| Année | Série | Lieu | Session | Sujet | Auteur |
|---|---|---|---|---|---|
| 2021 | HLP | POLYNÉSIE | NORMALE |
14 évoque le destin de quelques soldats français engagés dans
les combats de la Première Guerre mondiale. Le passage qui suit
constitue leur baptême du feu.
Puis on leur a crié d'avancer et, plus ou moins poussé par les autres,
il (Il s'agit d'Anthime, les autres noms propres qui suivent
(Bossis, Arcenel et Padioleau)…
lire la suite14 évoque le destin de quelques soldats français engagés dansles combats de la Première Guerre mondiale. Le passage qui suit constitue leur baptême du feu. Puis on leur a crié d'avancer et, plus ou moins poussé par les autres, il (Il s'agit d'Anthime, les autres noms propres qui suivent (Bossis, Arcenel et Padioleau) sont ceux de ses camarades de régiment.) s'est retrouvé sans trop savoir que faire au milieu d'un champ de bataille on ne peut plus réel. D'abord avec Bossis ils se sont regardés, Arcenel derrière eux rajustait une courroie et Padioleau se mouchait dans un tissu moins blanc que lui. Ensuite il a bien fallu s'élancer au pas de charge cependant que paraissait à l'arrière-plan, dans leur dos, un groupe d'une vingtaine d'hommes qui, le plus paisiblement du monde, se sont disposés en rond sans apparent souci des projectiles. C'étaient les musiciens du régiment dont le chef, sa baguette blanche dressée, a fait s'élever en l'abattant l'air de La Marseillaise, l'orchestre envisageant d'illustrer vaillamment l'assaut. Bien disposés en défense dans un bois qui les dissimulait, les ennemis ont d'abord empêché la troupe de progresser mais, l'artillerie s'y mettant par-derrière pour essayer de les affaiblir, on a entrepris d'attaquer, courant courbés, maladroitement sous le poids du matériel, chacun précédé de sa baïonnette qui trouait l'air glacé devant soi. Or on avait chargé trop tôt, commettant de plus l'erreur de se porter en masse sur la route qui traversait le théâtre du combat. Cette route, à découvert et bien repérée par l'artillerie adverse postée derrière les arbres, constituait en effet une cible parfaitement dégagée : tout de suite quelques hommes, pas loin d'Anthime, se sont mis à tomber, il a cru voir jaillir deux ou trois gerbes de sang mais les a rejetées avec vigueur de son esprit – n'étant pas même certain, n'ayant pas le temps d'être certain que ce fût du sang sous pression, ni d'ailleurs d'en avoir jamais vu à ce jour, du moins pas de cette façon ni sous cette forme. Il n'avait d'ailleurs pas la tête à penser, juste à tenter de tirer sur ce qui semblait hostile et, surtout, chercher un couvert possible où qu'il fût. Par chance, quoique aussitôt battue en règle par le feu ennemi, la route présentait çà et là des tronçons encaissés où l'on a d'abord pu s'abriter un peu. Mais trop peu : sous les ordres aboyés, les premiers rangs d'infanterie ont dû abandonner cette voie pour se risquer ouvertement dans l'étendue d'avoine qui la bordait et, dès lors, non contents d'essuyer les tirs venus de l'ennemi, ils ont commencé de recevoir aussi dans le dos des balles imprudemment tirées par leurs propres forces, après quoi le désordre s'est vite installé dans les rangs. C'est qu'on était sans expérience, les accrochages commençaient à peine : ce ne serait que plus tard, pour pallier de tels impairs et se faire mieux repérer par les officiers observateurs, qu'on recevrait l'ordre de coudre un grand rectangle blanc dans le dos de sa capote. Cependant, tandis que l'orchestre tenait sa partie dans le combat, le bras du baryton s'est vu traversé par une balle et le trombone est tombé, très mauvaisement blessé : le rond s'est resserré d'autant et, quoique en formation restreinte, les musiciens ont continué de jouer sans la moindre fausse note, puis comme ils reprenaient la mesure où se lève l'étendard sanglant, la flûte et l'alto sont tombés morts. Lettres : Qu'est-ce que la représentation de la guerre a de paradoxal dans cet extrait ? Philosophie : La guerre est-elle toujours absurde ? 14 (2012)
source : Base LaTeX Quesseveur
|
ECHENOZ |
| 2021 | STMG-STI2D-ST2S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Y a-t-il des vérités dont on ne peut pas douter?
source : 2021-technologique-polynesie-normale.pdf
|
|
| 2021 | STMG-STI2D-ST2S | POLYNÉSIE | NORMALE |
L’art nous permet-il d’échapper à la nature?
source : 2021-technologique-polynesie-normale.pdf
|
|
| 2021 | STMG-STI2D-ST2S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Être libre, est-ce s’affranchir de toute autorité?
