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| 2019 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Sommes-nous responsables de tous nos actes ?
notions : MORALE
SUJET
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| 2019 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Pour vivre en société, faut-il ne plus penser à soi ?
notions : SOCIETE
SUJET
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| 2019 | L | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Il faut un hasard heureux, une chance exceptionnelle, pour que nous notions justement, dans la réalité présente, ce qui aura le plus d’intérêt pour l’historien à venir. Quand cet historien considérera notre présent à nous, il y cherchera surtout l’explication de son présent à lui, et plus particulièrement de ce que son…
lire la suiteIl faut un hasard heureux, une chance exceptionnelle, pour que nous notions justement, dans la réalité présente, ce qui aura le plus d’intérêt pour l’historien à venir. Quand cet historien considérera notre présent à nous, il y cherchera surtout l’explication de son présent à lui, et plus particulièrement de ce que son présent contiendra de nouveauté. Cette nouveauté, nous ne pouvons en avoir aucune idée aujourd’hui, si ce doit être une création. Comment donc nous réglerions-nous aujourd’hui sur elle pour choisir parmi les faits ceux qu’il faut enregistrer, ou plutôt pour fabriquer des faits en découpant selon cette indication la réalité présente ? Le fait capital des temps modernes est l’avènement de la démocratie. Que dans le passé, tel qu’il fut décrit par les contemporains, nous en trouvions des signes avant-coureurs, c’est incontestable ; mais les indications peut-être les plus intéressantes n’auraient été notées par eux que s’ils avaient su que l’humanité marchait dans cette direction ; or cette direction de trajet n’était pas plus marquée alors qu’une autre, ou plutôt elle n’existait pas encore, ayant été créée par le trajet lui-même, je veux dire par le mouvement en avant des hommes qui ont progressivement conçu et réalisé la démocratie. Les signes avant-coureurs ne sont donc à nos yeux des signes que parce que nous connaissons maintenant la course, parce que la course a été effectuée. Ni la course, ni sa direction, ni par conséquent son terme n’étaient donnés quand ces faits se produisaient : donc ces faits n’étaient pas encore des signes. Allons plus loin. Nous disions que les faits les plus importants à cet égard ont pu être négligés par les contemporains. Mais la vérité est que la plupart de ces faits n’existaient pas encore à cette époque comme faits.BERGSON, La pensée et le mouvant (1934) notions : HISTOIRE
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BERGSON |
| 2019 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Les vérités scientifiques sont-elles indiscutables ?
notions : RAISON REEL
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| 2019 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
La justice peut-elle se passer de contraindre ?
notions : JUSTICE
LIBERTE
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| 2019 | S | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Que la vertu marche la première, qu’elle porte l’étendard (1), nous garderons néanmoins le plaisir mais nous le dominerons et le réglementerons ; sur certains points il nous gagnera à force de prières, mais il ne nous contraindra pas. Au contraire, ceux qui ont abandonné le premier rang au plaisir, sont privés et du pl…
lire la suiteQue la vertu marche la première, qu’elle porte l’étendard (1), nous garderons néanmoins le plaisir mais nous le dominerons et le réglementerons ; sur certains points il nous gagnera à force de prières, mais il ne nous contraindra pas. Au contraire, ceux qui ont abandonné le premier rang au plaisir, sont privés et du plaisir et de la vertu ; ils perdent cette dernière, et eux-mêmes ne possèdent point le plaisir, mais c’est le plaisir qui les possède, car s’il manque ce sont pour eux des tortures, et s’il abonde c’est l’étouffement ; ces hommes sont misérables quand les plaisirs les abandonnent, plus misérables encore quand les plaisirs les écrasent ; cela se passe comme pour les navigateurs surpris dans la mer des Syrtes (2), qui tantôt demeurent à sec, et tantôt sont roulés par des vagues impétueuses. Cette situation est le résultat d’un dérèglement exagéré et d’un amour qui s’aveugle, car si l’on recherche des choses mauvaises en les prenant pour des biens il est dangereux de les atteindre. De même que nous ne chassons pas les bêtes féroces sans peine ni péril et qu’une fois celles-ci capturées nous ne les gardons pas sans inquiétude, car souvent elles déchirent leurs maîtres, de même ceux qui possèdent de grands plaisirs tombent dans un grand malheur et les plaisirs qu’ils ont capturés les capturent à leur tour ; plus ceux-ci sont nombreux et grands, plus se trouve faible et dépendant cet esclave que la foule appelle un homme heureux.SÉNÈQUE, De la Vie heureuse (58 après J.C.) (1) Étendard : drapeau de guerre. (2) La mer des Syrtes est cette zone de la Méditerranée qui se trouve au nord de la côte africaine, entre Carthage (Tunisie) et Cyrène (sur la côte libyenne), et où la navigation était réputée dangereuse. notions : MORALE
BONHEUR
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SÉNÈQUE |
| 2019 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Peut-on être heureux en étant injuste ?
notions : BONHEUR
JUSTICE
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| 2019 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
La technique nous rend-elle plus libre ?
