Banque de sujets de baccalauréat

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2017 TECHN. INDE NORMALE L'expérience se réduit-elle au vécu?
notions : EXPÉRIENCE
2017 TECHN. INDE NORMALE Il existe une différence essentielle entre le criminel qui prend soin de dissimuler à tous les regards ses actes répréhensibles et celui qui fait acte de désobéissance civile en défiant les autorités et s\'institue lui-même porteur d\'un autre droit. Cette distinction nécessaire entre une violation ouverte et…
lire la suite Il existe une différence essentielle entre le criminel qui prend soin de dissimuler à tous les regards ses actes répréhensibles et celui qui fait acte de désobéissance civile en défiant les autorités et s\'institue lui-même porteur d\'un autre droit. Cette distinction nécessaire entre une violation ouverte et publique de la loi et une violation clandestine a un tel caractère d\'évidence que le refus d\'en tenir compte ne saurait provenir que d\'un préjugé allié à de la mauvaise volonté. Reconnue désormais par tous les auteurs sérieux qui abordent ce sujet, cette distinction est naturellement invoquée comme un argument primordial par tous ceux qui s\'efforcent de faire reconnaître que la désobéissance civile n\'est pas incompatible avec les lois et les institutions publiques (...). Le délinquant de droit commun par contre, même s\'il appartient à une organisation criminelle, agit uniquement dans son propre intérêt ; il refuse de s\'incliner devant la volonté du groupe, et ne cédera qu\'à la violence des services chargés d\'imposer le respect de la loi. Celui qui fait acte de désobéissance civile, tout en étant généralement en désaccord avec une majorité, agit au nom et en faveur d\'un groupe particulier. Il lance un défi aux lois et à l\'autorité établie à partir d\'un désaccord fondamental, et non parce qu\'il entend personnellement bénéficier d\'un passe-droit.

ARENDT, Du Mensonge à la violence (1972)

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l\'idée principale du texte et montrer comment elle est établie. 2. Expliquer :

a) « celui qui fait acte de désobéissance civile en défiant les autorités et s\'institue lui-même porteur d\'un autre droit. » ;

b) « [il y a une] distinction nécessaire entre une violation publique et ouverte de la loi et une violation clandestine » ;

c) « Le délinquant de droit commun, (...) agit uniquement dans son propre intérêt ».

3. Désobéir aux lois peut-il être juste?
notions : JUSTICE
ARENDT
2017 ES JAPON NORMALE La recherche de la vérité peut-elle se passer du doute?
notions : VÉRITÉ
2017 ES JAPON NORMALE Puis-je être heureux sans être libre?
notions : BONHEUR LIBERTÉ
2017 ES JAPON NORMALE Comme l’égalité des fortunes entretient la frugalité (1), la frugalité maintient l’égalité des fortunes. Ces choses, quoique différentes, sont telles, qu’elles ne peuvent subsister l’une sans l’autre ; chacune d’elles est la cause et l’effet ; si l’une se retire de la démocratie, l’autre la suit toujours. Il…
lire la suite Comme l’égalité des fortunes entretient la frugalité (1), la frugalité maintient l’égalité des fortunes. Ces choses, quoique différentes, sont telles, qu’elles ne peuvent subsister l’une sans l’autre ; chacune d’elles est la cause et l’effet ; si l’une se retire de la démocratie, l’autre la suit toujours.

Il est vrai que, lorsque la démocratie est fondée sur le commerce, il peut fort bien arriver que des particuliers y aient de grandes richesses, et que les mœurs n’y soient pas corrompues. C’est que l’esprit de commerce entraîne avec soi celui de frugalité, d’économie, de modération, de travail, de sagesse, de tranquillité, d’ordre et de règle. Ainsi, tandis que cet esprit subsiste, les richesses qu’il produit n’ont aucun mauvais effet. Le mal arrive, lorsque l’excès des richesses détruit cet esprit de commerce : on voit tout à coup naître les désordres de l’inégalité, qui ne s’étaient pas encore fait sentir.

Pour maintenir l’esprit de commerce, il faut que les principaux citoyens le fassent eux-mêmes ; que cet esprit règne seul, et ne soit point croisé par un autre ; que toutes les lois le favorisent ; que ces mêmes lois, par leurs dispositions, divisant les fortunes à mesure que le commerce les grossit, mettent chaque citoyen pauvre dans une assez grande aisance, pour pouvoir travailler comme les autres ; et chaque citoyen riche dans une telle médiocrité, qu’il ait besoin de son travail pour conserver ou pour acquérir.

MONTESQUIEU, De L’esprit des lois, 1748.