source : 2021-technologique-polynesie-normale.pdf
|
|
| 2021 | STMG-STI2D-ST2S | POLYNÉSIE | NORMALE |
Il y a des devoirs à observer même envers ceux qui ont été injustes avec nous, car il y a une juste mesure à garder dans la vengeance et la punition; et peutêtre est-il alors suffisant que le coupable se repente de son injustice, de telle façon que lui-même n’entreprenne plus rien de tel par la suite, et que les autres…
lire la suiteIl y a des devoirs à observer même envers ceux qui ont été injustes avec nous, car il y a une juste mesure à garder dans la vengeance et la punition; et peutêtre est-il alors suffisant que le coupable se repente de son injustice, de telle façon que lui-même n’entreprenne plus rien de tel par la suite, et que les autres soient plus lents à commettre l’injustice. Dans la république, les droits qui ont cours en temps de guerre doivent être scrupuleusement respectés. Il y a deux sortes de conflits, qui se règlent, les uns par un débat, les autres par la violence. Et puisque le premier est propre à l’homme et que l’autre lui est commun avec les bêtes, il ne faut recourir au second que s’il est impossible d’employer le premier. C’est pourquoi, en vérité, les guerres doivent être entreprises pour le seul motif suivant: afin de vivre en paix sans injustice. Et une fois la victoire acquise, il faut respecter la vie des ennemis qui n’ont montré ni cruauté ni férocité dans la guerre.Rédaction de la copie Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte. Il peut: - soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1); - soit suivre le développement de son choix (option n°2). Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie. Questions de l’option n°1 A. Éléments d’analyse 1. Que peut signifier « il y a une juste mesure à garder dans la vengeance et la punition »? En quoi cette idée de « juste mesure » fournit-elle un modèle de justice? 2. Pourquoi Cicéron considère-t-il qu’il peut être « suffisant que le coupable se repente de son injustice »? 3. Que signifie la distinction établie par Cicéron entre « deux sortes de conflits, qui se règlent, les uns par un débat, les autres par la violence »? 4. Pourquoi faut-il respecter les ennemis vaincus? Quelles limites Cicéron donne-t-il à ce respect? B. Éléments de synthèse 1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente ici de répondre? 2. Dégagez les différents moments de l’argumentation. 3. En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte. C. Commentaire 1. Selon ce texte, quel rôle la force joue-t-elle dans l’exercice de la justice? 2. Quelle caractéristique de la justice ce texte permet-il de mettre en évidence? Les Devoirs (44 av. J.C.)
source : 2021-technologique-polynesie-normale.pdf
|
CICÉRON |
| 2021 | Voie générale | POLYNÉSIE | NORMALE |
La technique est-elle une violence infligée à la nature?
source : 2021-general-polynesie-normale.pdf
|
|
| 2021 | Voie générale | POLYNÉSIE | NORMALE |
L’art échappe-t-il au temps?
source : 2021-general-polynesie-normale.pdf
|
|
| 2021 | Voie générale | POLYNÉSIE | NORMALE |
Savoir rend-il malheureux?
source : 2021-general-polynesie-normale.pdf
|
|
| 2021 | Voie générale | POLYNÉSIE | NORMALE |
Il n’y a de droit de punir que fondé sur la loi positive; c’est elle qui, en prévision de la transgression, a fixé une peine, destinée à menacer celui qui serait tenté, et à jouer en lui le rôle d’un motif capable de tenir en échec tous les motifs de la tentation. Cette loi positive, il faut la considérer comme sanctio…
lire la suiteIl n’y a de droit de punir que fondé sur la loi positive; c’est elle qui, en prévision de la transgression, a fixé une peine, destinée à menacer celui qui serait tenté, et à jouer en lui le rôle d’un motif capable de tenir en échec tous les motifs de la tentation. Cette loi positive, il faut la considérer comme sanctionnée et reconnue par tous les citoyens de l’Etat. Elle a donc pour base un contrat commun, que tous se sont obligés à maintenir en toute occasion, soit qu’il s’agisse d’imposer le châtiment ou de le recevoir; par suite, on est en droit d’exiger d’un citoyen qu’il accepte le châtiment. On le voit, le but immédiat du châtiment, considéré dans un cas donné, c’est l’accomplissement de ce contrat qu’on nomme la loi. Or la loi, elle, ne peut avoir qu’un but: détourner chacun, par la crainte, de toute violation du droit d’autrui; car c’est pour être à l’abri de toute agression injuste, que chacun des contractants s’est uni aux autres dans l’Etat, a renoncé à toute entreprise injuste, et a consenti aux charges qu’exige l’entretien de l’Etat. La loi et l’accomplissement de la loi, en d’autres termes le châtiment, ont donc essentiellement en vue l’avenir, nullement le passé. Voilà ce qui distingue le châtiment de la vengeance, qui tire ses motifs de certains faits accomplis, c’est-à-dire du passé. Frapper l’injuste en lui infligeant une souffrance, sans poursuivre en cela un résultat à venir, c’est là la vengeance; et elle ne peut avoir qu’un but: se donner le spectacle de la souffrance d’autrui, se dire qu’on en est la cause, et se sentir par là consolé de la sienne propre. Pure méchanceté, pure cruauté; pour de pareils actes, la morale n’a pas de justification. Le tort qu’on m’a fait ne m’autorise pas à infliger pareil tort à autrui.Le Monde comme volonté et comme représentation (1819)
source : 2021-general-polynesie-normale.pdf
|
SCHOPENHAUER |
| 2020 | HLP | SUJET 0 | NORMALE |
LE GRAND COMBAT
Il l'emparouille et l'endosque contre terre ;
Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle ;
Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouallais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l'écorcobalisse.
