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| 2019 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
A-t-on le devoir d’être heureux ?
notions : DEVOIR
BONHEUR
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| 2019 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Pour être moral, ne suffit-il pas de le vouloir ?
notions : MORALE
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| 2019 | L | POLYNÉSIE | NORMALE |
Ce qui est fâcheux, c'est que, quels que soient le caractère et le contenu de l'histoire qui suit, qu'elle soit jouée dans la vie publique ou dans le privé, qu'elle comporte un petit nombre ou un grand nombre d'acteurs, le sens ne s'en révélera pleinement que lorsqu'elle s'achèvera. Par opposition à la fabricat…
lire la suiteCe qui est fâcheux, c'est que, quels que soient le caractère et le contenu de l'histoire qui suit, qu'elle soit jouée dans la vie publique ou dans le privé, qu'elle comporte un petit nombre ou un grand nombre d'acteurs, le sens ne s'en révélera pleinement que lorsqu'elle s'achèvera. Par opposition à la fabrication dans laquelle la lumière permettant de juger le produit fini vient de l'image, du modèle perçu d'avance par l'artisan, la lumière qui éclaire les processus de l'action, et par conséquent les processus historiques, n'apparaît qu'à la fin, bien souvent lorsque tous les participants sont morts. L'action ne se révèle pleinement qu'au conteur, à l'historien qui regarde en arrière et sans aucun doute connaît le fond du problème bien mieux que les participants. Tous les récits écrits par les acteurs eux-mêmes, bien qu'en de rares cas ils puissent exposer de façon très digne de foi des intentions, des buts, des motifs, ne sont aux mains de l'historien que d'utiles documents et n'atteignent jamais à la signification ni à la véracité du récit de l'historien. Ce que dit le narrateur est nécessairement caché à l'acteur, du moins tant qu'il est engagé dans l'action et dans les conséquences, car pour lui le sens de son acte ne réside pas dans l'histoire qui suit. Même si les histoires sont les résultats inévitables de l'action, ce n'est pas l'acteur, c'est le narrateur qui voit et qui « fait » l'histoire.HANNAH ARENDT, La Condition de l’homme moderne (1958) notions : HISTOIRE
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ARENDT |
| 2019 | L | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
L'idéal d'une connaissance absolument certaine et démontrable s'est révélé être une idole. L'exigence d'objectivité scientifique rend inévitable que tout énoncé scientifique reste nécessairement et à jamais donné à titre d'essai. En effet un énoncé peut être corroboré mais toute corroboration est rela…
lire la suiteL'idéal d'une connaissance absolument certaine et démontrable s'est révélé être une idole. L'exigence d'objectivité scientifique rend inévitable que tout énoncé scientifique reste nécessairement et à jamais donné à titre d'essai. En effet un énoncé peut être corroboré mais toute corroboration est relative à d'autres énoncés qui sont eux aussi proposés à titre d'essai. Ce n'est que dans nos expériences subjectives de conviction, dans notre confiance personnelle, que nous pouvons être « absolument certains ».Avec l'idole de la certitude (qui inclut celle de la certitude imparfaite ou probabilité) tombe l'une des défenses de l'obscurantisme, lequel met un obstacle sur la voie du progrès scientifique. Car l'hommage rendu à cette idole entrave non seulement l’audace de nos questions mais aussi la rigueur et l’honnêteté de nos tests. La conception erronée de la science se manifeste dans le désir d’avoir raison. Car ce qui fait l'homme de science, ce n'est pas la possession du savoir, d'une irréfutable vérité, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité. POPPER, La Logique de la découverte scientifique (1934) notions : DEMONSTRATION
THEORIE ET EXPERIENCE
VERITE
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POPPER |
| 2019 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Un droit peut-il être naturel ?
notions : DROIT
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| 2019 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
L’art doit-il nous instruire ?
notions : ART
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| 2019 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
La culture sépare-t-elle ou rapproche-t-elle les hommes ?
notions : CULTURE
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| 2019 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Ne désire-t-on que ce dont on manque ?