(1) frugalité : simplicité.
notions : ÉCHANGES
MONTESQUIEU
2017 L JAPON NORMALE Peut-on admettre une vérité sans démonstration?
notions : DÉMONSTRATION VÉRITÉ
2017 L JAPON NORMALE Chercher à être heureux, est-ce une quête égoïste?
notions : BONHEUR
2017 L JAPON NORMALE Tant que l’homme est plongé dans la situation historique, il lui arrive de ne même pas concevoir les défauts et les manques d’une organisation politique ou économique déterminée, non comme on dit sottement parce qu’il en « a l’habitude », mais parce qu’il la saisit dans sa plénitude d’être et qu’il ne peut mêm…
lire la suite Tant que l’homme est plongé dans la situation historique, il lui arrive de ne même pas concevoir les défauts et les manques d’une organisation politique ou économique déterminée, non comme on dit sottement parce qu’il en « a l’habitude », mais parce qu’il la saisit dans sa plénitude d’être et qu’il ne peut même imaginer qu’il puisse en être autrement. Car il faut ici inverser l’opinion générale et convenir de ce que ce n’est pas la dureté d’une situation ou les souffrances qu’elle impose qui sont motifs pour qu’on conçoive un autre état de choses où il en irait mieux pour tout le monde ; au contraire, c’est à partir du jour où l’on peut concevoir un autre état de choses qu’une lumière neuve tombe sur nos peines et sur nos souffrances et que nous décidons qu’elles sont insupportables. L’ouvrier de 1830 est capable de se révolter si l’on baisse les salaires, car il conçoit facilement une situation où son misérable niveau de vie serait moins bas cependant que celui qu’on veut lui imposer. Mais il ne se représente pas ses souffrances comme intolérables, il s’en accommode, non par résignation, mais parce qu’il manque de la culture et de la réflexion nécessaires pour lui faire concevoir un état social où ces souffrances n’existeraient pas. Aussi n’agit-il pas.

SARTRE, L’Être et le néant (1943)
notions : HISTOIRE
SARTRE
2017 S JAPON NORMALE Que risque-t-on à oublier ses devoirs?
notions : DEVOIR
2017 S JAPON NORMALE Faut-il chercher à démontrer ses opinions?
notions : DÉMONSTRATION
2017 S JAPON NORMALE Le cerveau sert à effectuer ce choix : il actualise les souvenirs utiles, il maintient dans le sous-sol de la conscience ceux qui ne serviraient à rien. On en dirait autant de la perception. Auxiliaire de l’action, elle isole, dans l’ensemble de la réalité, ce qui nous intéresse ; elle nous montre moins les choses…
lire la suite Le cerveau sert à effectuer ce choix : il actualise les souvenirs utiles, il maintient dans le sous-sol de la conscience ceux qui ne serviraient à rien. On en dirait autant de la perception. Auxiliaire de l’action, elle isole, dans l’ensemble de la réalité, ce qui nous intéresse ; elle nous montre moins les choses mêmes que le parti que nous en pouvons tirer. Par avance elle les classe, par avance elle les étiquette ; nous regardons à peine l’objet, il nous suffit de savoir à quelle catégorie il appartient. Mais, de loin en loin, par un accident heureux, des hommes surgissent dont les sens ou la conscience sont moins adhérents à la vie. La nature a oublié d’attacher leur faculté de percevoir à leur faculté d’agir. Quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle, et non plus pour eux. Ils ne perçoivent plus simplement en vue d’agir ; ils perçoivent pour percevoir, - pour rien, pour le plaisir. Par un certain côté d’eux- mêmes, soit par leur conscience soit par un de leurs sens, ils naissent détachés ; et, selon que ce détachement est celui de tel ou tel sens, ou de la conscience, ils sont peintres ou sculpteurs, musiciens ou poètes. C’est donc bien une vision plus directe de la réalité que nous trouvons dans les différents arts ; et c’est parce que l’artiste songe moins à utiliser sa perception qu’il perçoit un plus grand nombre de choses.

BERGSON, La pensée et le mouvant
notions : CONSCIENCE PERCEPTION
BERGSON
2017 ES LIBAN NORMALE L'art est-il une forme de connaisance?
notions : ART
2017 ES LIBAN NORMALE Peut-on justifier une injustice?
notions : JUSTICE
2017 ES LIBAN NORMALE Qu'arrive-t-il quand une de nos actions cesse d'être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s'en retire. Dans l'apprentissage d'un exercice, par exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que nous exécutons, parce qu'il vient de nous, parce qu'il résulte d'une décision et i…
lire la suite Qu'arrive-t-il quand une de nos actions cesse d'être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s'en retire. Dans l'apprentissage d'un exercice, par exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que nous exécutons, parce qu'il vient de nous, parce qu'il résulte d'une décision et implique un choix ; puis, à mesure que ces mouvements s'enchaînent davantage entre eux et se déterminent plus mécaniquement les uns les autres, nous dispensant ainsi de nous décider et de choisir, la conscience que nous en avons diminue et disparaît. Quels sont, d'autre part, les moments où notre conscience atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous l'aurons fait ? Les variations d'intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix ou, si vous voulez, de création, que nous distribuons sur notre conduite. Tout porte à croire qu'il en est ainsi de la conscience en général.