L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se …
lire la suiteLE GRAND COMBATIl l'emparouille et l'endosque contre terre ; Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle ; Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouallais ; Il le tocarde et le marmine, Le manage rape à ri et ripe à ra. Enfin il l'écorcobalisse. L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine. C'en sera bientôt fini de lui ; Il se reprise et s'emmargine… mais en vain Le cerceau tombe qui a tant roulé. Abrah ! Abrah ! Abrah ! Le pied a failli ! Le bras a cassé ! Le sang a coulé ! Fouille, fouille, fouille, Dans la marmite de son ventre est un grand secret Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ; On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne Et vous regarde On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret. Lettres : Comment ce poème dit-il la violence, et qu'en dit-il ? Philosophie : La violence échappe-t-elle à notre compréhension ? Qui je fus (1927)
source : Base LaTeX Quesseveur
|
MICHAUX |
| 2020 | HLP | SUJET 0 | NORMALE |
La nature terrestre, pour autant que l'on sache, pourrait bien être la
seule de l'univers à procurer aux humains un habitat où ils puissent
se mouvoir et respirer sans effort et sans artifice. L'artifice
humain du monde sépare l'existence humaine de tout milieu purement
animal, mais la vie elle-même est en dehors de ce…
lire la suiteLa nature terrestre, pour autant que l'on sache, pourrait bien être laseule de l'univers à procurer aux humains un habitat où ils puissent se mouvoir et respirer sans effort et sans artifice. L'artifice humain du monde sépare l'existence humaine de tout milieu purement animal, mais la vie elle-même est en dehors de ce monde artificiel, et par la vie l'homme demeure lié à tous les autres organismes vivants. Depuis quelque temps, un grand nombre de recherches scientifiques s'efforcent de rendre la vie artificielle elle aussi, et de couper le dernier lien qui maintient encore l'homme parmi les enfants de la nature. C'est le même désir d'échapper à l'emprisonnement terrestre qui se manifeste dans les essais de création en éprouvette, dans le vœu de combiner « au microscope le plasma germinal provenant de personnes aux qualités garanties, afin de produire des êtres supérieurs » et « de modifier (leurs) tailles, formes et fonctions » (Hannah Arendt fait ici référence à des formules qui ont été utilisées dans l'espace public et dans les médias de l'époque, lors du lancement par l'Union soviétique du premier satellite artificiel, Spoutnik 1, le 4 octobre 1957.) ; et je soupçonne que l'envie d'échapper à la condition humaine expliquerait l'espoir de prolonger la durée de l'existence fort au-delà de cent ans, limite jusqu'ici admise. Cet homme futur, que les savants produiront, nous disent-ils, en un siècle pas davantage, paraît en proie à la révolte contre l'existence humaine telle qu'elle est donnée, cadeau venu de nulle part (laïquement parlant) et qu'il veut pour ainsi dire échanger contre un ouvrage de ses propres mains. Il n'y a pas de raison de douter que nous soyons capables de faire cet échange, de même qu'il n'y a pas de raison de douter que nous soyons capables à présent de détruire toute vie organique sur terre. La seule question est de savoir si nous souhaitons employer dans ce sens nos nouvelles connaissances scientifiques et techniques, et l'on ne saurait en décider par des méthodes scientifiques. C'est une question politique primordiale que l'on ne peut guère, par conséquent, abandonner aux professionnels de la science ni à ceux de la politique. Philosophie : Par une lecture attentive du texte et de son argumentation, expliquez pourquoi la question de l' homme futur » n'est pas une question purement technique, mais bien une question de nature politique. Lettres : « C'est une question politique primordiale que l'on ne peut guère, par conséquent, abandonner aux professionnels de la science ni à ceux de la politique ». Que peuvent apporter à la réflexion sur cette question les arts et la littérature ? Condition de l'homme moderne (1958)
source : Base LaTeX Quesseveur
|
ARENDT |
| 2019 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
La connaissance de l’histoire est-elle utile à l’action présente ?
notions : HISTOIRE
|
|
| 2019 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Tous les échanges sont-ils profitables ?
notions : ECHANGES
|
|
| 2019 | ES | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Parmi les biens, certains sont des biens absolus, mais d’autres sont bons pour quelqu’un sans être absolument bons. Et ce sont les mêmes choses qui sont absolument bonnes et qui plaisent absolument. En effet, ce sont des choses profitables à un corps en bonne santé dont nous disons qu’elles sont absolument bonnes p…
lire la suiteParmi les biens, certains sont des biens absolus, mais d’autres sont bons pour quelqu’un sans être absolument bons. Et ce sont les mêmes choses qui sont absolument bonnes et qui plaisent absolument. En effet, ce sont des choses profitables à un corps en bonne santé dont nous disons qu’elles sont absolument bonnes pour le corps, et non pas de celles qui sont profitables à un corps malade, comme les remèdes et les amputations. De même plaît absolument au corps ce qui plaît à un corps sain et entier, par exemple voir en pleine lumière et non dans l’ombre (bien sûr, c’est le contraire pour qui souffre des yeux) ; le vin le plus plaisant n’est pas celui qui plaît à l’homme qui a abîmé sa langue dans l’ivrognerie (puisque parfois on leur verse du vinaigre !) ; c’est celui qui plaît au palais intact.Ainsi en va-t-il pour l’âme : ce qui plaît absolument n’est pas ce qui plaît aux enfants et aux bêtes, mais ce qui plaît aux adultes. En tout cas, quand on a mémoire des deux, ce sont les plaisirs de l’adulte que nous choisissons. L’enfant et la bête sont par rapport à l’homme dans le même rapport que le méchant et l’insensé par rapport à l’homme mesuré et à l’homme sage. Or les plaisirs de ces derniers correspondent à leurs manières d’être, ce sont les plaisirs bons et beaux. ARISTOTE, Éthique à Eudème (IVe siècle avant J.-C). notions : MORALEBONHEUR
|
ARISTOTE |
| 2019 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Y a-t-il en nous quelque chose qui échappe à la culture ?
