours ainsi perdus feront mieux valoir tous les autres.ROUSSEAU, Lettre à d’Alembert. (1) Le manège: les manoeuvres (2) Intrigue: machination, complot \'3) L\'assiette: la base notions : MORALE
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ROUSSEAU |
| 2017 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Le bonheur n'est-il qu'un idéal?
notions : BONHEUR
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| 2017 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
L'art s'apprend-il?
notions : ART
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| 2017 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
On comprend bien qu'il n'y a pas de droit sans limites ; cela n'est pas possible, à moins que l'on ne se place dans l'état de liberté et de guerre, où l'on peut bien dire que l'on se donne tous les droits, mais où, aussi, l'on ne possède que ceux que l'on peut maintenir par sa propre force. Mais dès que l'on fai…
lire la suiteOn comprend bien qu'il n'y a pas de droit sans limites ; cela n'est pas possible, à moins que l'on ne se place dans l'état de liberté et de guerre, où l'on peut bien dire que l'on se donne tous les droits, mais où, aussi, l'on ne possède que ceux que l'on peut maintenir par sa propre force. Mais dès que l'on fait société avec d'autres, les droits des uns et des autres forment un système équilibré ; il n’est pas dit du tout que tous auront tous les droits possibles ; il est dit seulement que tous auront les mêmes droits ; et c'est cette égalité des droits qui est sans doute la forme de la justice ; car les circonstances ne permettent jamais d'établir un droit tout à fait sans restriction ; par exemple il n'est pas dit qu'on ne barrera pas une rue dans l'intérêt commun ; la justice exige seulement que la rue soit barrée aux mêmes conditions pour tout le monde. Donc je conçois bien que l'on revendique comme citoyen, et avec toute l'énergie que l'on voudra y mettre, un droit dont on voit que les autres citoyens ont la jouissance. Mais vouloir un droit sans limites, cela sonne mal.ALAIN, Propos sur les pouvoirs, éléments d’une doctrine radicale (1925) Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie. 2. a) Expliquez pourquoi « dans l’état de liberté et de guerre », « on ne possède que [les droits] que l’on peut maintenir par sa propre force. » b) Expliquez pourquoi en société on ne peut donner à tous « tous les droits possibles ». c) En analysant l’exemple, expliquez à quelles conditions on peut restreindre un droit sans être injuste. 3. Donner les mêmes droits à tous, est-ce cela, la justice ? notions : DROIT JUSTICE POLITIQUE
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ALAIN |
| 2016 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
L'artiste peut-il être indifféret au beau?
notions : ART
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| 2016 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Les hommes vivent-ils en société par intérêt?
notions : SOCIÉTÉ
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| 2016 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
L\'obligation n\'est pas la nécessité. Quand j\'abandonne une pierre à elle-même, elle tombe et ne peut pas faire autrement, et quand j\'énonce cette loi générale, les corps sont attirés vers le centre de la terre, j\'énonce une loi nécessaire en ce sens que les faits qu\'elle embrasse ne sauraient en aucune manière s\…
lire la suiteL\'obligation n\'est pas la nécessité. Quand j\'abandonne une pierre à elle-même, elle tombe et ne peut pas faire autrement, et quand j\'énonce cette loi générale, les corps sont attirés vers le centre de la terre, j\'énonce une loi nécessaire en ce sens que les faits qu\'elle embrasse ne sauraient en aucune manière s\'y soustraire et cela tient à une raison fort simple. Les lois de la physique qui sont nécessaires ne sont guère que la constatation de ce qui se passe. Le physicien observe, expérimente et exprime par une formule générale le résultat de ses observations. Il est donc impossible que les faits se dérobent à la loi puisque la loi exprime les fats. Si un jour un phénomène ou un objet échappait à son influence, cela prouverait qu\'elle est fausse, qu\'elle n\'est pas la vraie. Il faudrait en chercher une autre à laquelle obéissaient même les phénomènes nécessaires. Une loi nécessaire est donc une loi postérieure au événements qu\'elle régit. Elle en est l\'expression, la formule et les événements ne peuvent s\'y soustraire par la raison très simple qu\'elle se borne à les traduire. Il n\'en est pas ainsi pour la loi morale. Les lois de la morale sont antérieures aux événements qu\'elles prétendent régir et c\'est par là qu\'elles se distinguent des lois physiques. Cette loi, il ne faut pas voler, n\'est pas l\'expression abrégée, l\'expression générale de ce qui se passe. Il y a des vols et des voleurs; elle n\'indique pas ce qui est mais ce qui devrait être. ce n\'es point un abrégé de la réalité, c\'est un idéal qui précède la réalité et auquel la réalité devrait se conformer. De là vient qu\'à l\'opposé des lois physiques, ces lois de la morale admettent des exceptions. On peut se soustraire à leur influence; on ne le devrait pas, mais on le pourrait. Et c\'est en quoi l\'obligation se distingue de la nécessité.BERGSON, Leçons de Clermont-Ferrand, 1883. notions : MORALE RÉEL
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BERGSON |
| 2016 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Une vérité scientifique peut-elle être approximative?