BERGSON, L'énergie spirituelle, 1919
notions : CONSCIENCE
BERGSON
2017 L LIBAN NORMALE L'art peut-il nou s'éduquer?
notions : ART
2017 L LIBAN NORMALE Les connaissaces nous aident-elles à vivre?
notions : BONHEUR RAISON
2017 L LIBAN NORMALE L\'homme ne montre pas ordinairement son corps, et, quand il le fait, c\'est tantôt avec crainte, tantôt dans l\'intention de fasciner. Il lui semble que le regard étranger qui parcourt son corps le dérobe à lui-même ou qu\'au contraire l\'exposition de son corps va lui livrer autrui sans défense, et c\'est alor…
lire la suite L\'homme ne montre pas ordinairement son corps, et, quand il le fait, c\'est tantôt avec crainte, tantôt dans l\'intention de fasciner. Il lui semble que le regard étranger qui parcourt son corps le dérobe à lui-même ou qu\'au contraire l\'exposition de son corps va lui livrer autrui sans défense, et c\'est alors autrui qui sera réduit à l\'esclavage. La pudeur et l\'impudeur prennent donc place dans cette dialectique du moi et d\'autrui qui est celle du maître et de l\'esclave : en tant que j\'ai un corps, je peux être réduit en objet sous le regard d\'autrui et ne plus compter pour lui comme personne, ou bien, au contraire, je peux devenir son maître et le regarder à mon tour, mais cette maîtrise est une impasse, puisque, au moment où ma valeur est reconnue par le désir d\'autrui, autrui n\'est plus la personne par qui je souhaitais d\'être reconnu, c\'est un être fasciné, sans liberté, et qui à ce titre ne compte plus pour moi. Dire que j\'ai un corps est donc une manière de dire que je peux être vu comme un objet et que je cherche à être vu comme sujet, qu\'autrui peut être mon maître ou mon esclave, de sorte que la pudeur ou l\'impudeur expriment la dialectique de la pluralité des consciences et qu\'elles ont bien une signification métaphysique. On en dirait autant du désir sexuel : il s’accommode mal de la présence d’un tiers (1) témoin, s\'il éprouve comme une marque d\'hostilité une attitude trop naturelle ou des propos trop détachés de la part de l\'être désiré, c\'est qu\'il veut fasciner et que le tiers1 observateur ou l\'être désiré, s\'il est trop libre d\'esprit, échappe à la fascination. Ce qu\'on cherche à posséder, ce n\'est donc pas un corps, mais un corps animé par une conscience.
MERLEAU-PONTY, Phénoménologie de la Perception (1945).

(1) tiers: une troisième personne.
notions : AUTRUI
MERLEAU-PONTY
2017 S LIBAN NORMALE Avons-nous réellement un inconscient?
notions : INCONSCIENT
2017 S LIBAN NORMALE Doit-on faire du travail une valeur?
notions : TRAVAIL
2017 S LIBAN NORMALE Apollonios (1) disait qu'il appartenait aux esclaves de mentir et aux hommes libres de dire la vérité. C'est la première partie de la vertu, la partie fondamentale. Il faut l'aimer pour elle-même. Celui qui dit vrai parce qu'il y est par ailleurs obligé et parce que cela lui est utile et qui ne craint pas de dire …
lire la suite Apollonios (1) disait qu'il appartenait aux esclaves de mentir et aux hommes libres de dire la vérité. C'est la première partie de la vertu, la partie fondamentale. Il faut l'aimer pour elle-même. Celui qui dit vrai parce qu'il y est par ailleurs obligé et parce que cela lui est utile et qui ne craint pas de dire un mensonge quand cela n'a d'importance pour personne n'est pas suffisamment véritable (2). Mon âme, par sa nature, fuit fermement la menterie et en déteste même la pensée. J'ai une honte intérieure et un remords piquant (3) si parfois le mensonge m'échappe (4), comme parfois il m'échappe quand les circonstances me surprennent et me troublent à l'improviste.