notions : DESIR
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| 2019 | S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Nous sommes intérieurs à nous-mêmes, et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître. Point du tout ; notre esprit y est comme à l’étranger, tandis que la matière lui est familière et que, chez elle, il se sent chez lui. Mais c’est qu’une certaine ignorance de soi est peut-être utile à un e…
lire la suiteNous sommes intérieurs à nous-mêmes, et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître. Point du tout ; notre esprit y est comme à l’étranger, tandis que la matière lui est familière et que, chez elle, il se sent chez lui. Mais c’est qu’une certaine ignorance de soi est peut-être utile à un être qui doit s’extérioriser pour agir ; elle répond à une nécessité de la vie. Notre action s’exerce sur la matière, et elle est d’autant plus efficace que la connaissance de la matière a été poussée plus loin. Sans doute il est avantageux, pour bien agir, de penser à ce qu’on fera, de comprendre ce qu’on a fait, de se représenter ce qu’on aurait pu faire : la nature nous y invite ; c’est un des traits qui distinguent l’homme de l’animal, tout entier à l’impression du moment. Mais la nature ne nous demande qu’un coup d’œil à l’intérieur de nous-mêmes : nous apercevons bien alors l’esprit, mais l’esprit se préparant à façonner la matière, s’adaptant par avance à elle, se donnant je ne sais quoi de spatial, de géométrique, d’intellectuel. Une connaissance de l’esprit, dans ce qu’il a de proprement spirituel, nous éloignerait plutôt du but. Nous nous en rapprochons, au contraire, quand nous étudions la structure des choses. Ainsi la nature détourne l’esprit de l’esprit, tourne l’esprit vers la matière.BERGSON, De la position des problèmes, 1934. notions : RAISON REEL
SUJET
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BERGSON |
| 2019 | S | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Nous avons maintenant affirmé la nécessité – pour le bien-être intellectuel de l’humanité (dont dépend son bien-être général) – de la liberté de pensée et d’expression à l’aide de quatre raisons distinctes que nous allons récapituler ici : premièrement, une opinion qu’on réduirait au silence peut très b…
lire la suiteNous avons maintenant affirmé la nécessité – pour le bien-être intellectuel de l’humanité (dont dépend son bien-être général) – de la liberté de pensée et d’expression à l’aide de quatre raisons distinctes que nous allons récapituler ici : premièrement, une opinion qu’on réduirait au silence peut très bien être vraie : le nier, c’est affirmer sa propre infaillibilité. Deuxièmement, même si l’opinion réduite au silence est fausse, elle peut contenir – ce qui arrive très souvent – une part de vérité ; et puisque l’opinion générale ou dominante sur n’importe quel sujet n’est que rarement ou jamais toute la vérité, ce n’est que par la confrontation des opinions adverses qu’on a une chance de découvrir le reste de la vérité. Troisièmement, si l’opinion reçue est non seulement vraie, mais toute la vérité, on la professera comme une sorte de préjugé, sans comprendre ou sentir ses principes rationnels, si elle ne peut être discutée vigoureusement et loyalement. Et cela n’est pas tout car, quatrièmement, le sens de la doctrine elle-même sera en danger d’être perdu, affaibli ou privé de son effet vital sur le caractère ou la conduite : le dogme deviendra une simple profession formelle, inefficace au bien, mais encombrant le terrain et empêchant la naissance de toute conviction authentique et sincère fondée sur la raison ou l’expérience personnelle.MILL, De la liberté, 1859 notions : BONHEUR
LIBERTE
VERITE
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MILL |
| 2019 | STHR | POLYNÉSIE | NORMALE |
Y a-t-il des vérités subjectives ?
notions : VERITE
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| 2019 | STHR | POLYNÉSIE | NORMALE |
Tout le monde peut-il être artiste ?