notions : VÉRITÉ
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| 2016 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Peut-on être soi-même devant ls autres?
notions : AUTRUI SUJET
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| 2016 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Le royaume de la liberté commence seulement où l\'on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposée de l\'extérieur; il se situe donc, par nature, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite. De même que l\'homme primitif doit lutter contre la nature pour pourvoir à ses besoins, se mainte…
lire la suiteLe royaume de la liberté commence seulement où l\'on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposée de l\'extérieur; il se situe donc, par nature, au-delà de la sphère de la production matérielle proprement dite. De même que l\'homme primitif doit lutter contre la nature pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l\'homme civilisé est forcé, lui aussi, de le faire, et de le faire quels que soient la structure de la société et le mode de la production. Avec son développement s\'étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce que les besoins augmentent; mais en même temps, s\'élargissent les forces productives pour les satisfaire. En ce domaine, la seul liberté possible est que l\'homme social, les producteurs associés règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu\'ils la contrôlent ensemble au lieu d\'être dominés par sa puissance aveugle, et qu\'ils accomplissent ces échanges en dépendant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C\'est au-delà que commence le développement des forces humaines comme fin en soi, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s\'épanouir qu\'en se fondant sur l\'autre royaume, sur l\'autre base, celle de la nécessité.MARX, Le Capital. notions : LIBERTÉ TRAVAIL
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MARX |
| 2016 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Travailler, est-ce seulement mettre en oeuvre des techniques?
notions : TRAVAIL
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| 2016 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Travailler, est-ce seulement mettre en oeuvre des techniques?
notions : TECHNIQUE TRAVAIL
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| 2016 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Peut-on ne pas admettre la vérité?
notions : VÉRITÉ
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| 2016 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Peut-on ne pas admettre la vérité?