notions : CULTURESUJET
|
|
| 2019 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
La perception peut-elle être objective ?
notions : PERCEPTIONRAISON REEL
|
|
| 2019 | L | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Si un peuple devait très probablement juger que telle législation en vigueur actuellement compromet son bonheur, que doit-il faire ? Ne doit-il pas s'y opposer ? La réponse ne saurait être que la suivante : il n'y a rien d'autre à faire que d’obéir. Car, ici, il n'est pas question du bonheur que le sujet peut att…
lire la suiteSi un peuple devait très probablement juger que telle législation en vigueur actuellement compromet son bonheur, que doit-il faire ? Ne doit-il pas s'y opposer ? La réponse ne saurait être que la suivante : il n'y a rien d'autre à faire que d’obéir. Car, ici, il n'est pas question du bonheur que le sujet peut attendre d'une institution ou d'une administration de la communauté, mais, avant tout et simplement, du droit qui doit être par là assuré à chacun : ce qui est le principe suprême dont doivent provenir toutes les maximes qui concernent une communauté et qu'aucun autre ne peut limiter. En ce qui concerne la première maxime (celle du bonheur), aucun principe valable universellement ne peut être présenté au titre de loi. Car, aussi bien les circonstances historiques que les mirages où chacun place son bonheur et qui sont source de désaccords entre les hommes et qui changent pour cela continuellement (mais personne ne peut prescrire à quiconque le lieu où il doit le placer) rendent tout principe ferme impossible et inapte à devenir, pour ce qui le concerne, le fondement de la législation. La proposition : Le salut public est la loi suprême de la cité1 conserve sa valeur et son crédit inentamés ; mais le salut public, qu'il convient de prendre d'abord en considération, est justement cette constitution légale dont les lois assurent à chacun la liberté ; en quoi il lui reste loisible de poursuivre son bonheur de la manière qui lui semble la meilleure à condition de ne pas porter préjudice à cette loi universelle et conforme à la loi, donc au droit des autres co-sujets.KANT, Théorie et pratique (1793) 1 Du latin : Salus publica suprema civitatis lex est notions : JUSTICEDROIT
|
KANT |
| 2019 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Avons-nous besoin d’art ?
notions : ART
|
|
| 2019 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
La raison suffit-elle à connaître le réel ?
notions : RAISON ET REELVERITE
|
|
| 2019 | S | AMÉRIQUE DU NORD | NORMALE |
Ce qu’on appelle bonheur au sens strict résulte de la satisfaction plutôt soudaine de besoins accumulés et n’est possible, par nature, que comme phénomène épisodique. Toute prolongation d’une situation convoitée par le principe de plaisir donne seulement un sentiment de tiède contentement ; nous sommes ainsi fa…
lire la suiteCe qu’on appelle bonheur au sens strict résulte de la satisfaction plutôt soudaine de besoins accumulés et n’est possible, par nature, que comme phénomène épisodique. Toute prolongation d’une situation convoitée par le principe de plaisir donne seulement un sentiment de tiède contentement ; nous sommes ainsi faits que nous ne pouvons jouir intensément que du contraste, et très peu d’un état. De ce fait, nos possibilités de bonheur sont déjà limitées par notre constitution. Il y a beaucoup moins de difficultés à faire l’expérience du malheur. La souffrance menace de trois côtés : de notre propre corps, destiné à la déchéance et à la décomposition, et qui même ne saurait se passer de la douleur et de l’angoisse comme signaux d’alarme ; du monde extérieur, capable de se déchaîner contre nous avec des forces énormes, implacables et destructrices ; et enfin des relations avec d’autres êtres humains. La souffrance provenant de cette dernière source, nous l’éprouvons peut-être plus douloureusement que toute autre ; nous avons tendance à y voir une sorte de surcroît sans nécessité, bien qu’elle ne soit sans doute pas moins fatalement inévitable que les souffrances d’autres origines.Il n’est pas surprenant que, sous la pression de ces possibilités de souffrance, les hommes aient coutume d’en rabattre sur leur revendication de bonheur. FREUD, Malaise dans la civilisation (1930) notions : BONHEUR
|
FREUD |
| 2019 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Est-il évident de savoir qui je suis ?
notions : SUJET
MOI
|
|
| 2019 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Est-ce par souci de la justice que l’on se donne des lois ?
notions : JUSTICE
LOI
DROIT
|
|
| 2019 | ES | ANTILLES | NORMALE |
Suffirait-il de parler la même langue pour se comprendre ?
notions : LANGAGE
INTERPRETATION
RAISON
|
|
| 2019 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Peut-on refuser une démonstration ?