notions : ART
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| 2019 | STHR | POLYNÉSIE | NORMALE |
Je n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune1, et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et …
lire la suiteJe n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune1, et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, à notre époque, un certain crédit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu prédire. J’ai moi-même été tenté en certaines circonstances de penser de cette manière. Néanmoins, afin que notre libre arbitre2 ne soit pas complètement anéanti, j’estime que la fortune peut déterminer la moitié de nos actions mais que pour l’autre moitié les événements dépendent de nous. Je compare la fortune à l’un de ces fleuves dévastateurs qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, détruisent les arbres et les édifices, enlèvent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde cède à la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre résistance. Bien que les choses se déroulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilité, pendant les périodes de calme, de se prémunir en préparant des abris et en bâtissant des digues de façon à ce que, si le niveau des eaux devient menaçant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas déchaînées et nuisibles.Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister et tourne ses assauts là où il n’y a ni abri ni digue pour la contenir. MACHIAVEL, Le Prince (1532) 1 « fortune » : le cours des choses, plus ou moins hasardeux. 2 « libre arbitre » : capacité de juger et choisir librement. Pour expliquer ce texte, vous répondrez de manière explicite, précise et développée aux questions suivantes, qui sont destinées à guider votre rédaction. [A] – Questions d’analyse 1. Comment l’opinion commune se représente-t-elle la «fortune»? 2. Que signifie « laisser gouverner le destin »? 3. Comment Machiavel se représente-t-il la « fortune » ? Sommes-nous impuissants face à elle ? 4. Que signifie la « vertu » dans ce texte ? A quoi correspond-elle dans l’exemple proposé par Machiavel ? [B] – Eléments de synthèse 1. Expliquez la phrase : « Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister et tourne ses assauts là où il n’y a ni abris ni digues pour la contenir. » 2. En vous aidant des éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte ainsi que les étapes de son argumentation. 19PHHRPO1 Page : 3/4 [C] – Commentaire 1. L’ignorant est-il moins libre que l’homme expérimenté ? Justifiez votre réponse. 2. A la lumière de vos connaissances et de vos lectures, et en tenant compte du texte de Machiavel, vous vous demanderez si l’on peut tirer des leçons fiables de l’expérience. notions : EXPERIENCE
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MACHIAVEL |
| 2019 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Y a-t-il des vérités subjectives ?
notions : VERITE
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| 2019 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Faut-il respecter toutes les cultures ?
notions : CULTURE
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| 2019 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Tout le monde peut-il être artiste ?
notions : ART
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| 2019 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
S’engager, est-ce perdre sa liberté ?
notions : LIBERTE
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| 2019 | TECHN. | POLYNÉSIE | NORMALE |
Je n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune1 et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu…
lire la suiteJe n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune1 et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, à notre époque, un certain crédit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu prédire. J’ai moi-même été tenté en certaines circonstances de penser de cette manière.Néanmoins, afin que notre libre arbitre2 ne soit pas complètement anéanti, j’estime que la fortune peut déterminer la moitié de nos actions mais que pour l’autre moitié les événements dépendent de nous. Je compare la fortune à l’un de ces fleuves dévastateurs qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, détruisent les arbres et les édifices, enlèvent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde cède à la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre résistance. Bien que les choses se déroulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilité, pendant les périodes de calme, de se prémunir en préparant des abris et en bâtissant des digues de façon à ce que, si le niveau des eaux devient menaçant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas déchaînées et nuisibles. Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister et tourne ses assauts là où il n’y a ni abri ni digue pour la contenir. MACHIAVEL, Le Prince (1532) 1 « fortune » : le cours des choses, plus ou moins hasardeux. 2 « libre arbitre » : capacité de juger et choisir librement. Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégager l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement. 2. Expliquer : a) « (...) beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune, et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier » ; b) « (...) il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilité, pendant les périodes de calme, de se prémunir en préparant des abris et en bâtissant des digues (...) » ; c) « Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister ». 3. L’expérience nous aide-t-elle à être plus libres ? notions : EXPERIENCE