Il ne faut pas toujours tout dire, car ce serait une sottise ; mais ce qu'on dit, il faut que ce soit tel qu'on le pense ; autrement, c'est de la perversité. Je ne sais pas quel avantage mes contemporains attendent de la feinte et de la dissimulation continuelle de leurs pensées si ce n'est de n'être pas crus lors même qu'ils disent la vérité; cela peut tromper une fois ou deux les hommes; mais proclamer ouvertement que l'on dissimule, et se vanter, comme l'ont fait certains de nos princes, qu'ils jetteraient leur chemise au feu si elle était dans le secret de leurs intentions (...), et dire que si l'on ne sait pas feindre, on ne sait pas régner, c'est avertir ceux qui ont à négocier avec eux qu'il n'y a que tromperie et mensonge dans ce qu'ils leur disent.

MONTAIGNE, Essais (1580)

(1) : poète grec du IIIème siècle avant J.C.
(2) : ne dit pas suffisamment la vérité
(3) : vif
(4) : si parfois je mens
notions : VÉRITÉ
MONTAIGNE
2017 ES MÉTROPOLE NORMALE La raison peut-elle rendre raison de tout?
notions : RAISON
2017 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Sommes-nous faits pour être heureux?
notions : BONHEUR
2017 ES MÉTROPOLE NORMALE Une oeuvre d\'art est-elle nécessairement belle?
notions : ART
2017 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Interpréter, est-ce découvrir ou inventer?
notions : INTERPRÉTATION
2017 ES MÉTROPOLE REMPLACEMENT Il existe un préjugé très répandu, d'après lequel l'art aurait débuté par le simple et le naturel. Ceci peut être vrai dans une certaine mesure, car, par rapport à l'art, le grossier et le sauvage constituent le plus simple et le plus naturel. Mais le naturel, le vivant et le simple, tels que les conçoit l'ar…
lire la suite Il existe un préjugé très répandu, d'après lequel l'art aurait débuté par le simple et le naturel. Ceci peut être vrai dans une certaine mesure, car, par rapport à l'art, le grossier et le sauvage constituent le plus simple et le plus naturel. Mais le naturel, le vivant et le simple, tels que les conçoit l'art, est tout autre chose. Les débuts simples et naturels, au sens du grossier et du sauvage, n'ont rien à voir avec l'art et la beauté, comme n'ont rien d'artistique les figures simples dessinées par les enfants, par exemple, qui, avec quelques traits informes, tracent une figure humaine, un cheval, etc. La beauté, en tant qu'œuvre d'art, a besoin, dès ses débuts, d'une technique élaborée, exige de nombreux essais et un long exercice, et le simple, en tant que simplicité du beau, la grandeur idéale, est plutôt un résultat obtenu après de nombreuses médiations qui avaient pour but d'éliminer la variété, les exagérations, les confusions, le malaisé, sans que cette victoire se ressente des travaux préliminaires, du travail de préparation et d'élaboration, de façon que la beauté surgisse dans toute sa liberté, apparaisse comme faite d'une seule coulée. Il en est ici comme de la conduite d'un homme cultivé qui, dans tout ce qu'il dit et fait, se montre tout à fait simple, libre et naturel, alors que cette simplicité et cette liberté ne sont pas des choses qu'il a possédées de tout temps, mais sont le résultat d'un long travail sur soi-même. »

HEGEL, Esthétique (1835)
HEGEL
2017 ES MÉTROPOLE NORMALE Étant donné [...] qu’il n’existe pas au monde de République où l’on ait établi suffisamment de règles pour présider à toutes les actions et paroles des hommes (car cela serait impossible), il s’ensuit nécessairement que, dans tous les domaines d’activité que les lois ont passés sous silence, les gens ont la …
lire la suite Étant donné [...] qu’il n’existe pas au monde de République où l’on ait établi suffisamment de règles pour présider à toutes les actions et paroles des hommes (car cela serait impossible), il s’ensuit nécessairement que, dans tous les domaines d’activité que les lois ont passés sous silence, les gens ont la liberté de faire ce que leur propre raison leur indique comme étant le plus profitable. Car si nous prenons la liberté au sens propre de liberté corporelle, c’est-à-dire le fait de ne pas être enchaîné, ni emprisonné, il serait tout à fait absurde, de la part des hommes, de crier comme ils le font pour obtenir cette liberté dont ils jouissent si manifestement. D’autre part, si nous entendons par liberté le fait d’être soustrait aux lois, il n’est pas moins absurde de la part des hommes de réclamer comme ils le font cette liberté qui permettrait à tous les autres hommes de se rendre maîtres de leurs vies. Et cependant, aussi absurde que ce soit, c'est bien ce qu’ils réclament ; ne sachant pas que les lois sont sans pouvoir pour les protéger s’il n’est pas un glaive entre les mains d’un homme (ou de plusieurs), pour faire exécuter ces lois. La liberté des sujets ne réside par conséquent que dans les choses que le souverain, en réglementant les actions des hommes, a passées sous silence, par exemple la liberté d’acheter, de vendre, et de conclure d’autres contrats les uns avec les autres ; de choisir leur résidence, leur genre de nourriture, leur métier, d’éduquer leurs enfants comme ils le jugent convenable et ainsi de suite. »