notions : VERITE
SCIENCE
RAISON
|
|
| 2019 | ES | ANTILLES | NORMALE |
L’une des raisons de l’efficacité et du danger des préjugés consiste en ce qu’une partie du passé se cache toujours en eux. Si on y regarde de plus près, on peut en outre reconnaître un véritable préjugé du fait qu’en lui se dissimule également un jugement qui a été formulé dans le passé, qui possédait originellement e…
lire la suiteL’une des raisons de l’efficacité et du danger des préjugés consiste en ce qu’une partie du passé se cache toujours en eux. Si on y regarde de plus près, on peut en outre reconnaître un véritable préjugé du fait qu’en lui se dissimule également un jugement qui a été formulé dans le passé, qui possédait originellement en lui un fondement d’expérience légitime et adéquat, et qui n’est devenu un préjugé que parce qu’il a réussi à se faufiler au cours du temps sans qu’on s’en aperçoive ni qu’on y prenne garde. De ce point de vue, le préjugé se distingue du simple bavardage qui ne survit pas à la journée ou à l’heure de la conversation où les opinions et les jugements les plus hétérogènes se font entendre et se succèdent comme dans un kaléidoscope. Le danger du préjugé consiste précisément en ce qu’il est à proprement parler toujours – c’est-à-dire de manière extraordinairement solide – ancré dans le passé, et c’est la raison pour laquelle non seulement il précède le jugement en l’entravant, mais encore il rend impossible à l’aide du jugement toute véritable expérience du présent. Si l’on veut détruire les préjugés, il faut toujours en premier lieu retrouver les jugements passés qu’ils recèlent en eux, c’est-à-dire en fait mettre en évidence leur teneur de vérité.HANNAH ARENDT, Qu’est-ce que la politique ? (1954) notions : VERITE
CROYANCE
|
ARENDT |
| 2019 | ES | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La beauté est un ordre et une combinaison de parties, tels que, par la constitution primitive de notre nature, par accoutumance ou par caprice, elle est propre à donner à l’âme un plaisir et un contentement. C’est là le caractère distinctif de la beauté : c’est ce qui constitue la différence qui existe entre elle et la…
lire la suiteLa beauté est un ordre et une combinaison de parties, tels que, par la constitution primitive de notre nature, par accoutumance ou par caprice, elle est propre à donner à l’âme un plaisir et un contentement. C’est là le caractère distinctif de la beauté : c’est ce qui constitue la différence qui existe entre elle et la laideur dont la tendance naturelle est de produire un malaise. Le plaisir et la douleur ne sont donc pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur, ils en constituent l’essence même. Et certes si nous considérons qu’une grande partie de la beauté, que nous admirons chez les animaux et dans les objets, dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’hésiterons pas à consentir à cette opinion. Cette forme, qui produit la force, est belle chez un animal ; et cette autre, qui est signe d’agilité, l’est chez un autre. L’ordre et la convenance d’un palais ne sont pas moins essentiels à sa beauté que sa forme même et son aspect. De même manière, les règles de l’architecture requièrent que le haut d’un pilier soit plus mince que sa base, parce qu’une telle forme nous apporte l’idée de sécurité, qui est agréable ; au contraire la forme opposée nous fait craindre un danger, ce qui est pénible. D’innombrables exemples de ce genre, aussi bien que la remarque que la beauté, comme l’esprit, ne peut se définir, mais qu’on la discerne seulement par un goût ou une sensation, nous permettent de conclure que la beauté n’est rien qu’une forme qui produit le plaisir.David HUME, Traité de la nature humaine (1739 notions : ART
BEAU
JUGEMENT
|
HUME |
| 2019 | L | ANTILLES | NORMALE |
Peut-on désirer contre soi-même ?
notions : DESIR
SUJET
MOI
|
|
| 2019 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Peut-on traiter le vivant comme un objet ?
notions : VIVANT
SCIENCE
|
|
| 2019 | L | ANTILLES | NORMALE |
Toutes les interprétations se valent-elles ?
notions : INTERPRETATION
VERITE
|
|
| 2019 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Le bonheur consiste-t-il à ne plus rien désirer ?
notions : DESIR
BONHEUR
|
|
| 2019 | L | ANTILLES | NORMALE |
Pour connaître les hommes il faut les voir agir. Dans le monde on les entend parler ; ils montrent leurs discours et cachent leurs actions : mais dans l’histoire elles sont dévoilées, et on les juge sur les faits. Leurs propos même aident à les apprécier ; car, comparant ce qu’ils font à ce qu’ils disent, on voit à la …
lire la suitePour connaître les hommes il faut les voir agir. Dans le monde on les entend parler ; ils montrent leurs discours et cachent leurs actions : mais dans l’histoire elles sont dévoilées, et on les juge sur les faits. Leurs propos même aident à les apprécier ; car, comparant ce qu’ils font à ce qu’ils disent, on voit à la fois ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent paraître : plus ils se déguisent, mieux on les connaît.Malheureusement cette étude a ses dangers, ses inconvénients de plus d’une espèce. Il est difficile de se mettre dans un point de vue d’où l’on puisse juger ses semblables avec équité. Un des grands vices de l’histoire est qu’elle peint beaucoup plus les hommes par leurs mauvais côtés que par les bons ; comme elle n’est intéressante que par les révolutions, les catastrophes, tant qu’un peuple croît et prospère dans le calme d’un paisible gouvernement, elle n’en dit rien ; elle ne commence à en parler que quand, ne pouvant plus se suffire à lui-même, il prend part aux affaires de ses voisins, ou les laisse prendre part aux siennes ; elle ne l’illustre que quand il est déjà sur son déclin : toutes nos histoires commencent où elles devraient finir. Nous avons fort exactement celle des peuples qui se détruisent ; ce qui nous manque est celle des peuples qui se multiplient ; ils sont assez heureux et assez sages pour qu’elle n’ait rien à dire d’eux : et en effet nous voyons, même de nos jours, que les gouvernements qui se conduisent le mieux sont ceux dont on parle le moins. Nous ne savons donc que le mal ; à peine le bien fait-il époque. Il n’y a que les méchants de célèbres, les bons sont oubliés ou tournés en ridicule. ROUSSEAU, Émile ou de l’éducation (1762 notions : HISTOIRE