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MACHIAVEL |
| 2019 | TECHN. | POLYNÉSIE | REMPLACEMENT |
Car où est l'homme qui a des preuves incontestables de la vérité de tout ce qu'il soutient, ou de la fausseté de tout ce qu'il condamne, ou qui peut dire qu'il a examiné à fond toutes ses opinions, ou toutes celles des autres hommes ? La nécessité où nous nous trouvons de croire sans connaissance, et souvent m…
lire la suiteCar où est l'homme qui a des preuves incontestables de la vérité de tout ce qu'il soutient, ou de la fausseté de tout ce qu'il condamne, ou qui peut dire qu'il a examiné à fond toutes ses opinions, ou toutes celles des autres hommes ? La nécessité où nous nous trouvons de croire sans connaissance, et souvent même sur de forts légers fondements, dans cet état passager d'action et d'aveuglement où nous vivons sur la Terre, cette nécessité, dis-je, devrait nous rendre plus soigneux de nous instruire nous-mêmes, que de contraindre les autres à recevoir nos sentiments1. Du moins ceux qui n'ont pas examiné parfaitement et à fond toutes leurs opinions, doivent avouer qu'ils ne sont point en état de les prescrire aux autres, et qu'ils agissent visiblement contre la raison en imposant aux autres hommes la nécessité de croire comme une vérité ce qu'ils n'ont pas examiné eux-mêmes, n'ayant pas pesé les raisons de probabilité sur lesquelles ils devraient le recevoir ou le rejeter. Pour ceux qui sont entrés sincèrement dans cet examen, et qui par là se sont mis au-dessus de tout doute à l'égard de toutes les doctrines qu'ils professent, et sur lesquelles ils règlent leur conduite, ils pourraient avoir un plus juste prétexte d'exiger que les autres se soumissent à eux ; mais ceux-là sont en si petit nombre, et ils trouvent si peu de sujet d'être décisifs dans leurs opinions, qu'on ne doit s'attendre à rien d'insolent et d'impérieux de leur part ; et l'on a raison de croire que, si les hommes étaient mieux instruits eux-mêmes, ils seraient moins sujets à imposer aux autres leurs propres sentiments.LOCKE, Essai sur l'entendement humain (1689) 1« recevoir nos sentiments » : être du même avis que nous Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégager l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement. 2. Expliquer : a) « la nécessité où nous nous trouvons de croire sans connaissance » ; b) « ceux qui n'ont pas examiné parfaitement et à fond toutes leurs opinions, doivent avouer qu'ils ne sont point en état de les prescrire aux autres » ; c) « si les hommes étaient mieux instruits eux-mêmes, ils seraient moins sujets à imposer aux autres leurs propres sentiments ». 3. Sommes-nous aveuglés par nos convictions ? notions : CROYANCE
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LOCKE |
| 2018 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
La technique n’est-elle qu’un moyen ?
notions : TECHNIQUE
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| 2018 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Les faits existent-ils indépendamment de toute interprétation ?
notions : INTERPRÉTATION
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| 2018 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Je ne pense pas que la justice soit si différente du cercle, de l’ellipse, et des vérités de ce genre. Car il est vrai qu’il y a une justice, et chacun la reconnaîtra en ces deux frères partageant l’héritage. L’un d’eux dit à l’autre : « Tu fais les parts, et moi je choisirai le premier ; ou bien je fais les par…
lire la suiteJe ne pense pas que la justice soit si différente du cercle, de l’ellipse, et des vérités de ce genre. Car il est vrai qu’il y a une justice, et chacun la reconnaîtra en ces deux frères partageant l’héritage. L’un d’eux dit à l’autre : « Tu fais les parts, et moi je choisirai le premier ; ou bien je fais les parts, et tu choisis. » Il n’y a rien à dire contre ce procédé ingénieux, si ce n’est que les parts ne seront jamais égales, et qu’elles devraient l’être ; et on trouvera aussi à dire que les deux frères ne seront jamais égaux, mais qu’ils devraient l’être. L’utopie cherche l’égalité des hommes et l’égalité des parts ; choses qui ne sont pas plus dans la nature que n’y est le cercle. Mais l’utopiste sait très bien ce qu’il voudrait ; et j’ajoute que si on ne veut pas cela, sous le nom de justice, on ne veut plus rien du tout, parce qu’on ne pense plus rien du tout. Par exemple un contrat injuste n’est pas du tout un contrat. Un homme rusé s’est assuré qu’un champ galeux recouvre du kaolin (1) ; il acquiert ce champ contre un bon pré ; ce n’est pas un échange. Il y a inégalité flagrante entre les choses ; inégalité aussi entre les hommes, car l’un des deux ignore ce qui importe, et l’autre le sait. Je cite ce contrat, qui n’est pas un contrat, parce qu’il est de ceux qu’un juge réforme (2). Mais comment le réforme-t-il, sinon en le comparant à un modèle de contrat, qui est dans son esprit, et dans l’esprit de tous ? Est-ce que l’idée ne sert pas, alors, à mesurer de combien l’événement s’en écarte ? Comme un cercle imparfait n’est tel que par le cercle parfait, ainsi le contrat imparfait n’est tel que par le contrat parfait.ALAIN, Propos, 1932. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. 1 kaolin : argile précieuse. 2 réforme : ici, invalide, rejette. notions : JUSTICE
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ALAIN |
| 2018 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
L’homme politique doit-il être efficace à tout prix ?