HOBBES, Léviathan (1651)
notions : LIBERTÉ
HOBBES
2017 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT Peut-on aimer travailler?
notions : TRAVAIL
2017 L MÉTROPOLE NORMALE Suffit-il d'observer pour conaître?
notions : EXPÉRIENCE PERCEPTION RAISON RÉEL
2017 L MÉTROPOLE NORMALE Tout ce que j\'ai le droit de faire est-il juste?
notions : JUSTICE
2017 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT La justice n'est-elle qu'un idéal?
notions : JUSTICE
2017 L MÉTROPOLE REMPLACEMENT La majorité des grands hommes des générations passées a soutenu maintes opinions aujourd’hui tenues pour erronées et fait et approuvé nombre de choses que nul ne justifie plus aujourd’hui. Comment se fait-il alors qu’il y ait globalement prépondérance d’opinions et de conduites rationnelles dans l’humanité ? Si prépond…
lire la suite La majorité des grands hommes des générations passées a soutenu maintes opinions aujourd’hui tenues pour erronées et fait et approuvé nombre de choses que nul ne justifie plus aujourd’hui. Comment se fait-il alors qu’il y ait globalement prépondérance d’opinions et de conduites rationnelles dans l’humanité ? Si prépondérance il y a ̶ et sans elle, les affaires humaines seraient et eussent toujours été dans un état presque désespéré ̶ elle le doit à une qualité de l’esprit humain, à la source de tout ce qu’il y a de respectable en l’homme en tant qu’être intellectuel et moral, à sa voir que ses erreurs sont rectifiables. Par la discussion et l’expérience ̶ mais non par la seule expérience ̶ il est capable de corriger ses erreurs : la discussion est nécessaire pour montrer comment interpréter l’expérience. Fausses opinions et fausses pratiques cèdent graduellement devant le fait et l’argument ; mais pour produire quelque effet sur l’esprit, ces faits et arguments doivent lui être présentés. Rares sont les faits qui parlent d’eux-mêmes, sans commentaire qui fasse ressortir leur signification. Ainsi, toute la force et la valeur du jugement humain dépendant de cette unique propriété qu’il peut être rectifié quand il est faux, on peut placer sa confiance en lui seulement lorsque les moyens de l’établir correctement sont constamment gardés à portée de main.

MILL, De la liberté (1859)
notions : EXPÉRIENCE
MILL
2017 L MÉTROPOLE NORMALE Un Auteur célèbre*, calculant les biens et les maux de la vie humaine et comparant les deux sommes, a trouvé que la dernière surpassait l’autre de beaucoup et qu’à tout prendre la vie était pour l’homme un assez mauvais présent. Je ne suis point surpris de sa conclusion ; il a tiré tous ses raisonnements de la …
lire la suite Un Auteur célèbre*, calculant les biens et les maux de la vie humaine et comparant les deux sommes, a trouvé que la dernière surpassait l’autre de beaucoup et qu’à tout prendre la vie était pour l’homme un assez mauvais présent. Je ne suis point surpris de sa conclusion ; il a tiré tous ses raisonnements de la constitution de l’homme Civil : s’il fût remonté jusqu’à l’homme Naturel, on peut juger qu’il eût trouvé des résultats très différents, qu’il eût aperçu que l’homme n’a guère de maux que ceux qu’il s’est donnés lui-même, et que la Nature eût été justifiée. Ce n’est pas sans peine que nous sommes parvenus à nous rendre si malheureux. Quand d’un côté l’on considère les immenses travaux des hommes, tant de Sciences approfondies, tant d’arts inventés ; tant de forces employées ; des abîmes comblés, des montagnes rasées, des rochers brisés, des fleuves rendus navigables, des terres défrichées, des lacs creusés, des marais desséchés, des bâtiments énormes élevés sur la terre, la mer couverte de Vaisseaux et de Matelots ; et que de l’autre on recherche avec un peu de méditation les vrais avantages qui ont résulté de tout cela pour le bonheur de l’espèce humaine, on ne peut qu’être frappé de l’étonnante disproportion qui règne entre ces choses, et déplorer l’aveuglement de l’homme qui, pour nourrir son fol orgueil et je ne sais quelle vaine admiration de lui-même, le fait courir avec ardeur après toutes les misères dont il est susceptible et que la bienfaisante nature avait pris soin d’écarter de lui.