POLITIQUE
ETAT
MORALE
|
ROUSSEAU |
| 2019 | L | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Quand je m’acquitte de ma tâche de frère, d’époux ou de citoyen, quand j’exécute les engagements que j’ai contractés, je remplis des devoirs qui sont définis, en dehors de moi et de mes actes, dans le droit et dans les mœurs. Alors même qu’ils sont d’accord avec mes sentiments propres et que j’en sens intérieurement la…
lire la suiteQuand je m’acquitte de ma tâche de frère, d’époux ou de citoyen, quand j’exécute les engagements que j’ai contractés, je remplis des devoirs qui sont définis, en dehors de moi et de mes actes, dans le droit et dans les mœurs. Alors même qu’ils sont d’accord avec mes sentiments propres et que j’en sens intérieurement la réalité, celle-ci ne laisse pas d’être objective(1) ; car ce n’est pas moi qui les ai faits, mais je les ai reçus par l’éducation. Que de fois, d’ailleurs, il arrive que nous ignorons le détail des obligations qui nous incombent et que, pour les connaître, il nous faut consulter le Code et ses interprètes autorisés ! De même, les croyances et les pratiques de sa vie religieuse, le fidèle les a trouvées toutes faites en naissant ; si elles existaient avant lui, c’est qu’elles existent en dehors de lui. Le système de signes dont je me sers pour exprimer ma pensée, le système de monnaies que j’emploie pour payer mes dettes, les instruments de crédit que j’utilise dans mes relations commerciales, les pratiques suivies dans ma profession, etc., etc. fonctionnent indépendamment des usages que j’en fais. Qu’on prenne les uns après les autres tous les membres dont est composée la société, ce qui précède pourra être répété à propos de chacun d’eux. Voilà donc des manières d’agir, de penser et de sentir qui présentent cette remarquable propriété qu’elles existent en dehors des consciences individuelles.DURKHEIM, Les Règles de la méthode sociologique (1895) (1) « ne laisse pas d’être objective » : demeure objectiv notions : DEVOIR
SOCIETE
RELIGION
|
DURKHEIM |
| 2019 | S | ANTILLES | NORMALE |
S’habituer à la liberté, est-ce risquer de la perdre ?
notions : LIBERTE
|
|
| 2019 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Connaître le monde matériel, est-ce connaître le monde réel ?
notions : RAISON
REEL
VERITE
|
|
| 2019 | S | ANTILLES | NORMALE |
Mes désirs me disent-ils qui je suis ?
notions : DESIR
SUJET
|
|
| 2019 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Les machines doivent-elles se substituer aux travailleurs ?
notions : TRAVAIL
TECHNIQUE
|
|
| 2019 | S | ANTILLES | NORMALE |
L’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne, qui forme des projets avec l’espoir de réussir et la crainte d’échouer. C’est le seul qui se sente sujet à la maladie, et le seul aussi qui sache qu’il doit mourir. Le reste de la nature s’épanouit dans une tranquillité parfaite. Plantes …
lire la suiteL’homme est le seul animal dont l’action soit mal assurée, qui hésite et tâtonne, qui forme des projets avec l’espoir de réussir et la crainte d’échouer. C’est le seul qui se sente sujet à la maladie, et le seul aussi qui sache qu’il doit mourir. Le reste de la nature s’épanouit dans une tranquillité parfaite. Plantes et animaux ont beau être livrés à tous les hasards ; ils ne s’en reposent pas moins sur l’instant qui passe comme ils le feraient sur l’éternité. De cette inaltérable confiance nous aspirons à nous quelque chose dans une promenade à la campagne, d’où nous revenons apaisés. Mais ce n’est pas assez dire. De tous les êtres vivant en société, l’homme est le seul qui puisse dévier de la ligne sociale, en cédant à des préoccupations égoïstes quand le bien commun est en cause ; partout ailleurs, l’intérêt individuel est inévitablement coordonné ou subordonné à l’intérêt général. Cette double imperfection est la rançon de l’intelligence. L’homme ne peut pas exercer sa faculté de penser sans se représenter un avenir incertain, qui éveille sa crainte et son espérance. Il ne peut pas réfléchir à ce que la nature lui demande, en tant qu’elle a fait de lui un être sociable, sans se dire qu’il trouverait souvent son avantage à négliger les autres, à ne se soucier que de lui-même. Dans les deux cas il y aurait rupture de l’ordre normal, naturel. Et pourtant c’est la nature qui a voulu l’intelligence, qui l’a mise au bout de l’une des deux grandes lignes de l’évolution animale pour faire pendant à l’instinct le plus parfait, point terminus de l’autre.BERGSON, Les Deux sources de la morale et de la religion (1932 notions : RAISON
NATURE
SOCIETE
VIVANT
|
BERGSON |
| 2019 | S | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Comme l’amour de soi est, de tous les principes, le plus universel et le plus profondément gravé dans nos cœurs, il nous est naturel de considérer les choses suivant leur convenance à accroître ou à diminuer notre propre bonheur ; et nous les appelons en conséquence bonnes ou mauvaises. Notre jugement s’emploie toujour…