notions : POLITIQUE
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| 2018 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Sommes-nous condamnés à subir le temps ? notions : TEMPS
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| 2018 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Nous ne vivons pas d’abord dans la conscience de nous-même – ni même d’ailleurs dans la conscience des choses – mais dans l’expérience d’autrui. Jamais nous ne nous sentons exister qu’après avoir déjà pris contact avec les autres, et notre réflexion est toujours un retour à nous-même, qui doit d’ailleurs beauc…
lire la suiteNous ne vivons pas d’abord dans la conscience de nous-même – ni même d’ailleurs dans la conscience des choses – mais dans l’expérience d’autrui. Jamais nous ne nous sentons exister qu’après avoir déjà pris contact avec les autres, et notre réflexion est toujours un retour à nous-même, qui doit d’ailleurs beaucoup à notre fréquentation d’autrui. Un nourrisson de quelques mois est déjà fort habile à distinguer la bienveillance, la colère, la peur sur le visage d’autrui, à un moment où il ne saurait avoir appris par l’examen de son propre corps les signes physiques de ces émotions. C’est donc que le corps d’autrui, dans ses diverses gesticulations, lui apparaît investi d’emblée d’une signification émotionnelle, c’est donc qu’il apprend à connaître l’esprit tout autant comme comportement visible que dans l’intimité de son propre esprit. Et l’adulte lui-même découvre dans sa propre vie ce que sa culture, l’enseignement, les livres, la tradition lui ont appris à y voir. Le contact de nous- même avec nous-même se fait toujours à travers une culture, au moins à travers un langage que nous avons reçu du dehors et qui nous oriente dans la connaissance de nous-même. Si bien qu’enfin le pur soi, l’esprit, sans instruments et sans histoire, s’il est bien comme une instance critique que nous opposons à la pure et simple intrusion des idées qui nous sont suggérées par le milieu, ne s’accomplit en liberté effective que par l’instrument du langage et en participant à la vie du monde.MERLEAU-PONTY, Causeries (1948) notions : CONSCIENCE
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MERLEAU-PONTY |
| 2018 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Avons-nous besoin de l'art pour nous faire une idée du beau ?
notions : ART
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| 2018 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Est-ce le corps qui produit la pensée ?
notions : CONSCIENCE ESPRIT MATIÈRE
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| 2018 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
On dit volontiers : ma volonté a été déterminée par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emblée que je me suis ici comporté de façon passive. Mais, en vérité, mon comportement n'a pas été seulement passif ; Il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est m…
lire la suiteOn dit volontiers : ma volonté a été déterminée par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emblée que je me suis ici comporté de façon passive. Mais, en vérité, mon comportement n'a pas été seulement passif ; Il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est ma volonté qui a assumé telles circonstances à titre de mobiles, qui les fait valoir comme mobiles. Il n'est ici aucune place pour la relation de causalité. Les circonstances ne jouent point le rôle de cause et ma volonté n'est pas l'effet de ces circonstances. La relation causale implique que ce qui est contenu dans la cause s'ensuive nécessairement. Mais, en tant qu'être de réflexion, je puis dépasser toute détermination posée par les circonstances. Dans la mesure où l'homme allègue(1) qu'il a été entraîné par des circonstances, des excitations, etc., il entend par là rejeter, pour ainsi dire, hors de lui-même sa propre conduite, mais ainsi il se réduit tout simplement à l'état d'être non-libre ou naturel, alors que sa conduite, en vérité, est toujours sienne, non celle d'un autre ni l'effet de quelque chose qui existe hors de lui. Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur les hommes que le pouvoir qu'il leur accorde lui-même.HEGEL, Propédeutique philosophique (1811) (1) allègue : prétend notions : LIBERTÉ
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HEGEL |
| 2018 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Peut-on penser sans sentir ?
notions : CONSCIENCE
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| 2018 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Vit-on en société par intérêt ?
notions : SOCIÉTÉ
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| 2018 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Pourquoi cherche-t-on à démontrer ?
notions : DÉMONSTRATION
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| 2018 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Se conformer à la loi, est-ce agir par devoir ?