notions : VÉRITÉ
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| 2016 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Le gouvernement arbitraire d’un prince juste et éclairé est toujours mauvais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des séductions : elles accoutument insensiblement un peuple à aimer, à respecter, à servir son successeur quel qu’il soit, méchant et stupide. Il enlève au peuple le droit de délibe…
lire la suiteLe gouvernement arbitraire d’un prince juste et éclairé est toujours mauvais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des séductions : elles accoutument insensiblement un peuple à aimer, à respecter, à servir son successeur quel qu’il soit, méchant et stupide. Il enlève au peuple le droit de délibérer, de vouloir ou ne vouloir pas, de s’opposer même à sa volonté, lorsqu’il ordonne le bien ; cependant ce droit d’opposition, tout insensé qu’il est, est sacré : sans quoi les sujets ressemblent à un troupeau dont on méprise la réclamation, sous prétexte qu’on le conduit dans de gras pâturages. En gouvernant selon son bon plaisir, le tyran commet le plus grand des forfaits. Qu’est-ce qui caractérise le despote ? est-ce la bonté ou la méchanceté ? Nullement ; ces deux notions n’entrent pas seulement (1) dans sa définition. C’est l’étendue et non l’usage de l’autorité qu’il s’arroge. Un des plus grand malheurs qui pût (2) arriver à une nation, ce seraient deux ou trois règnes d’une puissance juste, douce, éclairée, mais arbitraire : les peuples seraient conduits par le bonheur à l’oubli complet de leurs privilèges, au plus parfait esclavage.DIDEROT, Réfutation suivie de l’ouvrage d’Helvétius (1783-1786). ____________ (1) « pas seulement » : pas du tout (2) « qui pût » : qui pourrait notions : ÉTAT
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DIDEROT |
| 2016 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Le gouvernement arbitraire d\'un prince just eet éclairé est toujour smauvais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des séductions: elles accoutument insensiblement un peuple à aimer, à respecter, à servir son sucesseur quel qu\'il soit, méchant et stupide. Il enlève au peuple le droit de déliérer, de vou…
lire la suiteLe gouvernement arbitraire d\'un prince just eet éclairé est toujour smauvais. Ses vertus sont la plus dangereuse et la plus sûre des séductions: elles accoutument insensiblement un peuple à aimer, à respecter, à servir son sucesseur quel qu\'il soit, méchant et stupide. Il enlève au peuple le droit de déliérer, de vouloir ou ne vouloir pas, de s\'opposer même à sa volonté, lorsqu\'il ordonne le bien; cependant ce droit d\'opposition, tout insensé qu\'il est, est sacré: sans quoi les sujeys ressembelnt à un troupeau dont on méprise la réclamation, sous prétexte qu\'on le conduit dan sde gras pâturages. En gouvernant selon son bon plaisir, le tyran commet le plus grand des forfaits. Qu\'est-ce qui caractérise le despote? est-ce la bonté ou la méchanceté? Nullement; ces deux notions n\'entrent pas seulement (1) dans sa définition. C\'est l\'étendue et non l\'usage de l\'autorité qu\'il s\'arroge. Un des plus grands malheurs qui pût (2) arriver à une nation, ce serait deux ou trois règnes d\'une puissance juste, douce, éclairée, mais arbitraire: les peuples seraient conduits par le bonheur à l\'oubli complet de leurs privilèges, au plus parfait esclavage.DIDEROT, Réfutation suivie de l\'ouvrage d\'Helvétius, 1783-1786. 1 \"pas seulement\": pas du tout. 2 \"qui pût\": qui pourrait. notions : ÉTAT LIBERTÉ
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DIDEROT |
| 2016 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Puis-je être moi-même sans le regard d'autrui?
notions : AUTRUI CONSCIENCE
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| 2016 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
La recherche du bonheur est-elle un objectif égoïste?
notions : BONHEUR
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| 2016 | ES | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Sans contredit, ce ne sont pas là —nous tenons à le déclarer à cette heure— de véritables constitutions ; et ce ne sont pas non plus des lois justes, toutes celles qui n\'ont pas été instituées dans l\'intérêt commun de l\'ensemble de la cité. Mais quand elles ont été instituées en faveur de quelques-uns, nous qualifio…
lire la suiteSans contredit, ce ne sont pas là —nous tenons à le déclarer à cette heure— de véritables constitutions ; et ce ne sont pas non plus des lois justes, toutes celles qui n\'ont pas été instituées dans l\'intérêt commun de l\'ensemble de la cité. Mais quand elles ont été instituées en faveur de quelques-uns, nous qualifions ceci de \"partisans\" et non pas de \"citoyens\", et lorsqu\'ils parlent de leurs droits, ils parlent pour ne rien dire. Si nous tenons ce discours, c\'est pour signifier que, dans ta cité, nous ne donnerons le pouvoir à quiconque ni parce qu\'il est riche ni parce qu\'il possède un autre avantage du même genre, qu\'il s\'agisse de la force, de la taille ou de la naissance. Mais celui qui obéit le mieux aux lois établies et remporte sur ce point la victoire dans la cité, c\'était à celui-là, déclarons-nous, que doit revenir le service des lois dans la cité : le plus haut poste dans ce service doit revenir au premier, le second au concurrent qui se classe deuxième et ainsi de suite proportionnellement pour les autres postes à attribuer. Or, si j\'ai appelé \"serviteur\" des lois\" ceux que l\'on appelle aujourd\'hui \"gouvernants\", ce n\'est pas pour le plaisir de forger des mots nouveaux, c\'est plutôt parce que, à mon avis, c\'est de cela plus que tout le reste que dépend la sauvegarde de la cité sur son contraire.PLATON, Les Lois, IVe siècle avant JC. notions : ÉTAT
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PLATON |
| 2016 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Faut-il se divertir pour être heureux?