lire la suiteComme l’amour de soi est, de tous les principes, le plus universel et le plus profondément gravé dans nos cœurs, il nous est naturel de considérer les choses suivant leur convenance à accroître ou à diminuer notre propre bonheur ; et nous les appelons en conséquence bonnes ou mauvaises. Notre jugement s’emploie toujours à distinguer entre les deux, et c’est toute l’affaire de notre vie que d’essayer, par une application convenable de nos facultés, de nous procurer l’un et d’éviter l’autre. Dès notre venue au monde, nous sommes entièrement guidés par les impressions des sens ; car le plaisir sensible est la caractéristique infaillible du bien présent, comme la douleur l’est du mal. Mais par degrés, au fur et à mesure que nous nous familiarisons avec la nature des choses, l’expérience nous informe qu’un bien présent est souvent suivi d’un plus grand mal ; et d’autre part, qu’un mal présent n’est pas moins fréquemment l’occasion qui nous procure par la suite un plus grand bien. En outre, lorsque les facultés les plus nobles de l’âme humaine commencent à se manifester, elles nous découvrent des biens qui l’emportent de loin en excellence sur ceux qui touchent les sens. Par suite un changement s’introduit dans nos jugements ; nous n’obéissons plus aux premières sollicitations des sens, mais nous marquons un temps d’arrêt pour considérer les conséquences lointaines d’une action – quel bien nous pouvons espérer ou quel mal nous pouvons en redouter – d’après le cours habituel des choses. Ceci nous oblige fréquemment à faire peu de cas des jouissances présentes et passagères, quand elles entrent en compétition avec des biens plus grands et plus durables, encore que trop éloignés et d’une nature trop raffinée pour toucher nos sens.BERKELEY, De l’Obéissance passive (1712) notions : BONHEUR
SUJET
|
BERKELEY |
| 2019 | STHR | ANTILLES | NORMALE |
Faut-il toujours s’en tenir à l’expérience ?
notions : EXPERIENCE
|
|
| 2019 | STHR | ANTILLES | NORMALE |
L’artiste est-il maître de son œuvre ?
notions : ART
|
|
| 2019 | STHR | ANTILLES | NORMALE |
Qu’est-ce qu’une bonne loi ? Par bonne loi, je n’entends pas une loi juste, car aucune loi ne peut être injuste. La loi est faite par le pouvoir souverain, et tout ce qui est fait par ce pouvoir est approuvé et reconnu pour sien par chaque membre du peuple : et ce que chacun veut ne saurait être dit injuste par personn…
lire la suiteQu’est-ce qu’une bonne loi ? Par bonne loi, je n’entends pas une loi juste, car aucune loi ne peut être injuste. La loi est faite par le pouvoir souverain, et tout ce qui est fait par ce pouvoir est approuvé et reconnu pour sien par chaque membre du peuple : et ce que chacun veut ne saurait être dit injuste par personne. Il en est des lois de la République1 comme des lois des jeux : ce sur quoi les joueurs se sont accordés n’est pour aucun d’eux une injustice. Une bonne loi se caractérise par le fait qu’elle est, en même temps, nécessaire au bien du peuple et claire. En effet, le rôle des lois, qui ne sont que des règles revêtues d’une autorité, n’est pas d’entraver toute action volontaire, mais seulement de diriger et de contenir les mouvements des gens, de manière à éviter qu’emportés par la violence de leurs désirs, leur précipitation ou leur manque de discernement, ils ne se fassent de mal : ce sont comme des haies disposées non pour arrêter les voyageurs, mais pour les maintenir sur le chemin. C’est pourquoi si une loi n’est pas nécessaire et que la vraie fin de toute loi lui fasse défaut, elle n’est pas bonne. On peut croire qu’une loi est bonne quand elle apporte un avantage au souverain2 sans pourtant être nécessaire au peuple ; mais cela n’est pas. En effet, le bien du souverain et celui du peuple ne sauraient être séparés.HOBBES, Léviathan (1651) 1« République » : l’État en général. 2« souverain » : celui qui gouverne et commande. Pour expliquer ce texte, vous répondrez de manière explicite, précise et développée aux questions suivantes, qui sont destinées à guider votre rédaction. [A] – Questions d’analyse 1. En vous fondant sur la comparaison des lois politiques avec les règles d’un jeu, expliquez pourquoi une loi ne peut pas être injuste. 2. Expliquez « nécessaire au bien du peuple » en définissant la nécessité par distinction avec ce qui est seulement possible et contingent. 3. En quoi la fonction des lois est-elle éclairée par la comparaison avec « les haies » ? 4. Donnez des exemples de ce qui pourrait être bien pour le peuple. [B] – Éléments de synthèse 1. Si une loi ne peut pas être injuste, en quels sens peut-elle être mauvaise ? 2. Dégagez la thèse défendue par l’auteur et les étapes de son argumentation. [C] – Commentaire 1. La loi fait-elle obstacle à la liberté de la volonté ? 2. À la lumière de vos connaissances et en tenant compte du texte de Hobbes, vous examinerez pour quelles raisons le bien du souverain et celui du peuple ne sauraient être séparés notions : LOI
LIBERTE
JUSTICE
|
HOBBES |
| 2019 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
La culture rend-elle les hommes meilleurs ?
notions : CULTURE
|
|
| 2019 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Faut-il toujours s'en tenir à l'expérience ?
notions : EXPERIENCE
VERITE
|
|
| 2019 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Faut-il connaître la loi pour savoir ce qui est juste ?
notions : JUSTICE
DROIT
|
|
| 2019 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
L'artiste est-i maître de son œuvre ?