notions : DEVOIR
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| 2018 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Toutes les fois qu’un homme d’une manière ou d’une autre se trouve déconcerté, tombe à terre sous les coups d’un malheur ou se met en colère ou encore faillit, il démontre précisément par là qu’il trouve les choses différentes de ce qu’il attendait, par suite qu’il s’était induit en erreur, qu’il ne connaiss…
lire la suiteToutes les fois qu’un homme d’une manière ou d’une autre se trouve déconcerté, tombe à terre sous les coups d’un malheur ou se met en colère ou encore faillit, il démontre précisément par là qu’il trouve les choses différentes de ce qu’il attendait, par suite qu’il s’était induit en erreur, qu’il ne connaissait ni la vie ni le monde et ne savait pas combien la nature inanimée, par hasard, la nature animée, parce qu’elle a des buts opposés mais aussi par méchanceté, se met en travers de la volonté de chacun à chacun de ses pas : soit il n’a pas fait usage de sa raison pour arriver à un savoir général de cette constitution de la vie, soit il manque de jugement s’il ne reconnaît dans le singulier ce qu’il connaît dans le général et est alors pris au dépourvu et est déconcerté. Aussi toute joie vive est-elle une erreur, une illusion parce qu’aucun souhait comblé ne peut apporter de satisfaction durable et aussi parce que toute possession et tout bonheur ne nous sont jamais accordés que par le hasard, pour un temps indéterminé et, par conséquent, peuvent être de nouveau réclamés dans l’heure qui suit. Mais toute douleur repose sur l’évanouissement de cette illusion. Tous deux donc proviennent d’une connaissance erronée : aussi la joie comme la douleur restent- elles toujours étrangères au sage.SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation notions : BONHEUR RAISON
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SCHOPENHAUER |
| 2018 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m’attire et me touche le plus. Ces courts moments de délire et de passion, quelques vifs qu’ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la lig…
lire la suiteLes époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m’attire et me touche le plus. Ces courts moments de délire et de passion, quelques vifs qu’ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état, et le bonheur que mon cœur regrette n’est point composé d’instants fugitifs mais est un état simple et permanent, qui n’a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme au point d’y trouver enfin la suprême félicité.Tout est dans un flux continuel sur la terre. Rien n’y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s’attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé qui n’est plus ou préviennent l’avenir qui souvent ne doit point être : il n’y a rien là de solide à quoi le cœur se puisse attacher. Aussi n’a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu’il y soit connu. À peine est-il dans nos plus vives jouissances un instant où le cœur puisse véritablement nous dire : Je voudrais que cet instant durât toujours ; et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le cœur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après ? ROUSSEAU, Les Rêveries du promeneur solitaire (1782) notions : DÉSIR
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ROUSSEAU |
| 2018 | L | ANTILLES | NORMALE |
Que gagne-t-on à se cultiver?
notions : CULTURE
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| 2018 | L | ANTILLES | NORMALE |
Que gagne-t-on à se cultiver ?
notions : CULTURE
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| 2018 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
L’Etat doit-il mettre fin aux injustices ?
notions : ÉTAT JUSTICE
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| 2018 | L | ANTILLES | NORMALE |
Les sociétés subissent-elles leur histoire?
notions : SOCIÉTÉ
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| 2018 | L | ANTILLES | NORMALE |
Les sociétés subissent-elles leur histoire ?
notions : HISTOIRE
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| 2018 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La matière est-elle un obstacle à l’expression de l’esprit ?
notions : ESPRIT MATIÈRE
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| 2018 | L | ANTILLES | NORMALE |
C’est à travers ses actions, et non dans la jouissance, que l’homme ressent sa vie. Plus nous sommes occupés, plus ce sentiment est fort, et plus nous sommes conscients de notre vie. Dans l’oisiveté, nous ressentons au contraire la fugacité de la vie ; plus encore, nous avons l’impression de ne pas être vivants. L…