notions : TECHNIQUE
LIBERTE
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| 2019 | TECHN. | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Quand nous considérons soit l’histoire de l’opinion, soit le cours ordinaire de la vie humaine, à quoi attribuer que l’une et l’autre ne soient pas pires ? Certainement pas à la force propre de l’intelligence humaine ; car, pour toute question délicate, une personne sur cent sera capable de trancher ; et encore, la cap…
lire la suiteQuand nous considérons soit l’histoire de l’opinion, soit le cours ordinaire de la vie humaine, à quoi attribuer que l’une et l’autre ne soient pas pires ? Certainement pas à la force propre de l’intelligence humaine ; car, pour toute question délicate, une personne sur cent sera capable de trancher ; et encore, la capacité de cette unique personne n’est que relative. Car la majorité des grands hommes des générations passées a soutenu maintes opinions aujourd’hui tenues pour erronées et fait et approuvé nombre de choses que nul ne justifie plus aujourd’hui. Comment se fait-il alors qu’il y ait globalement prépondérance (1) d’opinions et de conduites rationnelles dans l’humanité ? Si prépondérance il y a – et sans elle, les affaires humaines seraient et eussent toujours été dans un état presque désespéré – elle le doit à une qualité de l’esprit humain, à la source de tout ce qu’il y a de respectable en l’homme en tant qu’être intellectuel et moral, à savoir que ses erreurs sont rectifiables. Par la discussion et l’expérience – mais non par la seule expérience – il est capable de corriger ses erreurs : la discussion est nécessaire pour montrer comment interpréter l’expérience. Fausses opinions et fausses pratiques cèdent graduellement devant le fait et l’argument ; mais pour produire quelque effet sur l’esprit, ces faits et arguments doivent lui être présentés. Rares sont les faits qui parlent d’eux-mêmes, sans commentaire qui fasse ressortir leur signification. Il s’ensuit que toute la force et la valeur de l’esprit humain – puisqu’il dépend de cette faculté d’être rectifié quand il s’égare – n’est vraiment fiable que si tous les moyens pour le rectifier sont à portée de main.MILL, De la liberté (1859) (1) « prépondérance » : caractère de ce qui l’emporte, de ce qui a plus de poids, plus d’autorité. Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégager l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement. 2. Expliquer : a) « Car la majorité des grands hommes des générations passées a soutenu maintes opinions aujourd’hui tenues pour erronées et fait et approuvé nombre de choses que nul ne justifie plus aujourd’hui. » b) « Par la discussion et l’expérience – mais non par la seule expérience – il est capable de corriger ses erreurs : la discussion est nécessaire pour montrer comment interpréter l’expérience. » c) « Fausses opinions et fausses pratiques cèdent graduellement devant le fait et l’argument ; mais pour produire quelque effet sur l’esprit, ces faits et arguments doivent lui être présentés. » 3. Avons-nous besoin des autres pour savoir ce qui est vrai ? notions : CROYANCE
RAISON
VERITE
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MILL |
| 2019 | ES | JAPON ASIE | NORMALE |
Le bonheur est-il une succession de plaisirs ?
notions : BONHEUR
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| 2019 | ES | JAPON ASIE | NORMALE |
La politique n'est-elle qu'un rapport de force ?
notions : POLITIQUE
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| 2019 | ES | JAPON ASIE | NORMALE |
Pour ce qui concerne le rapport de la qualité et de l'acte, on établit souvent une distinction entre ce que sont les qualités de l’homme et ce que sont ses actes. Dans l'histoire cependant, cette différence est nulle, car l'homme est son acte. Il est lui- même la suite de ses actes. On s'imagine que l'intention ou…
lire la suitePour ce qui concerne le rapport de la qualité et de l'acte, on établit souvent une distinction entre ce que sont les qualités de l’homme et ce que sont ses actes. Dans l'histoire cependant, cette différence est nulle, car l'homme est son acte. Il est lui- même la suite de ses actes. On s'imagine que l'intention ou le dessein pourraient être excellents, quand bien même les actes devraient ne rien valoir. On fait ainsi une différence entre l'intérieur et l'acte. Assurément, il peut arriver, dans certains cas, que l'homme se dissimule et se montre autre qu'il n'est. Cependant c'est là quelque chose de tout à fait partiel, temporaire et borné et qui ne peut valoir globalement. En vérité, l'extérieur n'est pas distinct de l'intérieur, si bien qu'on établit ces distinctions à tort. La série des actes n'est pas distincte de l'intérieur. L'histoire est ce qui est manifeste1. Par conséquent, toutes les argumentations subtiles sur les disjonctions momentanées de l'intérieur et de l'extérieur s'évanouissent, en particulier dans l'histoire. C'est sa manière de procéder, de considérer les actes des individus et des peuples. Ces actes représentent ce que sont les peuples.HEGEL, La philosophie de l'histoire (1822). notions : HISTOIRE
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HEGEL |
| 2019 | L | JAPON ASIE | NORMALE |
Faut-il du temps pour devenir soi-même ?
notions : TEMPS
SUJET
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| 2019 | L | JAPON ASIE | NORMALE |
Le langage est-il un instrument de pouvoir ?