notions : BONHEUR
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| 2016 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Quelle confiance acorder à nos perceptions?
notions : PERCEPTION
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| 2016 | L | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
La société et l’union entre les hommes se conserveront d’autant mieux qu’on manifestera plus de bienveillance à ceux avec qui on a une union plus étroite. Mais il apparaît qu’il faut reprendre de plus haut les principes naturels de la communauté et de la société des hommes. Il en est d’abord un que l’on voit dans la so…
lire la suiteLa société et l’union entre les hommes se conserveront d’autant mieux qu’on manifestera plus de bienveillance à ceux avec qui on a une union plus étroite. Mais il apparaît qu’il faut reprendre de plus haut les principes naturels de la communauté et de la société des hommes. Il en est d’abord un que l’on voit dans la société du genre humain pris dans son ensemble. Le lien de cette société, c’est la raison et le langage ; grâce à eux, on s’instruit et l’on enseigne, l’on communique, l’on discute, l’on juge, ce qui rapproche les hommes les uns des autres et les unit dans une sorte de société naturelle ; rien ne les éloigne plus de la nature des bêtes, à qui nous attribuons souvent le courage, aux chevaux par exemple ou aux lions, mais non pas la justice, l’équité ou la bonté ; c’est qu’elles ne possèdent ni raison ni langage. Cette société est largement ouverte ; elle est société des hommes avec les hommes, de tous avec tous ; en elle il faut maintenir communs tous les biens que la nature a produits à l’usage commun de l’homme ; quant à ceux qui sont distribués d’après les lois et le droit civil, qu’on les garde selon ce qui a été décidé par les lois ; quant aux autres, que l’on respecte cette maxime du proverbe grec : « Entre amis, tout est commun ». Les biens communs à tous les hommes sont du genre de ceux dont Ennius (1) donne un exemple particulier qui peut s’étendre à beaucoup de cas : « L’homme qui indique aimablement son chemin à un voyageur égaré agit comme un flambeau où s’allume un autre flambeau ; il n’éclaire pas moins quand il a allumé l’autre ». D’après cet unique exemple, on voit qu’il prescrit de concéder même à un inconnu tout ce qu’on peut lui donner sans dommage.CICÉRON, Des devoirs (44 av. J.-C) 1 Poète latin notions : SOCIÉTÉ
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CICÉRON |
| 2016 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Doit-on se méfier des objets techniques?
notions : TECHNIQUE
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| 2016 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Le sujet se définit-il par sa conscience?