ROUSSEAU, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755.

* un auteur célèbre : il s’agit de Maupertuis, philosophe et mathématicien (1698-1759).
notions : BONHEUR
ROUSSEAU
2017 S MÉTROPOLE NORMALE Défendre ses droits, est-ce défendre ses intérêts?
notions : DROIT
2017 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Est-ce la faiblesse qui nous pousse à vivre en société?
notions : SOCIÉTÉ
2017 S MÉTROPOLE NORMALE Peut-on se libérer de sa culture?
notions : CULTURE LIBERTÉ
2017 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Peut-on être méchant et heureux?
notions : BONHEUR
2017 S MÉTROPOLE REMPLACEMENT Il est désormais évident, du point de vue vraiment scientifique, que toute observation isolée, entièrement empirique, est essentiellement oiseuse (1) , et même radicalement incertaine ; la science ne saurait employer que celles qui se rattachent, au moins hypothétiquement, à une loi quelconque ; c’est une telle liaison…
lire la suite Il est désormais évident, du point de vue vraiment scientifique, que toute observation isolée, entièrement empirique, est essentiellement oiseuse (1) , et même radicalement incertaine ; la science ne saurait employer que celles qui se rattachent, au moins hypothétiquement, à une loi quelconque ; c’est une telle liaison qui constitue la principale différence caractéristique entre les observations des savants et celles du vulgaire (2) , qui cependant embrassent essentiellement les mêmes faits, avec la seule distinction des points de vue ; les observations autrement conduites ne peuvent servir tout au plus qu\'à titre de matériaux provisoires, exigeant même le plus souvent une indispensable révision ultérieure. Une telle prescription logique doit, par sa nature, devenir d’autant plus irrésistible qu’il s’agit de phénomènes plus compliqués, où, sans la lumineuse indication d’une théorie préalable, d’ailleurs plus efficace quand elle est plus réelle, l’observateur ne saurait même le plus souvent ce qu’il doit regarder dans le fait qui s’accomplit sous ses yeux ; c’est alors par la liaison des faits précédents qu’on apprend vraiment à voir les faits suivants.

COMTE, Cours de philosophie positive (1839)

(1) \"oiseuse\": inutile, qui ne mène à rien.
(2) \"vulgaire\": les gens ordinaires.
notions : DÉMONSTRATION
COMTE
2017 S MÉTROPOLE NORMALE À la limite, la vie, c'est ce qui est capable d'erreur. Et c'est peut-être à cette donnée ou plutôt à cette éventualité fondamentale qu'il faut demander compte du fait que la question de l'anomalie traverse de part en part toute la biologie. À elle aussi qu'il faut demander compte des mutations et des processu…
lire la suite À la limite, la vie, c'est ce qui est capable d'erreur. Et c'est peut-être à cette donnée ou plutôt à cette éventualité fondamentale qu'il faut demander compte du fait que la question de l'anomalie traverse de part en part toute la biologie. À elle aussi qu'il faut demander compte des mutations et des processus évolutifs qu'elle induit. À elle qu'il faut demander compte de cette mutation singulière, de cette « erreur héréditaire » qui fait que la vie a abouti avec l'homme à un vivant qui ne se trouve jamais tout à fait à sa place, à un vivant voué à « errer » et destiné finalement à l'« erreur ». Et si on admet que le concept, c'est la réponse que la vie elle-même donne à cet aléa, il faut convenir que l'erreur est à la racine de ce qui fait la pensée humaine et son histoire. L'opposition du vrai et du faux, les valeurs qu'on prête à l'un et à l'autre, les effets de pouvoir que les différentes sociétés et les différentes institutions lient à ce partage, tout cela même n'est peut-être que la réponse la plus tardive à cette possibilité d'erreur intrinsèque (1) à la vie. Si l'histoire des sciences est discontinue, c'est-à-dire si on ne peut l'analyser que comme une série de « corrections », comme une distribution nouvelle du vrai et du faux qui ne libère jamais enfin et pour toujours la vérité, c'est que, là encore, l' « erreur » constitue non pas l'oubli ou le retard d'une vérité, mais la dimension propre à la vie des hommes et au temps de l'espèce.

FOUCAULT, Dits et Ecrits (1978).