notions : LANGAGE
POLITIQUE
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| 2019 | L | JAPON ASIE | NORMALE |
Une société d’égaux ne peut exister s’il n’est pas bien entendu que les intérêts de tous doivent être également pris en considération. Et puisque, dans tous les états de civilisation, chaque personne, à l’exception du monarque absolu, a des égaux, chacun est obligé de vivre sur le pied d’égalité avec quel…
lire la suiteUne société d’égaux ne peut exister s’il n’est pas bien entendu que les intérêts de tous doivent être également pris en considération. Et puisque, dans tous les états de civilisation, chaque personne, à l’exception du monarque absolu, a des égaux, chacun est obligé de vivre sur le pied d’égalité avec quelqu’un ; et chaque époque marque un progrès vers la réalisation d’un état de choses dans lequel il sera impossible de vivre autrement, de façon permanente, avec qui que ce soit. De la sorte, les hommes en arrivent à être incapables de concevoir comme possible pour eux un état de choses où l’on négligerait totalement les intérêts d’autrui. Ils sont dans la nécessité de se concevoir eux-mêmes comme s’abstenant tout au moins des actes les plus nuisibles et (ne fût-ce que pour leur protection personnelle) comme ne cessant de protester contre de tels actes. Ce sont pour eux choses familières que de coopérer avec autrui et de proposer comme but à leurs actions (tout au moins pour le moment présent) un intérêt collectif et non individuel. Aussi longtemps qu’ils sont en train de coopérer, leurs fins sont identifiées avec les fins d’autrui ; ils ont, au moins pendant quelque temps, le sentiment que les intérêts d’autrui sont leurs propres intérêts. Non seulement tout renforcement des liens sociaux, tout développement normal de la société, donne à chaque individu un intérêt personnel plus grand à tenir compte pratiquement du bien-être des autres, mais aussi l’individu sera amené à donner de plus en plus comme objet à ses sentiments le bien des autres, ou tout au moins à le prendre de plus en plus en considération dans la pratique. Il en arrive, comme instinctivement, à se considérer lui-même comme un être qui se préoccupe naturellement des autres.John Stuart MILL, L’utilitarisme notions : SOCIETE
AUTRUI
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MILL |
| 2019 | S | JAPON ASIE | NORMALE |
Le progrès technique appauvrit-il le travail humain ?
notions : TRAVAIL
TECHNIQUE
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| 2019 | S | JAPON ASIE | NORMALE |
La science peut-elle combler notre désir de vérité ?
notions : VERITE
RAISON ET REEL
DESIR
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| 2019 | S | JAPON ASIE | NORMALE |
Vouloir la société, c’est, d’une part, vouloir quelque chose qui nous dépasse ; mais c’est en même temps nous vouloir nous-même. Nous ne pouvons vouloir sortir de la société, sans vouloir cesser d’être des hommes. Je ne sais si la civilisation nous a apporté plus de bonheur et il n’importe ; mais ce qui est ce…
lire la suiteVouloir la société, c’est, d’une part, vouloir quelque chose qui nous dépasse ; mais c’est en même temps nous vouloir nous-même. Nous ne pouvons vouloir sortir de la société, sans vouloir cesser d’être des hommes. Je ne sais si la civilisation nous a apporté plus de bonheur et il n’importe ; mais ce qui est certain c’est que du moment où nous sommes civilisés, nous ne pouvons y renoncer qu’en renonçant à nous-même. La seule question qui puisse se poser pour l’homme est, non pas de savoir s’il peut vivre en dehors d’une société, mais dans quelle société il veut vivre ; et je reconnais d’ailleurs très volontiers à tout individu le droit d’adopter la société de son choix, à supposer qu’il ne soit pas retenu dans sa société natale par des devoirs préalablement contractés. Dès lors, on s’explique sans peine comment la société, en même temps qu’elle constitue une fin qui nous dépasse, peut nous apparaître comme bonne et désirable, puisqu’elle tient à toutes les fibres de notre être ; et par conséquent elle présente les caractères essentiels que nous avons reconnus aux fins morales.DURKHEIM, Sociologie et philosophie,1898. notions : SOCIETE
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DURKHEIM |
| 2019 | ES | LIBAN | NORMALE |
Faut-il préférer la vérité à son bonheur ?
notions : BONHEUR
VERITE
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| 2019 | ES | LIBAN | NORMALE |
Peut-on parvenir à une complète conscience de soi ?
notions : CONSCIENCE
SUJET
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| 2019 | ES | LIBAN | NORMALE |
Il faut reconnaître que l’égalité, qui introduit de grands biens dans le monde, suggère cependant aux hommes, ainsi qu’il sera montré ci-après, des instincts fort dangereux ; elle tend à les isoler les uns des autres, pour porter chacun d’eux à ne s’occuper que de lui seul.