notions : ART
|
|
| 2019 | TECHN. | ANTILLES | REMPLACEMENT |
Sur quoi est fondée la croyance que tout être humain a deux parents ? Sur l’expérience. Et comment puis-je fonder cette croyance sûre sur mon expérience ? Eh bien, je la fonde non seulement sur le fait que j’ai connu les parents de certaines personnes, mais sur tout ce que j’ai appris de la vie sexuelle des êtres humai…
lire la suiteSur quoi est fondée la croyance que tout être humain a deux parents ? Sur l’expérience. Et comment puis-je fonder cette croyance sûre sur mon expérience ? Eh bien, je la fonde non seulement sur le fait que j’ai connu les parents de certaines personnes, mais sur tout ce que j’ai appris de la vie sexuelle des êtres humains et leur anatomie et physiologie ; et aussi sur ce que j’ai entendu dire et ce que j’ai vu des animaux. Mais est-ce là vraiment une preuve ?N’est-ce pas plutôt une hypothèse qui, comme je crois, est parfaitement confirmée à de très nombreuses reprises ? Ne devons-nous pas dire à tout bout de champ : « Je crois cela avec certitude » ? On dit : « Je sais… » lorsqu’on est prêt à donner des raisons contraignantes. « Je sais » est lié à la possibilité de démontrer la vérité. Que quelqu’un sache quelque chose se laisse voir, à condition qu’il en soit convaincu. Mais si ce qu’il croit est tel que les raisons qu’il peut en donner ne sont pas plus sûres que son affirmation, alors il ne peut pas dire qu’il sait ce qu’il croit. WITTGENSTEIN, De la Certitude, 1949-1951 notions : CROYANCE VERITE
|
WITTGENSTEIN |
| 2019 | TECHN. | ANTILLES | NORMALE |
Qu’est-ce qu’une bonne loi ? Par bonne loi, je n’entends pas une loi juste, car aucune loi ne peut être injuste. La loi est faite par le pouvoir souverain, et tout ce qui est fait par ce pouvoir est approuvé et reconnu pour sien par chaque membre du peuple : et ce que chacun veut ne saurait être dit injuste par personn…
lire la suiteQu’est-ce qu’une bonne loi ? Par bonne loi, je n’entends pas une loi juste, car aucune loi ne peut être injuste. La loi est faite par le pouvoir souverain, et tout ce qui est fait par ce pouvoir est approuvé et reconnu pour sien par chaque membre du peuple : et ce que chacun veut ne saurait être dit injuste par personne. Il en est des lois de la République comme des lois des jeux : ce sur quoi les joueurs se sont accordés n’est pour aucun d’eux une injustice. Une bonne loi se caractérise par le fait qu’elle est, en même temps, nécessaire au bien du peuple et claire. En effet, le rôle des lois, qui ne sont que des règles revêtues d’une autorité, n’est pas d’entraver toute action volontaire, mais seulement de diriger et de contenir les mouvements des gens, de manière à éviter qu’emportés par la violence de leurs désirs, leur précipitation ou leur manque de discernement, ils ne se fassent de mal : ce sont comme des haies disposées non pour arrêter les voyageurs, mais pour les maintenir sur le chemin. C’est pourquoi si une loi n’est pas nécessaire et que la vraie fin de toute loi lui fasse défaut, elle n’est pas bonne. On peut croire qu’une loi est bonne quand elle apporte un avantage au souverain sans pourtant être nécessaire au peuple ; mais cela n’est pas. En effet, le bien du souverain et celui du peuple ne sauraient être séparés.HOBBES, Léviathan (1651) notions : LOI
DROIT
JUSTICE
|
HOBBES |
| 2019 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Sommes-nous ce que les autres font de nous ?
notions : SUJET
AUTRUI
SOCIETE
|
|
| 2019 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Pourquoi n’a-t-on jamais fini d’écrire l’histoire ?
notions : HISTOIRE
INTERPRETATION
|
|
| 2019 | ES | ÉTRANGER GROUPE 1 | NORMALE |
Manifestement, la liberté ne caractérise pas toute forme de rapports humains et toute espèce de communauté. Là où des hommes vivent ensemble mais ne forment pas un corps politique – par exemple, dans les sociétés tribales ou dans l’intimité du foyer – les facteurs réglant leurs actions et leur conduite ne sont pas la l…
lire la suiteManifestement, la liberté ne caractérise pas toute forme de rapports humains et toute espèce de communauté. Là où des hommes vivent ensemble mais ne forment pas un corps politique – par exemple, dans les sociétés tribales ou dans l’intimité du foyer – les facteurs réglant leurs actions et leur conduite ne sont pas la liberté, mais les nécessités de la vie et le souci de sa conservation. En outre, partout où le monde fait par l’homme ne devient pas scène pour l’action et la parole – par exemple dans les communautés gouvernées de manière despotique qui exilent leurs sujets dans l’étroitesse du foyer et empêchent ainsi la naissance d’une vie publique – la liberté n’a pas de réalité dans le monde. Sans une vie publique politiquement garantie, il manque à la liberté l’espace du monde où faire son apparition. Certes, elle peut encore habiter le cœur des hommes comme désir, volonté, souhait ou aspiration ; mais le cœur humain, nous le savons tous, est un lieu très obscur, et tout ce qui se passe dans son obscurité ne peut être désigné comme un fait démontrable. La liberté comme fait démontrable et la politique coïncident et sont relatives l’une à l’autre comme deux côtés d’une même chose.ARENDT, La Crise de la culture (1961) notions : LIBERTE
SOCIETE
POLITIQUE
|
ARENDT |