lire la suiteC’est à travers ses actions, et non dans la jouissance, que l’homme ressent sa vie. Plus nous sommes occupés, plus ce sentiment est fort, et plus nous sommes conscients de notre vie. Dans l’oisiveté, nous ressentons au contraire la fugacité de la vie ; plus encore, nous avons l’impression de ne pas être vivants. L’activité contribue donc à l’entretien de notre vie. Le temps, lorsqu’il est vide, nous déplaît. Qu’est-ce qui cependant rend le temps agréable à nos yeux ? Les jouissances de la vie ne remplissent pas le temps, mais le laissent vide, et devant ce vide l’esprit humain éprouve de l’aversion, de la morosité et du dégoût. Le moment présent peut sans doute nous paraître rempli, mais si nous ne l’occupons qu’avec des jeux, etc., cette apparence de plénitude ne dure pas plus longtemps que le moment présent lui-même ; à notre souvenir, ce moment semble vide. Celui qui n’a rien fait d’autre dans la vie que de gaspiller son temps et qui jette un regard en arrière sur son existence, est toujours surpris de voir qu’il est si rapidement parvenu à la fin de ses jours ; il se demande comment cela se peut, car il n’a rien accompli. Seules nos actions remplissent le temps. Ce n’est que dans nos occupations que nous nous sentons vivre, alors que la jouissance, elle, nous laisse une impression d’insuffisance, car la vie est essentiellement la faculté de l’activité spontanée et le sentiment de toutes nos forces humaines. L’occupation est ce qui éveille la conscience de nos forces ; plus nous sentons celles-ci, plus nous sentons que nous sommes vivants.KANT, Leçons d’éthique notions : MORALE
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KANT |
| 2018 | L | ANTILLES | NORMALE |
C’est à travers ses actions, et non dans la jouissance, que l’homme ressent sa vie. Plus nous sommes occupés, plus ce sentiment est fort, et plus nous sommes conscients de notre vie. Dans l’oisiveté, nous ressentons au contraire la fugacité de la vie ; plus encore, nous avons l’impression de ne pas être vivants. L…
lire la suiteC’est à travers ses actions, et non dans la jouissance, que l’homme ressent sa vie. Plus nous sommes occupés, plus ce sentiment est fort, et plus nous sommes conscients de notre vie. Dans l’oisiveté, nous ressentons au contraire la fugacité de la vie ; plus encore, nous avons l’impression de ne pas être vivants. L’activité contribue donc à l’entretien de notre vie. Le temps, lorsqu’il est vide, nous déplaît. Qu’est-ce qui cependant rend le temps agréable à nos yeux ? Les jouissances de la vie ne remplissent pas le temps, mais le laissent vide, et devant ce vide l’esprit humain éprouve de l’aversion, de la morosité et du dégoût. Le moment présent peut sans doute nous paraître rempli, mais si nous ne l’occupons qu’avec des jeux, etc., cette apparence de plénitude ne dure pas plus longtemps que le moment présent lui-même ; à notre souvenir, ce moment semble vide. Celui qui n’a rien fait d’autre dans la vie que de gaspiller son temps et qui jette un regard en arrière sur son existence, est toujours surpris de voir qu’il est si rapidement parvenu à la fin de ses jours ; il se demande comment cela se peut, car il n’a rien accompli. Seules nos actions remplissent le temps. Ce n’est que dans nos occupations que nous nous sentons vivre, alors que la jouissance, elle, nous laisse une impression d’insuffisance, car la vie est essentiellement la faculté de l’activité spontanée et le sentiment de toutes nos forces humaines. L’occupation est ce qui éveille la conscience de nos forces ; plus nous sentons celles-ci, plus nous sentons que nous sommes vivants.KANT, Leçons d’éthique notions : BONHEUR
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KANT |
| 2018 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Juger des discours des hommes par les effets qu’ils produisent, c’est souvent mal les apprécier. Outre que ces effets ne sont pas toujours sensibles et faciles à connaître, ils varient à l’infini comme les circonstances dans lesquelles ces discours sont tenus. Mais c’est uniquement l’intention de celui qui les tien…
lire la suiteJuger des discours des hommes par les effets qu’ils produisent, c’est souvent mal les apprécier. Outre que ces effets ne sont pas toujours sensibles et faciles à connaître, ils varient à l’infini comme les circonstances dans lesquelles ces discours sont tenus. Mais c’est uniquement l’intention de celui qui les tient qui les apprécie et détermine leur degré de malice ou de bonté. Dire faux n’est mentir que par l’intention de tromper, et l’intention même de tromper, loin d’être toujours jointe avec celle de nuire, a quelquefois un but tout contraire. Mais pour rendre un mensonge innocent il ne suffit pas que l’intention de nuire ne soit pas expresse, il faut de plus la certitude que l’erreur dans laquelle on jette ceux à qui l’on parle ne peut nuire à eux ni à personne en quelque façon que ce soit. Il est rare et difficile qu’on puisse avoir cette certitude ; aussi est-il difficile et rare qu’un mensonge soit parfaitement innocent. Mentir pour son avantage à soi-même est imposture, mentir pour l’avantage d’autrui est fraude, mentir pour nuire est calomnie ; c’est la pire espèce de mensonge. Mentir sans profit ni préjudice de soi ni d’autrui n’est pas mentir : ce n‘est pas mensonge, c’est fiction.ROUSSEAU, Les Rêveries du promeneur solitaire (1782) notions : MORALE VÉRITÉ
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ROUSSEAU |
| 2018 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Faut-il renoncer à l’idéal du progrès technique ?