Elle ouvre démesurément leur âme…
lire la suiteIl faut reconnaître que l’égalité, qui introduit de grands biens dans le monde, suggère cependant aux hommes, ainsi qu’il sera montré ci-après, des instincts fort dangereux ; elle tend à les isoler les uns des autres, pour porter chacun d’eux à ne s’occuper que de lui seul.Elle ouvre démesurément leur âme à l’amour des jouissances matérielles. Le plus grand avantage des religions est d’inspirer des instincts tout contraires. Il n’y a point de religion qui ne place l’objet des désirs de l’homme au-delà et au-dessus des biens de la terre, et qui n’élève naturellement son âme vers des régions fort supérieures à celle des sens. Il n’y en a point non plus qui n’impose à chacun des devoirs quelconques envers l’espèce humaine, ou en commun avec elle, et qui ne le tire ainsi, de temps à autre, de la contemplation de lui-même. Ceci se rencontre dans les religions les plus fausses et les plus dangereuses. Les peuples religieux sont donc naturellement forts précisément à l’endroit où les peuples démocratiques sont faibles ; ce qui fait bien voir de quelle importance il est que les hommes gardent leur religion en devenant égaux. ALEXIS DE TOCQUEVILLE, De la Démocratie en Amérique (1835) notions : RELIGION
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TOCQUEVILLE |
| 2019 | L | LIBAN | NORMALE |
Désirons-nous seulement ce que les autres désirent ?
notions : DESIR
AUTRUI
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| 2019 | L | LIBAN | NORMALE |
L’État est-il au service de la société ?
notions : ETAT
SOCIETE
POLITIQUE
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| 2019 | L | LIBAN | NORMALE |
Il existe de nombreux faits établis dans les sciences théoriques qui, s’ils étaient confrontés au point de vue immédiat et à l’opinion que la foule a de la question, seraient, relativement à cela, tout à fait semblables à des choses que peut apercevoir un dormeur durant son sommeil ! Et nombre de ces choses ne…
lire la suiteIl existe de nombreux faits établis dans les sciences théoriques qui, s’ils étaient confrontés au point de vue immédiat et à l’opinion que la foule a de la question, seraient, relativement à cela, tout à fait semblables à des choses que peut apercevoir un dormeur durant son sommeil ! Et nombre de ces choses ne reposent pas même sur des prémisses1 qui seraient, elles, de l’ordre des prémisses concevables par la foule, qui seraient persuasives pour la foule lorsque celle-ci réfléchirait à ces idées ; dont il est au contraire impossible qu’elles suscitent chez quiconque quelque persuasion que ce soit, mais dont on ne peut acquérir qu’une certitude, si l’on a procédé pour les connaître selon la méthode de la certitude2. Ainsi, dirait-on à la foule, ou même à des gens d’un niveau de discours plus élevé que cela, que le soleil, qui paraît, lorsqu’on le voit, de la taille d’un pied, est en fait à peu près cent soixante-dix fois plus grand que la terre, que les gens trouveraient cela impossible. Ceux qui imagineraient cela se feraient l’impression de rêver, et il nous serait impossible de les en persuader en usant de prémisses auxquelles ils pourraient assentir3 peu de temps après leur mention, en un temps raisonnable. Il n’est au contraire d’autre moyen d’accéder à une science comme celle-ci que la méthode de la démonstration, pour ceux qui ont emprunté cette méthode.AVERROES, L’incohérence de l’incohérence (XIIe siècle) notions : DEMONSTRATION
VERITE
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AVERROES |
| 2019 | S | LIBAN | NORMALE |
En politique, chacun défend-il ses propres intérêts ?
notions : POLITIQUE
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| 2019 | S | LIBAN | NORMALE |
Suis-je défini par ma culture ?
notions : SUJET
CULTURE
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| 2019 | S | LIBAN | NORMALE |
Quant à l’idée que l’instruction inclinerait les hommes à une vie retirée et oisive, et les rendrait paresseux : ce serait là une bien étrange chose, si ce qui accoutume l’esprit à être perpétuellement en mouvement induisait à la paresse ! Tout au contraire, on peut assurément affirmer qu’aucune espèce d’ho…
lire la suiteQuant à l’idée que l’instruction inclinerait les hommes à une vie retirée et oisive, et les rendrait paresseux : ce serait là une bien étrange chose, si ce qui accoutume l’esprit à être perpétuellement en mouvement induisait à la paresse ! Tout au contraire, on peut assurément affirmer qu’aucune espèce d’homme n’aime le travail pour lui- même, sauf ceux qui sont instruits. Les autres l’aiment pour le profit, comme un mercenaire pour la solde (1), ou encore pour l’honneur, car il les élève aux yeux des gens et redore une réputation qui autrement ternirait, ou parce qu’il leur donne une idée de leur puissance, en leur fournissant la possibilité d’occasionner du plaisir ou de la peine, ou parce qu’il met à l’œuvre telle de leurs facultés dont ils s’enorgueillissent, ce qui alimente leur bonne humeur et l’opinion agréable qu’ils ont d’eux-mêmes, ou enfin parce qu’il fait avancer n’importe quel autre de leurs projets. De la valeur personnelle fausse, on dit que celle de certains se trouve dans les yeux des autres. De la même façon, les efforts des gens que je viens d’évoquer sont dans les yeux des autres, ou du moins relatifs à quelques desseins particuliers. Seuls les hommes instruits aiment le travail comme une action conforme à la nature, et qui convient à la santé de l’esprit autant que l’exercice physique convient à la santé du corps. Ils prennent plaisir dans l’action elle-même, non dans ce qu’elle procure. Par conséquent, ils sont les plus infatigables des hommes quand il s’agit d’un travail qui puisse retenir leur esprit.BACON, Du progrès et de la promotion des savoirs (1605) (1) Solde : la paye octroyée par l’armée à ses employés. notions : TRAVAIL
RAISON
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BACON |
| 2019 | ES | MÉTROPOLE | NORMALE |
La morale est-elle la meilleure des politiques ?