1 Intrinsèque : qui provient de la vie elle-même.
notions : VIVANT
FOUCAULT
2017 TECHN. MÉTROPOLE SECOURS Y a-t-il un mauvais usage de la raison?
notions : RAISON
2017 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE L'artiste doit-il répondre aux attentes du public?
notions : ART
2017 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT L'art sert-il à quelue chose?
notions : ART
2017 TECHN. MÉTROPOLE SECOURS Pour trouver le bonheur, faut-il le chercher?
notions : BONHEUR
2017 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE N'échange-t-on que des choses?
notions : ÉCHANGES
2017 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT La raison est-elle plus fiable que l'expérience?
notions : EXPÉRIENCE
2017 TECHN. MÉTROPOLE REMPLACEMENT Tous ces coureurs se donnent bien de la peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la peine. On lit partout que les hommes cherchent le plaisir ; mais cela n'est pas évident ; il semble plutôt qu'ils cherchent la peine et qu'ils aiment la peine. Le vieux Diogèn…
lire la suite Tous ces coureurs se donnent bien de la peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la peine. On lit partout que les hommes cherchent le plaisir ; mais cela n'est pas évident ; il semble plutôt qu'ils cherchent la peine et qu'ils aiment la peine. Le vieux Diogène (1) disait : « Ce qu'il y a de meilleur, c'est la peine. » On dira là-dessus qu'ils trouvent tous le plaisir dans cette peine qu'ils cherchent ; mais c'est jouer sur les mots ; c'est bonheur et non plaisir qu'il faudrait dire ; et ce sont deux choses très différentes, aussi différentes que l'esclavage et la liberté.

On veut agir, on ne veut pas subir. Tous ces hommes qui se donnent tant de peine n'aiment sans doute pas le travail forcé ; personne n'aime le travail forcé ; personne n'aime les maux qui tombent ; personne n'aime sentir la nécessité. Mais aussitôt que je me donne librement de la peine, me voilà content. J'écris ces propos. « Voilà bien de la peine », dira quelque écrivain qui vit de sa plume ; seulement personne ne m'y force ; et ce travail voulu est un plaisir, ou un bonheur, pour mieux parler. Le boxeur n'aime pas les coups qui viennent le trouver ; mais il aime ceux qu'il va chercher.

ALAIN, Propos (1911)

1 Diogène : philosophe grec de l’Antiquité.

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l'idée principale du texte et les étapes de son argumentation.

2. Expliquer :

a) « Ce qu’il y a de meilleur, c’est la peine » ;

b) « et ce sont deux choses très différentes, aussi différentes que l'esclavage et la liberté » ;

c) « Le boxeur n'aime pas les coups qui viennent le trouver ; mais il aime ceux qu'il va chercher ».

3. Un bonheur sans peine est-il possible ?
notions : BONHEUR
ALAIN
2017 TECHN. MÉTROPOLE SECOURS On voit à quoi se réduirait l’homme, si l’on en retirait tout ce qu’il tient de la société : il tomberait au rang de l’animal. S’il a pu dépasser le stade auquel les animaux se sont arrêtés, c’est d’abord qu’il n’est pas réduit au seul fruit de ses efforts personnels, mais coopère régulièrement avec ses semb…
lire la suite On voit à quoi se réduirait l’homme, si l’on en retirait tout ce qu’il tient de la société : il tomberait au rang de l’animal. S’il a pu dépasser le stade auquel les animaux se sont arrêtés, c’est d’abord qu’il n’est pas réduit au seul fruit de ses efforts personnels, mais coopère régulièrement avec ses semblables ; ce qui renforce le rendement de l’activité de chacun. C’est ensuite et surtout que les produits du travail d’une génération ne sont pas perdus pour celle qui suit. De ce qu’un animal a pu apprendre au cours de son existence individuelle, presque rien ne peut lui survivre. Au contraire, les résultats de l’expérience humaine se conservent presque intégralement et jusque dans le détail, grâce aux livres, aux monuments figurés, aux outils, aux instruments de toute sorte qui se transmettent de génération en génération, à la tradition orale, etc. Le sol de la nature se recouvre ainsi d’une riche alluvion (1) qui va sans cesse en croissant. Au lieu de se dissiper toutes les fois qu’une génération s’éteint et est remplacée par une autre, la sagesse humaine s’accumule sans terme, et c’est cette accumulation indéfinie qui élève l’homme au-dessus de la bête et au-dessus de lui-même. Mais, tout comme la coopération dont il était d’abord question, cette accumulation n’est possible que dans et par la société.

DURKHEIM, Education et sociologie (1922)

(1) « alluvion » (nom féminin) : mélange de matières minérales et végétales accumulées et portées par

les cours d’eau, riches en nutriments variés.