notions : TECHNIQUE
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| 2018 | S | ANTILLES | NORMALE |
Un artiste peut-il tout se permettre ?
notions : ART
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| 2018 | S | ANTILLES | NORMALE |
Le droit satisfait-il notre besoin de justice ?
notions : JUSTICE
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| 2018 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La fonction de l’État est-elle de nous protéger ?
notions : ÉTAT
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| 2018 | S | ANTILLES | NORMALE |
La recherche des lois causales [...] est l’essence de la science ; par suite, dans un sens purement pratique, l’homme de science doit toujours admettre le déterminisme comme hypothèse de travail. Mais il n’est pas tenu d’affirmer qu’il existe des lois causales, sauf quand il les a effectivement découvertes : ce sera…
lire la suiteLa recherche des lois causales [...] est l’essence de la science ; par suite, dans un sens purement pratique, l’homme de science doit toujours admettre le déterminisme comme hypothèse de travail. Mais il n’est pas tenu d’affirmer qu’il existe des lois causales, sauf quand il les a effectivement découvertes : ce serait même imprudent de sa part. Mais il serait plus imprudent encore d’affirmer positivement qu’il connaît un domaine où les lois causales n’agissent pas. Cette assertion serait imprudente à la fois théoriquement et pratiquement : théoriquement, parce que nos connaissances ne pourront jamais devenir suffisantes pour justifier une telle assertion ; pratiquement, parce que la croyance à l’inexistence des lois causales dans un certain domaine décourage la recherche, et peut empêcher la découverte de ces lois. Cette double imprudence me paraît être le fait, aussi bien de ceux qui affirment que les modifications des atomes ne sont pas entièrement déterministes, que de ceux qui affirment dogmatiquement l’existence du libre arbitre. En face de ces dogmatismes opposés, la science doit rester purement empirique, et ne rien affirmer ou nier au-delà de ce qui est démontré par des preuves.Bertrand RUSSELL, Science et religion (1935) notions : RAISON
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RUSSELL |
| 2018 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Supposons que j’aie totalement perdu la mémoire de certaines parties de mon existence, ainsi que toute possibilité de les retrouver, en sorte que peut-être je n’en serai plus jamais conscient, ne suis-je pas cependant toujours la personne qui a commis ces actes, eu ces pensées dont une fois j’ai eu conscience, mêm…
lire la suiteSupposons que j’aie totalement perdu la mémoire de certaines parties de mon existence, ainsi que toute possibilité de les retrouver, en sorte que peut-être je n’en serai plus jamais conscient, ne suis-je pas cependant toujours la personne qui a commis ces actes, eu ces pensées dont une fois j’ai eu conscience, même si je les ai maintenant oubliées ? À quoi je réponds que nous devons ici faire attention à quoi nous appliquons le mot « je ». Or dans ce cas il ne s’agit que de l’homme. Si l’on présume que le même homme est la même personne, on suppose aussi facilement que « je » représente aussi la même personne. Mais s’il est possible que le même homme ait différentes consciences sans rien qui leur soit commun à différents moments, on ne saurait douter que le même homme à différents moments ne fasse différentes personnes. Ce qui, nous le voyons bien, est le sentiment de toute l’humanité dans ses déclarations les plus solennelles, puisque les lois humaines ne punissent pas le fou pour les actes accomplis par l’homme dans son bon sens, ni l’homme dans son bon sens pour ce qu’a fait le fou, les considérant ainsi comme deux personnes distinctes. Ce qu’explique assez bien notre façon de parler lorsque nous disons qu’un tel « n’est pas lui-même », ou qu’il est « hors de soi », phrases qui suggèrent que le soi a été transformé, que la même personne qui est soi n’était plus là dans cet homme, comme si c’était bel et bien ce que pensaient ceux qui usent de ces tours, ou du moins ceux qui ont été les premiers à en user.John LOCKE, Essai philosophique concernant l’entendement humain (1690) notions : CONSCIENCE
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LOCKE |
| 2018 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
La technique rend-elle plus humain?
notions : TECHNIQUE
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