notions : MORALE
POLITIQUE
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| 2019 | ES | MÉTROPOLE | NORMALE |
Le travail divise-t-il les hommes ?
notions : TRAVAIL
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| 2019 | ES | MÉTROPOLE | NORMALE |
Nous avons le libre arbitre, non pas quand nous percevons, mais quand nous agissons. Il ne dépend pas de mon arbitre de trouver le miel doux ou amer, mais il ne dépend pas non plus de mon arbitre qu’un théorème proposé m’apparaisse vrai ou faux ; la conscience n’a qu’à examiner ce qui lui apparaît. Lorsque nous décidon…
lire la suiteNous avons le libre arbitre, non pas quand nous percevons, mais quand nous agissons. Il ne dépend pas de mon arbitre de trouver le miel doux ou amer, mais il ne dépend pas non plus de mon arbitre qu’un théorème proposé m’apparaisse vrai ou faux ; la conscience n’a qu’à examiner ce qui lui apparaît. Lorsque nous décidons de quelque chose, nous avons toujours présentes à l’esprit ou bien une sensation ou une raison actuelles, ou tout au moins un souvenir actuel d’une sensation ou d’une raison passées ; bien qu’en ce dernier cas nous soyons souvent trompés par l’infidélité de la mémoire ou par l’insuffisance de l’attention. Mais la conscience de ce qui est présent ou de ce qui est passé ne dépend nullement de notre arbitre. Nous ne reconnaissons à la volonté que le pouvoir de commander à l’attention et à l’intérêt ; et ainsi, quoiqu’elle ne fasse pas le jugement en nous, elle peut toutefois y exercer une influence indirecte. Ainsi il arrive souvent que les hommes finissent par croire ce qu’ils voudraient être la vérité, ayant accoutumé leur esprit à considérer avec le plus d’attention les choses qu’ils aiment ; de cette façon ils arrivent à contenter non seulement leur volonté mais encore leur conscience.LEIBNIZ, Remarques sur la partie générale des Principes de Descartes (1692) notions : LIBERTE
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LEIBNIZ |
| 2019 | L | MÉTROPOLE | NORMALE |
Est-il possible d’échapper au temps ?
notions : TEMPS
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| 2019 | L | MÉTROPOLE | NORMALE |
À quoi bon expliquer une œuvre d’art ?
notions : ART
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| 2019 | L | MÉTROPOLE | NORMALE |
Pour savoir ce qu’est une loi de la nature, il faut que nous ayons une connaissance de la nature, car ces lois sont exemptes d’erreur et ce sont seulement les représentations que nous en avons qui peuvent être fausses. La mesure de ces lois est en dehors de nous : notre connaissance n’y ajoute rien et ne les amélior…
lire la suitePour savoir ce qu’est une loi de la nature, il faut que nous ayons une connaissance de la nature, car ces lois sont exemptes d’erreur et ce sont seulement les représentations que nous en avons qui peuvent être fausses. La mesure de ces lois est en dehors de nous : notre connaissance n’y ajoute rien et ne les améliore pas. Il n’y a que la connaissance que nous en avons qui puisse s’accroître. La connaissance du droit est, par certains côtés, semblable à celle de la nature, mais, par d’autres côtés, elle ne l’est pas. Nous apprenons, en effet, à connaître les lois du droit telles qu’elles sont données. C’est plus ou moins de cette façon que le citoyen les connaît et le juriste qui étudie le droit positif1 s’en tient, lui aussi, à ce qui est donné. Toutefois la différence consiste en ceci que, dans le cas des lois du droit, intervient l’esprit de réflexion et la diversité de ces lois suffit à nous rendre attentifs à ce fait que ces lois ne sont pas absolues. Les lois du droit sont quelque chose de posé, quelque chose qui provient de l’homme. La conviction intérieure peut entrer en conflit avec ces lois ou leur donner son adhésion. L’homme ne s’en tient pas à ce qui est donné dans l’existence, mais il affirme, au contraire, avoir en lui la mesure de ce qui est juste. Il peut sans doute être soumis à la nécessité et à la domination d’une autorité extérieure, mais il ne l’est pas comme dans le cas de la nécessité naturelle, car son intériorité lui dit toujours comment les choses doivent être, et c’est en lui- même qu’il trouve la confirmation ou la désapprobation de ce qui est en vigueur. Dans la nature, la vérité la plus haute est qu’il y a une loi ; cela ne vaut pas pour les lois du droit où il ne suffit pas qu’une loi existe pour être admise.HEGEL, Principes de la philosophie du droit (1820) 1 droit positif : droit conventionnel, institué par les hommes notions : DROIT
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HEGEL |
| 2019 | S | MÉTROPOLE | NORMALE |
La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?