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l'idée principale du texte et les étapes de sa construction. 2. Expliquer :

a) « il n'est pas réduit au seul fruit de ses efforts personnels » ;

b) « la sagesse humaine s'accumule sans terme » ;

c) « c’est cette accumulation indéfinie qui élève l’homme au-dessus de la bête et au-dessus de lui-même ».

3. La vie au sein de la société est-elle toujours facteur de progrès ?
notions : CULTURE SOCIÉTÉ
DURKHEIM
2017 TECHN. MÉTROPOLE NORMALE La condition d’un État se détermine aisément par son rapport avec la fin (1) générale de l’État, qui est la paix et la sécurité de la vie. Par conséquent, le meilleur État, c’est celui où les hommes passent leur vie dans la concorde et où leurs droits ne reçoivent aucune atteinte. Aussi bien, c’est un poin…
lire la suite La condition d’un État se détermine aisément par son rapport avec la fin (1) générale de l’État, qui est la paix et la sécurité de la vie. Par conséquent, le meilleur État, c’est celui où les hommes passent leur vie dans la concorde et où leurs droits ne reçoivent aucune atteinte. Aussi bien, c’est un point certain que les séditions (2), les guerres, le mépris ou la violation des lois doivent être attribués moins à la méchanceté des sujets qu’à la mauvaise organisation du gouvernement. Les hommes, en effet, ne naissent pas citoyens, ils le deviennent. Remarquez, d’ailleurs, que les passions naturelles des hommes sont les mêmes partout. Si donc le mal a plus d’empire (3) dans tel État, s’il s’y commet plus d’actions coupables que dans un autre, cela tient très certainement à ce que cet État n’a pas suffisamment pourvu à la concorde, à ce qu’il n’a pas institué les lois avec assez de prudence, et par suite à ce qu’il n’est pas entré en pleine possession du droit absolu de l’État. En effet, la condition d’une société où les causes de sédition n’ont pas été supprimées, où la guerre est continuellement à craindre, où enfin les lois sont fréquemment violées, diffère peu de la condition naturelle où chacun mène une vie conforme à sa fantaisie et toujours grandement menacée.

SPINOZA, Traité politique (1677)

(1) «fin»: le but
(2) « séditions » : soulèvements contre l'autorité de l'État
(3) « empire » : une position dominante

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégager l'idée principale du texte, et montrer comment elle est établie.

2. Expliquer :

a) « (...) la fin générale de l'État, qui est la paix et la sécurité de la vie » ;

b) « les hommes (...) ne naissent pas citoyens, ils le deviennent » ;

c) « [l’Etat] n'a pas institué les lois avec assez de prudence ».

3. Est-ce parce que les lois sont mauvaises que les hommes ne les respectent pas ?
notions : ÉTAT 
SPINOZA
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2017 TMD MÉTROPOLE NORMALE Il est impossible d’être un grand penseur sans reconnaître que son premier devoir est de suivre son intelligence, quelle que soit la conclusion à laquelle elle peut mener. La vérité bénéficie encore plus des erreurs d’un homme qui, après les études et la préparation nécessaires, pense par lui-même, que des …
lire la suite Il est impossible d’être un grand penseur sans reconnaître que son premier devoir est de suivre son intelligence, quelle que soit la conclusion à laquelle elle peut mener. La vérité bénéficie encore plus des erreurs d’un homme qui, après les études et la préparation nécessaires, pense par lui-même, que des opinions vraies de ceux qui les détiennent uniquement parce qu’ils s’interdisent de penser. Non pas que la liberté de penser soit exclusivement nécessaire aux grands penseurs. Au contraire, elle est aussi indispensable – sinon plus indispensable – à l’homme du commun pour lui permettre d’atteindre la stature intellectuelle dont il est capable. Il y a eu, et il y aura encore peut-être, de grands penseurs individuels dans une atmosphère générale d’esclavage intellectuel. Mais il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais dans une telle atmosphère de peuple intellectuellement actif.

John Stuart MILL, De la Liberté (1859)

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégagez la thèse de ce texte et les étapes de son argumentation.

2. Expliquez :

a) « [...] son premier devoir est de suivre son intelligence, quelle que soit la conclusion à laquelle elle peut mener ». l. 1 - 3

b) « La vérité bénéficie encore plus des erreurs d’un homme qui, après les études et la préparation nécessaires, pense par lui-même, que des opinions vraies de ceux qui les détiennent uniquement parce qu’ils s’interdisent de penser ». l. 3 - 5

c) « [...] elle est aussi indispensable – sinon plus indispensable – à l’homme du commun pour lui permettre d’atteindre la stature intellectuelle dont il est capable ». l. 7 - 8

3. La liberté de penser est-elle indispensable à chacun?
notions : LIBERTÉ
MILL

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