notions : CONSCIENCE SUJET
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| 2016 | S | AMÉRIQUE DU SUD | NORMALE |
Nous avons souvent entendu formuler l’exigence suivante : une science doit être construite sur des concepts fondamentaux clairs et nettement définis. En réalité, aucune science, même la plus exacte, ne commence par de telles définitions. Le véritable commencement de toute activité scientifique consiste plutôt dans la d…
lire la suiteNous avons souvent entendu formuler l’exigence suivante : une science doit être construite sur des concepts fondamentaux clairs et nettement définis. En réalité, aucune science, même la plus exacte, ne commence par de telles définitions. Le véritable commencement de toute activité scientifique consiste plutôt dans la description des phénomènes, qui sont ensuite rassemblés, ordonnés et insérés dans des relations. Dans la description déjà, on ne peut éviter d’appliquer au matériel certaines idées abstraites que l’on puise ici ou là, et certainement pas dans la seule expérience actuelle. De telles idées – qui deviendront les concepts fondamentaux de la science – sont dans l’élaboration ultérieure des matériaux encore plus indispensables. Elles comportent d’abord nécessairement un certain degré d’indétermination ; il ne peut être question de cerner clairement leur contenu. Aussi longtemps qu’elles sont dans cet état, on se met d’accord sur leur signification en multipliant les références au matériel de l’expérience, auquel elles semblent être empruntées mais qui, en réalité, leur est soumis. Elles ont donc, en toute rigueur, le caractère de conventions, encore que tout dépende du fait qu’elles ne soient pas choisies arbitrairement mais déterminées par leurs importantes relations aux matériaux empiriques ; ces relations, on croit les avoir devinées avant même de pouvoir en avoir connaissance et en fournir la preuve. Ce n’est qu’après un examen plus approfondi du domaine de phénomènes considérés que l’on peut saisir plus précisément les concepts scientifiques fondamentaux qu’ils requièrent et les modifier progressivement pour les rendre largement utilisables ainsi que libres de toute contradiction. C’est alors qu’il peut être temps de les enfermer dans des définitions.FREUD, Métapsychologie (1915-1917). notions : EXPÉRIENCE
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FREUD |
| 2016 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La technique nous libère-t-elle toujours?
notions : LIBERTÉ TECHNIQUE
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| 2016 | ES | ANTILLES | NORMALE |
L'histoire peut-elle éclairer l'avenir?
notions : HISTOIRE
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| 2016 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Une interprétation peut-elle être objective?
notions : INTERPRÉTATION
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| 2016 | ES | ANTILLES | NORMALE |
être libre, est-ce ne rencontrer aucun obstacle?
notions : LIBERTÉ
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| 2016 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
On peut distinguer deux sortes de biens, et deux sortes d’impulsions correspondantes. Il y a des biens dont la possession individuelle est possible, et il y en a d’autres qui peuvent être partagés par tous de la même façon. La nourriture et les vêtements d’un homme ne sont pas ceux d’un autre ; si l’offre est insu…
lire la suiteOn peut distinguer deux sortes de biens, et deux sortes d’impulsions correspondantes. Il y a des biens dont la possession individuelle est possible, et il y en a d’autres qui peuvent être partagés par tous de la même façon. La nourriture et les vêtements d’un homme ne sont pas ceux d’un autre ; si l’offre est insuffisante, ce qu’un homme possède est obtenu au détriment d’un autre homme. Ceci s’applique à tous les biens matériels en général, et donc à la plus grande partie de la vie économique dans le monde aujourd’hui. À l’inverse, les biens de l’âme et de l’esprit n’appartiennent pas à une personne à l’exclusion d’une autre. Si un homme connaît une science, cela n’empêche pas les autres de la connaître mais, au contraire, les aide à acquérir ce savoir. Si un homme est un grand artiste ou un grand poète, cela n’empêche pas les autres de peindre des tableaux ou d’écrire des poèmes ; au contraire, cela contribue à créer une atmosphère où de telles choses sont possibles. Si un homme est plein de bonne volonté envers ses semblables, il n’en résulte pas que les autres auront moins de bonne volonté à se partager ; au contraire, plus un homme fait preuve de bonne volonté, plus il est susceptible de la susciter chez les autres. Dans ces domaines, il n’y a pas de possession, parce qu’il n’existe pas une quantité déterminée à partager ; tout accroissement particulier tend à provoquer un accroissement généralisé.