notions : CULTURE
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| 2019 | S | MÉTROPOLE | NORMALE |
Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?
notions : DEVOIR
LIBERTE
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| 2019 | S | MÉTROPOLE | NORMALE |
La science a beaucoup d'ennemis déclarés, et encore plus d'ennemis cachés, parmi ceux qui ne peuvent lui pardonner d'avoir ôté à la foi religieuse sa force et de menacer cette foi d'une ruine totale. On lui reproche de nous avoir appris bien peu et d'avoir laissé dans l'obscurité incomparablement davantage. Mai…
lire la suiteLa science a beaucoup d'ennemis déclarés, et encore plus d'ennemis cachés, parmi ceux qui ne peuvent lui pardonner d'avoir ôté à la foi religieuse sa force et de menacer cette foi d'une ruine totale. On lui reproche de nous avoir appris bien peu et d'avoir laissé dans l'obscurité incomparablement davantage. Mais on oublie, en parlant ainsi, l'extrême jeunesse de la science, la difficulté de ses débuts, et l'infinie brièveté du laps de temps écoulé depuis que l'intellect humain est assez fort pour affronter les tâches qu'elle lui propose. Ne commettons-nous pas, tous tant que nous sommes, la faute de prendre pour base de nos jugements des laps de temps trop courts ? Nous devrions suivre l'exemple des géologues. On se plaint de l'incertitude de la science, on l'accuse de promulguer aujourd'hui une loi que la génération suivante reconnaît pour une erreur et remplace par une loi nouvelle qui n'aura pas plus longtemps cours. Mais ces accusations sont injustes et en partie fausses. La transformation des opinions scientifiques est évolution, progrès, et non démolition. Une loi, que l'on avait d'abord tenue pour universellement valable, se révèle comme n'étant qu'un cas particulier d'une loi (ou d’une légalité) plus générale encore, ou bien l'on voit que son domaine est borné par une autre loi, que l'on ne découvre que plus tard ; une approximation en gros de la vérité est remplacée par une autre, plus soigneusement adaptée à la réalité, approximation qui devra attendre d'être perfectionnée à son tour. Dans divers domaines, nous n'avons pas encore dépassé la phase de l'investigation, phase où l'on essaie diverses hypothèses qu'on est bientôt contraint, en tant qu'inadéquates, de rejeter. Mais dans d'autres nous avons déjà un noyau de connaissances assurées et presque immuables.FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927) notions : RAISON ET REEL
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FREUD |
| 2019 | STHR | MÉTROPOLE | NORMALE |
Seul ce qui peut s'échanger a-t-il de la valeur ?
notions : ECHANGES
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| 2019 | STHR | MÉTROPOLE | NORMALE |
Les lois peuvent-elles faire notre bonheur ?
notions : BONHEUR
JUSTICE
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| 2019 | STHR | MÉTROPOLE | NORMALE |
Le fait qu'on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue et controversée(1) entre nous, ou qui ne puisse l'être, montre bien que notre jugement naturel ne saisit pas bien clairement ce qu'il saisit, car mon jugement ne peut pas le faire admettre par le jugement de mon semblable : ce qui est le signe que je l'ai saisi pa…
lire la suiteLe fait qu'on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue et controversée(1) entre nous, ou qui ne puisse l'être, montre bien que notre jugement naturel ne saisit pas bien clairement ce qu'il saisit, car mon jugement ne peut pas le faire admettre par le jugement de mon semblable : ce qui est le signe que je l'ai saisi par quelque autre moyen que par un pouvoir naturel qui serait en moi et en tous les hommes.Laissons de côté cette confusion infinie d'opinions que l'on voit parmi les philosophes eux-mêmes, et ce débat perpétuel et général sur la connaissance des choses. On a tout à fait raison, en effet, d'admettre que sur aucune chose les hommes – je veux dire les savants les mieux nés, les plus capables – ne sont d'accord, pas même sur le fait que le ciel est sur notre tête, car ceux qui doutent de tout doutent aussi de cela ; et ceux qui nient que nous puissions comprendre quelque chose disent que nous n'avons pas compris que le ciel est sur notre tête ; et ces deux opinions sont, par le nombre, incomparablement les plus fortes. Outre cette diversité et cette division infinies, par le trouble que notre jugement nous donne à nous-mêmes et par l'incertitude que chacun sent en lui, il est aisé de voir que ce jugement a son assise2 bien mal assurée. Comme nous jugeons différemment des choses ! Combien de fois changeons-nous d'opinions ! Ce que je soutiens aujourd'hui et ce que je crois, je le soutiens et le crois de toute ma croyance ; toutes mes facultés et toutes mes forces empoignent cette opinion et m'en répondent sur tout leur pouvoir. Je ne saurais embrasser3 aucune vérité ni la conserver avec plus de force que je ne fais pour celle-ci. J'y suis totalement engagé, j'y suis vraiment engagé ; mais ne m'est-il pas arrivé, non pas une fois, mais cent, mais mille, et tous les jours, d'avoir embrassé quelque autre opinion avec ces mêmes instruments, dans ces mêmes conditions, opinion que, depuis, j'ai jugée fausse ? MONTAIGNE, Les Essais (1580) 1 « controverse » : discussion vive. 2 « assise » : base, fondement. 3 « embrasser » : adhérer à une opinion, la faire sienne. Pour expliquer ce texte, vous répondrez de manière explicite, précise et développée aux questions suivantes, qui sont destinées à guider votre rédaction. [A] – Questions d’analyse 1. Montaigne constate le fait « qu'on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue et controversée, ou qui ne puisse l'être ». Au contraire, vous semble-t-il que certaines thèses ne sont jamais débattues et controversées ? Donnez des exemples pour l’un et l’autre cas ? Que vient apporter dans le texte la précision « ou qui ne puisse l'être » ? 2. Comment pourrait-on douter que « le ciel soit sur nos têtes » ? Pourquoi un tel doute serait-il plus particulièrement le fait des philosophes et des savants ? 3. Quand je soutiens une opinion, affirme Montaigne, « toutes mes facultés et toutes mes forces empoignent cette opinion » : quelles sont ces facultés et ces forces ? 4. Montaigne remarque que très souvent nous « changeons d'opinion », alors même que nous y sommes « totalement engagé[s], vraiment engagé[s] ». Qu’y a-t-il d’étonnant à cela et comment expliquer que cela se produise ? [B] – Eléments de synthèse 1. Expliquez comment les controverses et les débats qui s'élèvent à propos de chaque thèse prouvent, selon Montaigne, que nous ne saisissons pas les choses « par un pouvoir naturel qui serait en moi et en tous les hommes ». Quel serait ce pouvoir ? Si ce n'est pas lui qui nous fait saisir les choses, qu'est-ce qui nous fait croire ? 2. On pourrait s'attendre à ce que la science et la philosophie mettent fin à ces désaccords et controverses. Pourquoi s’attend-on à cela ? D'après l'auteur, est-ce ce qui arrive en effet ? 3. Changer d’opinion au cours d’une discussion, est-ce être en désaccord avec soi-même ? 4. En vous appuyant sur les éléments précédents (en [A] et en [B]), dégagez l’idée principale du texte ainsi que les étapes de son argumentation. [C] – Commentaire 1. La force avec laquelle nous tenons à une croyance est-elle un indice de sa vérité ? 2. À la lumière de vos connaissances et de vos lectures, et en tenant compte du texte et des arguments de Montaigne, vous vous demanderez si la diversité et l'opposition des opinions et des croyances est insurmontable, et si cela prouve l'incapacité humaine à établir une connaissance certaine. |
MONTAIGNE |
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Seul ce qui peut s’échanger a-t-il de la valeur ?
notions : ECHANGES
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JUSTICE
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Le fait qu'on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue et controversée(1) entre nous, ou qui ne puisse l'être, montre bien que notre jugement naturel ne saisit pas bien clairement ce qu'il saisit, car mon jugement ne peut pas le faire admettre par le jugement de mon semblable : ce qui est le signe que je l'ai saisi pa…
lire la suiteLe fait qu'on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue et controversée(1) entre nous, ou qui ne puisse l'être, montre bien que notre jugement naturel ne saisit pas bien clairement ce qu'il saisit, car mon jugement ne peut pas le faire admettre par le jugement de mon semblable : ce qui est le signe que je l'ai saisi par quelque autre moyen que par un pouvoir naturel qui serait en moi et en tous les hommes.Laissons de côté cette confusion infinie d'opinions que l'on voit parmi les philosophes eux-mêmes, et ce débat perpétuel et général sur la connaissance des choses. On a tout à fait raison, en effet, d'admettre que sur aucune chose les hommes – je veux dire les savants les mieux nés, les plus capables – ne sont d'accord, pas même sur le fait que le ciel est sur notre tête, car ceux qui doutent de tout doutent aussi de cela ; et ceux qui nient que nous puissions comprendre quelque chose disent que nous n'avons pas compris que le ciel est sur notre tête ; et ces deux opinions sont, par le nombre, incomparablement les plus fortes. Outre cette diversité et cette division infinies, par le trouble que notre jugement nous donne à nous-mêmes et par l'incertitude que chacun sent en lui, il est aisé de voir que ce jugement a son assise2 bien mal assurée. Comme nous jugeons différemment des choses ! Combien de fois changeons-nous d'opinions ! Ce que je soutiens aujourd'hui et ce que je crois, je le soutiens et le crois de toute ma croyance ; toutes mes facultés et toutes mes forces empoignent cette opinion et m'en répondent sur tout leur pouvoir. Je ne saurais embrasser3 aucune vérité ni la conserver avec plus de force que je ne fais pour celle-ci. J'y suis totalement engagé, j'y suis vraiment engagé ; mais ne m'est-il pas arrivé, non pas une fois, mais cent, mais mille, et tous les jours, d'avoir embrassé quelque autre opinion avec ces mêmes instruments, dans ces mêmes conditions, opinion que, depuis, j'ai jugée fausse ? MONTAIGNE, Les Essais (1580) 1 « controverse » : discussion vive. 2 « assise » : base, fondement. 