À ces deux sortes de biens correspondent deux sortes d’impulsions : les impulsions possessives, tournées vers l’acquisition ou la conservation de biens privés qui ne peuvent être partagés ; elles ont leur centre dans l’impulsion de propriété ; et les impulsions créatrices ou constructrices, qui visent à produire ou à rendre disponibles des biens qu’on ne peut ni s’approprier ni posséder. La meilleure vie est celle dans laquelle les impulsions créatrices jouent le plus grand rôle et les impulsions possessives le plus petit. RUSSELL, Écrits politiques, 1916 notions : ÉCHANGES
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RUSSELL |
| 2016 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Ce n’est pas l’espoir d’une récompense qui nous pousse vers nos amis, nous pensons que l’amitié doit être recherchée pour elle-même et que tout son prix vient de ce qu’on aime et est aimé. Les vrais amis sont bien éloignés des gens qui ramènent bestialement tout au plaisir et cela n’a rien de surprenant : comm…
lire la suiteCe n’est pas l’espoir d’une récompense qui nous pousse vers nos amis, nous pensons que l’amitié doit être recherchée pour elle-même et que tout son prix vient de ce qu’on aime et est aimé. Les vrais amis sont bien éloignés des gens qui ramènent bestialement tout au plaisir et cela n’a rien de surprenant : comment pourraient-ils élever leurs regards vers quoi que ce soit de haut, de magnifique et de divin, alors que toutes leurs pensées s’abaissent vers un objet si vil et si méprisable. Ne nous occupons donc pas d’eux dans cet entretien, sachons qu’un sentiment affectueux, qu’un tendre bon vouloir prennent naturellement naissance lorsqu’on se trouve en présence d’un être donnant de sa valeur morale des signes manifestes. Ceux qui aspirent à la même valeur s’attachent à cet être, se rapprochent de lui pour jouir des avantages que la fréquentation et le caractère de celui qu’ils ont commencé d’aimer peuvent leur procurer ; on veut que l’amitié soit aussi forte et de même qualité des deux côtés et l’on rend service à son ami plus volontiers qu’on ne lui demande quoi que ce soit, ce qui crée une noble émulation. Il est donc vrai qu’on peut attendre de l’amitié le plus grand profit, vrai aussi qu’elle a une origine plus honorable et plus profonde que la faiblesse. Si des considérations d’utilité cimentaient l’amitié, un changement de situation la déferait, mais, comme la nature demeure pareille à elle-même, les amitiés vraies se perpétuent.CICÉRON, De l’amitié, 1er siècle avant J.-C. notions : MORALE
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CICÉRON |
| 2016 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Le temps est-il destructeur?
notions : TEMPS
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| 2016 | L | ANTILLES | NORMALE |
Le réel se réduit-il à ce que l'on en perçoit?
notions : PERCEPTION RÉEL
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| 2016 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Faire usage du langage, est-ce renoncer à la violence?
notions : LANGAGE
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| 2016 | L | ANTILLES | NORMALE |
La politique est-elle l'affaire de tous?
notions : POLITIQUE
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| 2016 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Nul ne conteste qu’on doive élever et instruire la jeunesse de façon à lui faire profiter des acquis de l’expérience humaine. Mais c’est là le privilège et la condition propre d’un être humain dans la maturité de ses facultés que de se servir de l’expérience et de l’interpréter à sa façon. C’est à lui de …
lire la suiteNul ne conteste qu’on doive élever et instruire la jeunesse de façon à lui faire profiter des acquis de l’expérience humaine. Mais c’est là le privilège et la condition propre d’un être humain dans la maturité de ses facultés que de se servir de l’expérience et de l’interpréter à sa façon. C’est à lui de découvrir ce qui, dans l’expérience transmise, est applicable à sa situation et à son caractère. Les traditions et les coutumes des autres sont, jusqu’à un certain point, des témoignages de ce que leur expérience leur a appris, et elles justifient une présomption (1) qui, comme telle, est digne de respect. Mais il se peut en premier lieu que l’expérience des autres soit trop étroite, ou qu’ils l’aient mal interprétée ; il se peut deuxièmement que leur interprétation soit juste sans toutefois convenir à un individu particulier. Les coutumes sont faites pour les vies et les caractères ordinaires ; mais un individu peut avoir une vie et un caractère extraordinaires. Troisièmement, même si les coutumes sont à la fois bonnes en soi et adaptées à l’individu, il se peut que se conformer à la coutume uniquement en tant que telle n’entretienne ni ne développe en lui aucune des qualités qui sont l’attribut distinctif de l’être humain. Les facultés humaines de la perception, du jugement, du discernement (2), de l’activité intellectuelle, et même la préférence morale, ne s’exercent qu’en faisant un choix. Celui qui n’agit jamais que suivant la coutume ne fait pas de choix. Il n’apprend nullement à discerner ou à désirer ce qui vaut mieux.MILL, De la liberté, 1859. (1): présomption: le fait de présumer, supposer. (2): discernement: capacité de distinguer. notions : EXPÉRIENCE INTERPRÉTATION
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MILL |
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L’adversité, la souffrance et la pauvreté constituent de grandes tentations de transgresser son devoir. L’aisance, la force, la santé et la prospérité en général, qui s’opposent à cette influence, peuvent donc aussi, à ce qu’il semble, être considérées comme des fins qui sont en même temps des devoirs, à …
lire la suiteL’adversité, la souffrance et la pauvreté constituent de grandes tentations de transgresser son devoir. L’aisance, la force, la santé et la prospérité en général, qui s’opposent à cette influence, peuvent donc aussi, à ce qu’il semble, être considérées comme des fins qui sont en même temps des devoirs, à savoir le devoir de favoriser son propre bonheur et de ne pas orienter le bonheur uniquement vers autrui. Mais dans ces conditions ce n’est pas le bonheur qui est la fin : c’est la moralité du sujet, et le bonheur constitue uniquement le moyen légitime d’écarter les obstacles qu’il pourrait rencontrer – cela dans la mesure où personne ne dispose d’un droit d’exiger de moi un sacrifice de mes fins quand elles ne sont pas immorales. Rechercher pour elle-même l’aisance, ce n’est pas directement un devoir, mais ce peut parfaitement en être un indirectement, à savoir celui d’écarter la misère en tant qu’elle constitue une grande incitation à s’abandonner aux vices. Reste que, dans ce cas, ce n’est pas de mon bonheur, mais de ma moralité que je me fais une fin et en même temps un devoir de les conserver dans leur intégrité.KANT, Doctrine de la vertu, 1797. notions : BONHEUR MORALE
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KANT |
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Le désir nous éloigne-t-il du vrai?
notions : DÉSIR VÉRITÉ
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L'art ne fait-il qu'imiter le réel?
notions : ART RÉEL
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La technqiue ne nous sert-elle u'à nous rendre maîtres de la nature?
notions : TECHNIQUE
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Les progrès de la connaissance nous rapprocent-ils d'une vérité définitive?
notions : RAISON VÉRITÉ
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Si, dans une Cité, les sujets ne prennent pas les armes parce qu’ils sont sous l’empire de la terreur, on doit dire, non que la paix y règne, mais plutôt que la guerre n’y règne pas. La paix, en effet, n’est pas la simple absence de guerre, elle est une vertu qui a son origine dans la force d’âme, car l’obéissanc…
lire la suiteSi, dans une Cité, les sujets ne prennent pas les armes parce qu’ils sont sous l’empire de la terreur, on doit dire, non que la paix y règne, mais plutôt que la guerre n’y règne pas. La paix, en effet, n’est pas la simple absence de guerre, elle est une vertu qui a son origine dans la force d’âme, car l’obéissance est une volonté constante de faire ce qui, suivant le droit commun de la Cité, doit être fait. Une Cité, faut-il dire encore, où la paix est un effet de l’inertie des sujets conduits comme un troupeau, et formés uniquement à la servitude, mérite le nom de solitude1 plutôt que celui de Cité.Quand nous disons que l’Etat le meilleur est celui où les hommes vivent dans la concorde, j’entends qu’ils vivent d’une vie proprement humaine, d’une vie qui ne se définit point par la circulation du sang et par l’accomplissement des autres fonctions communes à tous les autres animaux, mais principalement par la raison, la vertu de l’âme et la vie vraie. SPINOZA, Traité politique (1677) 1 solitude : lieu désert et retiré |
SPINOZA |