3 « embrasser » : adhérer à une opinion, la faire sienne. Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégager l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement. 2. Expliquer : a) « Le fait qu'on ne voit aucune thèse qui ne soit débattue et controversée, ou qui ne puisse l'être, montre bien que notre jugement naturel ne saisit pas bien clairement ce qu'il saisit, car mon jugement ne peut pas le faire admettre par le jugement de mon semblable » ; b) « (…) l'incertitude que chacun sent en lui » ; c) « Ce que je soutiens aujourd'hui et ce que je crois, je le soutiens et le crois de toute ma croyance ». 3. Changer d’opinion, cela nous empêche-t-il de connaître la vérité ? notions : CROYANCE
VERITE
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Il y a un caractère commun à toutes les actions que l’on appelle communément morales, c’est qu’elles sont toutes conformes à des règles préétablies. Se conduire moralement, c’est agir suivant une norme, déterminant la conduite à tenir dans le cas donné avant même que nous n’ayons été nécessités1 à prend…
lire la suiteIl y a un caractère commun à toutes les actions que l’on appelle communément morales, c’est qu’elles sont toutes conformes à des règles préétablies. Se conduire moralement, c’est agir suivant une norme, déterminant la conduite à tenir dans le cas donné avant même que nous n’ayons été nécessités1 à prendre parti. Le domaine de la morale, c’est le domaine du devoir, et le devoir, c’est une action prescrite. Ce n’est pas que des questions ne puissent se poser pour la conscience morale ; nous savons même qu’elle est souvent embarrassée, qu’elle hésite entre des partis contraires. Seulement, ce qu’il s’agit alors de savoir, c’est quelle est la règle particulière qui s’applique à la situation donnée, et comment elle doit s’y appliquer. Car, comme toute règle consiste en une prescription générale, elle ne peut pas s’appliquer exactement et mécaniquement de la même manière, dans chaque circonstance particulière. C’est à l’agent moral qu’il appartient de voir comment il convient de la particulariser. Il y a toujours là une marge laissée à son initiative ; mais cette marge est restreinte. L’essentiel de la conduite est déterminé par la règle.Émile DURKHEIM, L’éducation morale (1903) Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble. 1. Dégagez l’idée principale du texte et les étapes du raisonnement. 2. Expliquez: 1. a) « Le domaine de la morale […] une action prescrite. » L. 5 - 6. 2. b) « ce qu’il s’agit alors de savoir […] et comment elle doit s’y appliquer. » L. 8 - 10. 3. c) « mais cette marge est restreinte. » L. 14. 3. La conduite morale est-elle entièrement déterminée par des règles préétablies ? notions : MORALE
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Il faut un hasard heureux, une chance exceptionnelle, pour que nous notions justement, dans la réalité présente, ce qui aura le plus d'intérêt pour l'historien à venir. Quand cet historien considèrera notre présent à nous, il y cherchera surtout l'explication de son présent à lui, et plus particulièrement d…
lire la suiteIl faut un hasard heureux, une chance exceptionnelle, pour que nous notions justement, dans la réalité présente, ce qui aura le plus d'intérêt pour l'historien à venir. Quand cet historien considèrera notre présent à nous, il y cherchera surtout l'explication de son présent à lui, et plus particulièrement de ce que son présent contiendra de nouveauté. Cette nouveauté, nous ne pouvons en avoir aucune idée aujourd'hui, si ce doit être une création. Comment donc nous réglerions-nous aujourd'hui sur elle pour choisir parmi les faits ceux qu'il faut enregistrer, ou plutôt pour fabriquer des faits en découpant selon cette indication la réalité présente ? Le fait capital des temps modernes est l'avènement de la démocratie. Que dans le passé, tel qu'il fut décrit par les contemporains, nous en trouvions des signes avant-coureurs, c'est incontestable ; mais les indications peut-être les plus intéressantes n'auraient été notées par eux que s'ils avaient su que l'humanité marchait dans cette direction ; or cette direction de trajet n'était pas plus marquée alors qu'une autre, ou plutôt elle n'existait pas encore, ayant été créée par le trajet lui-même, je veux dire par le mouvement en avant des hommes qui ont progressivement conçu et réalisé la démocratie. Les signes avant-coureurs ne sont donc à nos yeux des signes que parce que nous connaissons maintenant la course, parce que la course a été effectuée. Ni la course, ni sa direction, ni par conséquent son terme n'étaient donnés quand ces faits se produisaient : donc ces faits n'étaient pas encore des signes.BERGSON, La Pensée et le mouvant (1934) notions : HISTOIRE
INTERPRETATION
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VERITE
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L'État exerce-t-il nécessairement une domination ?
notions : ETAT
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